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Jeudi 23 mai 2013 : 10375 concerts, 21942 critiques de concert, 4855 critiques de CD.

Critique de concert The Black Keys, Noel Gallagher, Eagles Of Death Metal, Toy, Mark Lanegan, Deus, Bass Drum Of Death, Ume, Of Monsters And Men, The Bots, Maximo Park, Granville (Festival Rock en Seine 2012)


The Black Keys, Noel Gallagher, Eagles Of Death Metal, Toy, Mark Lanegan, Deus, Bass Drum Of Death, Ume, Of Monsters And Men, The Bots, Maximo Park, Granville (Festival Rock en Seine 2012) en concert


5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime




Grâce à un enchainement ininterrompu de concerts tous plus classieux et enthousiasmants les uns que les autres, la journée du Samedi 25 août 2012 est appelée à rentrer dans les annales du festival Rock en Seine (au même titre que les jours de passage des Pixies, d'Arcade Fire, des White Stripes, de Queens Of The Stone Age, de Jesus And Mary Chain, de LCD Soundsystem, de Radiohead et de Beck... ) ! Les 110 000 festivaliers ayant arpenté trois jours durant les pelouses du Domaine National de Saint Cloud pour fêter les 10 ans du grand raout de fin d'été à Paris risquent en effet de se souvenir longtemps des prestations de The Black Keys, Mark Lanegan, Deus, Noel Gallagher, Toy, Eagles Of Death Metal, Bass Drum Of Death et consorts... Compte rendu :




Ume

Dès 15 heures, sur la plus petite (mais aussi la plus adaptée aux concerts " intimistes ") scène du festival (la Scène Pression Live), le trio américain Ume défonce tout en deux temps trois mouvements... Et ce en défouraillant avec une énergie juvénile un punk rock shoegaze hystérique et sauvage. Le charisme, le jeu de guitare très énervé et les cris sauvages de la chanteuse leader d'Ume sont pour beaucoup dans la puissance de feu de ce combo hyper à l'aise en live. A cause des hurlements poussés par la furie officiant au micro, on pense souvent à Courtney Love et à son groupe Hole. Et ce ne sont pas les riffs punk dissonants et les rythmiques bastonnant sévère, qui vont nous faire changer d'avis, même si Ume sonne actuel grâce à son mélange entre bruit viscéral, mur du son, mélodies broyées et passages catchy. Signalons le plaisir visiblement pris par la chanteuse, jamais avare d'une sourire ou d'un geste pour faire partager sa jubilation d'être là devant un public déjà hyper chaud pour l'heure  ! Spéciale dédicace au monsieur qui s'est consciencieusement péter les cervicales en headbangant comme une bête pendant tout le show ! Respect total !





Of Monsters And Men

Premier aller retour entre les deux extrémités du site (cela permet d’éliminer quelques excès de la veille, avant de replonger joyeusement dans les... excès inhérents à tout festival), on rejoint ensuite la grande Scène pour assister au show des Islandais de Of Monsters And Men, qui œuvrent dans la pop 'n folk gentillette certes, mais plutôt efficace et joviale. On pense à une version plus nordique d'I'm From Barcelona, avec un soupçon d'Arcade Fire et de Spinto Band dedans. En clair, c'est parfait pour chanter en chœur (le tube Mountain Sound par exemple) lors d'un début d'après midi ensoleillé, mais c'est aussi un peu déjà entendu et assez consensuel. Quoi qu'il en soit, si l'on est d'humeur badine, ce qui est notre cas, cela permet de passer un moment plutôt agréable.




Granville

Un petit sprint jusqu'à la scène de l'Industrie pour assister à la toute fin du show de Granville, en espérant que son premier tube soit joué à la fin... Et là, c'est le miracle, à peine,nous matérialisons nous devant lascène que le groupe normand commence à jouer Le Slow, un chanson de pop frenchy craquante à souhait. Comme la brune chanteuse du groupe d'ailleurs, qui trimbale sa moue boudeuse et sa voix effrontée pendant tout le long de morceau, déjà à classer au rayon " hit single qui tue ". Et puis le groupe sort de scène, c'était moins une ! Comme ces jeunes artistes plein d'avenir savent jouer sur scène, possèdent d'autres compositions bien foutues, il faudra suivre leurs futures pérégrinations !




Toy

Direction la Scène Pression Live, lieu idéal pour accueillir le rock shoegaze à la The Horrors de Toy, des potes du groupe sus-cité comptant un musicien jouant dans le groupe du projet solo de Faris Badwan, Cat's Eyes (vu ici même l'année dernière)... D'entrée de jeu, on remarque une proximité avec leurs potes dans le son (intense, tendu, touffu et très bruyant), dans l'humeur (pas très bonne et droguée) et dans la présentation (style gothique cadavérique ne sortant que la nuit, il est 16h15 donc les gars et la fille ressemblent comme deux gouttes d'eau à des vampires saisis par le soleil). Mais en partant des mêmes influences, Toy réussit à se créer une identité propre et, surtout, à offrir au public un concert hyper marquant. Car les titres sont méchamment puissants et percutants, le son est cataclysmique et l’ambiance " croque mort anglais " glace le sang à merveille. De la belle ouvrage ! Et bravo pour les coupes de cheveux bizarres : la palme revient au bassiste looké comme un membre de Genesis, avec la mèche arrivant sur le nez, et au guitariste sosie de Dave Mustaine de Megadeth (non, pas MEGADETHHHHHHHHHHHHH !).


Maximo Park

Bon là, on va passer vite, Maximo Park ce n'est pas une seule seconde intéressant, c'est de la pop rock made in England fabriquée au kilomètre par un groupe de tacherons et chantée comme une grosse patate par un boulet artistique notoire... Les Anglais, entre deux merveilles qui nous rendent jaloux, aiment bien ce genre de groupe sans aspérités, facile à écouter. Et ils nous les envoient. Ce n'est pas la peine les gars, merci ! Quoique pour faire une pause, se restaurer et s'abreuver entre amis, ça peut passer...




The Bots

Juste après, on s’attend à un gros choc rock 'n roll avec les gamins tout de blanc vêtus de The Bots... Mais leur set peine à décoller, malgré leur énergie adolescente et leur joie de faire du bruit de concert avec leur guitare, batterie et micro. Et puis sur un morceau, un peu mieux branlé que les autres l'on se dit que ça ressemble – un peu – aux White Stripes : guitare punk, batterie légère, mélodie catchy. Et c'est parti pour une fin de show bien rentre dedans, mieux calée et assez jubilatoire. Ça gueule, ça " distort " et ça tape avec allégresse ! Et un savoir faire certain pour trousser des bombinettes punk rock. A suivre !





Deus

Juste le temps de courir sur la grande scène pour se prendre en plein face le concert imparable et jouissif des belges de dEUS, toujours aussi bons. Leur répertoire passé ou récent est en acier trempé (Instant Street, quel pied !, Suds and Soda, l'orgasme !) et l'unité qui s'en dégage est impressionnante : la voix rocailleuse Tom Barman, les guitares acides et torturés, la basse énormissime, la batterie directe, sans oublier le violon dissonant, forment un maelström sonore proprement magique pour tout fan de rock indé borderline. A ce niveau d'excellence, même le titre en français (assez dispensable sur disque au premier abord) passe très, très bien. Le peuple de Rock en Seine commence donc à sentir monter gravement la vague de bonheur ! La preuve : ivres de joie (mais pas que), des Anglaises délurées nous soutirent la moitié de nos bières après avoir exécuté une danse digne d'un club de strip tease. Comment résister quand c'est demandé avec le sourire, et avec une bande son de rêve ?




Bass Drum Of Death

Bon ben c'est pas tout ça mais il faut encore traverser le Domaine National de Saint-Cloud au pas de charge pour aller prendre un maxi coup de pied aux fesses administré par les petits saligauds de Bass Drum Of Death, un trio de garage rockers américains qui nous console des morts de Jay Reatard et des Ramones... Même si tout n'est pas inspiré, la plupart des morceaux de ce gang de sauvageons aimant se rouler dans la fange sonique font un effet bœuf : instantanément, l'auditeur spectateur festivalier ressent une sacrée envie de pointer l'index vers le ciel, de remuer la nuque et de danser comme un primate des ages farouches. Les fans exclusifs de folk pop sont priés de se faire excuser, et les autres sont invités à pogoter comme des tarés, car, clairement, c'est fait pour ça ce boulet de canon punk à base de guitare/basse/batterie/micro éhontément malmenés. Pas la peine d'en rajouter : Bass Drum Of Death, c'est un rouleau compresseur scénique qui t'aplatit la tronche. Si tu aimes ça, cours donc les voir !




Noel Gallagher

Il est temps de rejoindre la grande scène en compagnie d'une cohorte d'amis très en joie (comme nous) à l'idée de revoir l'ex sale gosse en chef d'Oasis, Noel Gallagher... Il est 20 heures, il fait beau et l'on est entouré de gens sympathiques pour assister au show d'un mec qui a écrit une jolie série de tubes intemporels. La vie est putain de belle ! Et c'est une jolie revanche par rapport au drame de la bagarre Liam/Nono ici même il y a trois ans... Car Mr gallagher monte sur scène, et s'il tire la gueule - pour la forme et la légende -, il enchaine avec maestria une set list certes resserrée mais idéale pour un festival : impeccables " vieux " titres d'Oasis (It's Good To Be Free, Half a World Away) et titres solo au songwriting soigné (If I Had A Gun, The Death Of You and Me... ). C'est la classe car Noel chante bien et il a choisi un bon groupe. Certes Wonderwall et Supersonic manquent à l'appel, mais le final avec Whathever et Don't look back In Anger (dont les paroles sont reprises en chœur par 99% du public) est un Himalaya de communion à pleurer de bonheur. Un spectateur avait préparé une touchante pancarte disant en substance que " Mr Gallagher est Dieu ", il a sans doute tort mais l’espace d'un instant (sur le refrain de Don't Look Back In Anger), on y a presque cru !




Eagles Of Death Metal

Juste après, la scène de la Cascade à l'honneur d'être foulée par le maniaque sexuel et accessoirement le républicain (beurk !) le plus rock 'n roll de la Californie, Jesse Hugues aka Boots Electric des glorieux Eagles Of Death Metal... Qui se lancent immédiatement dans un set admirablement bas du front, salace et heavy rock, une sorte de best of live de toute la carrière du pote un peu crétin de Josh Homme. Cherry Cola, I Want You So hard, Heart On, Don't Speak, Wannabe In LA et autres perles suintant le sex and drum and rock rock 'n roll sont décochées avec la virulence, l'énergie et la crade attitude qui sied à ce genre de show. Entre deux facéties et harangues au public (nombreux et ravi), Mr Hugues, qui arbore un t-Shirt Black Keys du meilleur effet, salue ses " frères " qui s’apprêtent à fouler la grande scène peu de temps après. En plus de savoir trousser des rock 'n roll songs qui vont droit au but, le gars a donc bon goût !





The Black Keys

On savait que The Black Keys était un putain de groupe de rock 'n roll blues depuis un paquet de temps et que sur scène ça tenait la route (L'Olympia de Paris en mars 2011, c'était coooool !), c'est donc sans surprise qu'on a pris une grande rasade de leur musique authentique, vintage, actuelle et accrocheuse à Rock en Seine. Qu'ils se fassent accompagner par des musiciens additionnels (orgue, basse... ) sur les titres les plus récents ou qu'ils reviennent aux bases en jouant simplement à deux, Dan Auerbach et Patrick Carney sont la classe incarnée : leurs titres (rock 'n roll, punk, blues, soul et pop) sont parfaitement écrits, leur son est dense et près de l'os et leur attitude est conviviale sans être putassière (pas d'effets travaillés de vieux routiers du showbiz pour grande scène, comme pour Placebo ou Green Day).



Les Black Keys s'attachent, quant à eux, à jouer leur musique de la manière la plus simple et directe que possible, en appuyant sus leurs points fort (qui sont nombreux!) : le jeu de batterie simiesque et agressif de Mr Carney, la guitare en feu de Mr Auerbach et ses cordes vocales bénies des dieux du blues rock 'n roll... Une vague de tubes récents déferle donc sur le public (Gold On The Ceiling, Lonely Boy, Next Girl, Everlasting Light, Tighten Up, Your Touch, Nova Baby, Little Black Submarines, le faux slow à vraie double détente... ), qui a droit également à des déferlantes de titres plus anciens mais tout aussi satisfaisants (Thickfreakness, Girl Is On My Mind, Same Old Thing, Strange Times et I Got Mine en final bandant) pour l'amateur de blues explosion. On aurait aimé un rappel d’une demi heure, mais la grosse heure de live 100% excellent dont nous ont gratifié les Black Keys en valait bien deux !





Mark Lanegan

C'est brisé mais heureux que l'on se traine pour assister au show final de la journée (car non content de voir des concerts de 15 heures à minuit et demie, il a fallu porter sur nos épaules une généreuse anglaise pendant des minutes qui ont semblé durer des heures pour qu'elle retrouve ses amies pendant le set des Black Keys, ouch !!!), rien moins que celui du ténébreux et sombre Mark Lanegan, en grande forme et accompagné d'un groupe parfait... Vissé à son pied de micro, très peu loquace et évitant de sourire au maximum, l'ex Screaming Trees magnifie son répertoire, pourtant déjà exceptionnel sur disque, en live ; la puissance maléfique de ses cordes vocales broyées par l'alcool , la clope et la dope, et le volume sonore ahurissant auquel le combo martèle les titres donnent carrément le tournis.



Complétement groggy, saoulé de coups et touché en plein cœur par la noirceur de l'univers du Monsieur, le public prend conscience qu'il assiste à un live apocalyptique, flirtant dangereusement avec l'enfer rock 'n roll. Quelques touches pop rock viennent très légèrement alléger le propos stoner blues du Mark Lanegan Band, véritable machine de guerre jusqu’au-boutiste provoquant de terrifiantes visions peuplées de créatures diaboliques, de bluesmen suicidés, de croque mort en phase terminale et d'émeutes domestiques... Oui, Mark Lanegan aime gratter là ou ça fait mal, sur ses plaies béantes. Mais si cette entreprise de catharsis exécutée en live semble douloureuse pour lui, à la fin de cette soirée blues " noir c'est noir ", il apparaît apaisé et libéré. Comme ses fans, en état de lévitation avancée sur un gros nuage menaçant.

Il est temps d'aller cauchemarder afin d'être à peu près "en forme" pour le dernier jour du festival Rock en Seine, demain...






Photos des concerts : Nicolas Joubard (Ume, Of Monsters And Men, Noel Gallagher, Toy), Sylvère Hieulle (Granville, Eagles Of Death Metal), Robert Gil (Black keys, Mark Lanegan, Bass Drum Of Death, The Bots, retrouvez ses photos ici : http://photosconcerts.com/the-black-keys-saint-cloud-domaine-national, http://photosconcerts.com/mark-lanegan-saint-cloud-domaine-national, http://photosconcerts.com/the-bots-saint-cloud-domaine-national et http://photosconcerts.com/bass-drum-of-death-saint-cloud-domaine-national)

Liens : www.rockenseine.com, www.facebook.com/rockenseine, https://twitter.com/rockenseine...

Rock en Seine 2012 | Souvenirs © Rodrigue Huart... par rockenseine


 


>> Réponse (le 30/08/2012 par Sisao) C'est marrant, pro- et anti- Oasis, des années après ca fait toujours débat (cf toi & Philippe). La vérité est peut-être entre les 2 : pas merveilleux, pas minable non plus. enfin c'est mon avis. Et sinon comment ça se règle à concertandco ? à coups de bourre-pifs ? ;-)  > Réagir à cette critique

>> Réponse (le 30/08/2012 par Pierre Andrieu) on règle ça autour d'un verre !  > Réagir à cette critique
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