Quel honneur de pouvoir assister à un concert de
Massive Attack. Ce groupe mythique se fait évidemment rare. D’autant plus qu’il n’a pas été épargné par les turbulences. En effet le trio des débuts est devenu duo puis pour l’album
100th Window,
3D, leader du groupe, s’est retrouvé seul.
Pourtant ils sont bien là et même Fink qui assurait la première n’en revient pas « Massive Attack on this stage, It’s fucking amazing !! ».
Fink est lui aussi une curiosité puisqu’il est passé de l’electro au rock folk. Déjà deux albums sur le label
Ninja tunes (!!) et un concept tout simple : seul avec sa guitare ou accompagné discrètement par un batteur et un bassiste, ils délivrent des ballades très agréables bien que manquant un peu d’originalité.
J’ai essayé de comprendre un peu ce que le bonhomme essayait de transmettre à travers ses textes et apparemment ç’est assez personnel, ça parle du quotidien comme la dernière chanson qu’il jouera
Sorry, I’m Late. Une mise en bouche calme et ma foi sympathique.
Le théâtre antique d’Arles est magnifique. Plus petit que ce que je l’imaginais, il donne une vraie intimité avec les artistes. Malgré le prix exorbitant de la place, les gradins sont full. C’est moins vrai pour la fosse où l’on est à l’aise, je peux donc prendre place dans les tout premiers rangs tandis que les technos procèdent à un interminable changement de set (presque 1h).
Enfin les voila, les parrains du Trip Hop envahissent la scène avec une grosse armada, deux batteurs, une bassiste, un guitariste, un clavier, deux chanteuses (Stéphanie blonde toute en douceur,Yolanda black pour le côté soul et énergique) et
Horace Andy !!! Oui le reggae man mythique présent sur les albums
Blue Lines,
Protection et
Mezzanine.
A ce moment quelque chose m’inquiète quand même : le manque de réaction du public. C’est assez mou… Et cela se confirme puisqu’il manque cruellement de réaction malgré un début de set intéressant avec entre autres un
Risingson très planant et le mythique
Teardrop (pour tous ceux qui ont maté les yeux dans les bleus).
Au fur et à mesure que le concert avance je deviens cependant plus indulgent car il faut bien avouer que ça ne décolle pas trop. Musicalement c’est bon, c’est carré (encore qu’ils ont planté sur un morceau qui s’est arrêté net au plus grand désarroi de Horace Andy) mais ils manquent un peu de flamme. Le rapport avec le public n’est pourtant pas froid, sans fatuité et avec un réel plaisir d’être là.
Le problème vient avant tout du choix des titres, il est très accès sur Mezzanine, album sombre et sur la voix de Stéphanie. Horace Andy est sous utilisé, seulement 2 titres… Pas de One Love ou de Man Next Door.
Au niveau visuel le fond de la scène est fourni d’un écran en forme de bandeau où défilent des messages et des petites animations. C’est l’occasion pour moi de découvrir que MA est aussi un groupe engagé quand apparaissent des citations de Mandela, Rousseau et autres prônant la démocratie, le pacifisme et l’unité entre les peuples. Le mélange entre ces textes symboliques et la musique « stratosphérique » m’a vraiment touché.
Le groupe quitte la scène et c’est péniblement que le public lui demande de revenir. Il a été peut être un peu endormi le pauvre...
Le rappel va les réveiller puisqu’il débute par
Angel et enchaîne avec
Unfinished Sympathy, on touche enfin le rêve du doigt, le public est debout. Malheureusement c’est presque tout puisque le groupe conclut sur
Karmacoma peu de temps après.
1h40 de concert, il manquait au moins 1/2h pour que ça soit acceptable. Là c’était le minimum syndical. Je dirais que c’était « juste » un bon concert. C’est dommage car il y avait tous les ingrédients pour que cela reste un moment inoubliable.
Photos de Andy Trax