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Lundi 28 mai 2012 : 9066 concerts, 20891 critiques de concert, 4722 critiques de CD.

Critique de concert The Flail


The Flail en concert


4 étoiles, bon concert

Jaime

J'avais déjà raté le match aller OM - PSG pour un concert et je ne l'avais pas regretté (défaite 2-4 et superbe performance de A Silver Mount Zion). Alors ce soir, je remets ça. Je rate le match retour pour voir The Flail à La Mesón (j'enregistre quand même, faut pas pousser). Le temps pour moi de siroter le délicieux cocktail Mesón (sirop de fraise, champagne, fruits rouges s'entrechoquant à la surface) et le quintet prend place au centre de la pièce.



La fiche de Concert&Co était alléchante : "Hard Bop avec des accents coltraniens et même mingussiens. Ce quintette recouvre toute la palette du jazz mainstream, des années 50 aux années 80's."
Stéphan (saxo), le seul Français du groupe, prend la parole et présente ses collègues New Yorkais : Dan à la trompette, Brian au piano, Reid à la contrebasse et Matt à la batterie.



Ils entament un morceau composé par le trompettiste où les cuivres se taillent la part du lion, puis enchaînent par Slighty Cool écrit par Brian qui nous fait son premier solo de piano de la soirée. Déjà très performant, le Brian, mais la suite nous apprendra qu'il ne faisait alors que s'échauffer...

Suit Oclupaca de Duke Ellington. Il ne s'agit pas loin de là d'un de ses morceaux les plus célèbres, mais c'est une composition remarquable avec notamment un final magique, les routes de la trompette et du saxo se rejoignant pour jouer la même partition avant de se séparer à nouveau. Si toute la soirée se passe ainsi, deux compositions originales pour une du Duke ou de Coltrane, j'achète. Ce fut hélas ! la seule reprise de la soirée.



Le morceau suivant va m'inquiéter. Une composition de Stéphan qui est en réalité un prétexte à soli, chacun de 3 bonnes minutes. C'est le saxo qui commence. Quelconque. Et faites le calcul, le morceau se termine un quart d'heure plus tard comme il a commencé : en eau de boudin.



Je me permets d'être très critique sur ce coup-là car tout le reste m'a beaucoup plu, même la composition suivante, encore de Stéphan, It's Only Work When You Get Paid, juste pour préciser que je n'ai rien contre lui. C'est d'ailleurs un excellent saxophoniste, témoin le fort délicat solo en ouverture d'une ballade de Brian sur laquelle il cassera son embout (pas si délicat que ça en fin de compte) ce qui permettra au pianiste de montrer qu'il est capable de meubler pendant cinq minutes, le temps de procéder à la réparation.



Mais c'est surtout la suite qui sera de toute beauté : pour clore le premier set, ils jouent un morceau à la gloire des événements de novembre aux USA, certainement leur morceau le plus abouti avec des soli de Brian de plus en plus intenable, encore un merveilleux duo trompette / sax et un solo de trompette du même métal.

Une toute petite pause pendant laquelle je vérifie que le cocktail Mesón avait un goût de trop peu. Le batteur vient réclamer un sandwich. On lui explique qu'un repas est prévu à la fin pour les musiciens, mais il veut quand même un encas là, tout de suite.



Je comprends mieux pourquoi dès la reprise puisque c'est l'heure de jouer SON morceau avec un bon vieux solo de batterie. Le moment n'était pas propice en effet à avoir un coup de fringale, l'énergie déployée ayant brûlé un sacré paquet de calories.

La fin de la soirée sera un Brian show (trois compositions à lui). Tout d'abord un très original fight entre l'équipe saxo / contrebasse d'une part et la team batterie / trompette d'autre part. Match arbitré par Brian au mégaphone-qui-ne-marche-pas qui, après deux prestations de chaque équipe, désignera les premiers nommés vainqueurs. Le batteur se révèlera très mauvais perdant. Moi, pour une fois, j'étais d'accord avec un arbitre.
Ensuite No Sex In Spain, une ballade haut-de-gamme, le meilleur moment de la soirée avec un Brian chaud bouillant. Dommage de terminer avec I Love France, trop décousu à mon goût.



Je quitte cette ambiance fort sympathique que la clientèle d'habitués imprègne. L'absence de klaxons dans Marseille me laisse imaginer le pire. Alors, en rentrant, je regarde le match en accéléré (on dirait un solo de Brian), je vois l'expulsion de Camara (ils sont bons les arbitres ce soir !) et, fruit rouge sur le gâteau, le visage défait de Rothen.

un petit extrait d'Oclupaca :



et d'autres vidéos ici.


 


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