Critique de concert Young Prisms + A Place to Bury Strangers

C’est dans le cadre accueillant du BT 59 –une rue de hangars pas ou peu éclairés- que se rencardent ce soir deux groupes américains, New York versus San Francisco.
Une fois blottis à l’intérieur, on voit débarquer en catastrophe les Friscains de la première partie qui, un après un line check très light -à l’aide encore une fois d’un sondier à dreads ; décidément dire "sondier à dreads" ressort presque du pléonasme- balance son shoegaze rock sauce east coast.

Trois garçons, une fille pour un son gras bien grungy, en même temps que furieusement mélodique avec un duo de voix aériennes. Plus grunge qu’ Autolux , mais plus sweet que Sonic Youth , entre-deux efficace. Brut de décoffrage en tout cas, et pour cause, un des deux guitaristes s’est barré tout fraîchement et ils ont fait 16h de bagnole pour arriver in medias res au creux d’un Bordeaux glacial. Mais ils s’en sortent plus qu’honorablement : une belle batterie sauvage comme lancinante, la basse qui du coup assure la rythmique en accords, et la guitare rescapée portant le combo de voix éthérées. Vingt minutes plus tard et les voilà déjà à remballer timing-timing ; dommage.

A Place to Bury Strangers se prépare, tissant peu à peu leur atmosphère ; bande-son séries B, projections sur les murs tout autour d’où émane la seule lumière, mis à part celle, épileptique, du stroboscope. Bon, on nous avait prévenu ; vendu comme ‘le groupe qui joue le plus fort de New York’, on ne s’attendait pas à de la musique de pic-nic, mais de là à ressortir avec les oreilles qui saignent, ça devient presque du sadisme.

Le batteur rajoute à son tabassage en bonne et due forme un pad qui alourdit et électronise le beat, tandis que Mister Akermann joue à moduler le son incisif et hachuré de sa guitare, distribuant à tour de bras larsens et gros riffs. Tellement gros, tellement lourd, que s’éclipsent les ambiances rock’n roll ou new wave. Tellement gros, tellement lourd que les gens se reculent d’un bloc, presque saisis de nausée. Restent devant deux babos sous champis qui se trémoussent de façon vaguement psychédélique. Et sur l’écran derrière, une danseuse étoile fait des pointes en boucle.

Le groupe quitte brutalement la scène, sous une flopée de nappes assourdissantes. Puis ils se rappellent tout seuls sur scène et rembranchent sur un autre morceau progressif au palpitant tachycardique, qui aurait pu être dansant si plus digeste. Et ils en restent là, après une ultime danse électrisée climaxée au larsen.

Même la musique de fond revenue peine à couvrir l’impitoyable crissement électrique. A Place to Bury Strangers devrait définitivement s’appeler A Band to Bury Strangers et jouer à des galas de Guinness des Records; dommage.
Une fois blottis à l’intérieur, on voit débarquer en catastrophe les Friscains de la première partie qui, un après un line check très light -à l’aide encore une fois d’un sondier à dreads ; décidément dire "sondier à dreads" ressort presque du pléonasme- balance son shoegaze rock sauce east coast.

Trois garçons, une fille pour un son gras bien grungy, en même temps que furieusement mélodique avec un duo de voix aériennes. Plus grunge qu’ Autolux , mais plus sweet que Sonic Youth , entre-deux efficace. Brut de décoffrage en tout cas, et pour cause, un des deux guitaristes s’est barré tout fraîchement et ils ont fait 16h de bagnole pour arriver in medias res au creux d’un Bordeaux glacial. Mais ils s’en sortent plus qu’honorablement : une belle batterie sauvage comme lancinante, la basse qui du coup assure la rythmique en accords, et la guitare rescapée portant le combo de voix éthérées. Vingt minutes plus tard et les voilà déjà à remballer timing-timing ; dommage.

A Place to Bury Strangers se prépare, tissant peu à peu leur atmosphère ; bande-son séries B, projections sur les murs tout autour d’où émane la seule lumière, mis à part celle, épileptique, du stroboscope. Bon, on nous avait prévenu ; vendu comme ‘le groupe qui joue le plus fort de New York’, on ne s’attendait pas à de la musique de pic-nic, mais de là à ressortir avec les oreilles qui saignent, ça devient presque du sadisme.

Le batteur rajoute à son tabassage en bonne et due forme un pad qui alourdit et électronise le beat, tandis que Mister Akermann joue à moduler le son incisif et hachuré de sa guitare, distribuant à tour de bras larsens et gros riffs. Tellement gros, tellement lourd, que s’éclipsent les ambiances rock’n roll ou new wave. Tellement gros, tellement lourd que les gens se reculent d’un bloc, presque saisis de nausée. Restent devant deux babos sous champis qui se trémoussent de façon vaguement psychédélique. Et sur l’écran derrière, une danseuse étoile fait des pointes en boucle.

Le groupe quitte brutalement la scène, sous une flopée de nappes assourdissantes. Puis ils se rappellent tout seuls sur scène et rembranchent sur un autre morceau progressif au palpitant tachycardique, qui aurait pu être dansant si plus digeste. Et ils en restent là, après une ultime danse électrisée climaxée au larsen.

Même la musique de fond revenue peine à couvrir l’impitoyable crissement électrique. A Place to Bury Strangers devrait définitivement s’appeler A Band to Bury Strangers et jouer à des galas de Guinness des Records; dommage.
Signature : odlizle 11/12/2010
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Photographe : matthieu
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