Critique de concert The Gladiators/Alpha Blondy

ROOTS !
En cette fraîche soirée d’avril, direction les Docks des Suds pour se réchauffer au son Ivoirio-Jamaïcain des Gladiators et d’Alpha Blondy réunis pour cette affiche reggae, dans des styles différents.
The Gladiators ouvrent le bal au moment même où je pose mes pieds sautillants dans une salle clairsemée qui va se garnir de façon conséquente assez rapidement. La salle d’Arenc n’est certes pas archi-comble pour le concert de ce soir (le balcon n’est pas ouvert) mais elle n’en accueille pas moins une belle affluence.
Et, oh joie !, elle est toute enfumée, cette salle !
A l’ancienne, cigarette et chichon tournent allégrement…et pas de cerbère à l’œil acéré pour venir vous jeter dehors. J’ai beau être un fumeur passif, j’ai eu du mal à m’habituer aux concert sans tabac. Mais alors des concerts de Reggae sans feuilles roulées incandescentes, je trouvais ça bien triste. Premier sourire de la soirée.
Première grimace aussi, les deux chansons que Lady Zema, introduite (si vous me permettez l’expression…) par les musiciens des Gladiators qui l’accompagnent, va nous interpréter et qui, en ce qui me concerne, ne resteront pas inoubliables. La Dame avec une voix un peu crispante est, semble-t il, en support des Gladiators sur l’ensemble de leur tournée. Une sorte de première partie de première partie pourrait on dire.
En tout cas j’aurais bien échangé deux morceaux des Jamaïcains contre ceux de Lady Zema, mais enfin…
Les hostilités (pour du reggae c’est peut être pas le meilleur terme à employer…) vont donc vraiment débuter avec un I’m not afraid to fight (ah ben si en fait…), chanté, non plus par Albert Griffiths, mais par son fiston Al, qui a pris la relève en 2004. The Gladiators, une histoire de famille. Pas sur qu’on y gagne au change, Al ne m’ayant pas convaincu sur album, mais en live, on va dire que ça passe. Bien que ce soir, le petit Al rencontre quelques soucis de santé avec une gorge bien enrouée, mais ce qui, finalement, donnait un petit coté rock’n’roll à la prestation pas désagréable. Roots, rock, reggae, quoi…
Le dernier album en date, Continuation, va, au cour du set être représenté par What you worry about ou encore Teach the children, mais c’est vraiment sur les classiques Roots natty roots et Stick a bush, que le groupe va commencer à vraiment se lâcher, Al sautant comme un petit cabri sur scène, et sur lesquels le public va également répondre présent.
Un petit mot sur le public d’ailleurs, assez hétéroclite, rassemblant comme dirait Zebda, des petits gavroches et des têtes abîmées, des face de pioche autant que des minets et je rajouterais, bien sur, bon nombre de Rasta, une grosse dose d’étudiants et une pincée de gens lambda…et quel plaisir de voir ces sourires, ces Rastas sautillant et ces gorges déployées pendant les hymnes que sont Soul rebel et Struggle en rappel.
Mais voilà, l’heure du Roots touche à sa fin et c’est avec regret que nous voyons le set prendre fin au bout d’une petite heure et quart seulement…
ROOTS !
Roots aussi pour aller se payer une petite bière…c’est qu’y a foule au bar et on peut imaginer qu’anticiper le rush de soûlard assoiffés en préparant quelques verres de bière avant la fin du concert des Gladiators n’aurait pas été superflu de la part du personnel du bar…bon, au moins, ça nous a occupé car l’attente va être assez longue avant l’arrivée d’Alpha Blondy sur scène. Je soupçonne des difficultés à sonoriser l’ensemble. Et c’est vrai que le son du cet ancien hangar, s’il ne rivalise pas d’atrocité avec le Cabaret Aléatoire, n’en reste pas moins parfois assez dur à supporter.
Avec le reggae de notre ami Ivoirien, nous allons changer radicalement de style pour passer dans des sphères largement moins roots et beaucoup plus sophistiquées. La composition du groupe et le son développé vont totalement dans ce sens : 2 choristes féminines, 3 cuivres, basse, batterie, 2 claviers et surtout deux guitaristes électriques qui vont s’en donner à cœur joie pour délivrer des solos tantôt plutôt Blues, tantôt plutôt Rock voire Hard Rock comme en témoignera le solo déchaîné sur Peace in Liberia.
C’est d’ailleurs sur le riff de Black Dog de Led Zeppelin que débute le show. C’est aussi a ces petits détails que l’on peut apprécier l’absence de barrière musicale dont font preuve l’ensemble des musiciens en général, quelque soit le style dans lequel ils évoluent, et qui montre au final que ces barrières n’ont pas de sens.
Mais digression philosophique mis à part, revenons à notre concert qui voit l’arrivée sur scène de Seydou Koné déclamant une prière pour ensuite introduire Jerusalem et lancer le show Alpha Blondy. Le son est beaucoup plus fort que pour les Gladiators, sans doute un peu trop, et beaucoup plus "clean" aussi.
Le concert ainsi engagé se poursuit sur New dawn, un Mister grande gueule que j’apprécie beaucoup et le toujours touchant Ne tirez pas sur l’ambulance. Le groupe est carré, bien en place, mais ne dégage pas, à mon sens, cette petite étincelle qui peut faire chavirer un public dans une sorte de magie ambiante. La foule dans son ensemble ne paraît d’ailleurs pas être en transe bien qu’heureuse d’être là, à en juger par les sourires sur les visages, ondulant et sautillant légèrement, et se remémorant sans doute souvenirs et moments passés sur ces chansons qui ont bercé toute une génération.
Heureuse de se laisser emporter au son des Massada, Cocody Rock ou l’hymne à la paix qu’est Peace in Liberia. Bon, c’était plus dur de se laisser bercer par cette dernière vu, comme je le disais plus haut, le solo de guitare assez énergique.
Quelques membres des Gladiators, mêlé au public, sont également venus jeter une petite oreille au show proposé.
Et si Seydou Koné est arrivé sur scène en adressant une prière à Dieu, il va la quitter sur une diatribe dirigé contre les politiciens. Sujet malheureusement inépuisable se régénérant au fil des classes politiques se succédant, quelques soit les pays concernés. Un discours annonçant déjà la fin de la soirée et sonnant le temps d’un rappel qui va voir se succéder les Sebe allah ye, Wish you were here des Pink Floyd et l’intemporel Brigadier.
Et c’est au final, avec les habits, la tête et le sentiment enfumés d’avoir passé un sympathique moment, saupoudré d’une petite bouffée de nostalgie en ce qui me concerne, que nous repartons affronter la frisquette nuit d’avril.
En cette fraîche soirée d’avril, direction les Docks des Suds pour se réchauffer au son Ivoirio-Jamaïcain des Gladiators et d’Alpha Blondy réunis pour cette affiche reggae, dans des styles différents.
The Gladiators ouvrent le bal au moment même où je pose mes pieds sautillants dans une salle clairsemée qui va se garnir de façon conséquente assez rapidement. La salle d’Arenc n’est certes pas archi-comble pour le concert de ce soir (le balcon n’est pas ouvert) mais elle n’en accueille pas moins une belle affluence.
Et, oh joie !, elle est toute enfumée, cette salle !
A l’ancienne, cigarette et chichon tournent allégrement…et pas de cerbère à l’œil acéré pour venir vous jeter dehors. J’ai beau être un fumeur passif, j’ai eu du mal à m’habituer aux concert sans tabac. Mais alors des concerts de Reggae sans feuilles roulées incandescentes, je trouvais ça bien triste. Premier sourire de la soirée.
Première grimace aussi, les deux chansons que Lady Zema, introduite (si vous me permettez l’expression…) par les musiciens des Gladiators qui l’accompagnent, va nous interpréter et qui, en ce qui me concerne, ne resteront pas inoubliables. La Dame avec une voix un peu crispante est, semble-t il, en support des Gladiators sur l’ensemble de leur tournée. Une sorte de première partie de première partie pourrait on dire.
En tout cas j’aurais bien échangé deux morceaux des Jamaïcains contre ceux de Lady Zema, mais enfin…
Les hostilités (pour du reggae c’est peut être pas le meilleur terme à employer…) vont donc vraiment débuter avec un I’m not afraid to fight (ah ben si en fait…), chanté, non plus par Albert Griffiths, mais par son fiston Al, qui a pris la relève en 2004. The Gladiators, une histoire de famille. Pas sur qu’on y gagne au change, Al ne m’ayant pas convaincu sur album, mais en live, on va dire que ça passe. Bien que ce soir, le petit Al rencontre quelques soucis de santé avec une gorge bien enrouée, mais ce qui, finalement, donnait un petit coté rock’n’roll à la prestation pas désagréable. Roots, rock, reggae, quoi…
Le dernier album en date, Continuation, va, au cour du set être représenté par What you worry about ou encore Teach the children, mais c’est vraiment sur les classiques Roots natty roots et Stick a bush, que le groupe va commencer à vraiment se lâcher, Al sautant comme un petit cabri sur scène, et sur lesquels le public va également répondre présent.
Un petit mot sur le public d’ailleurs, assez hétéroclite, rassemblant comme dirait Zebda, des petits gavroches et des têtes abîmées, des face de pioche autant que des minets et je rajouterais, bien sur, bon nombre de Rasta, une grosse dose d’étudiants et une pincée de gens lambda…et quel plaisir de voir ces sourires, ces Rastas sautillant et ces gorges déployées pendant les hymnes que sont Soul rebel et Struggle en rappel.
Mais voilà, l’heure du Roots touche à sa fin et c’est avec regret que nous voyons le set prendre fin au bout d’une petite heure et quart seulement…
ROOTS !
Roots aussi pour aller se payer une petite bière…c’est qu’y a foule au bar et on peut imaginer qu’anticiper le rush de soûlard assoiffés en préparant quelques verres de bière avant la fin du concert des Gladiators n’aurait pas été superflu de la part du personnel du bar…bon, au moins, ça nous a occupé car l’attente va être assez longue avant l’arrivée d’Alpha Blondy sur scène. Je soupçonne des difficultés à sonoriser l’ensemble. Et c’est vrai que le son du cet ancien hangar, s’il ne rivalise pas d’atrocité avec le Cabaret Aléatoire, n’en reste pas moins parfois assez dur à supporter.
Avec le reggae de notre ami Ivoirien, nous allons changer radicalement de style pour passer dans des sphères largement moins roots et beaucoup plus sophistiquées. La composition du groupe et le son développé vont totalement dans ce sens : 2 choristes féminines, 3 cuivres, basse, batterie, 2 claviers et surtout deux guitaristes électriques qui vont s’en donner à cœur joie pour délivrer des solos tantôt plutôt Blues, tantôt plutôt Rock voire Hard Rock comme en témoignera le solo déchaîné sur Peace in Liberia.
C’est d’ailleurs sur le riff de Black Dog de Led Zeppelin que débute le show. C’est aussi a ces petits détails que l’on peut apprécier l’absence de barrière musicale dont font preuve l’ensemble des musiciens en général, quelque soit le style dans lequel ils évoluent, et qui montre au final que ces barrières n’ont pas de sens.
Mais digression philosophique mis à part, revenons à notre concert qui voit l’arrivée sur scène de Seydou Koné déclamant une prière pour ensuite introduire Jerusalem et lancer le show Alpha Blondy. Le son est beaucoup plus fort que pour les Gladiators, sans doute un peu trop, et beaucoup plus "clean" aussi.
Le concert ainsi engagé se poursuit sur New dawn, un Mister grande gueule que j’apprécie beaucoup et le toujours touchant Ne tirez pas sur l’ambulance. Le groupe est carré, bien en place, mais ne dégage pas, à mon sens, cette petite étincelle qui peut faire chavirer un public dans une sorte de magie ambiante. La foule dans son ensemble ne paraît d’ailleurs pas être en transe bien qu’heureuse d’être là, à en juger par les sourires sur les visages, ondulant et sautillant légèrement, et se remémorant sans doute souvenirs et moments passés sur ces chansons qui ont bercé toute une génération.
Heureuse de se laisser emporter au son des Massada, Cocody Rock ou l’hymne à la paix qu’est Peace in Liberia. Bon, c’était plus dur de se laisser bercer par cette dernière vu, comme je le disais plus haut, le solo de guitare assez énergique.
Quelques membres des Gladiators, mêlé au public, sont également venus jeter une petite oreille au show proposé.
Et si Seydou Koné est arrivé sur scène en adressant une prière à Dieu, il va la quitter sur une diatribe dirigé contre les politiciens. Sujet malheureusement inépuisable se régénérant au fil des classes politiques se succédant, quelques soit les pays concernés. Un discours annonçant déjà la fin de la soirée et sonnant le temps d’un rappel qui va voir se succéder les Sebe allah ye, Wish you were here des Pink Floyd et l’intemporel Brigadier.
Et c’est au final, avec les habits, la tête et le sentiment enfumés d’avoir passé un sympathique moment, saupoudré d’une petite bouffée de nostalgie en ce qui me concerne, que nous repartons affronter la frisquette nuit d’avril.
Signature : jorma
le 06/04/2010
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le 06/04/2010
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Photographe : pixxxo
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le Samedi 14 Janvier 20 - Dock des Suds - Marseille (par Mister Bc)
le Samedi 14 Janvier 20 - Dock des Suds - Marseille (par Mister Bc)

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