Critique de concert Sigur Ros + Keren Ann + Françoiz Breut (Le Printemps de Bourges 2001)

Françoiz Breut
C’est Françoiz Breut qui foule la première la scène de la Hune, un superbe théâtre avec places assises. C’est le lieu idéal pour ce type de concert, bravo l’organisation ! Françoiz Breut chante de sa voix morne et désabusée en arpentant la scène, Dominique A. joue de la guitare et du clavier de manière discrète et il y a un deuxième guitariste, un bassiste et un batteur.

Le concert est plutôt de bonne qualité, il se dégage des compositions du dernier album, Vingt à trente mille jours, une mélancolie douce amère assez agréable. Toutefois, peut-être à cause de la faible durée du concert (40 minutes), on a un peu de mal à rentrer dedans. Il manque une étincelle pour lancer le concert, les musiciens ont tous l’air tendus.

Keren Ann
La fragile et charmante Keren Ann arrive alors et envoûte tout le public dès le deuxième morceau. Là aussi, l’ambiance est mélancolique mais l’émotion dégagée par cette voix frêle passe immédiatement même sans avoir écouté l’album auparavant. Elle s’accompagne parfois à la guitare et joue de l’harmonica. Entre les morceaux, elle remercie en murmurant le public pour son accueil et le festival de l’avoir programmée. Quelle modestie pour une personne ayant co-composé la chanson Le jardin d’hiver chantée par Henri Salvador (dont elle fait d'ailleurs une superbe version) ! Puis elle nous dit qu’elle "se permet de reprendre une chanson de Joni Mitchell", et là encore, tout le monde est sous le charme ! Ce concert réussi donne envie de revoir très vite Keren Ann sur scène !
Sigur Ros
Voir et écouter Sigur Ros, assis dans les premiers rangs de ce théâtre de 1000 places, est l’expérience musicale la plus ébouriffante à laquelle il m’ait été donné de participer !
Le chanteur de ce groupe d'extra-terrestres a une voix d’ange (ou d’enfant) et il effectue des vocalises planantes. Quand il s’approche du micro et chante, on a des frissons, c’est normal docteur ?
La musique de Sigur Ros est, elle-aussi, propice au décollage, on dirait qu’elle est jouée par des aliens : en fermant les yeux, on se voit voler même si on ne boit que de l’eau minérale et si on ne fume que des cigarettes en chocolat ! C’est plus sain que l’alcool ou la drogue ! Enfin, "sain" n’est peut être pas le mot approprié : leurs compositions peuvent aussi faire penser à de la musique de fous !

Pour renforcer le côté bizarroïde, le chanteur joue de la guitare d’une manière très particulière, c’est totalement atmosphérique. Il empoigne parfois un archer (comme Jimmy Page !), et alors sa guitare sonne comme un violoncelle électrique. Il y a aussi un quatuor à cordes qui apporte un plus indéniable sur la plupart des morceaux. Un bassiste, un batteur et un clavier complètent le groupe et participent à cette entreprise tripante... Les morceaux sont très longs en général, ce qui laisse le temps de pénétrer dans l’atmosphère particulière de cette musique : relativement calme mais avec des montées en puissance, un peu comme sur A saucerful of secrets de Pink Floyd. La combinaison de la voix angélique, de la musique planante et du public subjugué donne un concert absolument époustouflant !
(Photo de Françoiz Breut prise par Hum! à Marseille, photo de Keren Ann par Jean-Pascal Blache à Clermont-Ferrand.)
C’est Françoiz Breut qui foule la première la scène de la Hune, un superbe théâtre avec places assises. C’est le lieu idéal pour ce type de concert, bravo l’organisation ! Françoiz Breut chante de sa voix morne et désabusée en arpentant la scène, Dominique A. joue de la guitare et du clavier de manière discrète et il y a un deuxième guitariste, un bassiste et un batteur.

Le concert est plutôt de bonne qualité, il se dégage des compositions du dernier album, Vingt à trente mille jours, une mélancolie douce amère assez agréable. Toutefois, peut-être à cause de la faible durée du concert (40 minutes), on a un peu de mal à rentrer dedans. Il manque une étincelle pour lancer le concert, les musiciens ont tous l’air tendus.

Keren Ann
La fragile et charmante Keren Ann arrive alors et envoûte tout le public dès le deuxième morceau. Là aussi, l’ambiance est mélancolique mais l’émotion dégagée par cette voix frêle passe immédiatement même sans avoir écouté l’album auparavant. Elle s’accompagne parfois à la guitare et joue de l’harmonica. Entre les morceaux, elle remercie en murmurant le public pour son accueil et le festival de l’avoir programmée. Quelle modestie pour une personne ayant co-composé la chanson Le jardin d’hiver chantée par Henri Salvador (dont elle fait d'ailleurs une superbe version) ! Puis elle nous dit qu’elle "se permet de reprendre une chanson de Joni Mitchell", et là encore, tout le monde est sous le charme ! Ce concert réussi donne envie de revoir très vite Keren Ann sur scène !
Sigur Ros
Voir et écouter Sigur Ros, assis dans les premiers rangs de ce théâtre de 1000 places, est l’expérience musicale la plus ébouriffante à laquelle il m’ait été donné de participer !
Le chanteur de ce groupe d'extra-terrestres a une voix d’ange (ou d’enfant) et il effectue des vocalises planantes. Quand il s’approche du micro et chante, on a des frissons, c’est normal docteur ?
La musique de Sigur Ros est, elle-aussi, propice au décollage, on dirait qu’elle est jouée par des aliens : en fermant les yeux, on se voit voler même si on ne boit que de l’eau minérale et si on ne fume que des cigarettes en chocolat ! C’est plus sain que l’alcool ou la drogue ! Enfin, "sain" n’est peut être pas le mot approprié : leurs compositions peuvent aussi faire penser à de la musique de fous !

Pour renforcer le côté bizarroïde, le chanteur joue de la guitare d’une manière très particulière, c’est totalement atmosphérique. Il empoigne parfois un archer (comme Jimmy Page !), et alors sa guitare sonne comme un violoncelle électrique. Il y a aussi un quatuor à cordes qui apporte un plus indéniable sur la plupart des morceaux. Un bassiste, un batteur et un clavier complètent le groupe et participent à cette entreprise tripante... Les morceaux sont très longs en général, ce qui laisse le temps de pénétrer dans l’atmosphère particulière de cette musique : relativement calme mais avec des montées en puissance, un peu comme sur A saucerful of secrets de Pink Floyd. La combinaison de la voix angélique, de la musique planante et du public subjugué donne un concert absolument époustouflant !
(Photo de Françoiz Breut prise par Hum! à Marseille, photo de Keren Ann par Jean-Pascal Blache à Clermont-Ferrand.)
Signature : pierre andrieule 24/04/2001
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