Ils sont vieux, certains boitent, d’autres jouent assis, on ne comprend pas vraiment ce qu’ils disent entre les morceaux, il n’y a pas de batterie, la basse est jouée avec un appareil bizarre, la guitare sonne parfois comme une casserole mais le concert donné par Stanley Beckord et ses musiciens était énorme !
En une petite heure, cette troupe - qui n’est pas née de la dernière pluie - a convaincu tout le public de la pertinence du mento ! Ce mélange de reggae acoustique, de musique cubaine, de blues et de folk (et de bien d’autres ingrédients encore) est totalement jubilatoire à écouter sur scène. Certains titres ont des moments presque folk/blues avec seulement une guitare acoustique, puis une guitare reggae discrète qui vient impulser un rythme lascif… Non seulement la voix de Stanley Beckford est unique, mais en plus il dégage une bonne humeur très communicative avec le soutien de ses incroyables musiciens.
Pour créer le son du mento made in Kingston, Jamaïca, voici la recette de monsieur Beckford : un banjo, une clarinette qui sonne comme un kazoo, une guitare acoustique reggae, une basse jouée sur une boîte où le musicien est assis, des percussions marrantes jouées avec les genoux en sautant ou avec des maracas… La clarinette et le banjo donnent une couleur originale à cette musique qui communique aux hémisphères cérébraux une irrépressible envie de se trémousser !
Stanley Beckford, en gentleman, permet même à son percussionniste de chanter un titre tout seul. Ce monsieur très enjoué introduit d’abord le morceau avec un discours hilarant puis fait une démonstration de chant sans prétention fort réussie !
Après une reprise très réussie de Bob Marley - One love - et un dernier hymne à la danse chaloupée, le groupe peut se retirer avec le sentiment du devoir accompli… Le public venu applaudir les Gladiators est conquis ! Il a eu la délicieuse impression de voir évoluer un Buena Vista Social Club jamaïcain…
(Photos live prises le 14 mai 2003 à La Coopérative de Mai par Yann Dézélus .)
|