Ce soir c’est décidé : j’affronterai les foudres de mon entourage en me rendant au Portail Coucou plutôt qu’à la Machine à Coudre.
C’est toujours un plaisir de ce rendre dans ce café concert : l’ambiance cosy se marie finalement assez bien avec les affiches qui ont fait l’histoire du rock ; Ce soir c’est un Iggy période The Passanger qui nous souhaite la bienvenue … l’a l’air sympa ce gars là : souriant et en bonne santé … on croirait avoir à faire à un sportif. Plus loin une affiche des Craftmen Club me rappelle que la programmation du Portail est bien souvent de haute tenue.
Bref, c’est à l’occasion de la sortie du DVD des Class’Rock que le portail organise la soirée, et bien sûr le public est jeune et très enthousiaste lorsque Isys prend place sur scène.
Quelquefois impressionné par de jeunes groupes (Dissonant Nations lors la soirée Sud Side à Aubagne), je le serais nettement moins pour Isys. Naviguant entre brit pop et rock anglais, le groupe reste convainquant si on fait abstraction des petits ratés de mise en place.
La performance de Kami, deuxième groupe de la soirée, me laissera dubitatif : le groupe a univers particulier, n’hésite pas à incorporer dans sa musique des éléments électroniques, évite le cloisonnement, mais me laisse de marbre … va comprendre.
Arrivent enfin mes chouchous de la soirée: Soma. Ça commence fort avec un intro faite de larsen et autres effets telluriques pour s’enchaîner avec une série de riff pop rock que ne renieraient pas les frères Gallagher. Certains morceaux sont de petits bijoux, "Get Down", bien sûr, "20 minutes" évidement ; Mais d’autres mériteraient plus de sobriété : "Jewel and The Orchestra" aurait pu être un trésor de pop folk intimiste ; Ce n’est finalement qu’une bonne chanson pop un peu trop boursouflée à mon goût…
Alors Soma après un an à écumer les salles parisiennes et à mettre en boite son premier album ? Le groupe est pro, aucun doute la dessus, mais ça on le savait déjà. Les chansons ? Elles sont au minimum très bonnes. La performance scénique ? Enchainer les dates à fait de Soma un vrai groupe de scène … Ben alors pourquoi cet arrière goût au fond de la gorge ? Ben voilà, groupe est au boulot ? Mêmes anecdotes que leur dernière prestation à l’Espace Julien, un show huilé comme un ACDC au vélodrome, une façon d’interpeller le public presque désagréable (l’influence Gallagher ?). Mais surtout : pourquoi sacrifier des ballades sur l’autel de la surenchère ? "Jewel and The Orchestra" ou cette chanson commencée à la mandoline aurait pu rejoindre le Panthéon des chansons folk d’un Neil Young devenu pop singer.
Reste que Soma pourrait devenir un groupe majeur s’il évite d’écueil du succès facile. La carrière d’un Phoenix reste bien plus intéressante que celle d’un Superbus, non ?
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