10 & 11 juin 2011 - Port de Bouc Élaborés par son collectif de bénévoles, les Agglos perpétuent de manière festive cette solidarité façonnée par l’esprit ouvrier du chantier naval lors du siècle dernier. Un héritage à respecter autant qu’une gageure.
Présentation complète : Refusant le mépris généralement associé à la notion de "culture populaire", cette équipe motivée et engagée organise depuis dix éditions un « festival de prolos pour les prolos. », à Port-de-Bouc, au cœur de la banlieue rouge, sur le port, un site chargé de culture ouvrière et de luttes sociales. Ici pas de place pour la hype, pour les frimeurs et autres m'as-tu-vu. Ici, le public à tous les âges, toutes les couleurs, parle fort et avec l'accent, et arbore parfois des badges pas trop tendance avec CGT écrit dessus. Ici les bénévoles sont rigolard, ils sont nombreux, pas exploités, peuvent voir les concerts. C'est important ça, l'accueil, et j'ai rarement vu mieux que les Agglos à ce niveau. Ici, on est bien, ici on est à la maison.
Cette année, c'est la dernière édition. Bien évidemment, une telle démarche laisse froid la plupart des institutions qui préfèrent financer avec de l'argent public des évènements plus clinquant, les paillettes étant plus rentable médiatiquement. Mais avec cette fierté toute prolétaire, les Agglos clôturent avec une affiche toujours militante, ouverte sur le monde, conciliant qualité artistique rare et culture populaire.
Rendez-vous donc ces 10 et 11 juin 2011 pour ce festival à nul autre pareil dans le coin : populo, exigeant et au final jubilatoire.
Article :Mystic Punk Pinguin
La dernière édition
Ve 10 juin 2011 (20h) Naïas + Gari Greu + Mauresca Fraca Dub
Akhenaton +Faf Larage + Dj Daze + Toko Blaze + Flox - 11 Juin 2011 - Les Agglos (Port de Bouc) (critique écrite le 14/06/2011 par audrey) Le festival des agglos se remplit doucement sur le reggae joyeux et dansant de Toko Blaze, avec notamment un titre bien connu des gens du coin Balance le son.
Je suis étonnée de la petite foule réunit en ce début de soirée car le billet n'est qu'à 10 euros et c'est la dernière.
Nous aurons .../...
Le festival des agglos se remplit doucement sur le reggae joyeux et dansant de Toko Blaze, avec notamment un titre bien connu des gens du coin Balance le son.
Je suis étonnée de la petite foule réunit en ce début de soirée car le billet n'est qu'à 10 euros et c'est la dernière.
Nous aurons droit à un petit message explicatif de l'organisation à ce propos. Nous rappelant que ce festival avait été monté en réaction à la montée du F.N en 2002, fondé autour de valeurs de travail, de solidarité, de respect de chacun, et qu'il avait réuni plus de 30.000 personnes en 10 ans. Marseille capitale de quoi en 2013??? A culture c'est vrai!!! En tout cas le message a très bien été reçu et chaudement acclamé. Manque de bol, ce weekend tombait également la Fête du Panier sur Marseille (gratuit), donc la concurrence était là!
Revenons à Toko Blaze, le concert débuté, et étant donné l'affiche, on commence à se demander s'il y aura le feat de Toko Blaze avec Akhenaton : Quand ils rentraient chez eux.
Malheureusement non! Dommage! Mais nous aurons les classiques de l'artiste: Urban Griot, Le Ciel, Les Oiseaux, ..., où il parle du quotidien, de la réalité des gens des quartiers populaires de Marseille, ...
Un reggae mélangé, avec des airs de Rub a Dub, de Ska, et une fin plus Rock, sur un flow plus hip hop! Bref varié!
Ca enchaine direct avec le DJ Olivier Navarro, donc pas de rappel possible. Je ne me souviens plus trop du son du DJ mais ca passait bien (sinon je m'en serai souvenue!). Pendant la pause, cracheurs de feu et jongleurs nous divertissent!
La scène est désormais prête à accueillir Akhenaton et Faf Larage, pour leur tournée We Luv New York.
Bon je dois dire que moi niveau rap, pour caricaturer, j'en suis un peu restée à L'Ecole du Micro d'Argent ; alors je ne savais pas du tout ce que donnerait leur association. Et bien j'ai adoré, du bon son de l'époque comme j'aime; un rap avec tout de même des passages pas mal chantés, surtout sur le début.
Sur scène s'instaure un vrai dialogue entre les deux rappeurs quand ils interprètent un titre ; échange aussi avec le public, on sent qu'ils s'adressent à nous, qu'ils veulent nous raconter des choses. Une vraie chronique de la société, comme avec Toko Blaze : ca parle concret, vécu.
Mais c'est aussi un message d'ouverture. On n'est pas dans du rap bling bling : retour au hip hop dans son rôle premier, originel!
Nous aurons le droit à des titres phares comme Independenza, Un Bon Son Brut Pour Les Truands d' IAM, Entre La Pierre Et La Plume d' Akhenaton, Ta Meuf, Pas Le Temps de Faf Larage, une reprise moins commerciale, nettement plus sympa!
On sent un réel plaisir d'être sur scène et de nous raconter de choses. Tout le monde est conquis!
Nous aurons le droit à une bonne démo du DJ Daze, dans laquelle il a pu mettre ses talents et sa dextérité en valeur; sans compter la touche d'humour.
D'ailleurs niveau humour, on a le droit a un moment bien sympa avec Akhenaton qui se pointe en look Gamani : costard lunettes de soleil pour nous interpréter J'ai Pas De Face. Petite scénette sympa où il fait le producteur de starlette.
On a donc retrouvé pas mal de reprise, je ne saurai dire concernant leurs derniers titres.
Je dois dire que je me suis vraiment retrouvée dans les sonorités de ce soir, avec un style de rap d'il y a 15/20 ans! Un set bien efficace!
Etonnement le festival se vide de moitié en attendant Flox ; sur scène, uniquement lui devant les machine et un batteur ; ça change du band qu'on avait vu la dernière fois. Un ballon gonflable flotte au milieu: Flox in Dub peut-on lire. Que nous réserve-t-il? Car en effet, Flox a l'air d’être un touche à tout qui aime mélanger les styles.
Si nous l'avons découvert sur un CD plus reggae, nous le découvrons ce soir dans un univers plus dub et même Electro/ Tripop.
Beau coup de passages musicaux, moins de chant. Il semble complètement envouté par son son et ses machines. Des versions bien sympas, même planantes!
Mais la fatigue a le dessus sur nous. Fin de soirée et empêche nous, ... de faire la der!
Festival des Agglos : Poum Tchak + Ministère des Affaires Populaires + Shaolin Temple Defenders - 12 Juin 2009 - Anse Aubran - Port de Bouc (critique écrite le 23/06/2009 par Mystic Punk Pinguin) Le Festival des Agglos, c'est un festival de prolos, des vrais de vrais mon salop. Ici pas de place pour la hype, pour les frimeurs et autres m'as-tu-vu. Ici, le public à tous les âges, toutes les couleurs, parle fort et avec l'accent, et arbore parfois des badges pas trop tendance avec CGT écrit .../...
Le Festival des Agglos, c'est un festival de prolos, des vrais de vrais mon salop. Ici pas de place pour la hype, pour les frimeurs et autres m'as-tu-vu. Ici, le public à tous les âges, toutes les couleurs, parle fort et avec l'accent, et arbore parfois des badges pas trop tendance avec CGT écrit dessus. Ici les bénévoles sont rigolard, ils sont nombreux, pas exploités, peuvent voir les concerts. C'est important ça, l'accueil, et j'ai rarement vu mieux que les Agglos à ce niveau. Ici, on est bien, ici on est à la maison.
Important la mise en situation. Parce que l'année prochaine je voudrais pas que des bobos ou autres branchouilles débarquent. D'ailleurs, on vous prévient, ici le sandwich c'est merguez harissa, heing ! Pas le truc pseudo élaboré qui coûte la peau du cul. Ah, ouais, j'oubliais, les Agglos c'est 10 euros pour les deux soirs. Parce qu'ici des bourgeois, y en a pas.
Ca c'est l'ambiance. Le décors est à l'avenant. Sur le port (au bout de l'avenue Maurice Thorez, ça en s'invente pas !), face à la mer, avec les machines autour. Le lieu respire la classe ouvrière et les luttes sociales qui vont avec. Rouge y est la couleur dominante, pour ceux qui auraient pas compris.
Quand on arrive les Poum Tchack ont déjà commencé. On retrouve la tribu sur scène : bandonéon, violon, guitares, contrebasse et batterie. Poum Tchack, c'est un peu le groupe que j'ai l'impression de toujours avoir connu. Il faut dire qu'ils sont hyper-actif sur les routes de la région, ne manquant aucun festival sympa pour balancer leur swing manouche. Mais pas que. Parce qu'ils viennent de sortir d'une résidence à Aubagne, et ont intégré une influence jazz certaine dans leur nouveau spectacle, inspiré par Billie Holiday.
Que les fans se rassurent, la base est quand même fidèle à leur jazz tzigane. Mais ils se permettent quelques incursions jazzy, avec une présence plus importantes des guitares il me semble. Sur scène bandonéon et violon mènent la danse, que ce soit par leur hyper activité physique ou leur échappées solistiques. Le groupe nous délivre toujours ces longs instrumentaux virevoltants, entre Kusturica et Django Reinhardt. Virtuoses, ils le sont, mais ici pas de place pour la démonstration, leur swing survitaminé est toujours la machine à faire danser les filles que l'on connait.
Une pause tchatche/pinard/merguez plus tard, le Ministère des affaires populaires déboule sur scène sur Appelle moi camarade, histoire de donner le ton. Keny n'est pas là, mais des camarades y en a plein devant la scène. Ce soir la hargne va côtoyer la complicité d'un public acquis à la cause. Mais aussi au groupe, on est quand même un moulon à connaitre les titres et les paroles.
On enchaine avec un mix Lillo / les bronzés font du ch'ti, morceaux du 1er et 2eme album qui revendique l'identité de fils d'immigré prolo dans le ch'nord, sans régionalisme à la con, mais avec cette fierté de classe (bon là c'est sur, les derniers bobos se sont enfuis en lisant ce mot...) qu'ils chantent si bien. Mais le M.A.P. sur scène, ce n'est pas un meeting. Les deux gars, solidement appuyés par une solide base instrumentale (violon / accordéon / machines & percus) sont de sacrés showmen. HK, keffieh en étendard, portera plutôt la verve militante tandis que Saïd est un sacré gouailleur, apportant cette chose si rare chez les groupes militants : l'humour.
Mais le MAP, c'est aussi une sacré machine à faire danser, jumper et foutre le sourire. Dans ce registre, A l'abordage est bien la bombe que l'on supposait sur disque. Profession saltimbanque permet à Saïd de faire son numéro, plutôt chansonnier, que gangsta. Vraiment hilarant ce titre. Attention, c'est bien un groupe de hip-hop que l'on, même s'ils savent populariser (dans le sens le plus noble du terme) leurs mélodies. Le très agressif La Chasse est ouverte, sur la traque des sans-papiers, plombera l'ambiance avec un flow hardcore. Mais l'émotion est aussi au rendez-vous, avec ces deux morceaux poignant que sont Chouffou Ma sar et Palestine. Et permettant de profiter des passages de violon de Hacène.
Bon, je vais pas vous faire le catalogue des titres, vous aurez compris que les M.A.P. sont toujours aussi bons sur scène. L'ambiance dans le public est excellente, les minots dansent, de même que les parents. Ca jumpe, ça a la banane. Et le groupe confirme que l'on peut faire de la chanson populaire, accessible, sans servir de la soupe au populo.
On se quitte sur Salutations révolutionnaires. Le temps que je me demande comment ils vont s'en sortir sur ce titre sans les frangins Mouss & Hakim qui portent quand même pas mal ce titre, que je me rends compte qu'ils le transforment, le mixant avec War de Bob (Marley). Grande classe et chapeau bas !
Le temps de faire une pause pinard au bar, de discuter de tout ça, que ça enchaîne sur scène. Le soucis avec Shaolin Temple Defenders c'est que cela entraine des discussions sans fin pour savoir si c'est du funk ou de la soul... L'avantage, c'est que tu argumentes en remuant le popotin, parce que ça groove sévère.
Ils sont nombreux sur scène : orgue, saxo, trompette, batterie, basse, guitare, flûte et au chant un sacré mec, vu l'exercice difficile du funk blanc (ouaip, funk, j'accepte la contradiction l'année prochaine au comptoir des Agglos). Ca feule et rugit au micro, tendis que la basse groove et que flûte et cuivre font bouléguer tout ça. Les morceaux n'en finissent pas, et devant ça danse sévère (derrière, les familles ont commencé à se casser, il se fait tard).
Les STD finissent sur un rappel, la fatigue aidant, on restera pas pour les Djs. Mais on se promet de revenir à chaque fois (sauf quand ça tombe le même jour que le concert d'adieu des Hatepinks, screugneugneu...) aux Agglos, parce que bon, bordel, on y est bien et qu'ils se décarcassent chaque année pour survivre et nous concoctés ce rencard à nul autre pareil dans le coin : populo, exigeant et au final jubilatoire.