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Chronique de Concert

Zwan

Transbordeur, Lyon (Villeurbanne) 10 Juin 2003

Critique écrite le par

Passons rapidement sur une première partie, il faut bien le dire sans intérêt : les organisateurs ont à coup sûr désigné un de leurs videurs, lui ont filé une gratte, affublé d'un pseudo plus que douteux ("Busyman" ça promettait...), appris 2 accords en catastrophe et vas y pour 25 min de pseudo acoustique... Le tout pour pallier les forfaits de dernière minute de COX, AQME et AS DRAGON.

Mais cette journée était déjà capitale musicalement puisque date de sortie du dernier Radiohead (qui au passage est encore un ovni sublime). Vous allez peut être me trouver encore dithyrambique mais la prestation de ZWAN fût tout simplement une des meilleure qui m'ait été donné de voir ces dernières années. Avant de développer le concert en lui même je pense qu'il est bon de rappeler l'histoire de ce groupe. ZWAN est emmené par le mythique Bill CORGAN , qu'on ne présente plus (ex leader, chanteur-guitariste des SMASHING PUMPKINS pour ceux né en 2003) qui a réussi après le split des citrouilles à s'entourer de musiciens des plus prestigieux et des plus doués : Matt SWEENEY (ex Skunk) en 2ème guitariste, David PAJO (ex Slint) en 3ème gratte, Paz LENCHANTIN (ex A Perfect Circle) à la basse et l'énorme Jimmy CHAMBERLIN lui aussi ex-batteur emblématique des PUMPKINS. Ce quintet judicieusement recomposé s'apparente, si vous m'autorisez la comparaison, au Real Madrid et ses ballons d'or, sauf qu'ici ces individualités sont pleinement au service du collectif... ZWAN a sorti son 1er album "Mary Star of The Sea" en début d'année.

A priori, on pourrait penser que 3 guitares constituent une profusion préjudiciable ou inutile, il n'en est rien. Le talent de ZWAN repose en effet sur une construction musicale très élaborée mais irréprochable : les 3 six cordes sont toujours complémentaires, les lignes de basses sont propres, le batteur est puissant et fluide à la fois sur ses futs. La voix et le charisme évident de Bill fait le reste... L'album est à l'opposé de la noirceur et la rage des SMASHING : une pop emballante, les mélodies sont efficaces et très fédératrices bien que plusieurs écoutes soient nécessaires pour en saisir toutes les subtilités (la première écoute peut même sembler terne). Mais plus que tout le groupe gagne énormément à se retrouver sur scène car donne une autre dimension à ses titres comme ils l'ont fait ce soir. Tout commence avec une longue instru sur laquelle ils ont joué disposés en cercle autour du batteur, on a pu percevoir d'emblée la connivence qui les anime. Les enchaînements furent niquels, l'alternance et la répartition des morceaux bien pensée. Dès les premiers morceaux, Bill et Matt balancent des riffs hallucinants d'intensité, à la limite de la saturation en alternances avec des slides jouissifs et offrent la part belle à de nombreuses impros (ce qui devient de plus en plus rare dans le formatage musical). Paz apporte une sensualité bienvenue dans son short rose kitch en lançant des regards malicieux dans la fosse aux moments opportuns. Et Même si elle fût en délicatesse avec sa bretelle de T-shirt pendant tout le concert, cela ne l'a pas empêché de prouver qu'une représentante du sexe (dit) faible peut maîtriser parfaitement l'art de la basse (n'en déplaise aux plus machistes d'entre nous...). Elle s'est également fait remarquer par un morceau au violon. Tous les membres (sauf Jimmy) participent aux chœurs (mention spéciale là aussi à Paz) qui raisonnent à l'unisson (Heartsong) ce qui renforce encore le côté fédérateur des morceaux. Tout juste un petit problème de balance car les voix de Matt et David étaient souvent recouvertes.

Concernant la setlist, tous les titres de l'album furent joués : le splendide "Jesus, I" de 15min, "Desire", "Heartsong", "Settle Down", et l'inévitable "Honestly" le point fort du set; le tout pour la durée très correcte de 1H45, deux rappels incluant le nostalgique "Of a Broken Heart".

Pour conclure, ZWAN donne l'impression d'être un collectif plus qu'un groupe. Ses membres sont plein de complicité entre eux et avec leur public, Bill lançant ainsi quelques private jokes sans jamais tomber dans le démago. Il sait également mettre en valeur ses musiciens qui se retrouvent pratiquement sur un pied d'égalité. On sent ainsi qu'ils prennent beaucoup de plaisir à jouer ensemble et à donner le maximum au public. Contrairement à tant de groupes, ils ne font nullement preuve d'arrogance comme l'atteste la fin du concert où Bill est resté plusieurs minutes à communier avec son public en nous saluant et nous remerciant, feintant même un slam dans la fosse qu'il ne s'autorisa toutefois pas, dommage...

Je dirai aussi qu'ils ont du respect pour nos tympans en jouant à un niveau sonore très raisonnable, ils démontrent ainsi qu'il n'est pas nécessaire de défoncer les amplis pour jouer du bon son, bien au contraire même...

On ressort de ce concert non pas en état de transe hypnotique mais tout simplement heureux d'en avoir pris plein les oreilles, le sourire aux lèvres voire un peu béat pour un petit bout de temps, ce qui n'est déjà pas si mal (et ce n'est pas seulement à cause du chichon !).

Dernier commentaire personnel et seul coup de gueule : le public était vraiment très peu nombreux, à peine de quoi remplir les 10 premiers rangs, ce qui est incroyable pour un tel groupe et un leader de la trempe de Billy CORGAN. Les gens ne savent vraiment pas ce qu'ils perdent mais le plus emmerdant c'est que ca n'est pas fait pour motiver d'autres grands groupes à venir jouer au Transbo... De plus, ce rare public était étonnamment jeune voire très jeune et honnêtement la plupart n'étaient pas très connaisseur, se croyant parfois plus chez Sum 41 sans doute ont-ils déjà trop écouté NRJ, ça laisse des traces et c'est souvent irréversible...
Quoiqu'il en soit , Bill lui restera comme une des légendes du rock, longue vie à lui et à ZWAN, c'est bien là l'essentiel.

 Critique écrite le 12 juin 2003 par Flo


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