Critique de concert Trio Tentik + Carnet de notes pour une orestie africaine (Festival Jazz Dans La Ville)

C’est parti depuis jeudi pour la 4è édition de Jazz Sur La Ville. Quelques chiffres : 30 rendez-vous, 100 musiciens, 15 lieux différents, 20 associations impliquées ! Hier soir, on a refusé du monde au Cri du Port pour Eric Legnini. Ce soir, l’affluence est moindre au Parvis des Arts (salle au rez-de-chaussée) et au Cri du Port (au 2è étage du même bâtiment) qui se partagent la soirée.
Ca commence avec un film très rare de Pier Paolo Pasolini, Carnet De Notes Pour Une Orestie Africaine. La rareté est la qualité première (la seule ?) de ce film sur lequel je n’ai pas envie de m’étendre. Il figure dans ce festival pour la musique de Gato Barbieri. Une pièce excessivement free y figure, véritable cassure dans un film documentaire déjà trop singulier pour moi. L’ajout de deux voix ( ?) africaines sur un délire de Barbieri a fait fuir un spectateur. Les autres ont fait preuve d’une résistance et d’une curiosité hors du commun. Pendant la projection, des rires nerveux ont fusé. A la sortie, les regards qui se croisent en disent long. Les discussions au bar promettent d’être animées.
Elles n’auront pas lieu : une fanfare y joue déjà, le Trio Tentik version light. Le café est offert (il m’en faudra bien deux) et les premières mesures de leur délicate musique fournissent un contraste saisissant. Alexandre Barette nous invite pour la suite au deuxième étage. En nous glissant innocemment "on vous laisse doucement le temps de sortir du film" il déclenche un éclat de rire général.
La fanfare s’est muée en un véritable trio de jazz. Il en faut peu quelquefois : il aura suffi que Jean-Michel troquât sa caisse à bretelles contre une batterie digne de ce nom. Fabien Genais au sax alto s’échauffe sur Bith Aneth de John Zorn. Après avoir trottiné, il produit quelques accélérations et lâche un irrésistible sprint. Premiers soli sur une originale rythmique baryton/batterie qui fera fureur toute la soirée.
Notre petit voyage à travers la planète a commencé sur la côte Est et va se poursuivre :
- L’Europe Centrale et les Balkans avec Borino Oro (Le Temps Des Gitans) de Kusturica et Opz Drinz Drinz, morceau traditionnel roumain. Fabien Genais y propose son seul solo un peu "hard" de la soirée, mais rassurez-vous on est très loin de Gato Barbieri.
- Le Proche-Orient avec Dog River du Libanais Rabih Abou-Khalil et Geamparawa, air traditionnel turc joué lors des noces au moment où on enlève son voile à la mariée. Alexandre Barette y fait l’inventaire de tout ce que peut exprimer un saxophone baryton.
- La Côte Ouest avec deux titres de Dave Brubeck : Blue Rondo A La Turk et Take Five. Du Brubeck sans claviers ? En jazz, tout est possible, le saxo alto a plus d’une corde (de piano) à son arc.
- Et même des pays imaginaires avec Someday (Un Jour Mon Prince Viendra) de Blanche-Neige.
D’autres très bons moments ont lieu lorsqu’Alexandre nous offre une intro "marche funèbre" sur Equinox ou quand Fabien nous joue du Bach.
Mais bien plus que l’ajout de trois excellents musiciens déjà vus sur de nombreuses scènes de la région (Jean-Michel Troccaz avec Namasté !, Alexandre Barette avec Slapstick ou Saménakoa, Fabien Genais avec le GranTorK et Saménakoa), le Trio Tentik a une vraie identité et passe de la fanfare au trio avec un égal bonheur. Je préfère toutefois la version de Taha, seul titre joué dans les deux configurations, avec Jean-Michel Troccaz sur une vraie batterie.
A la question "tu as passé une bonne soirée ?", je réponds oui sans hésitation. C’était pourtant mal parti.
Bonus vidéo : Taha
Ca commence avec un film très rare de Pier Paolo Pasolini, Carnet De Notes Pour Une Orestie Africaine. La rareté est la qualité première (la seule ?) de ce film sur lequel je n’ai pas envie de m’étendre. Il figure dans ce festival pour la musique de Gato Barbieri. Une pièce excessivement free y figure, véritable cassure dans un film documentaire déjà trop singulier pour moi. L’ajout de deux voix ( ?) africaines sur un délire de Barbieri a fait fuir un spectateur. Les autres ont fait preuve d’une résistance et d’une curiosité hors du commun. Pendant la projection, des rires nerveux ont fusé. A la sortie, les regards qui se croisent en disent long. Les discussions au bar promettent d’être animées.
Elles n’auront pas lieu : une fanfare y joue déjà, le Trio Tentik version light. Le café est offert (il m’en faudra bien deux) et les premières mesures de leur délicate musique fournissent un contraste saisissant. Alexandre Barette nous invite pour la suite au deuxième étage. En nous glissant innocemment "on vous laisse doucement le temps de sortir du film" il déclenche un éclat de rire général.
La fanfare s’est muée en un véritable trio de jazz. Il en faut peu quelquefois : il aura suffi que Jean-Michel troquât sa caisse à bretelles contre une batterie digne de ce nom. Fabien Genais au sax alto s’échauffe sur Bith Aneth de John Zorn. Après avoir trottiné, il produit quelques accélérations et lâche un irrésistible sprint. Premiers soli sur une originale rythmique baryton/batterie qui fera fureur toute la soirée.
Notre petit voyage à travers la planète a commencé sur la côte Est et va se poursuivre :
- L’Europe Centrale et les Balkans avec Borino Oro (Le Temps Des Gitans) de Kusturica et Opz Drinz Drinz, morceau traditionnel roumain. Fabien Genais y propose son seul solo un peu "hard" de la soirée, mais rassurez-vous on est très loin de Gato Barbieri.
- Le Proche-Orient avec Dog River du Libanais Rabih Abou-Khalil et Geamparawa, air traditionnel turc joué lors des noces au moment où on enlève son voile à la mariée. Alexandre Barette y fait l’inventaire de tout ce que peut exprimer un saxophone baryton.
- La Côte Ouest avec deux titres de Dave Brubeck : Blue Rondo A La Turk et Take Five. Du Brubeck sans claviers ? En jazz, tout est possible, le saxo alto a plus d’une corde (de piano) à son arc.
- Et même des pays imaginaires avec Someday (Un Jour Mon Prince Viendra) de Blanche-Neige.
D’autres très bons moments ont lieu lorsqu’Alexandre nous offre une intro "marche funèbre" sur Equinox ou quand Fabien nous joue du Bach.
Mais bien plus que l’ajout de trois excellents musiciens déjà vus sur de nombreuses scènes de la région (Jean-Michel Troccaz avec Namasté !, Alexandre Barette avec Slapstick ou Saménakoa, Fabien Genais avec le GranTorK et Saménakoa), le Trio Tentik a une vraie identité et passe de la fanfare au trio avec un égal bonheur. Je préfère toutefois la version de Taha, seul titre joué dans les deux configurations, avec Jean-Michel Troccaz sur une vraie batterie.
A la question "tu as passé une bonne soirée ?", je réponds oui sans hésitation. C’était pourtant mal parti.
Signature : mcyavellle 04/10/2009
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Photographe : mcyavell
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