Critique de concert Mein Sohn William + Aluk Todolo + Kill The Thrill

Pour terminer nice ce week-end attaqué le mercredi soir chez Enthropy, on nous promet une soirée Black-Indus-Noise à l'Embobineuse.
Soirée tempête de décibels? on va voir.
Ce cabaret décadent est, on peut dire, une entreprise d'utilité publique, un sauvetage culturel, si on peut dire. Oui, parce que des fois, à Marseille en 2010, on se croirait (presque?) sous le règne d'un certain Duce en Italie il y a quelques decennies. Ouh!, je déraille?! , mais qu'est ce qui me fait dire ça? peut être les footballeurs du club local élevés en gloire nationale et paradant à travers une ville close jusqu'à l'Hôtel de ville et ses drapeaux et le maire à la fenêtre leur donnant la bénédiction après le banquet et les ripailles et l'apéro avec toutes les so(do)mités de la ville et d'ailleurs peut être et le peuple qui acclame et investit ses tunes dans les produits dérivés? oui, peut être.
En tout cas, l'Embobineuse, c'est un peu notre opéra, notre Grand Gignol berlinois oui, à MARSeille.
Toujours aussi intime, décalée, chaleureuse, cette maison nous accueille dans son décors fantasmatique, entre horreur et provoc arty, luxe et volupté.
Bon, je dit pas que le décors n'abrite pas quelques trouducs de Wanabe Artists (des WAs) foireux(ses) mais il y a fraîcheur et honnêteté dans l'esprit.
Après la redécouverte de ces espaces magiques, vient le premier officiant : Mein Sohn William. Il s'agit d'un Homme-Machine à tête de Winnie l'ourson mais alors avec plein de machines, de pédales, un synthé. de tout cet improbable fatras, de sa voix et d'une guitare juste un peu bricolée qui sert aussi à l'occasion de percussion immédiatement samplée sort un truc exactement surprenant. Imaginez quelque chose entre The Dance Society et du folk un peu crasseux, avec une voix déchirante, surmultipliée et déformée par les effets magiques hallucinogènes, dansante pleine d'une joyeuse folie. Il y a dans cette bizarre créature quelque chose de Dionysiaque, bondissant de partout -en fait il actionne sans cesse toutes ses pédales et effets, mais ça fait partie de son jeu de scène- confinant à l'ivresse, nous faisant partager sa transe. On dirait pourtant que pas tout le monde l'aime, sa transe, et il y a même un espèce de taré qui veut le virer de la scène, estimant qu'il gaspille le temps imparti à la soirée.
Presque direct, le temps de déblayer tout ce matos de devant la scène, autrement dit 5 minutes parce que on assure grave, à L'Embobineuse, Aluk Todolo monte sur scène.
Un trio style black métal dans le look, des grands chevelus. Mais, mais, on dirait bien qu'il n'y a pas de micros! serait ce de l'instrumental? et oui! Ca démarre très fort, pas le temps de souffler, et , comme il n'y a pas de micros, ils ne se présentent pas. Un son énorme. On a affaire à de l'occult Krautrock, du black indus. Une musique qui vous fait remuer la tête, puis tout le corps, avec ce gros son qui prends aux tripes, la, juste au niveau du plexus solaire. Le guitariste joue même avec un archet, à un moment donné, et tire des sons d'une veine diaboliquement romantique et déchirante de son instrument. En fait, l'absence de lien vocal ne nuit pas du tout, et on perçoit la beauté hantée et puissante de leur musique. En plus, les musiciens ne sont pas des ronflants à grosse tête -et oui, ça arrive, et même souvent.
Une petite bière au bar, échange d'impressions, et c'est au tour de Kill The Thrill (Thrill Kill, comme dirait Ministry). Enfin, diront certains. Pour moi qui ai gardé d'il y a quelques années un souvenir mitigé d'une de leurs prestations, c'est un peu une réhabilitation -ou pas?- ce soir.
On retrouve donc ce magnifique trio, fleuron marseillais du Métal Indus sur la scène de l'Embobineuse. A trois, eux aussi, ils réussissent à créer un mur sonore d'où émerge la voix torturée du chanteur.
La France, et Marseille plus précisément, n'est pas un pays adapté au talent, n'est pas un lieu ou l'on peut créer de l'émotion originale et avoir un grand public. La preuve, même ce soir, le public est assez clairsemé. On va me dire qu'il y a pas quinze jours, ils ont joué au Montévidéo, mais je ne pense pas qu'il y ait eu 200 personnes au Montévidéo? si ?
Malgré des morceaux dont les deux tiers ont plus qu'un air de famille entre eux, un concert de Kill The Thrill reste un grand moment. Car on rentre immédiatement, par la grâce de leur talent et de leur efficacité, dans un monde bruissant d'images et d'évocations, un climat. Au cours des années, leur style s'est affiné, en restant toujours dans la même veine, entre le métal et la post-new wave, l'indus. Par moment, ça rappelle le Cure de Pornography, euh, juste par moment, mais c'est certainement au niveau de la voix hantée du chanteur que ça se joue. Je tiens à ajouter que la bassiste du groupe est formidable, et un élément essentiel de leur son si particulier. En réalité, leur musique n'est absolument pas élitiste et pourrait être à la portée de tout ceux qui aiment la -vraie- musique; car on peut aussi bien écouter que danser dessus. C'est comme un trip cosmique. Leur vraie place, elle serait sans doute sur des grandes scènes devant des centaines de personnes, mais on est à Marseille-City, Phrance, allways ville du no-rock dans le pays de la variété guinguette.
Je ne vous laisserai pas partir avant d'avoir salué bien bas les gens qui tiennent ces salles, où nous vivons une des meilleure partie de notre temps, de notre vie, ces gens qui vivent parfois la précarité et tout pleins de contraintes et de problèmes pour pouvoir vivre et nous faire vivre ce qui donne du sel et du goût à la vie, notre Musique et nos Passions : L'Embobineuse, Enthropy, La Machine à Coudre. Vous pouvez peut être allonger votre liste, mais c'est la Mienne, à moi.
Voila. Alors, décibels storm? oui!
Buenas noche!
Soirée tempête de décibels? on va voir.
Ce cabaret décadent est, on peut dire, une entreprise d'utilité publique, un sauvetage culturel, si on peut dire. Oui, parce que des fois, à Marseille en 2010, on se croirait (presque?) sous le règne d'un certain Duce en Italie il y a quelques decennies. Ouh!, je déraille?! , mais qu'est ce qui me fait dire ça? peut être les footballeurs du club local élevés en gloire nationale et paradant à travers une ville close jusqu'à l'Hôtel de ville et ses drapeaux et le maire à la fenêtre leur donnant la bénédiction après le banquet et les ripailles et l'apéro avec toutes les so(do)mités de la ville et d'ailleurs peut être et le peuple qui acclame et investit ses tunes dans les produits dérivés? oui, peut être.
En tout cas, l'Embobineuse, c'est un peu notre opéra, notre Grand Gignol berlinois oui, à MARSeille.
Toujours aussi intime, décalée, chaleureuse, cette maison nous accueille dans son décors fantasmatique, entre horreur et provoc arty, luxe et volupté.
Bon, je dit pas que le décors n'abrite pas quelques trouducs de Wanabe Artists (des WAs) foireux(ses) mais il y a fraîcheur et honnêteté dans l'esprit.
Après la redécouverte de ces espaces magiques, vient le premier officiant : Mein Sohn William. Il s'agit d'un Homme-Machine à tête de Winnie l'ourson mais alors avec plein de machines, de pédales, un synthé. de tout cet improbable fatras, de sa voix et d'une guitare juste un peu bricolée qui sert aussi à l'occasion de percussion immédiatement samplée sort un truc exactement surprenant. Imaginez quelque chose entre The Dance Society et du folk un peu crasseux, avec une voix déchirante, surmultipliée et déformée par les effets magiques hallucinogènes, dansante pleine d'une joyeuse folie. Il y a dans cette bizarre créature quelque chose de Dionysiaque, bondissant de partout -en fait il actionne sans cesse toutes ses pédales et effets, mais ça fait partie de son jeu de scène- confinant à l'ivresse, nous faisant partager sa transe. On dirait pourtant que pas tout le monde l'aime, sa transe, et il y a même un espèce de taré qui veut le virer de la scène, estimant qu'il gaspille le temps imparti à la soirée.
Presque direct, le temps de déblayer tout ce matos de devant la scène, autrement dit 5 minutes parce que on assure grave, à L'Embobineuse, Aluk Todolo monte sur scène.
Un trio style black métal dans le look, des grands chevelus. Mais, mais, on dirait bien qu'il n'y a pas de micros! serait ce de l'instrumental? et oui! Ca démarre très fort, pas le temps de souffler, et , comme il n'y a pas de micros, ils ne se présentent pas. Un son énorme. On a affaire à de l'occult Krautrock, du black indus. Une musique qui vous fait remuer la tête, puis tout le corps, avec ce gros son qui prends aux tripes, la, juste au niveau du plexus solaire. Le guitariste joue même avec un archet, à un moment donné, et tire des sons d'une veine diaboliquement romantique et déchirante de son instrument. En fait, l'absence de lien vocal ne nuit pas du tout, et on perçoit la beauté hantée et puissante de leur musique. En plus, les musiciens ne sont pas des ronflants à grosse tête -et oui, ça arrive, et même souvent.
Une petite bière au bar, échange d'impressions, et c'est au tour de Kill The Thrill (Thrill Kill, comme dirait Ministry). Enfin, diront certains. Pour moi qui ai gardé d'il y a quelques années un souvenir mitigé d'une de leurs prestations, c'est un peu une réhabilitation -ou pas?- ce soir.
On retrouve donc ce magnifique trio, fleuron marseillais du Métal Indus sur la scène de l'Embobineuse. A trois, eux aussi, ils réussissent à créer un mur sonore d'où émerge la voix torturée du chanteur.
La France, et Marseille plus précisément, n'est pas un pays adapté au talent, n'est pas un lieu ou l'on peut créer de l'émotion originale et avoir un grand public. La preuve, même ce soir, le public est assez clairsemé. On va me dire qu'il y a pas quinze jours, ils ont joué au Montévidéo, mais je ne pense pas qu'il y ait eu 200 personnes au Montévidéo? si ?
Malgré des morceaux dont les deux tiers ont plus qu'un air de famille entre eux, un concert de Kill The Thrill reste un grand moment. Car on rentre immédiatement, par la grâce de leur talent et de leur efficacité, dans un monde bruissant d'images et d'évocations, un climat. Au cours des années, leur style s'est affiné, en restant toujours dans la même veine, entre le métal et la post-new wave, l'indus. Par moment, ça rappelle le Cure de Pornography, euh, juste par moment, mais c'est certainement au niveau de la voix hantée du chanteur que ça se joue. Je tiens à ajouter que la bassiste du groupe est formidable, et un élément essentiel de leur son si particulier. En réalité, leur musique n'est absolument pas élitiste et pourrait être à la portée de tout ceux qui aiment la -vraie- musique; car on peut aussi bien écouter que danser dessus. C'est comme un trip cosmique. Leur vraie place, elle serait sans doute sur des grandes scènes devant des centaines de personnes, mais on est à Marseille-City, Phrance, allways ville du no-rock dans le pays de la variété guinguette.
Je ne vous laisserai pas partir avant d'avoir salué bien bas les gens qui tiennent ces salles, où nous vivons une des meilleure partie de notre temps, de notre vie, ces gens qui vivent parfois la précarité et tout pleins de contraintes et de problèmes pour pouvoir vivre et nous faire vivre ce qui donne du sel et du goût à la vie, notre Musique et nos Passions : L'Embobineuse, Enthropy, La Machine à Coudre. Vous pouvez peut être allonger votre liste, mais c'est la Mienne, à moi.
Voila. Alors, décibels storm? oui!
Buenas noche!
Signature : missjwl333le 16/05/2010
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