Soirée anglaise ce soir au
Poste à Galène qui accueille
The Heavy, quartet originaire de Bath, dans le Sud-ouest de l’Angleterre et qui vient de sortir son second album
The house that dirt built.
Pas de première partie ce soir, non pas parce que le groupe anglais se suffirait à lui-même, mais plutôt que le Poste a décidé de rentabiliser les samedis soirs en proposant une autre billetterie à 23h pour une soirée club.
Le groupe monte donc sur scène vers 21h20, devant une salle pleine à défaut d’être vraiment bondée. L’intro de
Short change hero, avec son intro de bande-son d’un western des années 50 donne tout de suite le ton. Si
The Heavy est bien Anglais, il lorgne sévèrement de l’autre côté de l’Atlantique.
Swaby, pendant masculin d’
Aretha Franklin, pose sa voix claire sur le premier morceau et tout de suite, on sent que quelque chose ne va pas. La basse hyper profonde noie la voix du chanteur qui d’ailleurs, se montre un rien fatigué pour un début de concert.
Il faudra attendre le troisième morceau,
Coleen, pour que l’on retrouve un peu d’équilibre dans le son proposé au
Poste et le quatrième,
Sixteen, qui reprend la ligne de rythmique d’
I put the spelling on you de
Screamin Jay pour que le concert prenne un peu d’ampleur. Est-ce aussi le fait que
Swaby ôte son survet noir, laissant découvrir à la gente féminine son corps d’athlète derrière un tee-shirt blanc sans manche ? En tout cas, le chanteur fait fi des évidents problèmes de feedback pour lâcher les chevaux. Il semble définitivement réveillé et n’arrêtera pas d’haranguer la foule en l’invitant à jumper à chaque titre.
Si leurs précédentes prestations laissaient quelques doutes sur leur direction musicale, entre rock
stoggien, soul de la
Motown, trip-hop
bristolien et même quelques percées vers le hard
Zeppelien, la première partie du concert ne laisse plus de place au doute.
The Heavy a manifestement privilégié la voie soul, il est vrai rehaussé de quelques pigments hip-hop..
Évidemment, c’est au moment où l’on pense pouvoir les mettre dans cette case qu’ils sortent un reggae bien punchy avec
Cause for Alarm.
Ils continuent de brouiller les pistes avec
What you want me to do ? en lorgnant clairement cette fois-ci du côté de
Massive Attack.
Deux morceaux plus tard, ce sera le funky
Girl qui reprend cette fois-ci la rythmique de
Hello, I love you des Doors.
Love like that, le morceau suivant, lui prendra le chemin d’une flower pop des
Beach boys avant de partir dans un trip nettement plus rock avec notamment leur puissant
Like that Man.
Trois quart d’heure après le début de l’odyssée, il entame leur hit actuel,
How you like me now ?, véritable machine à faire tourner les têtes et bouger les pieds.
Le groupe reviendra sur scène pour un rappel de trois titres, dont un gospel a capella avant de terminer en trombe avec un tonitruant
The house that dirt built qui déclenchera un petit pogo devant la scène.
Une heure de concert, c’est un peu court, mais le voyage proposé par
The Heavy est intense. En revisitant la plus part des styles musicaux, ils auraient facilement pu se perdre en cours de route ou simplement faire un best of indigeste. Mais
The Heavy ont une démarche musicale bien à eux. S’ils s’inspirent ou même repompent plusieurs morceaux, ils cherchent à chaque fois à les réinterpréter pour les emmener dans leur univers qu’ils qualifient eux-mêmes de
"groovy, dirty and sexy". Pari réussi.
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