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Chronique de Concert

Stanley Clarke

Stanley Clarke en concert

Coopérative de Mai, Clermont Ferrand 23 novembre 2018

Critique écrite le par



Vendredi 23 Novembre 2018. Encore une soirée sombre, pleine de brouillard, pour faire ces 30km me séparant de la Coopérative de Mai. Il fallait une bonne raison pour que j'accepte de quitter ce soir la douce chaleur de mon foyer. Trust passant le même soir dans la même ville n'avait pas incité aux mouvements le vieux hard rockeur, il fallait vraiment une légende telle que Stanley Clarke, ainsi que les menaces de sévices corporels de mon photographe préféré, pour que je bouge. Certes, ce n'est pas tout les jours qu'il est possible de croiser la route d'un tel contrebassiste, bassiste, producteur et compositeur, d'un gars de 67 ans ayant commencé sa carrière avec Aretha Franklin, puis ayant croisé Art Blakey, Gil Evans, Stan Getz, puis Chick Corea (sensibilités scientologues obligeant). Avec ce dernier, il va développer son côté jazz-rock, délaissant la contrebasse pour la basse électrique, ce qui l'emmènera à la fois vers Keith Richards puis Paul MacCartney. La suite de sa carrière le verra reprendre la contrebasse auprès de Wayne Shorter, Michel Petrucciani et tant d'autres. En bref, le Monsieur a un CV de malade et même si je ne suis vraiment pas (mais alors vraiment pas) fan de ce jazz rock des années 80, le déplacement était obligatoire.



Et ce soir il y a du monde, même au balcon, de ce club de la Coopé, ce qui est déjà un bon début. Sur scène, une belle collection d'amplis Ampeg finissent d'enlever les doutes, s'il en restaient, sur le programme de la soirée : Il va y avoir de la basse et de la contrebasse ! Le jazz est une musique universelle et universaliste et le Stanley Clarke Band en est ce soir une très belle illustration : avec jeune batteur originaire du Bronx, Sharik Tuker, Cameron Graves de Los Angeles aux claviers, Beka Gochiashvili au piano, l'Afghan Nader Salar aux tablas et le violoniste de Détroit van Garr.



Le niveau musical de ce groupe est à l'image du maître de cérémonie, époustouflant. Le batteur, bien que très jeune est incroyable de maturité et de technicité, assurant un travail monstrueux sur les cymbales. La maîtrise de la ride est à montrer dans les écoles de batterie ! Il croisera le fer avec le joueur de tabla à plusieurs reprises, ce dernier nous offrant un petit cours de rythmique voix/doigts certes un peu long, mais très bluffant. Le pianiste nous montre que même avec un nom se terminant en "shvili" ont peut être, bien que dans le fief de l'ASM, autre chose qu'un première ligne en mêlée. Il suffit pour cela d'un beau Steinway pour pousser, porter les lignes mélodiques toute la soirée. Le second clavier, bien que souvent peu ou pas audible, portera, ce qui, à mon goût sera le côté pénible de la soirée : les claviers bien cheap au son très années 80. Le violoniste jouant parfois en acoustique, parfois en électrique, se rapprochant ainsi du son d'un Didier Lockwood termine inexorablement ses solos en sautant, emporté par la fougue et l'énergie de son jeu.



Quant au patron, il restera relativement caché sous sa casquette toute la soirée, passant une majorité du set derrière sa contrebasse sur le manche de laquelle ses doigts danseront une folle mélopée rapide et précise, mélangeant mélodie, parties rythmiques, passages à l'archet, et même percussions. Le sexagénaire, à la silhouette Mingusienne semble parfois s'ennuyer, puis paraît arbitrer l'un des nombreux duels que se lanceront ses musiciens, même si parfois ces derniers semblent gênés par des problèmes de retour de son sur le plateau, ce qui nous vaudra de voir les deux claviers discuter entre-eux, bien qu'étant chacun d'un côté de la scène, quasiment toute la soirée. Ces problèmes de son seront aussi présents en salle, avec notamment une faiblesse du volume des claviers, plus particulièrement inaudible lors des passages en basse électrique. En effet, Stanley Clarke utilisant beaucoup de pédales d'effet d'une part et de modification de son volume d'autre part, l'équilibre entre les autres musiciens deviendra régulièrement instable. Par contre quel jeu de basse et quel instrument ! Un savant mélange entre la classe et les bois luxueux d'une vielle bagnole anglaise et la technologie d'une navette spatiale. Un manche très fin permettant un jeu rapide, fluide, à la limite parfois du Shred, sur lequel Stanley Clarke enchaînera les parties slappées, mais aussi des parties en accord, ou les cordes de mi et la donne la basse de la mélodie jouée sur les deux autres cordes, tout cela agrémenté d'un son bien particulier, à la fois rond et métallique, précis et puissant, doux et rock au point de rappeler parfois le son d'une guitare électrique et d'interpréter au milieu d'un morceau quelques mesures hendrixienne.



En résumé, une soirée pour moi un peu en demi-teinte. Frustré par un set relativement court, avec un son pas forcément à la hauteur, des musiciens certainement pas à fond mais heureux malgré tout d'avoir écouté cette légende en live.



Photos : Yann Cabello www.yanncabello.com, www.facebook.com/yann.cabello.7, twitter.com/YannCabello, instagram.com/yanncabello...


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