
Un set vrillant, violent et inspiré, le genre de concert ultra marquant qu’on n’oublie pas de sitôt...
Attention événement : les Melvins sont actuellement en tournée européenne, et, oh miracle, ils nous font l’honneur de fouler les planches de la Coopérative de Mai, 15 jours avant leur seule autre date française, à Paris… Malgré l’affluence assez restreinte, sans doute due au cocktail « groupe mythique et méconnu faisant une musique difficile d’accès + heure de début du show prévue à 17h30, un dimanche printanier et ensoleillé », Buzz Osborne et ses acolytes ont offert un set vrillant, violent et inspiré. Le genre de concert ultra marquant qu’on n’oublie pas de sitôt…
Arrivé juste à la fin de la prestation de Big Business, au moment exact (quel timing !) où Dale Crover laisse la guitare à Buzz Osborne pour prendre place derrière ses énormes fûts, la démonstration des Melvins nous a tout simplement laissé sur le cul, le cerveau en compote, les yeux révulsés. Certes, on en rajoute un peu, mais il faut signaler l’extrême qualité du show « métalo tribal bizarro punk » proposé au public. La guitare malmenée par King Buzzo himself, le roi du larsen distordu menant à l’enfer sonique, sa voix de mauvais génie énervé, la batterie exaspérée et virtuose de Dale Crover sont en effet parfaitement soutenues par un autre batteur survolté et un hurleur/bassiste méchamment pertinent : Coady Willis et Jared Warren. Ça couine, ça grince, ça gueule, pour finalement arriver à créer de très courtes et néanmoins infernales symphonies hystériques et bruitistes. Dans ce magma sonore malaxant avec maestria métal hurlant, punk barré et expérimentations sonico tordues, des bribes de mélodies et de gimmick guitaristiques se dégagent de temps à autres, permettant de se raccrocher à quelque chose avant de sombrer corps et âme dans un tourbillon de son déchiquetés.

Pas un mot ne sera prononcé, mais la troupe emmenée par le terrifiant Mr Osborne (cheveux hirsutes, visage effrayant quand il vocifère et tunique noire ornée d’une tête de mort) démontre une réelle envie de jouer pour ses fans et une passion sans bornes pour sa musique. Au point de tourner en famille : un des musiciens ayant emmené femme et enfant sur les routes. Ce qui nous vaut une vision pour le moins étrange : une gamine de 2 ans habillée comme un ange dansant sur le côté de la scène avec un casque anti bruit sur les oreilles, retenue par une corde par sa mère, pour éviter qu’elle ne rejoigne son père, en plein travail sur la matière sonore…
La première fois qu’on avait vu la bête The Melvins en vrai, aux Eurockéennes de Belfort en 2003, on avait commencé à comprendre l’influence des riffs malsains des Melvins sur la musique de Nirvana… Cette fois-ci, c’est encore plus clair : Kurt Cobain, qui ne s’en ai jamais caché d’ailleurs, a emprunté toute la lourdeur maléfique et l’insondable noirceur de sa musique à ce groupe d’exception. Un groupe à voir absolument sur scène, par exemple le 29 avril 2007 à la Maroquinerie, à Paris.
Sites Internet : www.melvins.com, www.myspace.com/themelvins, www.themelvins.net, www.ipecac.com.
|