Quel plus belle hommage envers
Philippe qu'une soirée musicale dans son "antre". Une Machine chargée ras-la-gueule, et pas mal des musicos qu'il a côtoyé dans les divers lieux qu'il a ouvert ont répondu présent.
Ce n'est pas une chronique de concerts ici, mais plutôt d'une soirée réunissant un public qui sait combien il devait à
Philippe. Chronique décousue aussi, car quand on se retrouve à revivre 10 ans de musique, on tchatche aussi beaucoup. Au comptoir, dans la rue, dans le fumoir (la Machine à Coudre a maintenant un fumoir, comme ça ça évite aux indélicats de faire les langues de putes qui remontent jusqu'aux keufs...). La tchatche, plus ou moins ivre, bel hommage à
Philippe aussi !
Nicolas Dick, entre autres membre de
Kill the Thrill, s'installe seul avec un accordéon. Assis. On a plus l'habitude de le voir guitare en main, éructer d'une voix de possédé. Ce soir il ne dira pas un mot. Il triturera le son de son accordéon, diverses nappes en ressortiront, se succéderont, un seul long morceaux, tour à tour hypnotique ou plus tendue. On navigue du côté de
Silver Mt Zion. Nicolas expérimente. Se fait plaisir. C'est ça aussi l'esprit de la
Machine à Coudre. Un lieu qui avait inauguré les soirées
Solos ou des musicos marseillais venait expérimenter divers truc.
Laurent Boudin, un autre pilier du lieu, enchaîne seul avec sa gratte et ses chansons insolentes, coquines, poétiques. L'ambiance est bonne enfant, un concert à la maison quoi.
Pause dans la rue. Il fait chaud, on est nombreux. Hommage involontaire à
Philippe, un voisin nous tire un seau d'eau, ça faisait longtemps.
Des punk rockers débarquent, bientôt suivi par des occitanistes. Certains se retrouvent alors qu'ils se croisaient régulièrement il y a 10 ans. Magie encore du lieux et bel hommage à
Philippe qui avait réussi à créer une salle où l'amour de la musique, toutes les musiques, l'emportait sur les étiquettes.
D'ailleurs quand je rentre,
Antonio Negro vient de finir son set, le virtuose du flamenco est aussi un pilier du lieu, comme du
Coton tige avant. Flamenco gitan, expérimental, chanson, punk, jazz, électro-indus, la seule étiquette qui convient à la salle c'est curieuse et underground.
Et vlan, 10 ans dans la face.
Attendez ! se reforme pour la soirée. C'est un des premier groupe que j'y avais vu jouer lors de mon installation à Noailles. En 98.. Revoir ce phénomène de
Ian, grand escogriffe écossais, à la voix hallucinante (un Tom Waits qui chanterait avec les Pogues), c'était assez bluffant. Le public est en ébullition, mais ce n'est pas que de la nostalgie, vu qu'un jeunot avec qui j'étais et qui connaissait pas a carrément accroché aussi.
Laurent Boudin reprend le chant après
Ian pour leur classique
Enculé, toujours aussi efficace.
Ian ne veut pas quitter la scène,
Attendez nous gratifie d'un dernier morceau avant de quitter la scène sous une ovation.
Re-pause dehors, à l'intérieur c'est la fournaise. Deux voitures de flics arrivent. Merde, ça av vraiment être un hommage old school ? Ouf, elles ne font que passer.
Hakim Hamadouche est déjà sur scène avec son habituel guitariste, un percu et un batteur. Raï'n'blues ? On replonge avec palisir dans cet univers, cette énergie. La salle est chaud bouillant, au propre comme au figurée. Le plaisir domine, c'est bien mieux qu'un hommage larmoyant.
Manu Théron les rejoint sur scène sur une danse "sensuelle" et improvise à la voix, un espèce de punk-slam occitan sur la musique rock'n'oud du Hamadouche band. Ouais, on ets bien à Noailles, à la Machine.
Je quitte la salle en laissant Manu gonflé à bloc invitant qui veut pour un boeuf. A ne pas en douter, la soirée n'est pas finie. Après 5 heures dans la place, je remonte la rue Jean Roque en titubant. Belle hommage, fait de plaisir d'être ensemble, de musique au sein de ce lieu qui ressemble tant à
Philippe. Mais le plus bel hommage c'est que ce lieu continue à vivre dans cet état d'esprit. Encore merci pour ça
Claire !