Portishead est malgré tout le son d'une époque révolue, celle de cette moitié des années 90 marquée par le trip hop venant de stations balnéaires du sud de l'Angleterre (le fameux collectif Wild Bunch entre autres). Le public n'était évidemment venu que dans ce contexte plutôt nostalgique car le 3° album du groupe paru plus de onze ans après le second et quelques jours seulement avant ce concert n'a pu avoir aucune influence sur l'affluence assez incroyable aux deux soirées parisiennes du groupe (le second concert ajouté du fait que le premier avait été complet en moins d'une journée).
Le premier constat a été que Portishead a profondément changé entre ces deux premiers disques et ce tout dernier ; d'ailleurs les musiciens devaient changer d'instruments lorsqu'ils passaient d'une époque à l'autre. Le concert a traduit cette rupture de style avec des morceaux disons plus techno (percussions et claviers mis en avant) qui engendraient une écoute favorable seulement et les morceaux historiques qui suscitaient l'adhésion et l'enthousiasme immédiats. Le virage souhaité par le groupe (et c'est tout à son honneur de ne pas vouloir exploiter un filon trip hop passéiste) parait donc peu évident et lui fait perdre de son intérêt à un passage en Live. Le concert a repris l'essentiel des 'tubes' des deux premiers albums (mysterons, glory box, wandering stars (traité de façon acoustique), numb (bénéficiant d'une interprétation extraordinaire), roads (toujours aussi émotionnant), cowboys, over) et les morceaux les plus transposables sur scene du 'Third', ceux-ci bénéficiant parfois de clips vidéo comme le beau 'magic doors'. Beth Gibbons possède une voix remarquable, les musiciens ont assuré un impressionnant travail sur le son malgré l'acoustique toujours faiblarde du Zénith.
Le début du concert a été un peu mou (notamment la reprise de glory box); de même, aucun échange avec la salle (merci/bonsoir pour la chanteuse, plus souvent tournée vers ses musiciens) et un concert bien court même au regard du standard (1H15 au maximum). Mention spéciale pour la première partie de rock planant comme je ne croyais plus qu'il en exista depuis 30 ans et qui détonnait par rapport à ce qui a suivi!