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Vendredi 19 décembre 2014 : 11204 concerts, 23172 critiques de concert, 4999 critiques de CD.

Critique de concert The Whip + Tiny Masters Of Today + Dead Kids + Les Vedettes + Papier Tigre + Calvin Harris + South Central + Solange la Frange (Trans Musicales de Rennes 2007)


The Whip + Tiny Masters Of Today + Dead Kids + Les Vedettes + Papier Tigre + Calvin Harris + South Central + Solange la Frange (Trans Musicales de Rennes 2007)  en concert


5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime



Pas une minute à perdre : dès la fin du concert de Kate Nash à la Cité, direction le Parc des Expos de Rennes pour profiter pleinement d'une programmation foisonnante...




Papier Tigre :

L’arrivée sur le gigantesque site du Parc des Expos de Rennes se fait au son des compositions en béton armé du groupe Papier Tigre, un power trio véritablement ébouriffant. Le chant hurlé, les riffs de guitares saccadés et la batterie giflée s’entrechoquent violemment, et ce dans l’unique but de faire un vacarme de tous les diables. A l’exact point de friction entre le rock bruitiste et le hardcore (c’est du math rock donc… ), Papier Tigre pratique une musique extrême, sans concession aucune et enflammée. Si les titres sont d’une implacable virulence, des mélodies tordues surnagent de temps à autre… Cela évite un hermétisme stérile, tout en permettant de pratiquer une politique d’ouverture rock qui ne peut laisser indifférent. A voir sur scène et à découvrir sur disque…




Solange la Frange :

En attendant l’arrivée des Vedettes, c’est Solange la Frange qui se produit en live sur l’immense scène du Hall 9… Première nouvelle, Solange la Frange est en fait un duo comptant un homme et une femme (avec une frange… ) en son sein. Deuxième (bonne) nouvelle, la musique électronique qui sort des enceintes est de nature à retourner n’importe quel dance floor. C’est frais, virevoltant et fait pour rendre hystérique.





Les Vedettes :

Après cette petite mise en jambes, place au show des protégées belges de l’infatigable Philippe Katerine : Les Vedettes. Habillées comme des pom pom girls ultra sexy, les jeunes femmes chantent des chansons volontairement un peu bêtes (mais souvent très droles !) accompagnées par le groupe de scène de Katerine (les French Cowboy moins Federico Pellegrini plus Philippe Eveno) et présentées par un monsieur loyal bien grâtiné… On se croirait sur un plateau télé - chez Maritie et Gilbert Carpentier ou à l’Eurovision - : le décorum et la mise en scène sont ultra kitsch. Mais il y a une différence : tout cela est plein d’humour, pas ringard pour un sou, franchement jouissif et finalement assez corrosif grâce aux textes de Philippe K. Papa est mort est en effet une sorte de ça plane pour moi 2007, avec des côtés morbides et tabous en plus… Quant à Ta vie est pourrie, c'est une mise en abîme sur nos sociétés de consommation de masse et notre manière de vivre ; chanté par la plus forte des pom pom girls, les paroles dynamitent avec une jubilation certaine le système des régimes incessants institué par les magazines pour éliminer les kilos soi-disant superflus… Deux exemples de chansons parmi d’autres, tout aussi réussies. Malgré une salle trop grande, le show des Vedettes à Rennes a rempli son rôle à merveille ; il a permis de passer un très bon moment, tout en rendant impatient d’écouter le disque (à paraitre au printemps 2008) et d’assister à la tournée.




Tiny Masters Of Today :

Qualifiés de génies par David Bowie himself, les Tiny Masters Of Today arrivent à Rennes précédés d’un flatteuse réputation. Leur disque est, il est vrai, très réussi dans le style rock garage ultra frais ; en l’écoutant, on pense à des White Stripes juniors (ils ont 11 et 13 ans) ou à une réincarnation du jeune Kurt Cobain… Cela dit, sur scène, c’est une autre histoire : ce ne sont que deux gamins accompagnés par le formidable batteur de Blues Explosion, Russel Simmins. Ivan et Ada semblent tout fluets dans l’immense hall 3, les voix sont étranglées et la tension est palpable… Le début du set est donc franchement décevant, malgré la fraicheur des morceaux (genre je recycle le riff de Louie Louie comme si je l’avais trouvé il y a une heure et je joue avec le son de guitare de Nirvana, comme si je l’avais inventé à l’instant… ). Point culminant du flottement des deux ados : Ivan ne sait plus se servir de sa pédale de distorsion, et sa guitare refuse donc de sortir le moindre son. C’est le blanc… Russel Simmins prodigue ses bons conseils et tout repart un peu plus droit… Le show peut enfin décoller : Ada lache sa basse (c’est mieux, elle en joue mal… ), Ada se concentre sur sa guitare et laisse sa sœur chanter (c’est une bonne idée… ) et hop, les pogos et autres slams peuvent commencer à enflammer la salle… La batterie claque fort, la guitare ferraille joliment et des cris d’enfants rendent le tout presque surréaliste : c’est du rock garage en culottes courtes. Basique, approximatif et crasseux… Hey mr dj (chanté en français s’il vous plait) et les autres titres résonnent donc comme des appels à l’hystérie dans le hall 3. Cerise sur le gâteau, le groupe se lance dans une reprise du Jump around de House of pain, avant d’interpréter un brulot anti Bush (sans doute soufflé par leurs parents… ). Peut-être pas géniaux donc, mais à suivre assurément les Tiny Masters Of Today.




The Whip :

Changement radical de son quelques instants plus tard avec The Whip, un formidable combo d’électro rock. Ces gens-là ont tout compris : ils mélangent sans vergogne l’énergie du rock, les mélodies de la pop avec la puissance de feu de l’électronique pour composer des véritables bombes à fragmentation sonique. Beats implacables, samples ébouriffants, claviers lobotomisants, guitare/basse/batterie imparables, voix marquantes ; il est difficile de résister à la puissance de feu d’un tel groupe. Sorte de croisement entre New Order, Daft Punk et les Klaxons, The Whip a toutes les cartes en mains pour dominer le monde avec ses compositions formatées pour guider vers la piste de danse, en rockant… Le set envoutant, accrocheur et mémorable de The Whip a positivement enchanté le hall 4. A n’en pas douter, l’une des révélations des Trans Musicales 2007 !




Dead Kids :

Toujours dans le hall 4, les Dead Kids ont eux aussi fait très forte impression… Ce combo anglais parfaitement vivant (mais pour combien de temps à ce rythme effrenné ?) pratique un électro rock boosté par un chanteur survolté. Sorte de hooligan croisé avec Iggy Pop, notre homme se démène comme un beau diable sur la scène… Surexcité et incontrôlable, il n’hésite pas à slammer dans le public, à tabasser un des musiciens ou à hurler très fort des inepties pour exhorter le public à danser sur les compositions ultra remuantes de son groupe… Fortement teintés d’électronique, les morceaux des Dead Kids sont souvent sauvagement lacérés à grands coups de guitares/tronçonneuses. Une telle débauche d’énergie mise au service de compositions complètement dingues mérite le plus grand respect…





Calvin Harris :

Retour dans le hall 9, pour assister au show de Calvin Harris, un jeune Ecossais auteur d’un album d’électro pop (à paraître le 4 février 2008) intitulé I created disco. Buzz énorme en Angleterre, un nombre d’écoute myspace hallucinant (on parle de 3 millions… ), l’on tient sans doute là un futur poids lourds de l’industrie du disque… Cela étant dit, l’album - réalisé en solo - sonne trop propre et trop formaté pour les radios commerciales : claviers et boites à rythmes eighties, influences Daft Punk, Soft Cell, Depeche Mode, Prince, que des tubes en puissance pour les fluokids trop branchés (This is the industry, The girls etc etc)… Et sur scène alors ? Notre homme veut impressionner et montrer sa puissance de feu aux festivaliers en se faisant accompagner par un groupe electro rock d’une finesse assez discutable. Pour couronner le tout, Calvin Harris force sa voix façon Dave Gahan en solo, et son backing band ferraille un rock soi-disant percutant en essayant de singer Depeche Mode. Cela donne un concert de stadium rock lourdingue dans un immense hall de Parc des Expos. Le (nombreux) public bouge en chœur, semble apprécier la débauche d’énergie alors qu’il n’y a vraiment rien d’extraordinaire ou d’original. A Rennes comme ailleurs, tous les goûts sont dans la nature…




South Central :

La soirée se termine - pour nous – avec la prestation explosive des Anglais de South Central dans le hall 3… Tout à fait dans la mouvance actuelle qui consiste à pousser dans leurs derniers retranchements les sons électroniques avant de les propulser contre les distorsions du rock, South Central produit une musique très efficace en live. Le genre de truc qui donne envie de bouger comme un lapin Duracell jusqu’au bout de la nuit. Voix trafiquées, claviers torturés, beats assassins et guitares défoncées partouzent en direct, pour un résultat sauvage… A revoir très bientôt, si possible !


Photos : Yohann Lepage (Papier Tigre), Dom Vrignaud (Solange la Frange, Les Vedettes, The Whip, Dead Kids, Calvin Harris, South Central)


Site internet : www.lestrans.com.



 


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