« Chanceux » que je suis, ce soir le travail m’a relativement épargné et j’arrive donc un peu plus tôt que la veille dans l’enceinte de Babel Med.
Malgré tout, j’ai quand même raté quelques artistes (dont les locaux de
Kabbalah,
que Yohan a vu et encore beaucoup apprécié…s’il se sent d’écrire quelques mots ça fera sûrement plaisir à Sarah…Bonjour lecteur, tu te demandes qui sont ces gens ?...euh, d’ailleurs j’en profite pour donner le bonjour à Momo et Gisèle…non, je déconne…
Je me dirige d’un pas relativement alerte, et en évitant de renverser quelqu’un dans le hall restauration, vers la grande salle où
Guerebou Kounkan (hip-hop malien) termine son set. La salle est pleine et l’ambiance plutôt chaleureuse.
Leur hip-hop est plutôt moderne avec des sons électros et même un titre assez Krump.
Ils sont deux sur le devant de la scène : un gars et une petite nana (à qui il manque quelques dents dans le sourire). Ils bougent bien et tout ça a l’air assez revendicatif, mais je n’accroche qu’à moitié…
Retour dans le hall restauration, où la fanfare montpelliéraine de
Taraf Goulamas (ça fait quelques temps que j’avais repéré ce nom marrant…) déambule au grand plaisir des spectateurs présents.
Ils ont notamment fait une assez bonne reprise d’un titre hispanique…putain, je connais ça…il me semble que ça s’appelle
Mentira ( ?)…
Ils ont terminé, une habitude chez ce genre de fanfare, par des titres de
Kusturica /
Goran Bregovic. Bref, sans grande surprise mais assez sympa…
C’est avec une grande déception que j’apprends l’annulation du concert des
Desert Rebel (Touaregs à guitares électriques que j’avais assez aimé à Rennes, il y a 2 ans) pour une obscure histoire de non délivrance de visas.
Un peu hagard, j’en suis qu’à mon premier jus d’orange, et un peu par hasard je retourne dans la grande salle. Un des gars (sympa) qui fait le son, me dit que c’est un super groupe turc avec machines et grand guitariste qui va jouer…Je n’avais pas prévu de les voir, mais je reste…Ils s’appellent
Baba Zula.
Et là, je dois remercier le gars de la sono, car ce fut une surprise et une très très très bonne !!!
Sur la gauche de la scène, un gars bidouille tour à tour ses machines puis un tambourin. Sur la droite, une jolie nana, un peu mystérieuse, tripote son e-mac pour en sortir des dessins réalisés en live et projetés sur le fond de la scène.
Au centre de la scène, il y a un très bon joueur de darbouka et surtout un espèce de
Lemmy Kilmister…à chapeau de lutin,
qui tricote sévère et oriental sur sa mandoline (c’est vraiment une sorte de mandoline…) électrifiée.
Pour compléter le tableau, et de quelle manière, une magnifique danseuse orientale vient onduler du bassin sur certains titres. Bref, sans le son c’est déjà très bien.
Avec le son, c’est l’extase ! J’adore ! (et je ne suis pas le seul)
Depuis quelques années, les artistes qui mixent tradition et modernité, ont tendance à se reproduire comme des lapins, mais
Baba Zula est assurément un lapin Angora.
Je dirai même mieux un lapin angora avec un tee-shirt arc-en-ciel qui fleure les bâtons d’encens, et un mini short pourpre à pattes d’éléphant…euh, qu’est ce que je raconte…je veux dire…ça ressemble à de la drogue mais c’est pas de la drogue…
Difficile de redescendre après ça !...
Direction, avec un sourire un peu niais sur les lèvres, le chapiteau Urbain V, où je prends en cours de route le train pour Dakar. Le sénégalais
Diogal pratique une pop folk africaine assez douce et sympathique, mais de facture assez classique…
Et comme moi j’ai besoin d’un petit remontant qui m’aiderait à continuer de chatouiller les pieds du nirvana, je me dirige vers le set du nouveau projet de
Dj Rebel :
Funky for + one, avec l’espoir que ce soit de la bonne came.
[N.B. : je ne suis pas en train de faire l’apologie de la drogue, moi je tourne qu’à la vitamine C et à la bonne musique.]
Visuellement,
Funky 4 +1 fait d’emblée penser à leurs glorieux prédécesseurs de
Birdy Nam Nam : une association de 4 tourneurs de platines.
Au niveau son, c’est une sorte de hip-hop funky assez (trop ?) calme et un brin expérimental. Moi, j’aime bien. L’auditoire, de petite taille, a l’air un peu perplexe ou indifférent. A la décharge des djs : des soucis techniques qui donnaient par moment une impression de brouillon. Affaire à suivre…
Moi, de toute manière j’ai eu mon compte avec
Baba Zula.
Direction les rêves turcs peuplés de danseuses orientales…