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Vendredi 21 novembre 2014 : 12551 concerts, 23101 critiques de concert, 4988 critiques de CD.

Critique de concert Steven Wilson


Steven Wilson en concert


5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime



Dès notre arrivée au Trianon nous comprenons bien que nous allons nous retrouver devant la même scène que l’année passée ... 6 mois ont passé, mais la scénographie est la même : Rideau blanc qui masque la scène, sur lequel est projeté une image fixe en noir et blanc de Lasse Hoile, avec la bande son de Bass Communion en fond.

On retrouve donc cette forme très conceptuelle de première partie, découverte ici même en Octobre dernier et avec toujours le même souci : Ce n’est ni annoncé, ni expliqué, ce qui la rend difficile à appréhender pour le public. De plus, il n’y aura quasiment qu’une seule image fixe tout le long des 45mn de musique (alors que la fois dernière, les images défilaient ... Lentement certes, mais défilaient quand même !). Alors c’est d’une esthétique qui dérange et qui titille, c’est certain, mais cela reste vraiment un moment réservé aux initiés et qui nécessite un silence totale pour pouvoir pleinement entrer dans le jeux (ce qui n’est absolument pas le cas).



L’image géante est renvoyée sur le mur de fond par le jeu des superpositions. Seules les lumières des amplis font apparaitre la scène en arrière plan, l’ombre des instruments se détachant sur le décor. Quelques mouvements et bruits d’accordage jouent les parasites par instants. Drôle d’ambiance qui a du mal à se mettre en place (c’est vraiment un peu trop long), mais super planante ceci étant. A 15 minutes de la fin, enfin un changement d’image apparaît. Le voile qui entoure le spectre blanc flotte légèrement au vent sur cette étendue morte, sombre et infinie. Puis une ombre noire passe derrière les carreaux pour se coller tout contre, comme si elle nous observait ... Je pense qu’on y est ...

Leur mise en place est saluée par un public impatient. La lumière qui les éclaire derrière le rideau les fait apparaitre comme entourés d’un halo céleste. Nick Beggs fait son effet, comme toujours, planté de dos devant la batterie avec sa chevelure blanche. Puis Steven Wilson fait son entrée pieds nus (évidemment !). Il nous regarde droit dans la yeux, puis monte les bras vers le ciel pour les lancer ensuite vers le sol dans un large salut qui déclenche le tonnerre des instruments, éclairs de lumière à l’appui. Il nous chante No Twilight Within The Courts Of The Sun avec une voix lointaine (jouant sur les effets de son micro) et commence ainsi à nous parler depuis cet autre monde dont il est l’ambassadeur.



Il est totalement habité. Passe au clavier installé en front de scène, le visage caché par ses cheveux, puis se lève d’un coup pour aller de musicien en musicien ... Pour se figer en fin de morceau dans un tableau qui semble vraiment irréel. Il continue en nous parlant via son électro-voice, les images toujours aussi spaces de Lasse Hoile défilant sur l’écran derrière lui. La musique monte et nous enveloppe. Il tombe à genoux devant Niko Tsonev et semble commander aux instruments par un simple geste de la main, se cabrant sur ces sons qui semblent habiter entièrement son corps.



Deform To Form A Star commence. Le son de la flûte traversière de Théo Travis m’emporte ailleurs. Steven, lui, s’est installé au piano face à nous, dans une lumière rouge intense et toujours derrière le rideau sur lequel des images de lui-même défilent. Sa tête s’agite dans tous les sens. La tension monte de plus en plus et puis d’un coup, la douceur et le calme reviennent. Ces changements de rythmes sont vibrants et donnent toute son intensité à ce set.

L’image d’une sombre forêt accompagne Sectarian, où se mélange le folk de la guitare sèche et les riffs de l’électrique. On ne voit plus le bassiste, mais seulement la masse de ses cheveux blancs qui s’agitent. Les lumières font apparaitre l’image de Steven partout à la fois sur le rideau blanc, qui finit par tomber sous des cris de joie. Il y a vraiment un côté irréel à cette apparition. Les images ne passent plus que sur le mur du fond à présent, ce qui les rend toujours présentes mais moins intenses tout de même (mais on voit enfin les musiciens ... C’est sûr qu’il faut faire un choix !!).

Il fait une pause pour nous demander qui était présent en octobre, parce qu’il a prévu une petite surprise issue de son prochain album (et oui, c’est la première fois de cette tournée qu’il fait deux dates dans la même ville, alors il veut marquer le coup) ... Mais ça va être pour tout à l’heure. Pour le moment on embarque pour Postcard qui apparait comme un mirage dans cette lumière bleue. Encore un de ces moments magiques comme il sait nous en offrir. Puis on va enchaîner sur Remainder The Black Dog et les images de l’étrange bête à corne qui l’accompagnent en fond. Steven est toujours derrière son clavier habillé comme un bureau ancien, ouvrant les doigts de sa main droite pour marquer les temps et entretenant cet espèce de calme derrière lequel pointe en permanence une sourde puissance. Et puis d’un coup, on est pris par l’envolée musicale de la flûte, du clavier ou de la guitare. Des sons et des images qui impressionnent, surtout quand il vient se planter devant nous, tenant sa guitare dorée super bas, comme en apesanteur devant lui.



Steven Wilson semble vraiment habité ce soir et encore plus mobile que d’habitude. Il vient de poser aux côtés de l’un ou de l’autre, comme happé par la musique. Les images du fameux cimetière mexicain des poupées de Insurgentes défilent et sa silhouette se découpe avec cette fabuleuse manière qu’il a ce soir de jouer les chefs d’orchestre, arrêtant la musique d’un bras tendu, comme s’il commandait aux éléments.

Vient enfin le moment annoncé du nouveau morceau, rien que pour nous ce soir ... Luminol, qu’il nous présente comme une vrai chanson épique pour les amoureux du rock progressif et qu’il vient jouer à la guitare en tout devant de scène, devant un public réellement en communion. Et c’est reparti pour leurs visages (Steven & Nick) qui disparaissent derrière leurs cheveux. Ils finissent par me faire penser au Cousin Machin de la Famille Adams tous les deux à force ;) !



Puis c’est une pluie d’étoiles qui vient accompagner la mythique musique de No Part Of Me, avec Nick Beggs en seconde voix et la flûte de Théo Travis en renfort. Steven joue du piano à genoux sur sa banquette, comme s’il lui était impossible de tenir en place face à l’intensité de tout cela. C’est dans ce genre de moment que l’on a l’impression de ne plus être ici bas et d’assister à quelque chose d’unique.

Et c’est sur l’intégralité de Raider II que nous allons terminer ce set fort en émotions. Il vient encore une fois jouer juste devant nous, comme un automate sans vie, partant dans des riffs de folie, d’une fureur faramineuse. Le public en reste scotché et lui même s’arrête en soufflant pendant la pause, tellement c’est ...

Il s’amuse de trouver un Paris bien calme et lorsqu’il demande si nous sommes là, seules quatre vois répondent ... Mais dont une lui crie "Il y a de toi en nous !!". Il sourit et le remercie, mais à la réponse du fan "Joue nous du Porcupine Tree", il lance amusé : "Tu n’es pas venu au bon concert je crois !!"



Il dirige l’intro de la troisième partie de Raider II de la main gauche, numérotant les répétitions des guitares à bout de bras. On a l’impression d’être au milieu d’une forêt qui craque ... Et puis on en prend plein la tête l’instant d’après (et même trop là pour le coup, avec la voix qui passe à peine les basses !) Perso, ce taux de saturation me gâche un peu la fin mais par contre, il faut bien avouer que ça envoie vraiment du lourd. Le batteur s’en retrouve même à frapper debout, devant des images d’incendies et d’explosions fortes à propos !! Ils vont ensuite quitter la scène un par un, laissant seules la batterie et la basse pour terminer en apothéose.

Avant leur retour pour le rappel, une chaise haute est installée en milieu de scène ... Steven s’y installe. Théo Travis a pris sa place au piano. Le morceau commence plutôt en nuance et en douceur. Puis il s’éclipse et revient avec son masque à gaz sur le visage, images apocalyptiques derrière lui. Il reprend sa guitare et se met à jouer en balançant son corps, comme s’il se débattait d’une force invisible. Une fin vraiment grandiose (même si je l’avais déjà vue), suivie d’un salut de Wilson, sa guitare d’une main et son masque à gaz de l’autre. Bon je ne le redis pas ... Si ?!! Allez ... Ben Oui, c’était une putain de soirée !!

Steven Wilson : Guitare, Piano & Chant
Nick Beggs : Basse
Adam Halzman : Claviers
Marco Minnemann : Batterie
Niko Tsonev : Guitare
Théo Travis : Saxophone, Clarinette, Flûte & Claviers

Setlist
1 - No Twilight Within The Courts Of The Sun
2 - Index
3 - Deform To Form A Star
4 - Sectarian
5 - Postcard
6 - Remainder The Black Dog
7 - Harmony Korine
8 - Abandoner
9 - Insurgentes
10 - Luminol
11 - No Part Of Me
12 - Raider II (Parts 1 & 2)
13 - Raider II (Parts 3 & 4)
14 - Raider II (Parts 5 & 6)
---------------------------------
15 - Get All You Deserve

Chronique réalisée par l’équipe de Concerts en Boîte


 


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