Critique de concert Sinner Sinners + Fix It + Picture Me Dead Blondie (Release party de l'album Cardinal Sins)


Pour fêter la sortie en France de son premier album intitulé Cardinal Sins, Sinner Sinners, groupe français faisant du Horror Punk – bouh, ça fait super peur !! – organisait une petite release Party à la Boule Noire à Paris... Malgré une salle pas exactement complète (le même soir dans la ville lumière : The Shoes, complet, à la Cigale, à 2 mètres, Smashing Pumpkins au Zénith, Royal Republic à la Flèche d'or et Jack Oblivian à la Mécanique Ondulatoire, entre autres... ), une très bonne occasion de (re)découvrir ce groupe désormais basé à Los Angeles (où les voisins s'appellent Jack Cavaliere, Jesse " Boots Electric " Hugues, Lemmy Killmister, voir les photos plus bas... ) et toujours aussi puissant sur scène... Compte rendu :

Jesse Hugues d'Eagles Of Death Metal aime le disque de Sinner Sinners
Juste avant l'arrivée des très remontés Sinner Sinners pour un set mené tambour battant façon blitzkrieg rock, deux premières parties : le jeune mais survolté hardcore de Picture Me Dead Blondie, un duo basse batterie doué pour les hurlements à s'arracher le larynx et les rythmiques qui te vrillent la gueule, puis le punk rock de Fix It, des moins jeunes gens se faisant fort d'envoyer la purée en 2 minutes 45 avec force dégueulis vocaux à la Johnny Rotten et autres guitare/basse/batterie qui déboitent... Deux groupes faisant parfaitement leur job, c'est à dire augmenter la chaleur dans la salle avant Sinner Sinners. Qui se pointe sur scène en forme olympique et en total look noir avec Steve (chant, guitare, crachats, boissons) et Sam Thill (orgue, chant), plus la section rythmique en acier trempé des Elderberries, Yann Clavaizolle et Jamie Pope, et le guitariste pas franchement manchot Mike Pougheon aux solos... Au son : Pascal " Power " Mondaz, qui porte plus que jamais bien son surnom.

C'est parti pour une bonne heure de titres évoquant un mélange entre le rock gothique, le punk, le heavy metal, le hardcore californien et le rock stoogesque... Ce croisement, qui administre avec virulence de sévères coups de lattes dans les couilles, se fait fort de réunir dans l'univers du combo la puissance maléfique de Motörhead, la voix grave et testostéronée d'Iggy Pop, l'énergie suicidaire des Dead Boys et la sombre violence des Damned, de Danzig et des Misfits. Et... ça marche, malgré un ou deux tics trop métal à notre goût (on est trop vieux pour ces conneries, hein !) : Sinner Sinners joue ses putains de bonnes compositions et ses méchantes reprises de façon énergique, groupée et sauvage. On dirait que la petite troupe est sur les route depuis de mois, mais la version européenne du combo en est à son deuxième concert de l'année ! Pourtant, ça enchaine, ça envoie du lourd et ça provoque une grosse envie de poursuivre des jeunes femmes nues dans des catacombes... Mais on s'égare, là !

Lemmy aime aussi Sinner Sinners et son chanteur (mais il est moins expansif, enfin c'est Lemmy quoi !)
Metropolis, Dead Dead Dead, Riot, LA's Burning (rebaptisé Allier's Burning ce soir), Nigthmares, Cadavra, There's No Place Like... et autres bombes Horror Punk sont proposées en version brulantes, hystériques et roboratives... Le groupe semble s'éclater sur scène à jouer ses chansons et à rendre hommage à quelques uns de ses héros par l'entremise de reprises (Sonic Reducer des Dead Boys etc) : Sam a droit à un titre excité aux lead vocals, les guitaristes font des concours de manches, le batteur en rajoute des caisses dans le style bucheron chevelu, Steve crache comme un sagouin, s'enfile de grandes rasades de whisky ou de bière (qu'il recrache parfois sur les premiers rangs, sympa !), se jette dans le public et raconte les mêmes sempiternelles blagues entre les titres genre " on va vous jouer une ballade " (y'en a pas dans la set list) et " on a composé ce titre hier " (ça veut dire que c'est une reprise, ha ha ha ha). Bref, ce fort joli concours de riffs lourds, d'orgue tournoyant, de parties vocales très basses, de chœurs fédérateurs, de rythmiques enflammées et de solos dégoulinants de wah wah est salement jouissif et a pour effet immédiat de rajeunir l'auditeur. Ce qui ne peut pas faire de mal !
A voir en tournée française, toutes les dates sont ici...
Liens : http://sinner-sinners.com, www.facebook.com/sinnersinners, www.myspace.com/sinnersinners.
Signature : pierre andrieule 10/11/2011
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