Critique de concert Uli Wolters

Quatre mois après trois cinés-concerts donnés à la Mesón dans le cadre du festival Jazz Sur La Ville, Uli Wolters remet trois fois le couvert. Une séance un mercredi après-midi pour en faire profiter un public familial, une le jeudi après-midi pour les scolaires, une ce jeudi soir pour ceux qui peuvent se coucher tard.
Rappelons le principe du ciné-concert : proposer des raretés du cinéma muet en agrémentant la projection d’une musique d’ambiance. Autrefois, un pianiste tapi dans l’ombre improvisait des thèmes un œil rivé sur l’écran, passant d’une mélodie tragique à une autre plus légère selon les scènes.
Uli Wolters n’a pas de piano. Ceux qui l’ont vu au sein de Kabbalah connaissent avant tout ses talents de saxophoniste. Il maîtrise également les boucles et va utiliser sa loop-station pour se faire superposer divers instruments : saxophones soprano et ténor, flûte, vibraphone et percussions variées, mégaphone et probablement une clarinette (aperçue à la fin du concert mais le moment de son utilisation m’a échappé). Autant dire que Le Rat Des Villes Et Le Rat Des Champs, rareté s’il en est du russe Starewitch (une seule copie subsiste de ce film de 1926) prend un bain de jouvence avec l’ajout de ces différents instruments et quelques bruitages (klaxon, miaulements…).
Ce film d’animation était certainement une prouesse pour l’époque. Il a en commun avec le film suivant un humour toujours efficace plus de 80 ans après sa création.
On gravit toutefois plusieurs échelons dans la qualité avec The Blacksmith de Buster Keaton (1922). Un petit joyau que j’ai revu avec le même plaisir.
D’abord en tant que cinéphile. Buster Keaton y est au sommet de sa forme. L’apprenti maréchal-ferrant qu’il campe nous offre quelques moments d’anthologie : lorsque l’aimant de l’enseigne attire tous ses outils, lorsque sa maladresse lui fait transformer la belle limousine d’un client en épave.
Ensuite pour le soin apporté à la "bande son" : un sac plastique froissé pour bruiter le passage dans l’eau des fers rougis par le feu, le vibraphone percuté pour les coups de marteau sur la forge…
Enfin en tant que mélomane. Les thèmes écrits par Uli Wolters sont en effet plaisants et s’adaptent parfaitement à l’image. Et les différentes couches qui les composent leur donnent un tel relief qu’on a du mal à croire qu’Uli est seul, là, dans le noir, à droite de la scène.
Lorsque les mots The end apparaissent et que la salle s’allume, on est surpris. Uli salue les spectateurs qui lancent : "Déjà ??"
Le programme précisait bien que les films duraient respectivement 14 et 22 minutes mais ça passe si vite ! Ce format qui convient à un jeune public frustre les plus grands. C’est le seul bémol de la soirée. Je pensais qu’Uli allait nous faire une démo lumière allumée. Et comme Stéphane Galeski était dans le public avec sa housse de guitare, j’ai même espéré qu’ils allaient faire un bœuf. Il n’en fut rien.
Nous descendons alors au bar où nous cernent les portraits expressifs et colorés de Nicolas Le Luherne, jeune artiste visiblement inspiré par l’univers graphique des Gorillaz (expo jusqu’au 12 février). Uli Wolters y confie qu’il souhaite poursuivre ces projets de ciné-concerts et mettre en musique des longs métrages. Cette fois-ci, on pourra vraiment se coucher tard.
Bonus vidéo :
Rappelons le principe du ciné-concert : proposer des raretés du cinéma muet en agrémentant la projection d’une musique d’ambiance. Autrefois, un pianiste tapi dans l’ombre improvisait des thèmes un œil rivé sur l’écran, passant d’une mélodie tragique à une autre plus légère selon les scènes.
Uli Wolters n’a pas de piano. Ceux qui l’ont vu au sein de Kabbalah connaissent avant tout ses talents de saxophoniste. Il maîtrise également les boucles et va utiliser sa loop-station pour se faire superposer divers instruments : saxophones soprano et ténor, flûte, vibraphone et percussions variées, mégaphone et probablement une clarinette (aperçue à la fin du concert mais le moment de son utilisation m’a échappé). Autant dire que Le Rat Des Villes Et Le Rat Des Champs, rareté s’il en est du russe Starewitch (une seule copie subsiste de ce film de 1926) prend un bain de jouvence avec l’ajout de ces différents instruments et quelques bruitages (klaxon, miaulements…).
Ce film d’animation était certainement une prouesse pour l’époque. Il a en commun avec le film suivant un humour toujours efficace plus de 80 ans après sa création.
On gravit toutefois plusieurs échelons dans la qualité avec The Blacksmith de Buster Keaton (1922). Un petit joyau que j’ai revu avec le même plaisir.
D’abord en tant que cinéphile. Buster Keaton y est au sommet de sa forme. L’apprenti maréchal-ferrant qu’il campe nous offre quelques moments d’anthologie : lorsque l’aimant de l’enseigne attire tous ses outils, lorsque sa maladresse lui fait transformer la belle limousine d’un client en épave.
Ensuite pour le soin apporté à la "bande son" : un sac plastique froissé pour bruiter le passage dans l’eau des fers rougis par le feu, le vibraphone percuté pour les coups de marteau sur la forge…
Enfin en tant que mélomane. Les thèmes écrits par Uli Wolters sont en effet plaisants et s’adaptent parfaitement à l’image. Et les différentes couches qui les composent leur donnent un tel relief qu’on a du mal à croire qu’Uli est seul, là, dans le noir, à droite de la scène.
Lorsque les mots The end apparaissent et que la salle s’allume, on est surpris. Uli salue les spectateurs qui lancent : "Déjà ??"
Le programme précisait bien que les films duraient respectivement 14 et 22 minutes mais ça passe si vite ! Ce format qui convient à un jeune public frustre les plus grands. C’est le seul bémol de la soirée. Je pensais qu’Uli allait nous faire une démo lumière allumée. Et comme Stéphane Galeski était dans le public avec sa housse de guitare, j’ai même espéré qu’ils allaient faire un bœuf. Il n’en fut rien.
Nous descendons alors au bar où nous cernent les portraits expressifs et colorés de Nicolas Le Luherne, jeune artiste visiblement inspiré par l’univers graphique des Gorillaz (expo jusqu’au 12 février). Uli Wolters y confie qu’il souhaite poursuivre ces projets de ciné-concerts et mettre en musique des longs métrages. Cette fois-ci, on pourra vraiment se coucher tard.
Signature : mcyavellle 09/02/2010
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Photographe : guigogane
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le 14 octobre 2010 - Cinémathèque de Marseille (par Le Cycle 3)


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