Critique de concert The Kills + Seasick Steve + Foo Fighters + CSS + Kid Cudi + Smith Westerns + Odd Future + The Feeling Of Love + Beat Mark (Festival Rock en Seine 2011)



On avait quitté Rock en Seine l'année dernière sur une averse de pluie gâchant la fin de la prestation d'Arcade Fire, et le festival commence de la même manière en 2011, flûte alors... Quoi qu'il en soit, malgré un temps maussade et légèrement pluvieux dans le Domaine National de Saint-Cloud - toujours idéal pour les grands raouts estivaux -, la première journée du festival francilien a permis au très nombreux public (c'est complet... ) de papillonner agréablement de scènes en scènes (il y en a désormais 4 !) pour découvrir en live quantité de groupes formant une sorte de best of des douze derniers mois... Au programme, des artistes émergents et en forme, des curiosités jubilatoires, des stars américaines, des grosses têtes d'affiche ayant toujours faim de concerts et une minorité de prestations un peu fatigantes. Voici ce qui a retenu notre attention, c'est à dire nos impressions subjectives sur ce vendredi 26 août à Rock en Seine :

Smith Westerns
Juste après 15h30, notre arrivée sur le site se fait au son des mélodies pop rock psyché des Américains de Smith Westerns sur la Grande Scène... Le public est encore clairsemé, le groupe est un peu intimidé par le gigantisme de l'endroit (il faudra le revoir dans un lieu plus intimiste... ), la balance est assez horrible et le leader du combo est un petit poseur, mais on arrive néanmoins à discerner l'essentiel : les Smith Westerns sont sacrément doués pour trousser des pop songs droguées, planantes, rêveuses et intelligemment musclées... On comprend mieux désormais pourquoi leurs amis de MGMT les ont emmenés en première partie sur leur dernière tournée mondiale : le psychédélisme bien foutu et inspiré de Smith Westerns est de nature à faire décoller vers les étoiles, comme les meilleurs titres de Management.

Beat Mark
En traversant le site pour aller voir le phénomène Seasick Steve sur la nouvelle scène, on s'arrête pour quelques morceaux devant la prestation de Beat Mark, le nouveau projet pop du chanteur d'Adam Kesher... Force est de constater que le truc est plutôt réussi : belles harmonies vocales masculines et féminines, mélodies catchy, titres entrainants et psyché, il y a là un potentiel à vérifier plus longuement très vite !

Seasick Steve
16h15, le temps est couvert sur la nouvelle scène située à l'entrée du site au milieu des bois, mais dès l'arrivée sur scène de Seasick Steve et de son batteur, tout s'illumine ! C'est parti pour une bonne rasade de blues authentique, basique, cradingue et servi très hot... Buriné par une vie super compliquée faites d'errances et d'expédients, le bluesman vétéran découvert sur la tard transpire le blues de tous ses pores : sa voix rocailleuse est un bonheur à entendre, son jeu de guitare électrique trois cordes ou de toutes sortes d'instruments traditionnels américains est très craquant et son entente avec son batteur cogneur (ce gars a bien écouté le batteur de Led Zeppelin, John Bonham !) est parfaite ! Toutes les conditions sont réunies pour passer un très moment de blues rock 'n roll en compagnie de deux musicos animés par une énergie, une joie de vivre et une foi en ce qu'ils font à saluer bien bas... Sur scène, Seasick Steve, c'est de l'or en barre sans fioritures (la production trop envahissante du dernier disque est donc vite oubliée !). Le petit plus produit étant l'invitation pour faire marrer tout le monde - et se placer en vue d'un futur after show ? - d'un jeune femme choisie dans le public mais surtout la venue au débotté d'une star : Alison Mosshart des Kills, qui vient pousser la chansonnette blues assise à côté de son ami rencontré à Nashville lors d'une séance d'enregistrement avec Jack White. Ce show très bien envoyé se termine avec un blues prenant où la vie ô combien difficile de Seasick Steve est narrée avec un humour ravageur. A voir en live !

The Feeling Of Love
Le temps de rejoindre la grande scène, on passe brièvement non loin de la scène de l'industrie où The Feeling Of Love, vus en forme olympique au festival Villette Sonique, fait montre de sa classe rock garage habituelle... Voix bien assurée, guitares en pétard, compositions défouraillées avec sincérité : c'est du lourd qui rend léger ! A découvrir absolument !

Odd Future
Grande scène, aux alentours de 17 heures : le collectif de psychopathes hip hop Odd Future emmené par Tyler The Creator fait feu de tout bois avec un show bien remonté où 5 rappers et un Dj essayent avec succès de donner un version 2011 du Wu Tang Clan... Sauf que les textes sont moins orientés sur les flingues et la fête, plus sur la bite, la chatte, l'homophobie, le sexisme avec un quota réglementaire de " MOTHERFUCKER, SUCK MY DICK, FUCK DA POLICE ", les musiques étant quant à elles plus électroniques et sombres. Odd Future aime pratiquer la provocation pour effrayer le bobo, le bourgeois et le vieux con... Si on prend ça au premier degré et si on essaye de comprendre les textes, c'est assez détestable, mais si l'on choisit l'option " cool tolérant ", il faut avouer que le set est hyper puissant, très anxiogène et extrêmement malsain. Les accès de violence sont impressionnants (hurlements bestiaux, crises de nerfs dans le micro, dégueulis vocaux d'obsédés sexuels entre les tracks... ), le show est bien rodé et la valse des MC est efficace. Comme le concert est concis, on n' a pas le temps de s'ennuyer une seule seconde, terrifié que l'on est par cette représentation criante de vérité ce ce qui se passe dans le cerveau juvénile d'un ado américain pouvant potentiellement se transformer en serial killer...

CSS
Changement radical d'ambiance un peu plus tard sur la Grande Scène : le très festif grand retour des Brésiliens de CSS - Cansei de Ser Sexy pour les non intimes - fait plaisir à voir et à entendre ! Boosté par la présence joviale et enthousiaste de la chanteuse Lovefoxxx (reine du déguisement débile et de l'acrobatie ridicule... ) qui déclame ses textes d'une voix mutine et sexy évoquant un croisement entre Kim Deal (Pixies, Breeders) et Kim Gordon de Sonic Youth, le groupe décoche une belle série de morceaux électro punk rock breakdance hip hop admirablement foutraques et méchamment tubesques : c'est de la bombe bébé ! Les guitares sont musclées à la Nirvana, les rythmes sont infernaux, les synthés sont kitsch à souhait et l'ambiance générale est à la fête débridée et à la copulation entre les genres musicaux afin d'enfanter un style idéal pour faire la teuf... Il se pourrait bien que le tube ultime de CSS Let's Make Love and Listen to Death from Above (justement acclamé !) ait bientôt de petits frères et sœurs sur le nouvel album du groupe si l'on en croit ce show réjouissant...
Kid Cudi
Sur la scène de la cascade, Kid Cudi arrive avec 20 minutes de retard (normal, c'est une star américaine !) et nous donne assez rapidement envie de partir en avance en direction du concert des Kills... Cette espèce de hip hop mélangé à la de la pop FM à du rock pour adolescent et à du R&B bling bling est trop formaté et assez rapidement lassant : c'est facile, fait pour draguer le chaland et trop peu couillu. Signalons que Monsieur est content de lui, que ses fans l'adorent et que nous passons notre chemin sans regret aucun...

The Kills
Le grand moment de la soirée pour nous non fans des Foo Fighters, c'est le concert de duo The Kills sur la Grande Scène à 20h tapantes. Set list composée uniquement de titres en forme de tubes (No Vow, URA Fever, Heart Is A Beating Drum, Tape Song, Fried My Little Brains etc etc) , puissance sonore punk blues LO FI, voix outrageusement sexuelle de chatte en chaleur pas contente mélangée à celle d'un loup garou en manque, complicité évidente et sourires échangés entre les deux protagonistes, choristes soul sur quelques titres, n'en jetez plus, c'est l'orgasme sonique assuré ! Même s'ils ne sont plus amants, Alison Mosshart ("VV") et Jamie Hince ("Hotel") dégagent encore une infernale aura invitant à faire illico presto une séance de rock et du roll. Alison au micro, Jamie à la guitare et leur putain de boite à rythmes forment plus que jamais une équipe capable de faire remuer dangereusement, d'émouvoir au plus haut point et d'avoir des mauvaises pensées (selon l'office catholique). C'est à la fois hyper humide et très, très chaud... Et surtout ça mixe foutrement bien les blues le plus sale avec le punk le plus tranchant et le rock le plus simple.

Le grand frisson se produit à chaque nouveau, à chaque note grattouillée sur la guitare, à chaque mot feulé ou gueulé dans le micro... Et il y a même un slow 50's vintage parfait pour faire l'amour, chialer dans sa bière ou rêver la tête dans les étoiles, The Last Goodbye. Jamie est aux synthés spectoriens, Alison chante comme la fille de Roy Orbison et nous, et bien on en pleurerait volontiers de joie, si l'on était tout seul. Le concert se termine par une énorme décharge de rock 'n roll, laissant le public ratatiné. Et traversé par une belle envie de se mélanger.

Foo Fighters
On a le plus grand respect pour le batteur de Nirvana, Queens Of The Stone Age et Them Crooked Vultures, Dave Grohl et pour le début de la carrière des Foo Fighters (on se souvient de deux très bons concerts du groupe au Transbordeur à Lyon en 1995 et avant Neil Young à Vienne en 1996) mais ça fait bien longtemps qu'on a arrêté de suivre la carrière du combo américain, empêtré dans un punk rock FM métallisé tout juste bon à séduire les stades anglais et américains remplis de kids décérébrés ou de vieux fans de rock lourdingue.

Le dernier album en date étant sans intérêt majeur pour nous, malgré le retour de Pat Smear (à nouveau sur scène avec le groupe) et la présence de Krist Novoselic, on ne peut pas dire qu'on attende le show des Foo Fighters à Rock en Seine avec impatience. Dès le début du set à 21h45, on constate que nos craintes se vérifient : si l'énergie est là et si un très bon esprit anime la troupe, remontée à bloc, on ne peut que se rendre compte en un instant que Dave Grohl chante toujours aussi mal (il crie comme un putois enroué ou minaude comme un chanteur de rock FM) et que ses compositions sont toujours aussi fadasses. Ce rock radiophonique aseptisé teinté de punk hard rock braillard n'est définitivement pas notre tasse de thé.
A demain, si vous le voulez bien !
A lire également, les comptes rendus des journées du samedi 27 août avec Arctic Monkeys, WU LYF, The Jim Jones Revue, Cage The Elephant, Blonde Redhead, Interpol, The Streets et du dimanche 28 août The Horrors, Miles Kane, Crocodiles, The Vaccines, Trentemoller, Cat's Eyes, Concrete Knives, The La's, François And The Atlas Mountains, Archive, Lykke Li, Tinie Tempah, sans oublier les chroniques de l'édition 2010 avec Black Rebel Motorcycle Club, Queens Of The Stone Age, Jello Biafra, Lcd Soundsystem, Jonsi, Martina Topley Bird, Two Door Cinema Club et Arcade Fire, Roxy Music, Beirut, Eels, Wave Machines...

Photos : Nicolas Joubard (Foo Figthers, The Kills, CSS, Seasick Steve), Nicolas Brunet (ambiance), Sylvere H. (Beat Mark, The Feeling Of Love)

Liens : www.rockenseine.com, www.myspace.com/rockenseine, www.facebook.com/rockenseine.
Signature : pierre andrieule 27/08/2011
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>> Réponse (le 27/08/2011 par Hg)

>> Réponse (le 28/08/2011 par Philippe) Une chronique qui donne de grands regrets d'avoir du faire faux bond à Seasick Steve & aux Kills (je ne suis arrivé sur site que le lendemain) ! On note que le batteur de Seasick Steve n'est plus un sosie de Garth Algar, mais que le vieux cochon, certes furieusement sympathique, drague toujours la minette sur scène... Drôle d'idée quand on pense qu'il doit avoir le numéro de portable d'Allison Mosshart ! Quant aux commentaires concernant les Foo Fighters, ils correspondent en tout point à mes impressions de leur concert précédent ici même. Immense batteur de la scène rock US depuis 20 ans, comme le rappelle Pierre Andrieu, il n'a certes pas de grandes qualités de vocaliste (le passage le plus marquant la dernière fois fut un rot de bière amplifié 3 millions de fois et qui avait fait .../...
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>> Réponse (le 29/08/2011 par Jérome Paret) SAINT CLOUD - 26 AOUT 2011
Eh ben dis donc, heureusement que Monsieur Andrieu n'est pas décisionnaire chez Sony pour empêcher des signatures comme Foo Fighters !! A chacun sa conception du rock, de la bonne musique, c'est sûr, tous les gouts sont dans la nature, mais de là à casser le concert des Foo Fighters, faut vraiment être à contre courant, d'ailleurs je n'ai lu que d'autres critiques excellentes. Ce concert était génial, quand on aime leur musique, évidemment. Les Foo Fighters nous ont livré un concert de 2 heures, d'une très belle énergie et d'une très bonne musicalité. Super set list (écourtée tout de même pour le festival). Leur musique, justement contrastée, dynamique, tantôt mélodique, tantôt lourde à souhait, et le nombre de bonnes chansons, nous enchante et l'on ne voit pas passer les 2 .../...
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>> Réponse (le 30/08/2011 par Jeff) SAINT CLOUD - 26 AOUT 2011
Mais alors, pourquoi le public est il survolté devant les Foo Fighters ? tout le monde chantait, sautait partout, alors que devant The Kills tout le monde avait l'air d'attendre la fin ? Dans un certain snobisme culturel mais surtout journalistique, j'ai remarqué que ça "fait bien" de casser les groupes à succès. Comme si leur côté populaire devait automatiquement leur retirer leur label "rock". Tout cela est ridicule, ce sont des façons à la Philippe Manoeuvre, qui édita en 2003 un numéro spécial de Rock And Folk sur les 100 pires groupes de rock de tous les temps, dans lequel TOUS les grands groupes (qui n'étaient pas nés dans les années 60), se faisaient démolir... (ndph : non c'était Nicolas Ungemuth, ça allait jusqu'à NO One is Innocent et c'était hilarant...) Ça ne peut .../...
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>> Réponse (le 30/08/2011 par Michel)

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>> Réponse (le 30/08/2011 par Yann Millet) C'est curieux, je n'aurais jamais imaginé que les fans des Foo Fighters étaient aussi susceptibles, casse-couilles et sectaires... Ne pas aimer c'est une chose, mais décréter que les Kills seraient un groupe élitiste, quand même, faut le faire ! A vrai dire je ne pensais même pas qu'ils avaient des fans, Dave Grohl étant capable de tellement mieux (Them Crooked Vultures, quelqu'un connaît ?... Ah pardon, c'est trop élitiste, comme les Queens of the Stone Age, c'est des groupes de rock critics, c'est ça ?) Pauvres gens. > Réagir à cette critique
>> Réponse (le 30/08/2011 par Fonzy) Non mais dites donc tas de nazes, c'est pas fini de donner des leçons à tout le monde ? Vous nous faites chier avec vos Foo fighters, c'est un groupe de supporters de foot américain, c'est tout, leur concert m'a gonflé à mourir ! > Réagir à cette critique
>> Réponse (le 31/08/2011 par zorro)

>> Réponse (le 31/08/2011 par Boby) Bravo P_A. Avec toute mon impartialité et mon objectivité j'ai voulu aller voir les foo fighters... Sauf qu'au bout de trois morceaux j'ai trouvé plus intéressant d'aller pisser sur la banderole de W9 que de supporter ce fatras de compositions tout juste bon à faire mouiller l'adolescente lambda qui découvre "Mr Moustach" (tant musicalement que dans son pantalon). > Réagir à cette critique
>> Réponse (le 01/09/2011 par Fabrice) SAINT CLOUD - 26 AOUT 2011
Monsieur Andrieu, Comme vous le dites vous même, on voit bien que vous avez arrêté de suivre le combo americain Foo Fighters depuis bien longtemps.. Dommage. Leur dernier album est tout simplement génial. C'est un album très inspiré. Comment pouvez vous critiquer un groupe et son nouvel album, sans rien connaître ???? !! Ce que vous faites est petit et pas très professionnel. Pourquoi pas laisser la critique du concert des Foo Fighters à un journaliste un peu plus objectif ? On sent bien chez vous un rejet, une aversion, voir un sectarisme par rapport à Foo Fighters... ne vous forcez pas alors ! Et pourquoi parlez vous au pluriel dans votre critique ? Vous dites "on", "nous", mais qui exactement ? c'est pour vous sentir moins seul dans vos propos ? Si votre critique était plus .../...
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>> Réponse (le 05/09/2011 par Fredc)


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