Critique de concert The Dresden Dolls + Queen Adreena + 54 Nude Honeys (Le Printemps de Bourges 2006)


Ce soir, ce sont les pénibles Indochine que la foule réunie dans l’immense Phénix attend impatiemment… Les remplacements de White Rose Movement par 54 Nude Honeys et celui de The Subways par Queen Adreena n’intéressent pas grand monde : les fans veulent voir Nicola Sirkis, et c’est tout. Ou presque.

54 Nude Honeys : Sheena is a punk rocker.
Dans ces conditions, l’arrivée des quatre furies japonaises de 54 Nude Honeys ne déclenche donc pas une émeute. Leur punk rock virulent sexy et hurlé réussit néanmoins à faire remuer un tantinet le public du Phénix. A moins que ce ne soient les tenues, plutôt courtes, des jeunes femmes, qui provoquent quelques remous émus dans les premiers rangs. Toutes de noir vêtues, les Ramones japonaises ont le sens de la mise en scène ; leurs accoutrements (des bikinis en latex ou en cuir, il faudrait toucher pour savoir… ) attirent immanquablement l’œil, et leur manière très énergique de tenir une scène en sont deux preuves éclatantes. Comme leurs compatriotes des Pascals et de Guitar Wolf, les 54 Nude Honeys ont le sens du spectacle, et des bons morceaux qui donnent envie de tout casser. Même la piètre qualité du son ne gâchera pas notre plaisir. Rendez-vous le samedi 6 mai à la Coopérative de Mai mesdemoiselles…

Queen Adreena : Raw Power.
Troisième rendez-vous avec Katie Jane Garside de Queen Adreena, et toujours pas de lassitude à l’horizon : la présence magnétique de la chanteuse, son show limite porno, sa voix imparable et les morceaux métal punk pop de son groupe énervé nous émoustillent toujours autant. Comme pour 54 Nude Honeys, la plupart du public prend son mal en patience, en essayant de se rincer l’œil… Malgré cette relative indifférence, c’est un véritable torrent de lave sonique en fusion que Queen Adreena déverse sur la foule venue communier avec les auteurs du très brillant Alice & June. Katie Jane se contorsionne, se touche, se renverse complaisamment une bouteille d’eau sur la tête et se la met entre les jambes, comme un symbole phallique ; mais elle n’en oublie pas pour autant de chanter comme une déesse du Raw Power, un club très fermé dont fait également partie James Osterberg alias Iggy Pop. La belle surexcitée finit le show par une jolie chanson a capella sifflée par tout le public, qui prouve par là même sa grande clairvoyance et son respect des artistes.
The Dresden Dolls : Rock show.
Le duo The Dresden Dolls a réussi à capter l’attention du public grâce à un show grandiloquent, entre cabaret Breschtien et rock gothique… Composé d’un chanteuse/pianiste dotée d’une voix puissante et masculine et d’un batteur/guitariste cognant ses fûts comme un malade, cet original et minimaliste groupe s’attire les faveurs du public avec un mélange simple, épicé, étrange et décoiffant. Après une version survolté du Port d’Amsterdam de Jacques Brel en version guitare/voix, chacun prend sa véritable place sur scène ; derrière des claviers, pour la chanteuse, et derrière un kit de batterie, pour son acolyte. Au cours du concert, The Dresden Dolls feront tout pour jouer le plus fort possible de leurs instruments respectifs, ce qui donne des atours plutôt rock à un ensemble qui pourrait se révéler intimiste avec moins de violence. A part un morceau joué calmement, les titres sont pleins d’emphase et frôlent le rock pompier, mais ces atmosphères de fin de siècle délétère se révèlent rapidement captivantes. Grâce au charisme vocal de la chanteuse, qui ne lésine pas sur les grosses ficelles du métier pour emmener tout le monde dans son univers. Le final avec une danseuse/poupée qui descend du ciel sur scène conclut comme il se doit ce rock show paradoxal et original. La place est désormais libre pour Indochine, il est temps de prend la poudre d’escampette !
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Sites Internet : www.54nudehoneys.com, www.adreena.fr, www.printemps-bourges.com.
Photo Queen Adreena et 54 Nude Honeys Steward Ravel
Signature : pierre andrieule 05/05/2006
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