Accueil Chronique de concert Stephan Eicher & Traktorkestrar
Lundi 20 mai 2019 : 8895 concerts, 25479 chroniques de concert, 5256 critiques d'album.

Chronique de Concert

Stephan Eicher & Traktorkestrar

Stephan Eicher & Traktorkestrar en concert

Salle Obino à Vitrolles 23 février 2019

Critique écrite le par

1994 : Stephan Eicher, à la confluence entre le chanteur variété pour midinette et le rock indé à la française typé Mano Negra est au sommet de son succès populaire. Il enchaîne zéniths et arènes, est omniprésent sur les radios, et charrie un grand lot de légendes urbaines plus ou moins vérifiées depuis : il aurait exigé de ne pas toucher un salaire supérieur que ses musiciens, ses concerts se terminaient par des rappels interminables qui les ferait dépasser régulièrement les 4h00, il ferait suivre ses concerts par des performances "off" dans des lieux alternatifs (comme un concert au Bar de la Plaine documenté dans son double live Non ci badar, guarda e passa). Bref, le gars est au sommet de sa popularité, et personne en sait vraiment quelle orientation il va donner à la suite : variétoche à papa pour devenir le nouveau Florent Pagny, ou expérimentation à tout crin quitte à se couper du grand public.

La réponse ne tardera pas : dès les premiers singles de l'album suivant 1000 Vies et Oh Ironie et leur orchestrations mi symphoniques mi électroniques, l'artiste suisse réussissait l'exploit de surprendre (et un peu décevoir) à la fois le grand public ET sa base de fans.
Et pourtant... A l'instar de Eden d'Etienne Daho, son album jumeau (au moins dans ma tête) et contemporain 1000 Vies n'était pas une cassure dans le songwritting de son auteur, juste un choix de ne pas se laisser enfermer dans un type d'arrangements ou d'orchestrations, et d'utiliser tous les outils à sa disposition.

La suite a toujours été du même cru, Stephan Eicher proposant toujours de bons albums, suivis de grands concerts durant lesquels il prenait plaisir à habiller et déshabiller ses chansons, et à leur donner des apparence ou des vibrations différentes. J'avais d'ailleurs assisté en 1999 à une soirée incroyable au Moulin qui, bien que depuis j'ai vu des centaines de concerts, reste dans mon top 5, avec le seul VRAI rappel auquel j'ai pu assister. Un artiste qui quitte la scène, les techniciens qui rallument la lumière, mettent une musique de fond, commencent à démonter les instruments et un public qui reste, hurle, applaudit jusqu'à faire revenir un Stephan Eicher en peignoir pour une chanson supplémentaire.

Depuis quelques années, il a décidé d'aller un peu plus loin dans les variations sur son répertoire, en proposant carrément des "tournées concepts", durant lesquelles tout le concert tournerait autour d'une idée d'arrangement. En 2010 c'était une tournée "lecture" intimiste avec Philippe Djian. En 2015 c'était Stephan Eicher und die automaten durant laquelle il était seule sur scène, entouré d'un groupe d'automates. Et donc cette année : Stephan Eicher & Traktorkestar, véritable fanfare composée de neuf cuivres, trois batteurs et un bassiste.


Première pour moi à la Salle Obino de Vitrolles, un beau complexe moderne, à la bonne sonorité, mais malheureusement un peu froid à mon goût, ce qui aura une influence sur la suite. Pas de première partie, car celle ci sera directement faire par le Traktorkestrar qui rentrera dans la salle en mode banda, en passant dans le public, dans les tribunes avant de rejoindre la scène pour un set d'un petit quart d'heure avant d'être rejoint par la tête d'affiche pour une version de son plus gros tube Déjeuner en Paix.


C'est donc forcément une performance qui se veut festive qui nous attend ce soir, avec un groupe qui joue à fond (et peut être de façon un peu forcée) la carte déconne, avec jet de confettis et seau sur la tête. Le ressenti sur les nouvelles versions va de "juste intéressante" (Cendrillon après minuit) à "puissante" (Ce peu d'amour), en passant par "surprenante" (un mix excellent entre Des hauts des bas et Papa was a rolling stone).


Mais ce sont dans les moments les plus intimes (et ou donc la fanfare se fait plus discrète) que Stephan Eicher se livre le plus, et ou réapparait sa personnalité vraiment attachante et douce. Le presque sexagénaire à l'air bien dans ses baskets, dans sa carrière, dans ses choix, sa collaboration avec Philippe Djian n'a pas fini de donner de belles chansons et ça fait plaisir.


Je ne peux néanmoins pas m'empêcher de poser un assez gros bémol sur cette soirée. Dans les années 90, lorsqu'il était à l'apogée commerciale de sa carrière, un concert de Stephan Eicher accompagné d'une fanfare de cuivres à la Fiesta des Suds, devant un public jeune et prêt à casser la baraque aurait été une expérience incroyable. En 2019, son public a vieilli, ne s'est pas tellement renouvelé, et un tel concert dans une salle qui ne dégage pas une énergie de dingue, avec une petite fosse a quelque chose d'anachronique. Quand le groupe se met à déconner sur scène, on ne les sent pas portés par l'ambiance de la salle, mais par la mise en scène.

Musicalement, l'expérience était intéressante, mais la folie que le concept était sensé vendre n'y était pas. Et c'est bien dommage.

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