Critique de concert Vanessa Paradis + Albin de la Simone (festival Les Arts Verts)

L’été est festif à Gémenos. Des banderoles affichent la tenue du Festival "Les Arts Verts" dès l’entrée de la ville insistant sur les neuf concerts gratuits qui y sont donnés.
L’un d’entre eux a lieu ce soir. Pas celui de Vanessa Paradis mais celui du Stadtorchester Klingenthal, joyeuse fanfare d’Outre-Rhin qui recueille un joli succès devant la Salle Municipale Jean Jaurès.
Ne tenant pas spécialement à être dans les premiers rangs pour voir Vanessa, je flâne un peu et tenez, c’est cadeau :
Le Théâtre de Verdure est bien bondé à mon arrivée. Vanessa s’y produit deux soirs consécutifs et le concert est annoncé acoustique.
A 21h00 pétantes, voix off de Vanessa : "Bonsoir. C’est un plaisir de vous présenter Albin de la Simone."
Il était déjà son musicien sur la tournée précédente en compagnie de Matthieu Chedid. Il a cette fois-ci le privilège d’ouvrir la soirée.
Son set est minimaliste. Une intro au clavier à l’issue volontairement fausse, puis des chansons avec cet instrument pour seul accompagnement. "Passer son adolescence à Amiens c’est pourri mais ça fait écrire des chansons", dit-il.
Je ne connais que la première d’entre elles, beaucoup plus agréable lorsqu’il la chante en duo avec Feist, Elle Aime. Des paroles loufoques puisqu’elle aime pêle-mêle "les films hongrois sous-titrés en tchèque", "le civet de bulot", "la mythologie suisse", et, mon préféré, "le kiwi au maroilles" avec cette conclusion, du coup pas forcément flatteuse : "et c’est moi qu’elle aime".
L’intérêt est également dans la chute de la suivante, Quand J’Aurai Du Temps, et davantage dans les paroles axées sur l’absurde que dans les mélodies...

Pendant que "l’amour se détricote" dans Ce Pull, l’attention du public aussi. Mais pas sa patience. Certes, les discussions reprennent gentiment, de façon croissante, mais le public de Vanessa est gentil. Aucune manifestation négative malgré le ton monocorde d’Albin de la Simone, un son auquel un fichier MIDI n’a rien à envier et un vautrage dans les paroles qui serait passé totalement inaperçu sans l’ajout de son "Je me trompe dans le texte". Il faut dire qu’il eu la sagesse de faire court : une vingtaine de minutes. Il termine avec (Demain Je Mange) Mes Amis. Le genre de refrain bête qui vous reste en tête pendant toute la pause. La fin de soirée prouvera que ce garçon est pétri de talent… en tant qu’arrangeur.
La pause est aussi longue que lors d’un changement total de plateau alors que la seule modification à effectuer (déplacement du piano) a duré dix secondes. Sans doute fallait-il laisser la nuit s’installer.

Pause meublée par un Ultra de Vanessa Paradis, au seyant marcel vert fluo et à l’alcool joyeux. Très expressif, il a mis l’ambiance à lui tout seul. D’abord en hurlant ses messages d’amour, tapant dans ses mains et entrainant le public avec lui. Ensuite en provoquant le soutien de celui-ci lors de son éviction musclée par un service d’ordre peu tolérant à la marginalité. On le réentendra plus tard depuis le haut des gradins avant un nouveau silence, définitif cette fois. Nous étions alors happés par Vanessa et peu enclins à la solidarité si exactions il y eut.
Car la belle a décidé de prendre des risques lors de cette tournée et a clairement gagné son pari.
Risque de modifier du tout au tout ses morceaux quitte à désappointer son public. Non seulement le concert est acoustique mais un superbe quatuor à cordes (violoncelle, alto, violons) est omniprésent dans la plupart des chansons. Risque du coup de sombrer dans un répertoire un peu mou du genou. Je crains même qu’elle ne joue pas Tandem, le titre qui l’a réhabilitée à mes yeux après ses insupportables débuts de pré-ado. Joe Le Taxi, justement, perd son côté mambo avec son accompagnement tout neuf (clavier et deux guitares) qui parvient à me le rendre sympathique !

Risques instrumentaux ensuite : elle chante l’intro de Dans Mon Café avec les percussions pour seul accompagnement ; elle s’assied au piano pour Bliss ; elle s’essaie à la guitare pour Saint-Germain ; elle reste seule sur scène et s’accompagne à la guitare sur Jackadi ; elle atteint le paroxysme de l’intimité sur le début des Revenants accompagnée du seul guitariste et de quelques effets sonores et surtout lors d’un duo, assise dans la pénombre face à Albin de la Simone, délicatement souligné d’une dosette de cordes…
Risque de confrontation avec le public lorsque celui-ci se rue inévitablement devant les places assises. Ce que Saez n’était pas parvenu à obtenir voilà deux ans, ce que Julien Clerc n’avait même pas tenté de faire l’année dernière, elle l’ose et parvient à ses fins. Un peu de pédagogie "l’acoustique du théâtre est détruite si vous restez devant les enceintes" et tout le monde regagne sa place !

Risques payants. Le public est conquis, ne lui tient pas rigueur, au contraire, de son fou rire qui devient général sur Be My Baby. Ce titre passe pratiquement à la trappe, Vanessa ne peut plus chanter, Albin ne peut plus siffler, nous sommes hilares.
Aucune période de sa carrière n’est passée sous silence même si sa collaboration avec Lenny Kravitz n’a été mise à l’honneur qu’à deux reprises.
Vient le temps des rappels parmi lesquels Tandem. Débuté à la guitare acoustique par la violoncelliste, il gagne en amplitude au fil des minutes, deux autres guitares venant s’ajouter, les violonistes assurant les chœurs et les spectateurs la rythmique.
Une gamine bien briefée par sa mère crie "Vanessa un bisou !" depuis dix minutes. Elle finira par en obtenir un sur la main. Maman doit être contente.
Musiciens : Albin de la Simone : clavier, basse, arrangements / Pascal Colomb : basse, flûte / Raphaël Chassin : percussions / François Lasserre : guitare / + un quatuor à cordes

Setlist :
Pourtant (00)
Que Fait La Vie ? (00)
Junior Suite (07)
Scarabée (88)
Dans Mon Café (00)
Marilyn & John (88)
Chet Baker (07)
Bliss (00)
Saint-Germain (00)
Jackadi (07)
When I Say (07)
La Mélodie (07)
Sunday Mondays (93)
Joe Le Taxi (88)
Be My Baby (93)
Le Temps De L’Amour (Françoise Hardy)
Les Revenants (07)
L’Incendie (07)
Rappels :
La Vague A Lames (90)
Dis-Lui Toi Que Je T’Aime (90)
Divine Idylle (07)
Tandem (90)
Il Y A (09)
Bonus vidéo : Tandem
L’un d’entre eux a lieu ce soir. Pas celui de Vanessa Paradis mais celui du Stadtorchester Klingenthal, joyeuse fanfare d’Outre-Rhin qui recueille un joli succès devant la Salle Municipale Jean Jaurès.
Ne tenant pas spécialement à être dans les premiers rangs pour voir Vanessa, je flâne un peu et tenez, c’est cadeau :
Le Théâtre de Verdure est bien bondé à mon arrivée. Vanessa s’y produit deux soirs consécutifs et le concert est annoncé acoustique.
A 21h00 pétantes, voix off de Vanessa : "Bonsoir. C’est un plaisir de vous présenter Albin de la Simone."
Il était déjà son musicien sur la tournée précédente en compagnie de Matthieu Chedid. Il a cette fois-ci le privilège d’ouvrir la soirée.
Son set est minimaliste. Une intro au clavier à l’issue volontairement fausse, puis des chansons avec cet instrument pour seul accompagnement. "Passer son adolescence à Amiens c’est pourri mais ça fait écrire des chansons", dit-il.
Je ne connais que la première d’entre elles, beaucoup plus agréable lorsqu’il la chante en duo avec Feist, Elle Aime. Des paroles loufoques puisqu’elle aime pêle-mêle "les films hongrois sous-titrés en tchèque", "le civet de bulot", "la mythologie suisse", et, mon préféré, "le kiwi au maroilles" avec cette conclusion, du coup pas forcément flatteuse : "et c’est moi qu’elle aime".
L’intérêt est également dans la chute de la suivante, Quand J’Aurai Du Temps, et davantage dans les paroles axées sur l’absurde que dans les mélodies...

Pendant que "l’amour se détricote" dans Ce Pull, l’attention du public aussi. Mais pas sa patience. Certes, les discussions reprennent gentiment, de façon croissante, mais le public de Vanessa est gentil. Aucune manifestation négative malgré le ton monocorde d’Albin de la Simone, un son auquel un fichier MIDI n’a rien à envier et un vautrage dans les paroles qui serait passé totalement inaperçu sans l’ajout de son "Je me trompe dans le texte". Il faut dire qu’il eu la sagesse de faire court : une vingtaine de minutes. Il termine avec (Demain Je Mange) Mes Amis. Le genre de refrain bête qui vous reste en tête pendant toute la pause. La fin de soirée prouvera que ce garçon est pétri de talent… en tant qu’arrangeur.
La pause est aussi longue que lors d’un changement total de plateau alors que la seule modification à effectuer (déplacement du piano) a duré dix secondes. Sans doute fallait-il laisser la nuit s’installer.

Pause meublée par un Ultra de Vanessa Paradis, au seyant marcel vert fluo et à l’alcool joyeux. Très expressif, il a mis l’ambiance à lui tout seul. D’abord en hurlant ses messages d’amour, tapant dans ses mains et entrainant le public avec lui. Ensuite en provoquant le soutien de celui-ci lors de son éviction musclée par un service d’ordre peu tolérant à la marginalité. On le réentendra plus tard depuis le haut des gradins avant un nouveau silence, définitif cette fois. Nous étions alors happés par Vanessa et peu enclins à la solidarité si exactions il y eut.
Car la belle a décidé de prendre des risques lors de cette tournée et a clairement gagné son pari.
Risque de modifier du tout au tout ses morceaux quitte à désappointer son public. Non seulement le concert est acoustique mais un superbe quatuor à cordes (violoncelle, alto, violons) est omniprésent dans la plupart des chansons. Risque du coup de sombrer dans un répertoire un peu mou du genou. Je crains même qu’elle ne joue pas Tandem, le titre qui l’a réhabilitée à mes yeux après ses insupportables débuts de pré-ado. Joe Le Taxi, justement, perd son côté mambo avec son accompagnement tout neuf (clavier et deux guitares) qui parvient à me le rendre sympathique !

Risques instrumentaux ensuite : elle chante l’intro de Dans Mon Café avec les percussions pour seul accompagnement ; elle s’assied au piano pour Bliss ; elle s’essaie à la guitare pour Saint-Germain ; elle reste seule sur scène et s’accompagne à la guitare sur Jackadi ; elle atteint le paroxysme de l’intimité sur le début des Revenants accompagnée du seul guitariste et de quelques effets sonores et surtout lors d’un duo, assise dans la pénombre face à Albin de la Simone, délicatement souligné d’une dosette de cordes…
Risque de confrontation avec le public lorsque celui-ci se rue inévitablement devant les places assises. Ce que Saez n’était pas parvenu à obtenir voilà deux ans, ce que Julien Clerc n’avait même pas tenté de faire l’année dernière, elle l’ose et parvient à ses fins. Un peu de pédagogie "l’acoustique du théâtre est détruite si vous restez devant les enceintes" et tout le monde regagne sa place !

Risques payants. Le public est conquis, ne lui tient pas rigueur, au contraire, de son fou rire qui devient général sur Be My Baby. Ce titre passe pratiquement à la trappe, Vanessa ne peut plus chanter, Albin ne peut plus siffler, nous sommes hilares.
Aucune période de sa carrière n’est passée sous silence même si sa collaboration avec Lenny Kravitz n’a été mise à l’honneur qu’à deux reprises.
Vient le temps des rappels parmi lesquels Tandem. Débuté à la guitare acoustique par la violoncelliste, il gagne en amplitude au fil des minutes, deux autres guitares venant s’ajouter, les violonistes assurant les chœurs et les spectateurs la rythmique.
Une gamine bien briefée par sa mère crie "Vanessa un bisou !" depuis dix minutes. Elle finira par en obtenir un sur la main. Maman doit être contente.
Musiciens : Albin de la Simone : clavier, basse, arrangements / Pascal Colomb : basse, flûte / Raphaël Chassin : percussions / François Lasserre : guitare / + un quatuor à cordes

Pourtant (00)
Que Fait La Vie ? (00)
Junior Suite (07)
Scarabée (88)
Dans Mon Café (00)
Marilyn & John (88)
Chet Baker (07)
Bliss (00)
Saint-Germain (00)
Jackadi (07)
When I Say (07)
La Mélodie (07)
Sunday Mondays (93)
Joe Le Taxi (88)
Be My Baby (93)
Le Temps De L’Amour (Françoise Hardy)
Les Revenants (07)
L’Incendie (07)
Rappels :
La Vague A Lames (90)
Dis-Lui Toi Que Je T’Aime (90)
Divine Idylle (07)
Tandem (90)
Il Y A (09)
Signature : mcyavellle 20/07/2010
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le 14 février 2004 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand (par Pierre Andrieu)
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