
Affiche tout simplement parfaite à la Coopérative de Mai, avec les heavy rockers clermontois de The Elderberries et leurs héros néo-zélandais, The Datsuns, qui pratiquent, eux, un heavy rock mâtiné de garage et de punk… Les deux groupes s’étaient déjà rencontrés au même endroit pour un très bon concert en 2004, les Elderberries n’étaient alors qu’aux débuts de leurs aventures et les Datsuns étaient au sommet de la hype. Cinq ans plus tard, les frenchies ont rejoint leur "maître", qui reste un putain de groupe de rock ‘n roll ! Et ça donne quoi cette double affiche de feu ? 2h30 de bonheur !

The Elderberries, “ Clermoooont, Coooome ooooon !! “
En une heure chrono et à domicile, les Elderberries donnent tout ce qu’ils ont dans les tripes. Avec une énergie hallucinante, une set list de rêve, une envie de jouer presque palpable, des sourires réjouis sur scène, la charge des Elderberries laisse tout le monde sur le cul. Le club de la Coopé, qui affiche complet (450 kids, comme dirait l’autre naze), se transforme en quelques secondes en chaudron en ébullition : les gamins slamment à tout va (c’est pas du Grand Corps Malade, si vous voyez ce que je veux dire… ), montent sur scène faire la bise au chanteur (ravi !) et se jettent à corps perdus sur leurs petits camarades, qui en redemandent, les masos… Chaque morceau est l’occasion de vérifier la communion incroyable qui existe entre ce groupe et sa ville : c’est un tonnerre d’applaudissement et de cris qui salue chaque titre joué. De Gone too far à Au Bikini (LE fucking tube !) en passant par Hellphone, Laying Down, Like A bull, Doesn’t really matter, le groupe fait une démonstration de force entre heavy rock et rock stoner. Chris Boulton, le chanteur survolté, se fait péter les cordes vocales (à la manière d’un Bon Scott croisé avec Josh Homme) et harangue le public ("Clermont, Come on !"), Yann Clavaizolle cogne comme un damné sur ses fûts, les guitares de Ryan Sutton et Tom Pope sonnent admirablement bien et la basse de Jamie Pope gronde comme il faut. Maintenant que tout est calé et que le léger changement de style est digéré, les Elderberries sont un des meilleurs groupes de scène en France. Les dignes successeurs des défunts Hellacopters, qu’ils reprennent d’ailleurs, et des Datsuns (grosse influence également), qui vont avoir fort à faire juste après pour faire oublier le passage de l’étincelante comète Elder.

The Datsuns, “The return of the rock ‘n roll moterfuckers from hell”
Comme on le disait à l’instant, malgré leur statut de bêtes de scène venues des antipodes pour bouffer du public européen, les Datsuns peinent un peu en début de set à élever leur niveau, pourtant excellent, au niveau de celui des Elderberries (l’élève aurait-il dépassé le maître ?)… Et puis, l’expérience aidant, la rafale de titres électrisants et l’énergie démoniaque du groupe commencent à effectuer leur travail de sape sur l'assistance, qui se remet à slammer, à pogoter et à hurler sa joie… Toujours emmenés par un leader intenable en sosie vocal de Robert Plant (électrocuté), en bassiste foudroyant et en chauffeur de salle super habile, les Datsuns commencent à prouver leur savoir faire à grands coups de guitares incandescentes et de parties de batteries furieuses. Signalons d’ailleurs que le nouveau batteur du groupe est impressionnant de classe, de puissance brute et de tonus.

Les titres mythiques du premier album, Fink For the man, Motherfucker From Hell Transistor et Harmonic Generator, restent, bien sûr, au dessus du lot mais les nouvelles compositions du groupe (Your bones, Human Error, Hey ! Paranoid people !, Highschool Hoodlums, So Long… ) arrivent souvent à se hisser au niveau d’intensité hystérique de leurs petites sœurs plus âgées. Cinq ans après leur mémorable passage à la Coopé, les "rock ‘n roll moterfuckers from hell" sont toujours là ; les Datsuns restent un des meilleurs groupe de rock sur scène actuellement en activité… Comme les extraordinaires Von Bondies, aperçus ici également et auxquels on pense souvent au cours du set des Datsuns... Car le style musical des deux fougueux combos est très proche, les prestations scéniques sont imparables et les disques récents peinent à atteindre le niveau (hallucinant, il est vrai) des concerts. Cela dit, merci aux généreux Datsuns d’exister, de donner des concerts implacables d’une heure trente et de venir nous rendre visite régulièrement !
Sites Internet : www.myspace.com/theelderberries, www.myspace.com/thedatsuns, www.lacoope.org.
Photo Elderberries : Jean-Charles Belmont (jeancharlesbelmont@gmail.com, 06 64 38 48 11)
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