Critique de concert Yom

Découvrir de nouveaux lieux est toujours un plaisir pour moi. Ce soir, le Théâtre des Salins à Martigues. Ébahissement total. Donnez les clés de Marseille 2013 à l'architecte de cette salle, tout y est parfait : la zone d'accueil est spacieuse avec un petit bar fonctionnel. L'accès dans la grande salle de spectacle vous donne l'impression de rêver. On est à Martigues, là ? La scène n'a pas de limite, l'inclinaison des gradins est idéale, vos genoux ne touchent pas le rang de devant et par conséquent, ceux du voisin de derrière ne touchent pas vôtre siège. :-)
Alors, je suis venu voir quoi moi ce soir ? Comme la salle n'est pas gérée par des incompétents (mais non, je ne pense à aucune autre salle en particulier), un programme fort bien détaillé est offert à l'entrée. Sur du papier recyclé évidemment.
Yom, New King of Klezmer Clarinet. Rassurez-vous, c'est du second degré. En fait, il s'agit d'un hommage à Naftule Brandwein, clarinettiste juif né en Ukraine et émigré aux Etats-Unis. Il a connu son heure de gloire dans les années 20. Total mégalo, il n'hésita pas à s'autoproclamer King of Klezmer Clarinet et même King of Jewish Music. Alors, Yom pour lui rendre hommage s'autoproclame New King of Klezmer Clarinet. "Nouveau roi de la musique juive", il n'a pas osé.

Lors du premier titre, sa technique de clarinette paraît irréelle. Il semble que deux sons différents s'échappent de son instrument. Comment est-ce possible ? Tout de noir vêtu comme ses trois compères, les nerfs saillants sur son crane dégarni témoignent de l'énergie qu'il déploie pour parvenir à ses fins.
Il parle de Naftule Brandwein avec beaucoup de passion mais sans respect exagéré, n'hésitant pas à mettre l'accent sur le côté obscur du personnage, ivrogne notoire. Ainsi pour présenter le titre The Rabbin's Disciple, il raconte qu'il ne s'agissait pas, mais alors pas du tout d'un autoportrait. Peut-être était-ce plutôt le nom du bar en bas de chez lui... Quant au titre Fun Tashlach, il le traduit par Cascade Of Sins.
Ses trois compères ne sont pas les premiers venus si on en croit leur carte de visite. On veut bien le croire mais ils donnent plutôt l'impression d'être ses faire-valoir. Lorsque au bout d'une demi-heure, Denis Cuniot (piano) entame son premier solo, on se dit que Yom va enfin pouvoir souffler (entendez par là arrêter de le faire dans son instrument). Que nenni ! Même pas deux minutes de répit et hop ! c'est reparti.
De plus, le rythme s'accélère et Alexandre Giffard se met davantage en valeur sur son tapan, tambour à deux faces très répandu au Moyen-Orient, qu'il utilise tantôt comme un percussionniste de fanfare (debout, l'instrument en bandoulière), tantôt comme un joueur de djembé (assis, le tapan entre les jambes). Quant à son frère Benoît Giffard, il passe avec le même bonheur du trombone au tuba.
Yom, lui, accélère ses contorsions et sa clarinette devient de plus en plus entraînante. On verrait bien un Louis de Funès barbu danser sur ses soli.
L'ambiance ressemble à celle des mariages juifs, sans violon, mais avec plus de clarinette. Ca a évoqué chez moi la scène du bal dans le très beau film de Cimino "La Porte du Paradis" avec les immigrés polonais aux Etats-Unis.
Le sommet de la soirée est atteint sur un duo piano clarinette, démonstration de virtuosité de Yom. Comment peut-on sortir autant de sonorités différentes d'un tel instrument ? se demande-t-on à la conclusion du morceau sur laquelle il dose parfaitement son souffle pour que le chuchotement de sa clarinette soit à peine perceptible.
Puis, Yom devient chaud bouillant sur le morceau Heiser Bulgar "qui n'a rien à voir avec la Bulgarie mais ça serait trop long à vous expliquer". La rythmique y est beaucoup plus soutenue que sur les morceaux précédents et les quatre lascars font du bruit comme dix.
Pour le final, le public est mis à contribution pour taper dans les mains. Deux rythmes différents doivent être joués (j'ai choisi le plus basique) et il faut tenir jusqu'au bout du morceau. Ce ne fut pas 29 minutes comme indiqué avec humour mais un peu longuet quand même.
Le joyeux covoiturage du retour sera gâché par une déviation sur l'autoroute qui nous a fait visiter les Aygalades by night. Et comme Emmanuel connaît aussi bien le quartier que moi...
Je n'ai pas parlé de l'acoustique du Théâtre des Salins à Martigues. Parfaite, bien entendu (Mais non, je ne pense à aucune autre salle en particulier).
D'autres photos de la soirées sur www.myspace.com/bighelliphoto
Alors, je suis venu voir quoi moi ce soir ? Comme la salle n'est pas gérée par des incompétents (mais non, je ne pense à aucune autre salle en particulier), un programme fort bien détaillé est offert à l'entrée. Sur du papier recyclé évidemment.
Yom, New King of Klezmer Clarinet. Rassurez-vous, c'est du second degré. En fait, il s'agit d'un hommage à Naftule Brandwein, clarinettiste juif né en Ukraine et émigré aux Etats-Unis. Il a connu son heure de gloire dans les années 20. Total mégalo, il n'hésita pas à s'autoproclamer King of Klezmer Clarinet et même King of Jewish Music. Alors, Yom pour lui rendre hommage s'autoproclame New King of Klezmer Clarinet. "Nouveau roi de la musique juive", il n'a pas osé.

Lors du premier titre, sa technique de clarinette paraît irréelle. Il semble que deux sons différents s'échappent de son instrument. Comment est-ce possible ? Tout de noir vêtu comme ses trois compères, les nerfs saillants sur son crane dégarni témoignent de l'énergie qu'il déploie pour parvenir à ses fins.
Il parle de Naftule Brandwein avec beaucoup de passion mais sans respect exagéré, n'hésitant pas à mettre l'accent sur le côté obscur du personnage, ivrogne notoire. Ainsi pour présenter le titre The Rabbin's Disciple, il raconte qu'il ne s'agissait pas, mais alors pas du tout d'un autoportrait. Peut-être était-ce plutôt le nom du bar en bas de chez lui... Quant au titre Fun Tashlach, il le traduit par Cascade Of Sins.
Ses trois compères ne sont pas les premiers venus si on en croit leur carte de visite. On veut bien le croire mais ils donnent plutôt l'impression d'être ses faire-valoir. Lorsque au bout d'une demi-heure, Denis Cuniot (piano) entame son premier solo, on se dit que Yom va enfin pouvoir souffler (entendez par là arrêter de le faire dans son instrument). Que nenni ! Même pas deux minutes de répit et hop ! c'est reparti.
De plus, le rythme s'accélère et Alexandre Giffard se met davantage en valeur sur son tapan, tambour à deux faces très répandu au Moyen-Orient, qu'il utilise tantôt comme un percussionniste de fanfare (debout, l'instrument en bandoulière), tantôt comme un joueur de djembé (assis, le tapan entre les jambes). Quant à son frère Benoît Giffard, il passe avec le même bonheur du trombone au tuba.
Yom, lui, accélère ses contorsions et sa clarinette devient de plus en plus entraînante. On verrait bien un Louis de Funès barbu danser sur ses soli.
L'ambiance ressemble à celle des mariages juifs, sans violon, mais avec plus de clarinette. Ca a évoqué chez moi la scène du bal dans le très beau film de Cimino "La Porte du Paradis" avec les immigrés polonais aux Etats-Unis.
Le sommet de la soirée est atteint sur un duo piano clarinette, démonstration de virtuosité de Yom. Comment peut-on sortir autant de sonorités différentes d'un tel instrument ? se demande-t-on à la conclusion du morceau sur laquelle il dose parfaitement son souffle pour que le chuchotement de sa clarinette soit à peine perceptible.
Puis, Yom devient chaud bouillant sur le morceau Heiser Bulgar "qui n'a rien à voir avec la Bulgarie mais ça serait trop long à vous expliquer". La rythmique y est beaucoup plus soutenue que sur les morceaux précédents et les quatre lascars font du bruit comme dix.
Pour le final, le public est mis à contribution pour taper dans les mains. Deux rythmes différents doivent être joués (j'ai choisi le plus basique) et il faut tenir jusqu'au bout du morceau. Ce ne fut pas 29 minutes comme indiqué avec humour mais un peu longuet quand même.
Le joyeux covoiturage du retour sera gâché par une déviation sur l'autoroute qui nous a fait visiter les Aygalades by night. Et comme Emmanuel connaît aussi bien le quartier que moi...
Je n'ai pas parlé de l'acoustique du Théâtre des Salins à Martigues. Parfaite, bien entendu (Mais non, je ne pense à aucune autre salle en particulier).
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Signature : mcyavellle 18/03/2009
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Photographe : manu bighelli
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Théâtre des Salins - Martigues

le 09 Février 2012 - Théâtre des Salins - Martigues (par Ysabel)
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