Critique de concert The White Stripes + The Von Bondies

Ladies and gentlemen, please welcome on stage The Von Bondies, from Detroit ! Les White Stripes essayent de faire profiter le reste de la scène de Détroit des retombées de leur succès naissant. Après avoir enregistré dans leur grenier la compilation "The Sympathetic sounds of Detroit", ils emmènent dans leurs valises les Von Bondies, un autre groupe du Michigan. On remercie sincèrement Jack et Meg White de nous avoir permis de découvrir cet incroyable groupe !

Petit descriptif, car ils le valent bien. Tout d’abord, le sosie du tennisman Michaël Chang, Don Blum, officie à la batterie. Il cogne plutôt comme Jackie Chan sur ses fûts : je ne veux pas voir ça, il va bien réussir à crever ses peaux, cet olibrius ! A sa droite, Carrie Smith, une bassiste charmante et souriante qui nous délivre des lignes de basse bien basiques avec un son garage. Au centre, , un chanteur énervé, avec une belle mèche sur le côté, qui joue de la guitare en son clair avec beaucoup de reverb. On se croirait dans les fifties, car, en plus, il chante parfois comme Elvis. Et j’ai gardé le meilleur pour la fin : Marcie Bolen, une guitariste ressemblant à un mix de Wonderwoman, pour le torchon dans les cheveux longs, et des héroïnes de Russ Meyer, pour l’attitude hautaine et dominatrice. Voilà, les présentations sont faites...
La musique des Von Bondies est une sorte de garage rock échappé des années 50 ; l'effet est particulièrement rafraîchissant car ils jouent chaque titre avec une conviction juvénile. Wonderwoman décoche des petits riffs en exécutant des chorégraphies sur ses talons hauts. Au bout de 25 minutes, le chanteur finit à genoux et commence à hurler méchamment en direction des loges. Qu’est ce qu’il veut ? Qu’on monte le son ? C’est déjà assez fort ! Ah, tu veux boire un coup ? C’est vrai qu'à force du huler comme le chanteur des Cramps... Et alors, Jack White vient abreuver tous les membres du groupe en plein milieu du morceau. Ce n’est pas vraiment une attitude de star, tu as encore beaucoup de choses à apprendre, mon petit Jack, voilà comment on doit procéder : premièrement, on bride le son de la première partie, deuxièmement, on ne leur dit pas bonjour quand on les croise, troisièmement, on ne monte jamais sur scène avec les minables qui ouvrent pour toi, il faut se faire désirer ! Au lieu de faire ce qui est prévu noir sur blanc dans la grande charte du star system, il répond positivement à l’invitation du chanteur qui lui tend sa guitare et usine immédiatement le riff dévastateur du morceau en cours avec une énergie hallucinante. Puis il enchaîne par un solo bien déjanté et se met à chanter avec ses amis. Pour conclure, le chanteur des Von Bondies se fait porter au milieu de la foule, sur les épaules d’un membre du staff. Rock ‘n’ roll !
Un groupe excellent, une prestation originale et un final d’anthologie. Quel est le connard qui a déclaré que le rock ‘n’ roll était mort ? Lenny Kravitz ? Bon ça va alors...
A la pause, une personne a la remarquable idée de passer "Fun house" des Stooges. Tout le monde a le sourire aux lèvres, c’est le bonheur.
Les roadies installent un drapeau de Détroit, Michigan. Ils sont venus de Motor City et ils arrivent à Tyre City : Clermont-Ferrand, la ville soumise au bon vouloir de la famille Michelin. Allez voir "Paroles de Bibs" au cinéma, ça vaut le détour ! Le concert débute par "Fell in love with a girl", du punk rock garage à base de si, la, ré, mi puis fa dièse, la, ré, mi, break sur fa dièse, la, fa dièse. OH YEAH ! The White Stripes are on stage !

Jack est en rouge, avec une ceinture blanche, Meg porte une robe rouge et un haut blanc. Elle n’a pas de chaussures, son attitude est semblable à celle de la guitariste des Von Bondies : dédaigneuse et concentrée. On dirait Betty Page ! Meg, veux-tu m’épouser ? Les White Stripes ont refusé une offre mirobolante de Gap pour faire la pub de leurs vêtements. Ils ont l’air intègres ces deux petits ! Les Strokes n’auraient pas fait ça, eux qui ont annulé leurs dates françaises parce qu’on leur proposait plus pour tourner aux USA. Il ne suffit pas de sortir un premier album excellent, Mr Casablancas, il est important de respecter le public... Ces rebelles ont aussi enlevé de l’album "Is this it" leur très bon titre, "New York City cops", pour ne pas choquer les patriotes, quelle audace !
Après le premier morceau, très punk, les Bandes Blanches enchaînent sans temps mort une dizaine de titres de leurs trois albums dont "Astro", "Jumble jumble" et "Cannon". Le son est puissant, ils jouent avec conviction en se regardant souvent. Jack navigue de son micro en front de scène à un autre, situé en face de la batterie. Guitare, batterie, c’est minimaliste mais génial ! Jack alterne les parties rythmiques et les solos en cliquant violemment sur une de ses trois pédales. Le son est cradingue, brut, on pense à Jon Spencer Blues Exposion. Jack White pousse sa voix dans ses derniers retranchements, il hurle, prend une voix chevrotante pour imiter ses idoles venues du blues, parle et finit parfois presque muet. Ce monsieur ne s’économise pas. Décidément, la charte du show-bizness, il s’en tamponne allègrement !
A la première pause, le duo est copieusement ovationné puis, 3 secondes plus tard, il repart pied au plancher. Quand ils jouent "Hotel Yorba", les gens deviennent encore plus surexcités, la version jouée ce soir est 3 fois plus puissante que sur "White blood cells". Puis, c’est "Dead leaves and the dirty ground" qui nous cloue au sol, il faut que ce groupe sorte un live, tout de suite ! Jack change de guitare et saisit un bottleneck, c’est le moment de jouer du blues garage. Il est réellement doué pour ce style et on a immédiatement envie d’acheter tous les disques de Son House, Charly Patton et Blind Willie Mc Tell.
C’est ensuite au tour de "We’re going to be friends" de nous enchanter, c’est une chanson calme et délicieusement naïve. Elle rappelle immanquablement les chansons de Paul Mc Cartney, vénéré chez les White. Un grand moment, accompagné par une petite guitare rythmique et un tambourin : la simplicité a du bon (quand on est inspiré) ! Sur certains titres, Jack joue les intros sur un piano électrique, enchaîne à la guitare puis revient au piano. Les styles abordés sont multiples, le concert est donc varié, malgré le minimalisme de la formule du groupe.
Peu loquace, jack nous déclare quand même que sa sœur et lui remercient tout le monde d’être venu. Après 45 minutes intenses, le groupe se casse, merde alors ! Je ne m’attendais pas à un concert de 3 heures mais quand même, ça fait court ! Kick out the jam, motherfuckers ! Heureusement, ils reviennent jouer un de leurs titres incomparables qui dure deux minutes. Puis, Jack laisse tomber sa guitare et prends ses jambes à son cou. 48 minutes de concert ! On aurait aimé entendre leur reprise de "One more cup of coffee" de Robert Zimmerman, savourer "I can’t wait", assister à un autre morceau avec les Von Bondies, mais c’était tout de même mémorable. La preuve, tout le monde reste hébété, sonné par la déflagration infligée par ces deux groupes. S’ils en ont l’envie, les White Stripes pourraient bientôt égaler Jon Spencer et Kurt Cobain en termes de qualité des morceaux et de ventes d’albums...

Petit descriptif, car ils le valent bien. Tout d’abord, le sosie du tennisman Michaël Chang, Don Blum, officie à la batterie. Il cogne plutôt comme Jackie Chan sur ses fûts : je ne veux pas voir ça, il va bien réussir à crever ses peaux, cet olibrius ! A sa droite, Carrie Smith, une bassiste charmante et souriante qui nous délivre des lignes de basse bien basiques avec un son garage. Au centre, , un chanteur énervé, avec une belle mèche sur le côté, qui joue de la guitare en son clair avec beaucoup de reverb. On se croirait dans les fifties, car, en plus, il chante parfois comme Elvis. Et j’ai gardé le meilleur pour la fin : Marcie Bolen, une guitariste ressemblant à un mix de Wonderwoman, pour le torchon dans les cheveux longs, et des héroïnes de Russ Meyer, pour l’attitude hautaine et dominatrice. Voilà, les présentations sont faites...
La musique des Von Bondies est une sorte de garage rock échappé des années 50 ; l'effet est particulièrement rafraîchissant car ils jouent chaque titre avec une conviction juvénile. Wonderwoman décoche des petits riffs en exécutant des chorégraphies sur ses talons hauts. Au bout de 25 minutes, le chanteur finit à genoux et commence à hurler méchamment en direction des loges. Qu’est ce qu’il veut ? Qu’on monte le son ? C’est déjà assez fort ! Ah, tu veux boire un coup ? C’est vrai qu'à force du huler comme le chanteur des Cramps... Et alors, Jack White vient abreuver tous les membres du groupe en plein milieu du morceau. Ce n’est pas vraiment une attitude de star, tu as encore beaucoup de choses à apprendre, mon petit Jack, voilà comment on doit procéder : premièrement, on bride le son de la première partie, deuxièmement, on ne leur dit pas bonjour quand on les croise, troisièmement, on ne monte jamais sur scène avec les minables qui ouvrent pour toi, il faut se faire désirer ! Au lieu de faire ce qui est prévu noir sur blanc dans la grande charte du star system, il répond positivement à l’invitation du chanteur qui lui tend sa guitare et usine immédiatement le riff dévastateur du morceau en cours avec une énergie hallucinante. Puis il enchaîne par un solo bien déjanté et se met à chanter avec ses amis. Pour conclure, le chanteur des Von Bondies se fait porter au milieu de la foule, sur les épaules d’un membre du staff. Rock ‘n’ roll !
Un groupe excellent, une prestation originale et un final d’anthologie. Quel est le connard qui a déclaré que le rock ‘n’ roll était mort ? Lenny Kravitz ? Bon ça va alors...
A la pause, une personne a la remarquable idée de passer "Fun house" des Stooges. Tout le monde a le sourire aux lèvres, c’est le bonheur.
Les roadies installent un drapeau de Détroit, Michigan. Ils sont venus de Motor City et ils arrivent à Tyre City : Clermont-Ferrand, la ville soumise au bon vouloir de la famille Michelin. Allez voir "Paroles de Bibs" au cinéma, ça vaut le détour ! Le concert débute par "Fell in love with a girl", du punk rock garage à base de si, la, ré, mi puis fa dièse, la, ré, mi, break sur fa dièse, la, fa dièse. OH YEAH ! The White Stripes are on stage !

Jack est en rouge, avec une ceinture blanche, Meg porte une robe rouge et un haut blanc. Elle n’a pas de chaussures, son attitude est semblable à celle de la guitariste des Von Bondies : dédaigneuse et concentrée. On dirait Betty Page ! Meg, veux-tu m’épouser ? Les White Stripes ont refusé une offre mirobolante de Gap pour faire la pub de leurs vêtements. Ils ont l’air intègres ces deux petits ! Les Strokes n’auraient pas fait ça, eux qui ont annulé leurs dates françaises parce qu’on leur proposait plus pour tourner aux USA. Il ne suffit pas de sortir un premier album excellent, Mr Casablancas, il est important de respecter le public... Ces rebelles ont aussi enlevé de l’album "Is this it" leur très bon titre, "New York City cops", pour ne pas choquer les patriotes, quelle audace !
Après le premier morceau, très punk, les Bandes Blanches enchaînent sans temps mort une dizaine de titres de leurs trois albums dont "Astro", "Jumble jumble" et "Cannon". Le son est puissant, ils jouent avec conviction en se regardant souvent. Jack navigue de son micro en front de scène à un autre, situé en face de la batterie. Guitare, batterie, c’est minimaliste mais génial ! Jack alterne les parties rythmiques et les solos en cliquant violemment sur une de ses trois pédales. Le son est cradingue, brut, on pense à Jon Spencer Blues Exposion. Jack White pousse sa voix dans ses derniers retranchements, il hurle, prend une voix chevrotante pour imiter ses idoles venues du blues, parle et finit parfois presque muet. Ce monsieur ne s’économise pas. Décidément, la charte du show-bizness, il s’en tamponne allègrement !
A la première pause, le duo est copieusement ovationné puis, 3 secondes plus tard, il repart pied au plancher. Quand ils jouent "Hotel Yorba", les gens deviennent encore plus surexcités, la version jouée ce soir est 3 fois plus puissante que sur "White blood cells". Puis, c’est "Dead leaves and the dirty ground" qui nous cloue au sol, il faut que ce groupe sorte un live, tout de suite ! Jack change de guitare et saisit un bottleneck, c’est le moment de jouer du blues garage. Il est réellement doué pour ce style et on a immédiatement envie d’acheter tous les disques de Son House, Charly Patton et Blind Willie Mc Tell.
C’est ensuite au tour de "We’re going to be friends" de nous enchanter, c’est une chanson calme et délicieusement naïve. Elle rappelle immanquablement les chansons de Paul Mc Cartney, vénéré chez les White. Un grand moment, accompagné par une petite guitare rythmique et un tambourin : la simplicité a du bon (quand on est inspiré) ! Sur certains titres, Jack joue les intros sur un piano électrique, enchaîne à la guitare puis revient au piano. Les styles abordés sont multiples, le concert est donc varié, malgré le minimalisme de la formule du groupe.
Peu loquace, jack nous déclare quand même que sa sœur et lui remercient tout le monde d’être venu. Après 45 minutes intenses, le groupe se casse, merde alors ! Je ne m’attendais pas à un concert de 3 heures mais quand même, ça fait court ! Kick out the jam, motherfuckers ! Heureusement, ils reviennent jouer un de leurs titres incomparables qui dure deux minutes. Puis, Jack laisse tomber sa guitare et prends ses jambes à son cou. 48 minutes de concert ! On aurait aimé entendre leur reprise de "One more cup of coffee" de Robert Zimmerman, savourer "I can’t wait", assister à un autre morceau avec les Von Bondies, mais c’était tout de même mémorable. La preuve, tout le monde reste hébété, sonné par la déflagration infligée par ces deux groupes. S’ils en ont l’envie, les White Stripes pourraient bientôt égaler Jon Spencer et Kurt Cobain en termes de qualité des morceaux et de ventes d’albums...
Signature : pierre andrieule 03/12/2001
Envoyer un message à pierre andrieu
Voir toutes les critiques de concert rédigées par pierre andrieu

le 22 avril 2009 - Le 22 d'Auron, Bourges (par Pierre Andrieu)


le 2 juillet 2010 - Presqu'île du Malsaucy, Evette Salbert (par Philippe)


le 28 octobre 2009 - L'Olympia, Paris (par Philippe)

le 28 octobre 2009 - L'Olympia, Paris (par Pierre Andrieu)

le 29 août 2008 - Domaine National de Saint-Cloud, Paris (par Pierre Andrieu)

le 25 août 2006 - Domaine National de Saint-Cloud (par Pierre Andrieu)
La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand

le 7 décembre 2011 - Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand (par Pierre Andrieu)

le 13 juin 2011 - Coopérative de mai, Clermont-Ferrand (par Pierre Andrieu)

le 11 juin 2011 - Coopérative de mai, Clermont-Ferrand (par Pierre Andrieu)
Copyright © Neolab Production 2000-2012. Reproduction totale ou partielle interdite sans accord préalable.
Conditions générales d'utilisation
Conditions générales d'utilisation

















