Pas d'appareil photo ce soir. Les "hôtes d'accueil" ont visiblement reçu des consignes très strictes et les quelques malins qui ont réussi à dissimuler leur appareil à la fouille de l'entrée se font rattraper dans la salle. Tracy ne veut pas qu'on la prenne en photo parait-il. Moi, j'ai essayé d'expliquer que Joseph Arthur veut bien, lui, et que après, promis j'en prends plus, mais le monsieur n'a pas eu d'humour et m'a dirigé vers la consigne.
Le Dôme est en configuration assise ce soir. J'avais oublié que les places étaient numérotées et je suis venu tôt. Il faut dire que j'ai pris ma place dès le début de la location. A l'époque, j'ignorais que Tracy Chapman serait en solo. Du coup, 55 €, je trouvais ça cher. Mais il y a trois jours, j'ai appris que Joseph Arthur assurait la première partie, alors 55 €, c'est cadeau.
Car j'adore Joseph Arthur. C'est un véritable artiste. Je vous conseille son site josepharthur.tumblr.com sur lequel on peut voir l'étendue de ses talents. Ce soir, il n'a pas de loop pédal comme il en avait il y a trois ans en première partie de REM. Juste sa guitare, son harmonica et un micro double pour faire des effets de voix. Il joue huit chansons sublimes avec cette guitare au son cristallin et sa voix désespérée. Il commence par un ancien morceau, Vacancy, merveilleuse ballade et joue deux morceaux de son premier album Big City Secrets paru il y a dix ans et qui m'avait bouleversé. Ca y est, j'en ai pour mon argent. A partir de maintenant, le spectacle est gratuit.
Pendant la pause, une voix annonce au micro : "Nous vous rappelons qu'il est interdit de prendre des photos avec les portables pendant toute la durée du spectacle". Quelques rebelles s'empressent de flasher sur la scène vide histoire de signifier l'absurdité de la démarche.
Tracy Chapman arrive et commence par Say Hallelujah qui ne fait pas partie de mes préférées. Dans son répertoire, je préfère de loin le registre politique au religieux. Elle parle beaucoup entre les morceaux du moins au début du spectacle et nous parle de sa joie de voir Obama élu, de son enfance en Ohio. Elle dit avec humour que quand Reagan était président, elle pensait que ça ne pouvait pas être pire. Mais depuis, il y a eu Bush... Elle fait deux reprises de chansons qu'elle écoutait quand elle était petite, Stand By Me, une des premières qu'elle a jouées à la guitare et House Of The Rissing Sun qu'elle a joué en hommage à Odetta, une chanteuse noire qu'on écoutait beaucoup dans sa famille et qui est décédée il y a quelques jours.
Bref, le personnage est fort sympathique et en plus chante peut-être encore mieux qu'à ses débuts, c'est dire. On peut juste reprocher le côté "un peu trop comme sur le disque" de ses interprétations.
Dans la salle, on assiste à une scène surréaliste : alors que Tracy chante un message de paix, deux spectateurs s'injurient copieusement et en viennent presque aux mains.
A la fin du set, Tracy Chapman accélère le rythme et joue coup sur coup Give Me One Reason, Baby Can I Hold You et Talkin' Bout A Revolution, trois bijoux.
Pour le rappel, tout le monde est debout devant la scène et prend Tracy en photo sur son portable. Un vigile consciencieux continue de mettre sa main devant certains objectifs. Il mérite une promotion. Je ne mets pas quatre étoiles à cause de ce que je considère être un caprice de star. Mais que ce soit clair : Joseph Arthur n'y est pour rien. Et pour manifester mon côté contestataire, je vous livre une photo de la soirée.
(la queue à la fin du concert pour récupérer son appareil)
Setlist Joseph Arthur : Vacancy / Turn You On / Echo Park / Temporary People / Mercedes / Birthday Card / Could We Survive / Faith
Setlist Tracy Chapman : Say Hallelujah / Mountains O'Things / Sing For You / Across The Lines / Save Us All / Change / Stand By Me / The Promise / Something To See / Subcity / Fast Car / House Of The Rising Sun / Give Me One Reason / Baby Can I Hold You / Talkin' Bout A Revolution
Rappels : Telling Stories / She's Got Her Ticket
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