Critique de concert SOLIDAYS - JOUR 2 : Shaka Ponk, Kavinsky, Shantel, New Politics, Twin Twin, Christine

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SAMEDI 23 JUIN 2012
Temps : agréable en journée, froid en soirée
On a vu : Antoine de Caunes, Jack Lang, Jean-Paul Huchon…
NEW POLITICS – Scène Bagatelle – 16h30 : 7,5/10
Pas forcément très connus du grand public français, les Danois de New Politics, qui jouaient en ouverture de la scène Bagatelle, ne sont pas parvenus à rassembler une foule bien conséquente devant eux. Et c’est fort dommage, tant le groupe s’est révélé comme la belle (demi-)surprise de ce festival ! Avec une énergie et une fraîcheur incroyables, la bande insuffle une bonne humeur jouissive en mélangeant savamment les genres, du hip hop au rock, jusqu’au punk. Ceux qui sont souvent présentés comme la relève de Rage Against The Machine sont en fait plus le pendant rock de The Streets, avec la même envie, la même joie d’être sur scène et un chanteur aussi charismatique. Très spontané et complètement survolté, David Boyd semble en effet inépuisable : grimpant sur la structure de la scène pour New Generation, se lançant ensuite dans une véritable démonstration de breakdance (bien assurée techniquement), haranguant la foule sans relâche, le jeune homme a des airs de Pelle Almqvist (le mythique chanteur des Hives), en plus modeste. Il finit même porté debout par une foule déchaînée sur le tube Yeah Yeah Yeah. Un très grand moment, idéal pour lancer la journée sur les chapeaux de roue !

New Politics
TWIN TWIN – César Circus– 19h00 : 7/10
Le trio (comme son nom ne l’indique pas) Twin Twin écume les scènes de France depuis déjà une grosse année, avec son look improbable et son univers délicieusement kitsch et régressif. Déjà aperçu à La Flèche d’Or, puis plus récemment à la Fête de la Musique, on avait déjà pu constater qu’un vrai palier avait été franchi sur le live. La progression se confirme sous le petit chapiteau du César Circus, avec des beats qui frappent fort et un spectacle visuel très réussi. Installant une ambiance festive et bon enfant, les Twin Twin assènent des titres tous plus dansants les uns que les autres et font se déchainer une foule qui grossit à vue d’œil. Après une version allongée et électrifiée de No Fun, que les Bloody Beetroots (qui jouaient un peu plus tard) n’auraient pas reniée, le trio finit en apothéose avec le tube By My Side. Deux regrets seulement : une setlist parfois déroutante et un concert programmé trop tôt pour pouvoir prendre toute son ampleur.
SHANTEL – Scène Dôme – 23h00 : 8/10
En attaquant avec l’excellent autant qu’imprononçable Mahalageasca, Shantel commence très fort ! Tout le monde danse et tape des mains dès les premiers instants et la température grimpe rapidement sous le chapiteau du Dôme. Enchainant ses titres à vive allure, dans l’ambiance enthousiaste si caractéristique de la musique des Balkans, la troupe de Shantel fait une grande fête sur scène, avec spontanéité et simplicité. Cette bonne humeur est tellement communicative que la pression monte dans le public jusqu’à atteindre un état proche de l’hystérie collective au moment de lancer le fameux tube Disko Partizani, joué dans une version extended qui chauffe la foule à blanc. On croit l’apogée du concert atteinte, mais avec Disko Boy, ça tourne carrément au grand n’importe quoi sur scène et dans le public : Shantel arrose copieusement les premiers rangs de champagne avant de reprendre le classique Bella Ciao pour enfin terminer en énorme orgie instrumentale. Ce concert n’aura laissé qu’un seul regret : c’est passé trop vite !

Shaka Ponk
SHAKA PONK – Scène Paris – 00h00 : 7/10
On ne sait jamais trop quoi penser de Shaka Ponk, sinon que c’est sans doute le groupe le plus surcoté du moment. Devenu un vrai poids lourd, il joue sur les plus grandes scènes, fait venir un public toujours plus nombreux, mais musicalement, ça tourne désespérément en rond. Et s’ajoute à cela la désagréable impression que la bande se prend maintenant pour ce qu’elle n’est pas, comme en témoigne la mise en scène démesurée de leurs concerts et l’attitude toujours plus agaçante du chanteur, qui s’auto-caricature de plus en plus grossièrement. Energiques, mais pas passionnants mélodiquement, les Shaka Ponk mettent indéniablement une grosse ambiance, sans pour autant convaincre vraiment. En fait, si le groupe veut vraiment avancer, il serait temps qu’il passe à la vitesse supérieure, se remette au boulot et introduise enfin un peu de variété dans son set, parce qu’on ne tarde pas à s’ennuyer, au point même de ne pas rester jusqu’au bout du concert. Ce manque de variété et d’inventivité est déjà ce qui fait que leur musique est assez pénible en album et même si Shaka Ponk est sans conteste un groupe de scène, ce défaut persiste en live. Leur show est assez impressionnant, il en jette suffisamment pour faire dire au festivalier aviné que "c’est énooooooooorme", mais il ne tient pas longtemps face à un examen critique un tout petit peu plus poussé que le barème Heineken.
CHRISTINE – Scène Domino – 01h45 : 6/10
Le duo Christine, très à la mode en ce moment, livre un set électrique, survitaminé et qui ne laisse aucun répit aux spectateurs. Les deux DJs se débrouillent par ailleurs bien aux platines et proposent un vrai concert, joué pour l’essentiel en live, ce qui n’est plus si fréquent dans l’électro. Leur prestation se révèle donc très honorable, mais elle souffre hélas d’une certaine répétitivité, qui fait qu’on finit inexorablement par décrocher et préférer la compagnie du bar à la leur…

Skip The Use
KAVINSKY – Scène Domino – 03h00 : 6,5/10
Très en vogue depuis sa participation (remarquée) à la bande-originale du film "Drive", cela fait pourtant de bien nombreuses années que Kavinsky mène sa barque dans l’océan de l’électro française (on se souvient même qu’il assurait, aux côtés de SebastiAn, le warm up du fameux concert des Daft Punk à Bercy en 2007). Mais la gloire est capricieuse et il aura fallu attendre 2012 pour que Vincent Belorgey fasse connaître son talent au grand public, qui est donc venu en masse pour ce concert sur la petite scène Domino. En fait, on peut même dire que le public est venu extrêmement nombreux sur une scène beaucoup trop petite pour le contenir. Résultat : on ne peut pratiquement pas bouger, on passe plus de temps à lutter pour sa survie qu’à profiter du concert, au risque sinon de finir en compression façon César. On ne félicitera pas les organisateurs pour ce manque de discernement, d’autant plus qu’au même moment, les DJs de Jungle Juice se sentent bien seuls sur la Scène Dôme. Après une intro des plus pompeuses sur Road Game, servi sans grand risque dans sa version album, le début du concert est plutôt convaincant et bouge pas mal. On y repère le premier vrai tube de Kavinsky, Testarossa Autodrive (pas non-plus retravaillé pour le live), mais aussi un best of de toute la clique Ed Banger : On And On de Justice, un bon vieux Daft Punk, le remix de Killing In The Name Of des Rage Against The Machine par son pote SebastiAn, One Out Of Two de Breakbot et même le Time To Dance des rémois de The Shoes. Tout cela forme un mix un peu étrange, pas toujours très cohérent, et le set a tendance à se désagréger petit à petit. On finit tout de même très fort en trois temps avec tout d’abord l’énorme Signatune du regretté DJ Mehdi, enchaîné au très attendu Nightcall, le fameux titre de "Drive", repris d’une seule voix par le public, pour enfin finir en beauté par un deuxième titre de Mehdi, Lucky Boy, dans sa version remixée par Outlines. Au final, la prestation de Kavinsky se révèle correcte, même si elle laisse bien peu de place aux productions de l’artiste lui-même, qu’on regrette sa construction des plus étranges, et qu’on aura vraiment du lutter pour le voir jusqu’au bout… Capable du meilleur, on s’étonne que le DJ se complaise si souvent dans le pire.
BILAN DU JOUR 2 :
Sans aucun doute la meilleure journée de ce festival, on n’aura connu presque aucune déception sur ce samedi, sauf peut-être le quart de finale de l’Euro de football qui a vu l’Espagne ridiculiser la France sur les écrans géants des scènes Paris et Bagatelle (alternativement) et qu’on a eu la très mauvaise idée de préférer aux bouillants Skip The Use. Malgré tout, entre l’énergie rafraîchissante de New Politics, les loufoqueries irrésistiblement dansantes de Twin Twin et la folle farandole de Shantel, on a vécu beaucoup de belles choses ! On ne regrettera donc que le succès de plus en plus incompréhensible de Shaka Ponk et la flemme affichée du très attendu Kavinsky.
A LIRE EGALEMENT :
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Signature : fredcle 11/07/2012
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Photographe : julienk
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