Photos sans prétention par
Philippe
En l'an de grâce 2006, nous revoici-revoilà pour notre 13ième participation d'affilée aux Eurockéennes (mieux, quelqu'un ?). Jauge à 32 000 personnes, sold out, temps sec et ensoleillé - décidément on est en veine depuis quelques années, à se demander si on va pas prendre 5 ans de pluie d'affilée prochainement... Comme le veut la tradition on commencera par rater le premier concert qu'on voulait voir : ce sera donc
Anaïs qui en fera les frais, cela dit il semble qu'elle s'en soit bien tirée et on avait eu l'honneur insigne de chroniquer le concert qui l'a rendue célèbre par
ici : The Cheap Show, Live au Poste à Galène, 7 janvier 2005 !
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On commencera donc avec les
Deftones, groupe qui avait du annuler ici pour cause de tempête et donc très attendu des chevelus métalleux. Ils jouent parait-il de l'emo-metal, mais il ont surtout un gros son dégueu (dû sans doute en partie à la technique) : il y a beaucoup de vibrations mais on entend assez mal le chanteur et la guitare. Même leur "célèbre tube" et son gros riff tellurique ne nous passionneront pas, à la longue on s'y ennuie même carrément. L'occasion donc de vaquer et notamment de tomber sur notre collègue phocéen
Sami (autre chroniqueur émérite et plus rapide que nous), qui nous rassure sur Anaïs : notre pitchoune aurait mis le feu. De toutes façons l'effet de surprise du premier concert de la blonde ne peut que plaire ! Croisé aussi, et enfin après au moins trois festivals, the one and only
Pierre Andrieu (il existe donc bien, je le dis pour les fans d'Indochine à qui il a réussi à échapper jusqu'à présent) - ayant vu peu de concerts chacun, on n'a pu pas pu échanger grand chose, à part nos projets immédiats : lui d'aller à
Two Gallants, moi à
Arctic Monkeys.
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En effet pas question de rater les
Arctic Monkeys qui ont foutu le feu il y a quelques temps au
Moulin de Marseille... ce sera donc l'occasion de la faire plus courte ici. C'est avec un son furibard qu'ils attaquent sur
The View from the Afternoon ou encore
Cigarette Smoker Fiona, c'est un peu le brouhaha mais le public est conquis d'avance, de voir pour la plupart, pour la première fois ce groupe porté aux nues par BitTorrent et eMule.
People are vampires ou
Dancing Shoes enthousiasment les foules, ainsi que l'énorme
I bet that you look good on the dance floor... Le groupe dégage toujours une très bonne énergie même s'il reste un peu brouillon dan la finition - des chansons jouées 1,5 fois plus vite que sur leur très convaincant
album, mais des enchaînements plutôt moyens (il faut dire qu'ils sont dans la même tournée que la dernière fois !)
1 ou 2 inédites sympa suivent, ainsi que
Mardy Bum où la voix est impeccable et le son enfin réglé : voilà notre premier pur moment de plaisir de ce festival ! Cela dit il reste
Fakes Tales of San Francisco et sa fin punk-funk toujours excellente,
A certain romance dont le début fait penser à la géniale Juice de Wraygunn... Encore un concert pétaradant de moins d'une heure, très plaisant. Pas besoin de présence scénique particulière quand on joue comme des bêtes, voilà pour le moment la devise des plantigrades polaires, à revoir un peu plus mûrs si possible !
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Or ce n'est certes pas la devise de
Dionysos, chez qui tout doit être génial (depuis l'excellent
Monsters in Love on a eu l'occasion de les revoir et d'en dire le plus grand bien il y a à peine 6 mois par
ici) : comme d'hab' ils ont du attaquer sans nous attendre sur un
Giant Jack de bon aloi.
Mathias Malzieu devient l'
Homme qui pond des oeufs, un son excellent (en tout cas au départ), appuyé par tout le talentueux orchestre de la Synfonietta de Belfort, qu'on connaît bien désormais - déjà trois ans qu'il accompagne un artiste en création (An Pierle puis Emilie Simon l'an passé). Evidemment le troll rouquin est en forme (c'est un pléonasme) et il grimpe partout, il fait du break dance sur
I'm an Old Child. Sur
Miss Acacia, l'orchestre se déchaine, comme sur
Tes Lacets sont Des Fées juste avant qu'un gros problème de son se produise. Tout à coup le groupe joue silencieusement (et finit par s'en rendre compte après quelques secondes assez cocasses où le public gesticule devant la scène). Cinq bonnes minutes de silence, où Mathias assure comme il peut en chantant pour les 3 premiers rangs, en faisant le mime etc... Ils semblent passablement énervés quand ça reprend, on peut le comprendre.
Ca tombe bien, énervé est ce qu'il faut être pour chanter la pétaradante
Bloody Betty dans une énormissime version. Et le groupe de repartir sur la
Métamorphose de Mr Chat (après un "Ta gueule le Chat" dantesque repris par 30 000 personnes, on est pas près de revoir cette pauvre bête...). Et puis les traditionnelles :
John Mc Enroe ou la poésie du pogo, l'émouvante
Neige où l'on se dit que la jolie
Babetouchka a vraiment fière allure avec son violon, sur un écran géant.
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Sur un
Song For Jedi infernal, un petit clin d'oeil marrant en passant avec un "Je coupe le Son... et je remets le son !" et puis pour la deuxième fois en trois ans, revoilà le chanteur parti en crowd surfing à l'assaut de la tour-son et de son propre record (au bas mot 200 mètres aller-retour), pendant qu'orchestre et groupes déchaînent les enfers d'un
Coccinelle 2 tonitruant. Comme toujours le hobbit rouge est ramassé plus ou moins mourant par son bassiste, sauf qu'au lieu de se jeter par terre à la fin il profitera de la présence du chef d'orchestre pour un très beau "moulon" final dans ses bras. Que du bonheur donc, mais attendait-on vraiment autre chose du meilleur groupe de rock français en exercice ? A toujours,
Dionysos, espérons-le.
On profitera d'un premier sandwich douteux pour aller flâner sous la loggia : les
Polysics sont dans la place. Electro punk from Japan, combinaisons oranges "Guantanamo Style" : comme souvent pour le rock nippon, c'est très frais, très influencé, totalement premier degré et finalement très drôle et plaisant !
Damian Marley lui, ne se pose pas davantage de questions sur son originalité. Certes il n'a connu son père que trois ans. Ca ne l'empêche pas de perpétuer la flamme (ou se reposer dessus, au choix) en reprenant des tubes d'icelui, en version à peine modernisée. Par exemple
Exodus en ragga, ou encore
Could You Be Loved. On s'y ennuie rapidement, au contraire des fans (habituellement peu servis en reggae aux Eurockéennes) qui font le plein de good vibes, le son étant objectivement très bon, tandis que des fumées diverses emplissent le grand chapiteau...
Mais voici l'heure des new-yorkais en cuir, les
Strokes, dont on a jamais eu grand chose à foutre - agréables à écouter, sans plus, ils ont surtout été le premier Velvet-revival-boys-band-cuir-et-cheveux mis sur le marché, vers 2001. En effet leur concert ne passionne pas complètement, sans déplaire non plus... A signaler une voix traînante et agréable, leur tube dont je ne sais quel opérateur a fait une pub, un habile mélange des trois albums. Leur pop rock élégante mais pas inratable sera toutefois l'occasion de finir de se piquer la ruche (il faut bien finir les bouteilles d'alcool que personne ne nous a hélas confisquées à l'entrée...). Bien dommage d'ailleurs car s'étant levé tôt, on dormira d'un sommeil vaguement nauséeux, du coup, une bonne partie du set de l'excellent trio
Gossip, électro punk Le Tigre-style à la chanteuse enrobée et charismatique, à réécouter sans fautes (disque chroniqué depuis). Mais la sieste valait le coup pour récupérer, car le meilleur était à venir.
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Car ô grands dieux du poussage de cul, certes pas question de renier tout le mal qu'on a dit de leur dernier album
Human after All, mais on peut dire qu'ils nous ont secoué le cocotier, ces diables de
Daft Punk ! Premier concert depuis 1998, dernier annoncé cette année, autant dire le moment ou jamais. La scène est totalement relookée pour l'occasion, et le contact avec cet énorme cône argenté est pris sur l'air de "Rencontre du 3ème Type". A les voir arriver, casqués et costumés, Goldorak-like, on dispose d'une demi-seconde, pas davantage, pour les trouver ridicules avant que le puissant
Robot Rock soit lancé en une version diabolique (car remixé avec
Technologic). Et là plus question de ricaner, c'est parti pour une heure trente d'extase sonore, visuelle et vibratoire.
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Car presque chaque titre est remixé avec un, parfois même deux autres : ainsi pour les morceaux faiblards appuyés par un beat ou un air qu'on adore :
Television rules the Nation vs
Around the World,
Steam Machine à peu près intacte mais avec un light show somptueux, la même
Around the World vs
Harder, Faster ..., un passage 100 %
One More Time enchaîné (décidément ce concert était à voir avant de mourir) avec
Aerodynamic et son riff de guitare suraîgue qui nous a toujours rendu dingue ! C'est très certainement le show techno le plus impressionnant vu depuis celui des Chemical Brothers (époque Surrender), il y a quelques années. Par ailleurs le son ne nous lâche pas avec la furieuse
Rollin & Scratchin et son beat énormissime, ou
Da Funk qui rappelle moult bon souvenirs de deejaying estudiantin.
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Le duo des Punks Idiots, alias les Dieux de la Techno Live, enfin les
Daft Punk quoi (dont je ne dirai plus jamais de mal), termine l'assaut en portant l'estocade :
Human after All vs
Rock'n'Roll (
aka la plus banale dynamitée par la plus démentielle)...
Alors non certes, comme ont objecté leurs détracteurs, personne ne sait ce qu'ils font pendant leurs concerts ou s'ils y servent seulement à quelque chose. Mais le fait est que leurs auto-remixes sont extraordinaires et qu'on y a pris un pied monumental : plein la gueule, plein les oreilles, plein les yeux,... et plein les jambes. Ce pur moment d'hystérie collective se termine par un triomphe amplement mérité tandis que les robots nous font un petit coucou timide et modeste.
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On rentre donc se coucher mais le lendemain au ptit-dèj, on chantera encore d'une voix tout à fait éraillée
Rock, Robot Roooooock et ce, toute la matinée et une partie de l'après-midi... il va sans doute falloir que quelqu'un nous .... coupe le son.
To be continued... par ici le
samedi ou par là le
dimanche !
Quelques
vidéos en bonus, à voir par
ici !