Critique de concert Seu Jorge & Nação Zumbi

Les concerts de qualité se suivent mais ne se ressemblent pas à l’Espace Julien.

Si mardi dernier il était très facile de s’installer devant la belle Sophie Hunger, pour ce soir c’est une autre paire de manches, la file d’attente est aussi ridiculement longue du coté des avec billets et sans billets, au moins pas de jaloux.
Une bonne heure d’attente qui vous privera donc d’un compte rendu de la première partie assurée par Ze Mateo de Chinese Man.

Une salle pleine à craquer donc, métissée et aux accents délicieusement Lusophones, qui attend avec une impatience non feinte la star Brésilienne.
Ca faisait pas mal d’années que j’avais envie de voir Seu Jorge, ayant malheureusement raté son passage à la fiesta en 2004.

Pas prêt d’oublier la première fois que sa musique est arrivée à mes oreilles, dans une émission de l’enthousiaste Gilles Peterson, avec la première impression d’y entendre un inédit dépoussiéré de Jorge Ben ou Gilberto Gil.
Puis il y eut l’album du succès crossover “Cru” et son rôle non moins mémorable dans “La vie aquatique” de Wes Anderson où il rythmait les aventures de Bill Murray avec ses relectures acoustiques et en Portugais de classiques de Bowie.

Contrairement à ce qui était annoncé, le groupe qui l’accompagne n’est pas Almaz mais composé de musiciens de Nação Zumbi.
De bons faire valoir avec un batteur, un percussionniste, un bassiste et un guitariste qui ouvre le concert par un solo très Santanesque.

On a un peu peur d’un concert mou du genou en voyant arriver le bellâtre avec des yeux aussi vitreux qu’un Daddy G, mais ce sera dès le départ très remuant.

Avec des morceaux extraits de ses différents albums, dans des versions allant du funk rock à la bossa ou le reggae comme ce “Tive Razão” très dub, avec Rockin Squatt d’Assassin en invité surprise (un moment assez WTF mais après recherche, le rappeur l’a invité sur un de ses récents morceaux).

Seu Jorge, encore plus sur scène que sur disque, c’est une voix caverneuse assez incroyable, tour à tour puissante ou intimidante.
Si ses déhanchés nonchalants font la joie de ses admiratrices (deux d'entre elles auront le plaisir de monter sur scène se frotter à lui) quelques vocalises sussurées suffisent pour séduire à même les plus réfractaires.
Et c’est un des rares artistes dont les reprises sont aussi réussies que ses compositions.

“The Model” de Kraftwerk est plus dansant que la version de Senor Coconut, “Rock with you” ressusciterait Bambi, et il parvient à rendre miraculeusement le “Everybody loves the sunshine” de Roy Ayers encore plus lascif et sensuel que l’originale.
Si sa version paresseuse limite karaoké de “Mas que nada” et celle un rien banale de “Ziggy Stardust” déçoivent un peu, “Life on Mars” au rappel, seul avec sa guitare, c’est un des sommets du concert.

Le sombre titre qui suit, “Problema social”, vient rappelle que le seul pays où la gauche a réussi, qui va recevoir les prochains JO et Mondial de Futebol, où les filles font rêver, la misère et la violence sont toujours là.
Mais à aucun moment le concert ne verse dans le pathos ou à l’inverse dans le cliché samba, Seu Jorge et ses musiciens, à l’instar d’une Seleçao insipirée, nous ont humblement et efficacement fait vibrer pendant 90 minutes d’excellence.
Plus de photos par Pirlouiiiit en cliquant ici
Bonus vidéo :

Si mardi dernier il était très facile de s’installer devant la belle Sophie Hunger, pour ce soir c’est une autre paire de manches, la file d’attente est aussi ridiculement longue du coté des avec billets et sans billets, au moins pas de jaloux.
Une bonne heure d’attente qui vous privera donc d’un compte rendu de la première partie assurée par Ze Mateo de Chinese Man.

Une salle pleine à craquer donc, métissée et aux accents délicieusement Lusophones, qui attend avec une impatience non feinte la star Brésilienne.
Ca faisait pas mal d’années que j’avais envie de voir Seu Jorge, ayant malheureusement raté son passage à la fiesta en 2004.

Pas prêt d’oublier la première fois que sa musique est arrivée à mes oreilles, dans une émission de l’enthousiaste Gilles Peterson, avec la première impression d’y entendre un inédit dépoussiéré de Jorge Ben ou Gilberto Gil.
Puis il y eut l’album du succès crossover “Cru” et son rôle non moins mémorable dans “La vie aquatique” de Wes Anderson où il rythmait les aventures de Bill Murray avec ses relectures acoustiques et en Portugais de classiques de Bowie.

Contrairement à ce qui était annoncé, le groupe qui l’accompagne n’est pas Almaz mais composé de musiciens de Nação Zumbi.
De bons faire valoir avec un batteur, un percussionniste, un bassiste et un guitariste qui ouvre le concert par un solo très Santanesque.

On a un peu peur d’un concert mou du genou en voyant arriver le bellâtre avec des yeux aussi vitreux qu’un Daddy G, mais ce sera dès le départ très remuant.

Avec des morceaux extraits de ses différents albums, dans des versions allant du funk rock à la bossa ou le reggae comme ce “Tive Razão” très dub, avec Rockin Squatt d’Assassin en invité surprise (un moment assez WTF mais après recherche, le rappeur l’a invité sur un de ses récents morceaux).

Seu Jorge, encore plus sur scène que sur disque, c’est une voix caverneuse assez incroyable, tour à tour puissante ou intimidante.
Si ses déhanchés nonchalants font la joie de ses admiratrices (deux d'entre elles auront le plaisir de monter sur scène se frotter à lui) quelques vocalises sussurées suffisent pour séduire à même les plus réfractaires.
Et c’est un des rares artistes dont les reprises sont aussi réussies que ses compositions.

“The Model” de Kraftwerk est plus dansant que la version de Senor Coconut, “Rock with you” ressusciterait Bambi, et il parvient à rendre miraculeusement le “Everybody loves the sunshine” de Roy Ayers encore plus lascif et sensuel que l’originale.
Si sa version paresseuse limite karaoké de “Mas que nada” et celle un rien banale de “Ziggy Stardust” déçoivent un peu, “Life on Mars” au rappel, seul avec sa guitare, c’est un des sommets du concert.

Le sombre titre qui suit, “Problema social”, vient rappelle que le seul pays où la gauche a réussi, qui va recevoir les prochains JO et Mondial de Futebol, où les filles font rêver, la misère et la violence sont toujours là.
Mais à aucun moment le concert ne verse dans le pathos ou à l’inverse dans le cliché samba, Seu Jorge et ses musiciens, à l’instar d’une Seleçao insipirée, nous ont humblement et efficacement fait vibrer pendant 90 minutes d’excellence.
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Signature : samile 03/11/2010
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Photographe : pirlouiiiit
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Espace Julien, Marseille

le 26 avril 2012 - Espace Julien, Marseille (par Sami)
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