Critique de concert The Cranberries


Dans toute chronique de concert, il y a forcement une part de subjectivité. Ce qui ne veut pas dire que je suis aveugle ou sourd, au point de ne pas critiquer un groupe que j'aime s'ils ne sont pas à la hauteur (remember Iron Maiden parfois, par exemple).
Cette part de subjectivité est encore plus importante lorsqu'il s'agit d'un combo qui a marqué tout un pan de ma vie, et qui est encore attaché à mon coeur comme de très rares formations le sont. Les trois premiers albums surtout, ainsi que les lives des 90s, ont jalonné plusieurs années de ma vie comme c'est difficilement descriptible... Alors les Cranberries qui se reforment pour donner des prestations best of, inutile de vous dire que c'est le rêve pour moi.

Pourtant, avant cette date marseillaise, je n'ai lu que des échos négatifs sur les premières dates françaises. C'est rare de voir une quasi unanimité contre un groupe, dans plusieurs salles différentes, de surcroit. C'est donc en gardant ma confiance de fan ultime, mais assombrie par une ombre d'appréhension, que je me rend dans un Dôme aux trois quarts plein.

Et lorsque j'en ressors, je peux clamer haut et fort qu'en ce qui concerne notre date, tout ce que j'ai pu lire était totalement... infondé !! J'ai même eu du mal à piger toutes ces critiques... Mais en discutant avec des gens qui aiment bien ou même beaucoup le groupe, je me rends compte que c'est, pour la plupart, la première fois qu'ils le voyaient, et dès lors, j'ai pu comprendre le sens de certaines attaques.
En vrac: "Il n'y a aucune cohésion dans le groupe". "On ne voit que Dolorès". "Ils ne se sont pas foulés sur les décors". "Ils ne jouent pas 2h". Etc etc...

Ce à quoi je réponds simplement: "Mais cela a TOUJOURS été comme ça dans leurs concerts !" Je n'ai raté aucune tournée depuis 1995, et, même si c'était un peu plus énervé pour le "No need to argue tour", il n'y a jamais eu de grands décorum, Dolorès est une grande frontwoman, et on a d'yeux que pour elle, les autres zicos sont de purs autistes qui restent dans leurs parties de scène, et leurs titres ne dépassant jamais les cinq minutes (dont une majorité aux alentours des trois minutes), la durée du show de 1h30 (j'ai chronométré) me parait normale puisque ca inclut en moyenne 20 morceaux ! Comme depuis plus de 15 ans !

Alors nous n'attendions peut être pas la même chose, mais je n'ai pas ressenti une reformation pour le fric comme j'ai pu en voir (Police largement en tête), et la seule honte, je la met sur la majorité du public en gradins ! A part un petit noyau devant au centre, c'était mou de chez mou la haut ! Ca a daigné se lever pour "Zombie", puis pour le "Dreams" final, mais à part ça, on se serait cru à un live de André Rieu ! Et encore je mens, à Rieu le public a 70 ans de moyenne, là c'était étonnamment plutôt jeune, mais ca larvait... Heureusement que la fosse était en folie, hurlante, dansante, honorant les irlandais !

Franchement c'aurait été aussi mauvais que ce que j'ai pu lire, je ne me serais pas gêné pour ajouter la plume de ma deception à ce feu nourri de critiques, mais là, je me dois de défendre un groupe qui est venu pour donner du plaisir, et se faire plaisir aussi. Car maintenant que j'ai effectué ma mise au point (qui n'engage que moi bien sûr, fan heureux), je peux laisser éclater TOUT LE BONHEUR que j'ai pu ressentir !

Après une première chanson dont le son laissait craindre le pire pour la suite, tout s'est parfaitement mis en place, et bien qu'un peu trop fort, ledit son fût plus que correct tout du long. Et dès "Animal instinct" une émotion brute, musicalement très très forte, m'a étreint. J'étais dans cette salle, et pourtant je n'y étais plus vraiment... Tant de souvenirs, d'images, de sensations, de larmes de et de joies incomparables sont attachés à des titres tels que "Ridiculous thought", "Ode to my family", "I can't be with you", "Dreams", "Zombie", "Linger", "When you're gone", "Shattered", que j'étais transporté dans tous les sens du terme, seul parmi des milliers de personnes, seul avec le groupe, seul avec des paroles, des notes, des sensations.

L'interprétation était exactement comme par le passé, avec une Dolorès remuante, exécutant ses fameux "pas de danse", arpentant les planches sans cesse, et plus que tout une voix intacte, sa voix. Qu'on adore ou qu'on déteste. Moi je reste fan inconditionnel, car cette voix est un vecteur émotionnel rare... De la plus douce mélodie languissante aux vocalises aigus maitrisées. Elle me fait toujours autant frissonner sur un "Zombie" explosif, comme sur un "Shattered" mélancolique, un triste "When you're gone" ou un "Ridiculous thoughts" rageur !
De plus, elle s'est souvent exprimée entre les compos, et en français la plupart du temps, s'il vous plait ! Avec naturel et grands sourires.

Le reste du combo est toujours aussi discret, allant de l'autisme pur pour le bassiste qui ne bouge pas d'un iota, au furieux trip intérieur pour le gratteux barbu, en passant par un clavier dans l'ombre mais assurant parfaitement les chœurs et harmonies vocales. Mention spéciale au batteur, qui comme d'habitude assure comme une bête ! Avec un son cataclysmique, certains morceaux rockaient sévère ! "Salvation", "Ridiculous thoughts", "I can't be with you", et bien sur "Zombie" et "Dreams" ont fait trembler le Dôme ! Un bail que je n'avais pas autant braillé ! Forcement, avec une setlist best of comme celle ci, impossible de ne pas être au nirvana.

En plus, ses chansons issues de ses deux albums solo (au nombre de trois ce soir), s'incorporent vraiment bien, surtout "Ordinary day" et "Switch off the moment". Par contre, peu de classiques du premier album (putain mais rien que pour "Linger" ou "Dreams" il faut que je rechoppe une date !), et l'absence de "Promises" est etonnante et frustrante. A la place du soporifique "Dreaming my dreams" c'aurait été parfait !

Alors voilà. The Cranberries se sont reformés, ils m'ont comblé au delà du possible, comme à chaque fois. J'en redemande. Un nouvel album, une nouvelle tournée. Tout. Merci. Du fond du coeur, MERCI.
Setlist
Analyse
Animal Instinct
How
Ordinary Day
Linger
Dreaming My Dreams
When You're Gone
Time Is Ticking Out
Switch Off The Moment
I Can't Be With You
Ode To My Family
Free To Decide
Salvation
Ridiculous Thoughts
Zombie
Rappels :
Shattered
You and me
The Journey
Dreams
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Signature : gandalfle 15/03/2010
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Photographe : pirlouiiiit
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>> Réponse (le 15/03/2010 par Fonzi)

>> Réponse (le 15/03/2010 par flojo)

>> Réponse (le 15/03/2010 par Boite A Meuh)

>> Réponse (le 15/03/2010 par Pirlouiiiit) Cette fois (failli dire "pour une fois") je suis tout à fait d'accord avec Gandalf. Je pensais assister au retour catastrophique d'un groupe dont le concert que j'avais vu m'avait déjà laissé de marbre à l'époque (concert de fin de tournée de l'album avec Zombie à Los Angeles) et j'ai trouvé un groupe content d'être sur scène, avec une chanteuse qui a la pêche (peut être même un peu trop à sa façon de gesticuler sur scène) des musiciens certes discrets masi qui jouent bien (j'ai vu le guitariste s'énerver - dans le bon sens du terme une ou deux fois). En dehors d'un cinquième membre aux claviers / guitare / choeurs rien ne semble avoir changer. J'ai même pu apprécier pas mal de titres que je ne connaissais pas (ou que j'avais oublié) ... Entre les morceaux bonne communication avec le .../...
> La suite
>> Réponse (le 15/03/2010 par Joelle)

>> Réponse (le 15/03/2010 par JLo)


le 3 juillet 2010 - 1er jour Heineken Jammin' Festival à Venise (par Gandalf)
Dôme - Marseille


le 11 décembre 2011 - le Dome - Marseille (par Pirlouiiiit)
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