Du 1er au 3 Juillet - Vitrolles (13) Les 1, 2 et 3 juillet 2011 aura lieu le Charlie Jazz Festival dans le cadre verdoyant planté de platanes tricentenaires du Domaine de Fontblanche à Vitrolles (13).
Présentation complète : Pour le 14e anniversaire de cet évènement jazz devenu incontournable en région PACA, le Festival continue d’affirmer ses ambitions artistiques en faisant la part belle aux artistes de renommée internationale - Charles LLOYD Quartet, Joachim KÜHN - Majid BEKKAS - Ramon LOPEZ - Louis SCLAVIS - Minino GARAY, l’ORCHESTRE NATIONAL DE JAZZ ., … - et aux musiciens émergents, aiguillons de la création contemporaine - MEANDRES invite Bart MARIS (en résidence au Moulin à Jazz), Rétroviseur, Sidony Box, Musica Nuda. Sans oublier les fanfares festives: Haïdouti Orkestar et la Banda du Dock.
La dernière édition
Ve 01 juillet 2011 (19h) Haïdouti Orkestar + Meandres invite Bart Maris + Charles Llyod New Quartet
Dernière soirée du premier festival de jazz de l’été.
Florent Pujuila Quintet ‘Z’
J’avais découvert ici-même Etienne Lecomte, ses flûtes et son Vrak Triol’année dernière grâce à ce même festival, je découvre cette année Florent Pujuila et son Quintet ‘Z’. Pourquoi cette comparaison ? Parce que leur musique est a priori difficile d’accès, extrêmement avant-gardiste. Et pourtant, tous deux parviennent à susciter la curiosité avant de conquérir leur auditoire.
Les plages expérimentales sont présentes tout au long du set. Certaines ne sont pas complètement maîtrisées comme lorsque cette lourde chaîne récalcitrante promenée par le batteur sur ses futs refuse de retourner dans sa caisse. Curiosité.
Mais les prouesses instrumentales font que l’amalgame se fait naturellement entre musique contemporaine et jazz moderne (soli successifs de bugle et de sax soprano), plus classique (merveilleux duo saxophone ténor / tuba) voire klezmer (époustouflante clarinette / trompette). Conquête.
Changement total d’univers avec Wonderbrass, "fanfare opulente" marseillaise. Ils jouent bien quelques klezmers aussi mais dans un tout autre esprit. Couvre-chefs divers et lunettes originales semblent être de rigueur mais on dénote quelques dissidents. Leur musique est entraînante et leur bonne humeur communicative. Ils terminent le premier morceau allongés dans l’herbe.
Les festivaliers trouvent l’idée intéressante et font un cercle autour des 11 musiciens. C’est l’heure de la détente.
Après quelques minutes, fin stratège, je m’approche du snack. Pas de queue ! Je m’attable pour déguster mes chipolatas frites et savourer ma bière blanche. Et comme prévu, la fanfare arrive bientôt. Je connais un seul des musiciens, Christophe Robert, clarinettiste vu avec Technicolor Hobo. Si j’ai bien compris, les compositions sont d’un trompettiste, celui qui ressemble à Gotainer.
Ce fut pour moi le (trop court) sommet de la soirée. C’est sa troisième venue ici après une prestation en trio dans le Moulin, et une invitation d’Archie Shepp en 2005.
Le trio est devenu quartet avec l’ajout d’un musicien / compositeur "de l’underground parisien", Phil Reptil. Il donne à chaque chanson une couleur différente selon l’instrument derrière lequel il prend place.
Mais ces couleurs sont toujours chaudes grâce à la voix de Mina Agossi. Nous n’aurons que six titres, rappel compris, pour en profiter. Une voix emplie de grâce et d’énergie qui fait oublier le peu d’instruments qui l’accompagnent sur cette grande scène habituée aux formations étoffées.
Couleur groove avec Stoppin’ The Clock (Phil au clavier). Le groove de la contrebasse est vite surclassé par celui du chant de Mina.
Couleur tendresse avec Just Like A Lady (guitare acoustique).
Couleur brésilienne pour Waters Of March (guitare éclectrique). Cordes de contrebasse frappées avec une baguette, puissance de la voix survitaminent cette métamorphose d’Águas de Março de Carlos Jobim.
Couleur urbaine pour Lost In The City avec le solo final de batterie en apothéose et Vitrolles citée parmi les grandes mégapoles mondiales.
Couleur gospel pour une version on ne peut plus soft de When The Saints Go Marchin’In.
Couleur jazz pour There’s A Lull In My Life de Chet Baker avec un saxophone ténor invité pour l’occasion.
Mina Agossi Quartet : Mina Agossi : chant / Phil Reptil : guitares, clavier / Eric Jacot : contrebasse / Ichiro Onoe : batterie. Invité : Fulvio Albano : saxophone tenor.
Odean Pope & His All Star Group ‘Odean’s List’
Odean Pope a 72 ans. Il a été choisi par Coltrane pour le remplacer dans le groupe de Jimmy Smith lors de son départ pour New York. Ca vous crée une légende.
Je mettrai trois morceaux pour entrer dans l’univers du All Star Group, un jazz moderne construit autour des soli des différents musiciens. Odean Pope s’emploie dès la pièce introductive bientôt imité par la plupart des autres musiciens : l’autre sax ténor, la batterie, la trompette, la contrebasse, l’autre trompette, le piano s’illustrent à tour de rôle. Quatre morceaux ont passé, l’avant-dernier m’était plus plaisant, le dernier davantage construit.
Mais force est de constater qu’on est en présence de virtuoses. Les moustiques ont fait leur choix, ils préfèrent Terrence Brown. Ils ont bon goût. Mais l’émotion dans tout ça ? Elle se fait jour lors d’un hommage à Max Roach avec lequel il a joué 20 ans et ne va cesser de croître jusqu’à la fin du set :
somptueuse ballade où pleure le ténor ;
scène désertée par ses camarades pour laisser Lee Smith s’exprimer à la contrebasse. Applaudissements nourris. Il remettra ça en intro de la dernière pièce, parvenant à faire sortir des sons de sitar de son instrument ;
solo du baryton puis de la trompette sur la pièce finale plus structurée.
Odéan Pope nous souhaite une bonne nuit en musique sur le tendre rappel qu’il joue en duo avec la contrebasse.
Odean Pope & His All Star Group ‘Odean’s List’ : Odean Pope : saxophone tenor / Terrence Brown : saxophone tenor / Joe Studler : saxophone baryton / David Weiss : trompette / Eddie Henderson : trompette / George Burton : piano / Lee Smith : contrebasse / Jeff “Tain” Watts : batterie
Cette treizième édition du Charlie Jazz Festival aura attiré 1 900 personnes sur les trois dates (500 + 700 + 700) malgré deux soirées de Coupe du Monde et proposé un éventail d’à peu près tout ce que le jazz peut proposer. A l’année prochaine. Réagir à cette critique
La petite scène du Charlie Jazz Festival a été légèrement décalée dans l’angle du bâtiment opposé à la buvette. Les odeurs de friture si agréables à nos narines en ces soirées d’été en sont atténuées. Quant à l’acoustique, elle n’en souffre pas si on est à proximité. Mais ceux qui préfèrent s’allonger sur l’herbe doivent tendre l’oreille.
François Cordas Quartet "Phare Ouest"
A mon arrivée, je reconnais le saxo du virevoltant Arythmétique Sous Influence, titre introductif de leur album Phare Ouest. Le quartet semble plus détendu qu’en décembre dernier au Cri du Port. L’ambiance n’y est peut-être pas étrangère : le chant des cigales, les spectateurs attablés autour d’un verre, la lumière d’une fin d’après-midi estivale…
Les saxophones de François Cordas et la guitare de Philippe Canovas sont omniprésents tout au long du set.
Quelquefois ils ajoutent leur pierre à la quiétude ambiante (titres Phare Ouest et Heroes Of Love, le plus soft d’entre tous). Un aperçu ci-dessous :
Quelquefois ils nous bousculent : bombes lâchées par le sax ténor et la batterie sur En Attendant Bagdad, final lancinant de Thanks avec le soprano qui martèle inlassablement la même phrase.
Quelquefois, ils nous font voyager : le soprano et l’archet de contrebasse nous amènent en Orient sur trois notes de guitare en boucle (celles d’Ainsi Parlait Zarathoustra).
Ils adopteront bientôt une nouvelle formule avec un orgue Hammond.
Des progrès à faire dans la com’, leur message pourtant plein d’humour pour vendre des disques "pour offrir à vos amis si vous en avez" a reçu un accueil mitigé.
François Cordas ‘Phare Ouest’ Quartet : Jean-Pierre Almy : contrebasse / François Cordas : saxophones / Andy Barron : batterie / Philippe Canovas : guitare
Samenakoa
L’impressionnante et puissante fanfare avec ses onze membres, ses trois saxophones, ses cinq cuivres, ses deux percussions, son banjo et son mégaphone débarque dans les travées du festival.
Un dynamisme jubilatoire, une variété extrême, une mise en scène festive, 100% de compositions personnelles de qualité, un ensemble harmonieux et des solistes brillants.
Leur message à eux pour vendre des disques est simple : "10 euros le premier, 15 euros le dernier, 20 euros les deux" mais la préposée à la vente est débordée.
Il est vrai que le public va de (bonne) surprise en (excellente) surprise :
- La merveilleuse flûte de Quentin introduisant The March ;
- La battle finale sur un instrumental entre (presque) tous les instruments à vents, Laurent étant mis à l’écart certainement pour ne pas assommer un confrère avec son soubassophone, ça pourrait être fatal ;
- Dans Ces Moments Je T’Aime, chanson fort bien écrite et entraînante avec Quentin au mégaphone cette fois ;
- Un funk endiablé, l’occasion pour Philippe de nous donner sa version de l’étymologie du mot funk, "l’odeur du corps après l’amour" ;
- Le chef d’œuvre Contemplation Désastre qui semble surgir de la B.O. d’un James Bond ;
- Incantation qui sonne comme une marche funèbre sans pour autant casser l’ambiance ;
- Du trip hop avec le surprenant Everyone chanté par Alexandra ;
- Et les soli qui émaillent ces titres, l’alto de Fabien, le ténor d’Olivier, le baryton d’Alexandre et le bugle de Quentin pour ne citer qu’eux. Le titre ci-dessous par exemple m’a fait chavirer de bonheur :
Je m’étendrai beaucoup moins sur ce trio. Dans un festival, il en faut pour tous les goûts et Sashird Lao n’est clairement pas le mien. Musicalement d’abord : les prouesses de David Amar (human beatbox et notamment une basse vocale impressionnante) ne suffisent pas à faire pencher la balance du bon côté.
Sur le medley en hommage à Bashung, j’ai bien failli quitter mon siège. Et que dire des enchainements de Fred Luzignant, "heureux de jouer dans cette pinède" (ceux qui connaissent le lieu rigoleront doucement), voulant améliorer notre culture générale "nous étions à Riga hier, c’est la capitale de la Lettonie, ne vous inquiétez pas, moi non plus je ne le savais pas", "nous venons de Nice dans le sud de la France", et donnant un aperçu de son humour "Yona vient d’un pays où il y a des trucs en forme de triangles, ah oui, la Suède"…
Voilà ce que nous disait le programme : "Ondulations soul, clin d’oeil aux Double Six, malice du swing ingénu d’une chanteuse de jazz qui n’a pas froid aux yeux, enracinement dans l’expressionnisme mingusien, accents orientaux désorientés, expérimentations instrumentales, leur musique est une invitation au voyage."
OK pour les ondulations, Yona Yacoub bouge plutôt bien. Mais Mingus ? Double Six ? Je n’ai rien ressenti de tout cela.
Ils ont cependant eu un rappel et nul doute que quelqu’un va corriger cette opinion en cliquant ci-dessous.
Déjà venu ici il y a 20 ans, Enrico Rava donne ce soir son seul concert en France avec son Jazz Lab.
Il est des soirées que l’on sait réussies dès le premier solo. Celle-ci en est une. Lorsque résonne la trompette d’Enrico, nos corps s’allègent, nos visages s’éclairent. Et ce n’est que le début. Ses deux saxos, bien que très sobres, participent à la magie qui est en train de naître.
Quelques plaginettes free s’effacent pour introduire des ballades plus belles les unes que les autres. Sur la seconde le trombone entre en action et il est alors clair que le génie est bicéphale : Enrico Rava à gauche de la scène, Mauro Ottolini à droite. Ses soli débutent toujours ainsi : sa main gauche tient la sourdine contre le pavillon puis le lâche et le trombone ressemble alors à un chien à qui on enlève subitement sa muselière. Prodigieux.
A la suite du plus fou de ces chorus, les saxophones se déchaînent à leur tour, se provoquant en duel avant de se réconcilier en duo.
Parmi les moments encore plus fascinants que les autres, celui ou les quatre souffleurs se réunissent sur le devant de la scène et jouent à la fanfare avant que la rythmique ne les rattrape. Celle-ci est parfaite aussi. J’ai le plaisir de revoir Zeno de Rossi à la batterie vu l’an dernier ici-même mais à l’intérieur du Moulin avec Francesco Bearzatti. Il me confirmera plus tard la sortie d’un album de mon saxophoniste préféré en septembre sur le thème de Malcolm X.
Le chien / trombone hurle à la mort. Quelques brebis essaient de sortir des sentiers battus : le pianiste semble aspirer à la liberté, le guitariste ose une intro rock. Sur la pièce ultime, l’alto, la guitare, le ténor et le trombone tentent une dernière escapade. Mais le berger Rava reste maître de son troupeau. Et il délivre un dernier solo qui ramène tout le monde au bercail. Personne ne peut lutter. Nous sommes tous portés par sa musique.
Enrico Rava Jazz Lab : Enrico Rava : trompette / Mauro Ottolini : trombone / Daniele Tittarelli : saxophone alto / Dan Kinzelman : saxophone ténor / Marcello Giannini : guitare / Giovanni Guidi : piano / Stefano Senni : contrebasse / Zeno de Rossi : batterie
Heureux l’amateur de jazz qui passe son été dans le sud ! Les festivals vont s’y suivre et ne pas s’y ressembler. Le Charlie Jazz Festival est le premier d’entre eux. Il fait partie de mes rendez-vous incontournables avant même d’en savoir la programmation. Claude Gravier et son équipe la concoctent année après année dans un souci d’éclectisme et de qualité : toujours des fanfares, gage de convivialité (cette année La Mécanique Des Fluides, Saménakoa et Wonderbrass), toujours de la création, gage de découverte (Melc Invite Denis Jones, Sashird Lao, Florent Pujuila Quintet), toujours des pointures internationales, gage de virtuosité (Jean-Marie Machado, Enrico Rava, Odean Pope).
Le traditionnel apéro du premier soir nous présente les partenaires (Ville, CG, CR, et même la DRAC qui cette année a fait un effort) et l’accent mis sur l’éco-citoyenneté de ce festival. Pour preuve, le programme en a été imprimé "avec des encres végétales sur papier PEFC issu de forêts gérées durablement". Demain, promis je viens en vélo ou je cherche un covoiturage.
La Mécanique Des Fluides
Jolis costumes que ceux de cette fanfare grenobloise : des pièces de mécano constituent les chapeaux et même l’embout des chaussures, le doré des pantalons rappelle la couleur des cuivres, une pièce d’engrenage dorsale égaye les vestes. L’importance du visuel se poursuit lors de la mise en scène effectuée par cette fanfare burlesque. De la musique de rue avec la recherche constante du contact avec le public.
Le batteur parvient à se faire masser la nuque par une spectatrice tout en jouant, le trombone s’approche à portée de coulisse du premier rang, des guéguerres ont lieu entre le batteur et la saxophoniste alto puis entre tous les musiciens. Et le public joue le jeu tel ce spectateur qui fait mine d’avoir reçu une salve de tuba en plein front.
La musique peut être complètement déjantée, évocatrice du cirque ou proche du jazz classique. Variée et fournisseuse de bonne humeur.
La Mécanique Des Fluides : Thierry Ordouille : tuba / Nicolas Pellier : batterie / Rémi Petitprez : trombone / Sandrine Charrat : saxophone alto
Bonus vidéo :
Melc Invite Denis Jones
Claude Gravier évoque les "sombres heures" des débuts de l’aventure Charlie. A cette époque, Melc était déjà là. Le groupe revient cette fois avec une nouvelle formule. Gilles Coronado l’a rejoint depuis deux ans et pour cette création, une résidence de quatre jours a eu lieu avec Denis Jones qui va leur apporter une dimension électronique en plus de son chant.
Les premières expérimentations sont d’ailleurs électroniques, vocales et de son fait. Bien d’autres émailleront le set, chacun des quatre musiciens à tour de rôle va montrer sa capacité à être "inventif". A tel point que mon voisin y a entendu du Boulez. Ces plages sont souvent introductrices de pièces structurées et envoûtantes.
Celle évoquée plus haut deviendra résolument rock. Plus tard, des borborygmes de Gildas Etevenard accompagnés d’effets de Denis Jones déboucheront sur une pièce intense mais répétitive. Ou devrais-je dire intense parce que répétitive ?
Des onomatopées trompettées seront canalisées par six notes en boucle imprégnées par les basses du clavier. La trompette deviendra compréhensible, éloquente et dialoguera merveilleusement avec la guitare.
Une seule reprise, Bilbao Song de Gil Evans subtilement relookée avec Gilles Coronado et Gildas Etevenard en état de grâce.
Le reste, ce sont leurs compositions. L’une d’entre elles, Time, à mi-chemin entre du Yes de la première époque et du Radiohead atteint la perfection.
Le public de jazz de ce festival ne se pose même pas la question de savoir ce que fait ce groupe ici. C’est beau et il sait apprécier les belles choses.
Le bonheur n’est pas seulement dans les travées. Il est palpable également chez les musiciens, notamment chez Julien Tamisier qui secoue inlassablement la tête sourire jusqu’aux oreilles.
Et puis il y eut cette merveilleuse phrase, au délicieux double sens, lâchée par Gildas Etevenard après le premier morceau : "Nous sommes heureux d’être là et nous allons continuer"…
Nous aussi.
Melc Invite Denis Jones : Gilles Coronado : guitare / Gildas Etevenard : batterie, trompette, voix / Julien Tamisier : piano / Denis Jones : voix, guitare, électronique
Bonus vidéo : Time
Jean-Marie Machado Danzas "Fiesta Nocturna"
Troisième venue au Domaine de Fontblanche de Jean-Marie Machado. La première fois sur la petite scène, la seconde un jour d’incendie. La route était alors bloquée et l’affluence était maigre.
Ca commence avec des cliquetis de cymbales sur lesquels embraye l’accordéon bientôt rejoint par une trompette style "around midnight".
La musique prend rapidement du relief avec les instruments qui se superposent. Car ils sont neuf avec une section cuivres impressionnante : trompette, tuba, trombone, flûte, saxophone.
Jean-Marie Machado en est à la fois le pianiste, le chef d’orchestre et le compositeur.
Un compositeur qui aime varier / marier les genres. Témoins certains titres de ses pièces : Reel’n Roll, Reggae Chinois, Tang’Rock. Ajoutez-y une Tarentelle, une Sarabande, deux Paso et une Valse et vous verrez que sa musique est encore plus internationale que sa formation.
Un chef d’orchestre aux gestes économes. Il se contente de déclencher pour les autres musiciens le compte à rebours à quelques moments stratégiques.
Un pianiste discret car son instrument n’est pas mis en avant, bien au contraire. Un spectateur a même crié "On n’entend pas le piano" après un quart d’heure de concert. C’est surtout la flûte et le saxophone baryton qui ont la part belle dans la très vivace Tarentelle, l’accordéon (solo) dans la Valse Du Petit Chien, le tuba dans Cantamar Ruescos, le saxo soprano sur Reel’n Roll (plutôt free au début et pas si ’n roll que ça), la trompette puis le trombone puis leur dialogue sur la pièce suivante mélancolique à en pleurer, le trio contrebasse / batterie / accordéon dans le Reggae Chinois (je n’ai pas décelé le reggae non plus).
Et les instants les plus prenants sont ceux où les sons du pupitre cuivres sont d'une beauté si pure qu’ils parviennent même à faire cesser les stridulations des cigales du Domaine de Fontblanche. Lors par exemple d’une pièce pendant laquelle le batteur remplaçait tant bien que mal sa grosse caisse éventrée.
Jean-Marie Machado Danzas "Fiesta Nocturna" : Jean-Marie Machado : piano / Didier Ithursarry : accordéon / Henning Sieverts : contrebasse / Jean-Charles Richard : saxophones baryton et soprano / Joce Menniel : flûtes / Claus Stötter : trompette / Nicolas Larmignat : batterie / Gueorgui Kornazov : trombone / François Thuillier : tuba
Belle soirée d’ouverture. A l’arrivée, les substantifs convivialité, découverte et virtuosité conviennent tous trois à chacun des groupes de ce soir.