Critique de concert Vibrion & Dupain

L'Escale St Michel d'Aubagne organise ce soir une rencontre alléchante entre deux formations coups de cœurs de Live In Marseille, les occitans enragés de Dupain et le slam obsessionnel de Vibrion. Poésie, engagement et transe sont à prévoir. D’autant que les passerelles sont nombreuses entre les deux groupes et cela laisse envisager un bœuf prometteur. C'est en pensant à cela dans le bus qui nous mène à Aubagne qu'on en oublie presque de pester contre la pauvreté du transport public à Marseille et se dire qu'il va falloir faire du stop pour rentrer.
150-200 personnes c'est peu dans le public. Le marseillais est frilleux dès qu'il faut se déplacer, sortir de la ville et les deux formations ont pas mal jouer ces derniers temps. C'est con parce qu'en écoutant la bande-annonce de ce qu'il va bientôt y passer (Mon Côté Punk, On s'fait une bouffe, Oshen, La Compagnie Jolie Môme,...), le lieu mérite le détour pour sa programmation. Le programateur de l''Escale prend la parole pour insister le plaisir d'organiser cette rencontre. Et on se dit que c'est étrange que personne n'y ai pensé avant.
Le guitariste et le violoncelliste de Vibrion entre sur scène. Et déjà, je suis scotché. Impressionant comme ils dégagent autant avec leur musique. J'avoue être en admiration devant ce gratteux depuis un duo hypnotique avec un joueur de khora, lors du concert de soutien à CQFD. Discret, voir éffacé (une amie l'appele l'elfe à la fois pour sa discretion et son physique), il est capable de distiller les touches qui achèvent d'installer la magie de la musique de Vibrion. Après cette mise en bouche, le reste du groupe entre sur scène. J'ai pourtant assisté à beaucoup de concerts du groupe, et cette fois encore ils m'ont paru se surpasser. Pour celles et ceux qui n'auraient pas lu les chroniques précédentes, rappelont que Vibrion c'est du slam aux instrumentaux électro-acoustique obsessionnels et hypnotiques. Lorsque l'on pense slam, c'est le côté texte qui s'impose. Cela serait une grave erreur de négliger la part musicale de Vibrion. Même si les deux slammeurs (Eric Cartier et Fredéric Nevchehirlian) prennent possession de la scène, le trio en retrait (Christophe Isselée, le guitariste, Julien Lefevre le violoncelliste et Stéphane Paulin, le bassiste, percussionniste) peuvent d'une basse lourde, d'un riff acéré ou de quelques notes, d'une nappe de violoncelle obsédante renforcer cette ambiance envoutante. Fredéric Nevchehirlian est toujours habité par ses textes, il ne tient pas en place, ses mains parlant presque autant que sa voix, son flow est impressionant et la poésie fuse. Eric Cartier est plus calme, sa voix plus basse. Mais que ce soit sur les obsessionels la Cage ou G8 ans, il vous prend aux trippes et ne vous lache pas. Sam Karpiénia des Dupain viendra apporter ses choeurs sur Khora. Vibrion ? Un groupe ensorcelant. Surement la faute aux elfes !
Après une pause la tribu Dupain (Sam Karpiena au chant et à la harangue, Samuel de Agostini à la batterie, Pierre-Laurent Bertolino à la vielle à roue, Noël Baille à la basse et Daniel Caglione à la mandole) prend le relais. Ils sont remontés à bloc. Sam, en tribun social, prône la révolte, la chanson Les Vivants étant dédicacés au militants qui se bougent pour changer les choses. On savait le groupe engagé mais le dernier album enfonce le clou. Mais en plus de propos politiques, la musique de Dupain est des plus efficaces. entre la vielle à roue qui se fait obsédante, les percus et la basses qui enracinent le son et la mandoline qui oscille entre un son trad', dansant et une saturation très rock. On y retrouve la démarche de Gancha empega, les instruments traditionnels, le chant en occitan sont au service d'un son très urbain. L'héritage est actualisé. Le verbe est acéré, l'utilisation, nouvelle pour eux, du français encourage à l'ouverture. La salle est d'ailleurs à fond, ça danse, s'interpelle en occitan. Port-de-Bouc, berceau du groupe avec le quartier de La Plaine, est en force. Le troublant Feniant, en occitan, raconte l'histoire, locale et malheureusement universelle, de ce vieil ouvrier utilisé par son patron et jeter comme une merde. Dupain freine son rythme, les percus et la basse sont lourdes, la vielle à roue obsédante, on est pris aux tripes. L'ambiance repartira, toujours dansante et revendicative avec des titres comme Tout le mode, Les Vivants,... La complicité avec la salle est à son paroxisme et lorsqu'ils quittent la scène, le rappel ne tarde pas. Avec tout d'abord un duo hypnotique avec la vielle à roue et la batterie. Le son monte, te noue et explose. Fred de Vibrion interviendra dans un morceau avec son flow martelé et efficace. Lorsque le concert se termine, la bonheur est palpable.
Une excelente soirée avec deux groupes qui allient, chacun dans des style différents, poésie, hargne et instrumentaux tripants.
Photos à venir.
Une interview de Dupain sur les droits d’auteurs et la loi DADVSI : 40 minutes où ils parlent aussi de leurs parcours atypique d’une major à un label indépendant, de leur musique, prochain concert, sortie d’album etc... C’est sur : http://www.meltingtalks.com
150-200 personnes c'est peu dans le public. Le marseillais est frilleux dès qu'il faut se déplacer, sortir de la ville et les deux formations ont pas mal jouer ces derniers temps. C'est con parce qu'en écoutant la bande-annonce de ce qu'il va bientôt y passer (Mon Côté Punk, On s'fait une bouffe, Oshen, La Compagnie Jolie Môme,...), le lieu mérite le détour pour sa programmation. Le programateur de l''Escale prend la parole pour insister le plaisir d'organiser cette rencontre. Et on se dit que c'est étrange que personne n'y ai pensé avant.
Le guitariste et le violoncelliste de Vibrion entre sur scène. Et déjà, je suis scotché. Impressionant comme ils dégagent autant avec leur musique. J'avoue être en admiration devant ce gratteux depuis un duo hypnotique avec un joueur de khora, lors du concert de soutien à CQFD. Discret, voir éffacé (une amie l'appele l'elfe à la fois pour sa discretion et son physique), il est capable de distiller les touches qui achèvent d'installer la magie de la musique de Vibrion. Après cette mise en bouche, le reste du groupe entre sur scène. J'ai pourtant assisté à beaucoup de concerts du groupe, et cette fois encore ils m'ont paru se surpasser. Pour celles et ceux qui n'auraient pas lu les chroniques précédentes, rappelont que Vibrion c'est du slam aux instrumentaux électro-acoustique obsessionnels et hypnotiques. Lorsque l'on pense slam, c'est le côté texte qui s'impose. Cela serait une grave erreur de négliger la part musicale de Vibrion. Même si les deux slammeurs (Eric Cartier et Fredéric Nevchehirlian) prennent possession de la scène, le trio en retrait (Christophe Isselée, le guitariste, Julien Lefevre le violoncelliste et Stéphane Paulin, le bassiste, percussionniste) peuvent d'une basse lourde, d'un riff acéré ou de quelques notes, d'une nappe de violoncelle obsédante renforcer cette ambiance envoutante. Fredéric Nevchehirlian est toujours habité par ses textes, il ne tient pas en place, ses mains parlant presque autant que sa voix, son flow est impressionant et la poésie fuse. Eric Cartier est plus calme, sa voix plus basse. Mais que ce soit sur les obsessionels la Cage ou G8 ans, il vous prend aux trippes et ne vous lache pas. Sam Karpiénia des Dupain viendra apporter ses choeurs sur Khora. Vibrion ? Un groupe ensorcelant. Surement la faute aux elfes !
Après une pause la tribu Dupain (Sam Karpiena au chant et à la harangue, Samuel de Agostini à la batterie, Pierre-Laurent Bertolino à la vielle à roue, Noël Baille à la basse et Daniel Caglione à la mandole) prend le relais. Ils sont remontés à bloc. Sam, en tribun social, prône la révolte, la chanson Les Vivants étant dédicacés au militants qui se bougent pour changer les choses. On savait le groupe engagé mais le dernier album enfonce le clou. Mais en plus de propos politiques, la musique de Dupain est des plus efficaces. entre la vielle à roue qui se fait obsédante, les percus et la basses qui enracinent le son et la mandoline qui oscille entre un son trad', dansant et une saturation très rock. On y retrouve la démarche de Gancha empega, les instruments traditionnels, le chant en occitan sont au service d'un son très urbain. L'héritage est actualisé. Le verbe est acéré, l'utilisation, nouvelle pour eux, du français encourage à l'ouverture. La salle est d'ailleurs à fond, ça danse, s'interpelle en occitan. Port-de-Bouc, berceau du groupe avec le quartier de La Plaine, est en force. Le troublant Feniant, en occitan, raconte l'histoire, locale et malheureusement universelle, de ce vieil ouvrier utilisé par son patron et jeter comme une merde. Dupain freine son rythme, les percus et la basse sont lourdes, la vielle à roue obsédante, on est pris aux tripes. L'ambiance repartira, toujours dansante et revendicative avec des titres comme Tout le mode, Les Vivants,... La complicité avec la salle est à son paroxisme et lorsqu'ils quittent la scène, le rappel ne tarde pas. Avec tout d'abord un duo hypnotique avec la vielle à roue et la batterie. Le son monte, te noue et explose. Fred de Vibrion interviendra dans un morceau avec son flow martelé et efficace. Lorsque le concert se termine, la bonheur est palpable.
Une excelente soirée avec deux groupes qui allient, chacun dans des style différents, poésie, hargne et instrumentaux tripants.
Photos à venir.
Une interview de Dupain sur les droits d’auteurs et la loi DADVSI : 40 minutes où ils parlent aussi de leurs parcours atypique d’une major à un label indépendant, de leur musique, prochain concert, sortie d’album etc... C’est sur : http://www.meltingtalks.com
Signature : mystic punk pinguinle 16/01/2006
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