
Très grosse affiche pour les amateurs de punk/métal/hardrock ce soir là au Garage avec Tagada Jones et le retour de Parabellum et découvertes énormes pour moi qui venais écouter ces groupes pour la première fois. A vrai dire j’ai été très attirée en ce lieu par une certaine curiosité suscitée par l’imagerie gore développée par les Banane Metalik. Et bien ma curiosité attendra puisque l’un des membres ayant été hospitalisé, leur participation à la soirée a été tout simplement impossible. Qu’à cela ne tienne ils seront le 19 juin à Cezais ( vers la Roche sur Yon) pour ceux qui seraient tentés pas une escape vendéenne …

Place donc aux Tagada Jones, a priori bien connus du public donc petite présentation très rapide du quatuor breton : au chant Niko dont les textes militants ne semblent pas étrangers à une partie du public. Très nerveux, de sa voix quasi-éraillée mais très bien maîtrisée, il exprime dans ses textes en français svp, une rage revendicative sur des sujets aussi vastes que la lutte contre les violences conjugales, le capitalisme forcené et la nécessité d’une justice sociale. Moi qui étais habituée à entendre ce genre de textes associés à des artistes ouvertement de gauche sur des musiques pop/variété, je suis agréablement surprise et adhère totalement à l’aspect nerveux/fiévreux et si énergique suscité par le style musical. Les deux guitaristes (bassiste + guitariste) qui accompagnent Niko ont un look rock/métal des plus affirmé se passant de toute imagerie superflue. Quant au batteur, son jeu est tellement soutenu (130 minimum, non ??) que l’on se dit qu’il doit avoir des capacités respiratoires et musculaires supérieures à la normale !!! Avec tout cela, la température de la pièce ne peut que monter mais le chanteur en demande toujours plus et veut faire encore grimper le mercure. Pas de soucis, le public répond allègrement présent, une chanson dédiée à la gente féminine et une autre en rapport avec les stades de foot (c’est tout ce que j’ai saisi…) finissent par me pousser vers la seule source d’air frais : une climatisation qui s’évertue à brasser un maigre faisceau d’air. Fin de la première partie, sur les très chaleureux saluts du groupe, le cœur battant d’un enthousiasme limite subversif.

Après avoir réellement respiré à l’extérieur et reconnu les membres des Devil Crockets et des Anonymous Pregnants, place au rock avec le retour des Parabellum. Là encore personnellement je ne les connaissais pas, honte à moi peut-être, mais leurs fans semblaient bien présents pour assister au passage sur Marseille de ce groupe fondé en 1984. Si le charismatique leader porte des favoris d’un blanc éclatant qui se poursuivent jusqu’au milieu des joues, le guitariste n’est pas mal non plus dans le genre extravagant : gilet à "cotte de mailles" en losange vert sur son torse nu, un couvre chef lourdement décoré de strass posé sur une chevelure mi-longue poivre et sel, le visage maquillé surtout au niveau des yeux, j’ai vaguement l’impression de revoir Johnny Deep dans Pirate des Caraïbes ! Question musique, ces messieurs nous balancent un son rock puissant virant parfois au punk ou au rockabilly, mais tout comme pour le précédent groupe, les textes ont ici aussi leur importance. Recherchés parce que prenant appui sur des auteurs ou des faits du XIX°, parfois, ou encore prenant position d’un point de vue politique (petite réf à Gaston Defferre), mais je ne m’aventurerai pas à discuter plus en détail puisque j’ai eu du mal à tout entendre (si qq’un veut compléter cet aspect…). Le public réagit bien et les reprises de Saturnin, ou de l’inoubliable Dans le port d’Amsterdam avec tout le punch du rock savent susciter une bonne humeur communicative ! Une chaleureuse interaction public/groupe qui j’espère les suivra pour saluer leur tournée de come back.
|