Critique de concert The Wedding Present

Prenez un (petit) jambon à l’os. C’est bon, le jambon à l’os. Avec un couteau bien aiguisé, on enlève le gras puis on coupe de fines lamelles pour les copains. Avec un verre de vin et un petit chèvre, c’est le bonheur. Le problème avec le jambon à l’os… c’est l’os. Quand on arrive à proximité, le couteau ne peut plus couper de façon rectiligne, ça commence à tanguer, faut jouer du coude pour découper la moindre parcelle de viande. Là, deux solutions. On abandonne et on balance l’os à Médor ou on en fait une affaire personne. On balance le couteau, on empoigne l’os directement et on rogne à pleines dents, on suce, on tire, on recrache les petits bouts de gras, on y mets les ongles, on gratte des bouts de jambon . Ah, ça fait longtemps qu’on n’a plus faim, mais impossible de s’arrêter, on est comme possédé, la bave coule un peu à la commissure des lèvres, faut que cet os soit propre, net, brillant.
Le Wedding présent a fait avec le rock ce qu’on fait avec le jambon : l’os est mis à nu, plus aucune trace de gras. Mercredi soir, dans un Cabaret aléatoirement remplit mais parfaitement sonorisé, la bande à David Gedge a bien fait le travail : couper, racler, désosser le rock jusqu’à l’épure.
Cet homme aux traits durs comme le granit se place aisément en chainon manquant entre les Smiths et les Jesus and Mary Chain : faire carillonner une stratocaster en jouant vite et fort avec une batterie qui martèle sa caisse claire et une voix venu d’Outre tombe. A parier que Si Ian Curtis avait survécu à sa dépression, Joy Division aurait sonné comme the Wedding Present plutôt que comme New Order.
Mais aurait-il du faire comme David Gedge, c’est à dire remonter sur scène 20 après ses début pour jouer en intégralité son premier album pour une fausse célébration ? Depuis qu’on télécharge sur le net, l’industrie du disque fait tourner, fait tourner… Et pas grave s’il n’y a plus de temps de sortir des disques. La bonne idée, c’est la compil « incorruptibles » : Daydream Nation du Sonic Youth cet été, Georges Best du Wedding Présent cet automne…On sait tout ça, bien, sûr, et on s’inquiète de la santé du groupe… Merde, quand même, quand on a joué devant 2 000 personnes aux Eurockéennes en 92, se retrouver 15 ans plus tard devant 200 personnes et, en plus, jouer en première partie d’un groupe de jeunes grenoblois (Rhesus), c’est… flippant, non ?
Quand démarre le concert avec Blonde, de Seamonster (à écouter d’urgence du côté de Grenoble), on peut pas s’empêcher d’y penser. Mais, rapidement, toutes ces idées noires s’envolent. Ils sont incroyablement bon. David Gedge et sa bande (mention spéciale à Chris McConville, le guitariste qui n’a plus de ligament au poignet tellement il joue vite) entame ensuite une virée dans l’histoire avec l’intégralité de leur premier album, Georges Best.
Au premier morceau, Yeah, Yeah, Yeah, La doc martens gauche frappe le béton du Cabaret, comme par réflexe. La chaleur monte dans le corps, on n’y peut rien, ça chauffe, c’est tout. Plus tard, ce sera une autre bouffée sur My favourite dress. Je ne connaissais pas vraiment ce premier effort et ça a été une découverte merveilleuse.
On y retrouve la tension typique des morceaux de Wedding Present avec une tentation juvénile vers la pop. Certains morceaux auraient vraiment pu être écrits par les Smiths, d’autres par les Artic Monkeys. Au premier rang, on a finit par s’énerver et se lancer dans un petit pogo salvateur.
Ainsi, 20 ans après leurs débuts à Leeds, charmante bourgade du Nord de l'Angleterre, la musique étiquettée « noisy » a fait donc preuve d’une étonnante modernité.
Et Pourtant, il ne manque pas de défauts si on se réfère à la tendance actuelle des groupes qui montent ? David Gedge n’est pas vraiment beau ni charismatique, il ne se drogue pas, ne s’habille pas chez les couturiers, n’utilise pas de gel pour ses cheveux, ne sort pas avec des top models, ne bouge pas trop sur scène, parle très peu avec son public, enchaîne souvent deux morceaux et ne fait pas de rappel. Mais il sait faire quelque chose d’essentiel : découper un jambon à l’os
Le concert a duré une heure. La perfection. De quoi donner un coup de vieux aux groupes de jeunes. Pas de chance pour ceux qui ont suivi.
Le Wedding présent a fait avec le rock ce qu’on fait avec le jambon : l’os est mis à nu, plus aucune trace de gras. Mercredi soir, dans un Cabaret aléatoirement remplit mais parfaitement sonorisé, la bande à David Gedge a bien fait le travail : couper, racler, désosser le rock jusqu’à l’épure.
Cet homme aux traits durs comme le granit se place aisément en chainon manquant entre les Smiths et les Jesus and Mary Chain : faire carillonner une stratocaster en jouant vite et fort avec une batterie qui martèle sa caisse claire et une voix venu d’Outre tombe. A parier que Si Ian Curtis avait survécu à sa dépression, Joy Division aurait sonné comme the Wedding Present plutôt que comme New Order.
Mais aurait-il du faire comme David Gedge, c’est à dire remonter sur scène 20 après ses début pour jouer en intégralité son premier album pour une fausse célébration ? Depuis qu’on télécharge sur le net, l’industrie du disque fait tourner, fait tourner… Et pas grave s’il n’y a plus de temps de sortir des disques. La bonne idée, c’est la compil « incorruptibles » : Daydream Nation du Sonic Youth cet été, Georges Best du Wedding Présent cet automne…On sait tout ça, bien, sûr, et on s’inquiète de la santé du groupe… Merde, quand même, quand on a joué devant 2 000 personnes aux Eurockéennes en 92, se retrouver 15 ans plus tard devant 200 personnes et, en plus, jouer en première partie d’un groupe de jeunes grenoblois (Rhesus), c’est… flippant, non ?
Quand démarre le concert avec Blonde, de Seamonster (à écouter d’urgence du côté de Grenoble), on peut pas s’empêcher d’y penser. Mais, rapidement, toutes ces idées noires s’envolent. Ils sont incroyablement bon. David Gedge et sa bande (mention spéciale à Chris McConville, le guitariste qui n’a plus de ligament au poignet tellement il joue vite) entame ensuite une virée dans l’histoire avec l’intégralité de leur premier album, Georges Best.
Au premier morceau, Yeah, Yeah, Yeah, La doc martens gauche frappe le béton du Cabaret, comme par réflexe. La chaleur monte dans le corps, on n’y peut rien, ça chauffe, c’est tout. Plus tard, ce sera une autre bouffée sur My favourite dress. Je ne connaissais pas vraiment ce premier effort et ça a été une découverte merveilleuse.
On y retrouve la tension typique des morceaux de Wedding Present avec une tentation juvénile vers la pop. Certains morceaux auraient vraiment pu être écrits par les Smiths, d’autres par les Artic Monkeys. Au premier rang, on a finit par s’énerver et se lancer dans un petit pogo salvateur.
Ainsi, 20 ans après leurs débuts à Leeds, charmante bourgade du Nord de l'Angleterre, la musique étiquettée « noisy » a fait donc preuve d’une étonnante modernité.
Et Pourtant, il ne manque pas de défauts si on se réfère à la tendance actuelle des groupes qui montent ? David Gedge n’est pas vraiment beau ni charismatique, il ne se drogue pas, ne s’habille pas chez les couturiers, n’utilise pas de gel pour ses cheveux, ne sort pas avec des top models, ne bouge pas trop sur scène, parle très peu avec son public, enchaîne souvent deux morceaux et ne fait pas de rappel. Mais il sait faire quelque chose d’essentiel : découper un jambon à l’os
Le concert a duré une heure. La perfection. De quoi donner un coup de vieux aux groupes de jeunes. Pas de chance pour ceux qui ont suivi.

le 12 au 14 août 2005 - Fort de Saint Père et Palais du Grand-Large, Saint-Malo (par Pierre Andrieu)

le 23 juillet 2005 - Granges du Château de Sédières, Clergoux (par Pierre Andrieu)
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Dimanche 27 mai 2012 : 9162 concerts, 20891 critiques de concert, 4719 critiques de CD. 















