du 7 au 10 juillet - Iles du Frioul Festival de musiques innovantes, expérimentales et totalement free. La vingt-sixième édition du festival MIMI aura lieu sur les Iles du Frioul face à Marseille, du 7 au 10 juillet 2011.
Présentation complète : Du 7 au 10 juillet 2011, dans le cadre extraordinaire de l’Hôpital Caroline sur les îles du Frioul face à Marseille, se tiendra
la 26ème édition du festival MIMI. Le festival a choisi dès son origine une approche programmatique innovante et fortement trans-esthétique, ce qui explique peut-être son exceptionnelle longévité.
Aux côtés d’innovateurs historiques (Ornette Coleman, Louis Sclavis, Terry Riley, Barre Philips, Gong, Kronos Quartet, les Polyphonies Corses, Meredith Monk, Pansonic, etc.), il a présenté des artistes alors en émergence, devenus depuis emblématiques : Erik M, Dgiz, Le-Quan-Ninh, Fabulous Troubadours, Etenesh Wassié, Erik Marchand, Dj Vadim, Médéric Collignon, Serge Adam etc.
Il a été un des tout premiers à associer systématiquement le travail de résidence de création ou de transmission de connaissance à sa programmation. Sans toutes les citer, rappelons simplement le travail de Fred Frith avec «Helter Skelter», celui d’Otomo Yosihihide et Christian Marclay avec «La Guerre des Platines», ou encore le travail d’Imhotep autour de «Syrtis Major».
En 2011, il restera bien sûr fidèle à ces orientations, qui lui ont valu sa réputation de «défricheur» et de «rassembleur».
Source : Dossier de presse
La dernière édition
Je 07 juillet 2011 (21h45) Nuit Rouge et Noire : Sarangi Strings Soundsystem + Chris And Cosey
Secret Chiefs 3 + "Studio Kabako" Faustin Linyekula (Festival MIMI) - 10 Juillet 2011 - Ile du Frioul - Marseille (critique écrite le 02/08/2011 par roohakim) Après une sympathique traversée en bateau (bon, l’attente à l’embarcadère a été très très longue, environ 1 heure, problème d’organisation ?) et une baignade dans les eaux tièdes du Frioul, (carton rouge au bateau (l’Iliène ?) apparemment sponsorisé ce soir là par Radio Grenouille et Radio Nova qui .../...
Après une sympathique traversée en bateau (bon, l’attente à l’embarcadère a été très très longue, environ 1 heure, problème d’organisation ?) et une baignade dans les eaux tièdes du Frioul, (carton rouge au bateau (l’Iliène ?) apparemment sponsorisé ce soir là par Radio Grenouille et Radio Nova qui est venu " polluer " nos conduits auditifs avec son funky de merde [bon à la base j’aime bien le funk, ouais j’aime bien le funk, mais là c’était bien de merde dont il s’agissait…et venir comme ça dans la calanque casser les couilles des baigneurs, avec le son à fond ce n’était pas digne de ces deux " respectables " radios ! bref…]
Direction l’hôpital Caroline pour ce festival Mimi 2011 : la première partie est assurée par une troupe originaire de la république démocratique du Congo. Troupe car en plus du groupe de musique composé de guitare, basse, batterie et deux chanteurs/choristes on a droit à deux danseurs dont le chorégraphe Faustin Linyekula. Le projet s’appelle Studios Kabako / Faustin Linyekula.
Au niveau musical, ce n’est pas à proprement de la musique innovatrice puisqu’on navigue entre un funk psychédélique (déjà défriché il y a près de 40 ans par Parliament Funkadelic) et par moment des ambiances trip hop. C’est musicalement agréable mais sans plus. En revanche au niveau visuel c’est assez prenant car les deux danseurs sont dans des états proche de la transe ! Et au niveau des textes c’est très engagé sur la situation de l’Afrique, la colonisation, etc…
C’est dit avec suffisamment de rage pour marquer les esprits mais en même temps avec une sorte d’humour noir (sans jeu de mot) qui fait qu’on ne sombre pas dans la dépression et qu’on a quand même envie de danser. Un moment plutôt agréable surtout dans ce cadre de l’Hôpital Caroline, mais ça aurait sans doute pu être mieux.
Pendant la pause pour fêter dignement cette 26e édition du festival Mimi, Ferdinand Richard, le programmateur et accessoirement musicien, vient, avec un ami batteur, nous jouer une reprise de Captain Beefheart (hélas décédé récemment). Bonne idée !
La soirée va prendre une tournure quasi inoubliable avec la tête d’affiche de la soirée : les ricains de Secret Chiefs 3, que je n’avais jamais vu jusqu’alors.
SC3 c’est avant tout le groupe de Trey Spruance, terrible guitariste qui a officié au sein de Mr Bungle et surtout (pour moi) qui a joué sur le sans doute meilleur album de Faith no more, "King for a day…" !
SC3 c’est un incroyable (et parfois loufoque, enfin en tout cas moi j’ai bien ri par moments) mix entre de la musique de films, de la surf music, du death métal et des envolées orientales ou médiévales. Trey Spruance assure notamment ce côté oriental en jouant parfois sur un Saz (une sorte de guitare qui a des quarts de ton).
Au niveau du visuel on est envoyé direct dans un ambiance sectaire limite satanique, vu que les musiciens sont tous capuchés en soutane , que le Trey Spruance a une barbichette d’à peu près 30 centimètres et que le génial multi instrumentiste (Timb Harris : violon, guitare, trompette) a lui carrément un voile sombre sur le visage.
Brrrrrrrr on se " chie " dessus. D’autant qu’à un moment ils nous jouent la bande originale d’ " Halloween " (John Carpenter).
Le Trey s’éclate comme un malade et nous aussi. Le cadre de l’hôpital Caroline fait à nouveau son effet et nul doute qu’ailleurs le concert aurait était " juste " bien, ici c’est grandiose !
L’orgasme kitscho-grandiloquent est atteint (en tout cas pour moi) quand ils interprètent leur version de la b.o. du film " Exodus " (rien à voir avec Bob Marley !) que j’ai à tort crue signée Ennio Morricone. Quand les premières notes de l’intro à la trompette ont retenti je n’ai pas pu m’empêcher de rire, car certes la mélodie est géniale mais c’est d’un kitsch et jouer ça après des trucs expérimentaux à se rayer le cerveau c’est faire preuve d’un humour décalé que j’affectionne au plus haut point donc je rigole oui !
Pour le rappel le Timb Harris surprend tout le monde, y compris ses potes zicos, en tombant le voile et en allant se jeter par terre avec sa gratte ! SC3 c’est définitivement des punks qui jouent une musique pour le moins cérébrale. Bref, j’adore, pas de cassage de testicules à déplorer (pour cause d’intellos qui se la donneraient). Enfin j’ai quand même entendu des blasés critiquer légèrement le jeu de la nouvelle batteuse de SC3, qui est pour moi aussi géniale que les autres zicos…oui les casses couilles intellos étaient là mais pas sur scène dans le public…Ouf ! Soirée monumentale ! Merci la Mimi !
the Last Poets + Emmanuelle Parrenin feat. Flop (festival MIMI - soir 3) - 09 juillet 2011 - Hôpital Caroline, îles du Frioul, Marseille (critique écrite le 11/07/2011 par Pirlouiiiit)
Argh ! suite à al défection de notre chroniqueur attitré je m'y colle, une chance que je me sois décidé à aller me baigner du côté de la plage St Estève en ce samedi soir. En effet, cette année c'était la condition. Si nous y allons nous nous baignons avant. Aussi nous avons pris la première .../...
Argh ! suite à al défection de notre chroniqueur attitré je m'y colle, une chance que je me sois décidé à aller me baigner du côté de la plage St Estève en ce samedi soir. En effet, cette année c'était la condition. Si nous y allons nous nous baignons avant. Aussi nous avons pris la première navette (19h) sur le quai des Belges. Traversée 7 euros (contre 10 classiquement) + concert 17 euros (dont je ne me suis pas acquitté étant invité par les Disques Bien - merci). Nous retrouvons jean phi et sandra qui ont pris la navette classique et nous commençons la lente montée vers l'Hôpital Caroline. Lente notamment parce que Lucie a décidé de marcher toute seule et de s'asseoir dès qu'elle voyait un petit muret.
Dans le creux du dernier virage avant l'Hôptial Caroline qui accueille donc le festival MIMI depuis un paquet d'année maintenant, la plage St Esteve, qui commence à se vider des baigneurs / bronzeurs de la journée et à se re-remplir des MIMIstes d'un soir. Température de l'eau particulièrement douce, douche pour se rincer, tables du snack (fermé à cette heure ci) pour ne pas manger du sable ... cette année ça commence bien ! D'autant qu'il n'y a pas de vent (grosse différence par rapport aux autres années).
Je ne mettrai donc pas mon pull que je n'avais pourtant pas oublié. En arrivant sur place je réalise que je n'ai pas vu une seule installation comme j'avais pu en voir une année précédente ... peut être étaient elles cachés ailleurs et fallait il suivre un guide avec drapeau ...
Bref 21h45 nous nous mettons en route vers l'Hôpital où nous arrivons au crépuscule. Sur place des stands ... sensiblement les même que l'année dernière, mais un peu moins on dirait ... des vieux jeux vidéos, le stand du Recyclodrome et d'un concurrent ? Trilogik, des disques et livres (qui gondolent à cause de l'humidité), des maillots ... mais la grosse nouveauté c'est que la scène a retrouvé son emplacement d'antan ! Pourquoi ?
parce que là où elle était installée depuis quelques années il y a ce que j'ai pris pour une sculpture au début : la charpente du bâtiment en réparation, qui devait être montée grâce à un hélicoptère, trop occupé à faire la guerre en ce moment. Ferdinand Richard, le maître de cérémonie, prend la parole pour annoncer un peu de retard à cause d'un bateau qui a pris du retard. Ce n'est pas grave, il n'y a pas de vent, on attend en disant bonjour aux gens que l'on connait.
Il revient peu de temps après nous présenter le premier groupe de ce soir ... qui est en fait double. En effet, le set de Emmanuelle Parrenin sera précédé d'un mini set (3-4 morceaux) de Flop (qui accompagne non seulement cette dernière sur scène mais qui a aussi signé tous les textes de son nouvel album Maison Cube). Flop est une des figures de proue du label Les Disques Bien (Tante Hortense, M-Jo, La Pompe Moderne ...). Pour le moins décontracté il nous jouera donc quelques unes de ses compositions accompagné de Cristian Sotomayor (percussions) et Vincent Mougel (guitare) ... un morceau sur les français (où il dit qu'il aime les français mais ne vois pas l'intérêt de la France)...
un autre qui dit sommairement arrêter de nous prendre pour des ânes bâtés (très chouette) ... un autre que je connaissais déjà pour l'avoir entendu chanté en compagnie de M-Jo (l'absurde chanson sur les conseils d'ami) et pour finir un morceau ou Emmanuelle Parrenin viendra se joindre aux chœurs. Je ne me souviens plus de ce que raconter ce morceau, trop occupé que j'étais à voir la réaction enthousiaste de Lucie (peut être parce qu'elle le voyait pour la deuxième fois).
Puis Flop chanteur est redevenu musicien (guitare, triangle, ...) s'effaçant de Emmanuelle Parrenin ex-Melusine et collaboratrice de Alan Stivell. Présentée sur le site de MIMI comme "Pivot de Mélusine, partenaire de Stivell, Didier Malherbe, etc…, Emmanuelle Parrenin est une déesse du paysage musical français, dont le post-folk ultime "Maison Rose" s’arrache sur e-bay.Bien qu’Emmanuelle soit restée une des poétesses "folk" les plus respectées dans ce pays, son caractère la pousse à refuser le rôle d’icône intouchable, et la prise de risque semble bien être son moteur habituel.Elle s’associe ici à Flop, jeune "branché" iconoclaste parisien, tournicoteur des "disques Bien", petit label dont on cause. Le résultat, "Maison Cube", place la barre très haute dans le dialogue des générations."
En pratique cela donne quelque chose de très curieux ... logiquement entre folk celtique et chanson minimaliste vu l'historique. Elle joue de la vielle à roue et de la harpe, et chante dans son micro casque d'une voix assez haut perchée quelque part entre Les Elles, Françoiz Breut et M-Jo justement. Ce timbre qui pourrait irriter sur la durée (Lucie n'a pas du tout supporté et à commencé à s'agiter pour qu'on l'éloigne) se marie finalement très bien avec la musique assez rock (notamment la guitare) de ses 3 musiciens.
Alternant morceaux de Maison Rose (1977) et Maison Cube (2011) elle prendra tout le monde à contre-pied. Notamment avec son morceau de transe (qui résonne encore dans ma tête). Bien qu'un peu figée son set sera quand même bien agréable et captera l'attention jusqu'au bout. Sur certains instrumentaux je penserais à Karpienia quand il part dans des délires rock.
Puis après une courte pause pour se rafraichir (dans un gobelet consigné) et essayer de faire s'endormir Lucie, nous regagnerons le devant de la scène pour découvrir les fameux Last Poets (nom qui avait du paraitre un peu prétentieux à l'époque mais qui prend petu être finalement tout son sens du haut de leurs 43 ans d'existence). Là aussi je vous colle la description MIMI : "Inutile de dire ici que la planète Mars vivra là un moment unique de filiation, remerciement avec l’équipe qui partage, avec la Zulu Nation, la paternité du rap, du flow, de la poésie scandée et de l’électricité. Elle incarne le côté lumineux de l’Amérique des humbles, des visionnaires, des déshérités. Additionnée du bassiste légendaire Jamalaaden Tacuma, la dream team vient faire vibrer son côté sud, à deux pas des terres africaines, d’où une partie de son message provient.".
Le concert commence avec l'entrée de l'imposant percussionniste Babatunde qui commence en solo avant d'être rejoint par le fameux Jamaaladeen Tacuma ainsi que Mingus Murray (au look Michael Jackson période Who's bad ?) à la guitare et Ranzel Merritt à la batterie. Puis ce sera le tour de Abiodun Oyewole qui entrera les deux points levés, pas bien épais, le pas lent, les yeux fixés aux loin ... impressionnant. Il sera assez vite rejoint par Umar Bin Hassan qui lui aussi rentrera doucement (pour ne pas renverser la tisane qu'il portait avec son pot de miel).
Épaulés par des rythmes globalement plutôt funky, ils chanteront (surtout pour le premier) ou déclameront (surtout pour le second) leurs textes engagés, dont je n'arrivais pas à comprendre l'essentiel. Pour le poème sur Hendrix par Umar Bin Hassanlà ça allait d'autant que le texte était parsemé de noms de chansons connus, mais par contre sur d'autre c'était plus chaud. Abiodum Oyewole avait l'air plus content d'être là que son collègue, mais la dynamique entre les deux marchait plutôt bien. Je ne verrai pas le temps passer mais voyant quelques parents avec enfants endormis quitter discrètement les gradins je réaliserai qu'il est temps pour nous aussi de rentrer.
Chemin du retour dans le noir ... avec la musique des Last Poets qui diminue petit à petit ... Content d'avoir vu ces deux figures historiques encore contents de chanter, content d'avoir revu l'ami Flop et découvert Emmanuelle Parrenin, et surtout content que les conditions climatiques (je parle en fait du vent) aient été aussi clémente. Du coup cette "nuit contre le truc bidon" sera doute une de mes meilleurs soirées à MIMI (pour le moment) !
Après avoir dormi dans le bateau qui nous ramenait sur une mer d'huile, retour à la réalité urbaine un peu violent avec un groupe de "jeunes" dont un nous toisant en chantant du rap agressif et me shootant une canette dans la cheville (attendri par la poussette de Lucie endormie ?) qui finira par trouver ce qu'il cherchait (la merde). Me retournant entendant de l'agitation, je le verrai courageusement entouré de ses potes fondre sur un mec (qui a peut être eu le malheur de lui répondre) et lui décocher un coup de pied dans la tête. Heureusement sans gravité et vite dispersés par le reste des gens du bateau qui heureusement étaient en corps en train de débarquer. Ils partiront en se marrant, et en ayant renforcé un peu plus les stéréotypes pour tous les gens présents. Triste épilogue d'une soirée quasi parfaite ...
Festival MIMI : Cannibales et Vahinés & G.W.Sok/ Zun Zun Egui - 09 Juillet 2010 - Hôpital Caroline (Frioul) - Marseille (critique écrite le 13/07/2010 par The Duke Of Prunes) Il est environ 17h30 lorsque je débarque sur l’île du Frioul. L’heure pour moi de m’immerger dans l’ambiance du "MIMI"….
A peine arrivé, suis-je accueilli par une "harpe à nuage", installation étrange qui, à l’aide d’un laser pointé vers les cieux, observe les nuages, et s’en inspire pour .../...
Il est environ 17h30 lorsque je débarque sur l’île du Frioul. L’heure pour moi de m’immerger dans l’ambiance du "MIMI"….
A peine arrivé, suis-je accueilli par une "harpe à nuage", installation étrange qui, à l’aide d’un laser pointé vers les cieux, observe les nuages, et s’en inspire pour composer une musique éthérée… Un peu plus loin, trois hélices, montées sur des girouettes, triturent une séquence de quatre notes (rappelant immanquablement "on the run" de Pink Floyd) par le biais de filtres et de générateur d’enveloppe (via Pure Data), pour aboutir à un Krautrock venteux … Si l’intérêt de ces musiques autogénératives peut être source de débats, il n’en reste pas moins que ces installations sont, a minima, de sympathiques curiosités animant le trajet en direction de l’Hôpital Caroline…
Depuis le chemin, j’aperçois une étrange rangée de lampadaires. En réalité, il s’agit de "douches sonores", à travers lesquelles sont retransmis, en direct, des sons enregistrés dans les quatre coins du monde… Si l’idée de se "téléporter" par le son est séduisante, il s’avère, malheureusement, que l’installation fonctionne assez mal. Il faut admettre que l’idée de diffuser du son en streaming entre la Chine et le Frioul était un pari risqué…
Bientôt 19h00. Avant de monter à l’Hôpital, où se trouve la scène, je retourne sur mes pas, à l’accueil du festival, pour participer à une "promenade floue", proposée par Mathias Poisson et Manolie Soysouvanh. Cette animation vous propose de visiter l‘île du Frioul en portant des lunettes, légèrement teintées et spécialement étudiées pour vous offrir une vision floue en toute circonstances. Les consignes sont simples : suivre les guides (qui ont pris la précaution de porter des parkas rouges, afin d’être repérés malgré les lunettes), et ne pas parler durant la visite afin de pouvoir se concentrer sur l’environnement sonore…Une fois les lunettes chaussées, on pénètre dans un autre monde, composé d’un ensemble de tâches colorées et informes. Le pas hésitant, on suit, en silence, les deux traces rouges que sont devenus nos guides. Peu à peu, la démarche s’affirme, on apprend à marcher sans vraiment y voir, et on craint alors que les lunettes ne soient qu’un simple gadget dont on se lasserait bien vite. En réalité, l’habituation à cette nouvelle vision n’est que le préalable à un voyage étrange et onirique sur une île dont on à peine à croire qu’il s’agit encore du Frioul… Les deux tâches rouges, qui nous guidaient d’un pas régulier sont prises, tout à coup, d’une envie de courir, de sauter, de ramper à toute vitesse tel des lutins ou quelques autres esprits malicieux. Puis, les tâches changent de couleur, au gré des changements de parkas, pour se fondre dans le paysage, devenant laurier rose, rochers ou véhicules… L’île elle-même se métamorphose : le moindre espace de verdure devient une forêt féérique, la galerie commerçante une caverne inquiétante… Et à la fin du périple, après que l’on se soit assis et qu’on ait longuement admiré le flou apaisant du bord de mer, les guides vous retirent, doucement, vos lunettes… Le monde étrange dans lequel vous avez baigné pendant cette visite semble alors s’éloigner, se perdre à jamais dans la netteté ordinaire… On reste alors assis, de longues minutes, silencieux, encore habité par ce rêve étrange… Cette expérience fut donc, vous l’aurez compris, une réussite totale, bien loin de l’animation "gadget" que l’on aurait été en droit de craindre…
Encore remué par cette expérience, j’entame, pour de bon cette fois, le trajet en direction de l’Hôpital Caroline.
Lorsque j’y arrive, je découvre divers stands marchands, tous agréables et, généralement, originaux. Et ça et là, des consoles, posées à même le sol ou suspendues aux arbres, installées par l’association Archéopterix. On se remémore son enfance en dégommant des canards sur "Duck Hunt", on joue à "Sonic", projeté sur un mur de l’Hôpital, et on retrouve "Mine storm" sur une Vectrex. Un bémol toutefois, la réaction des enfants face à ces antiquités vidéo-ludiques me donne immanquablement un coup de vieux… Il me reste alors à me consoler au stand de peintures rupestres, où j’ai appris à me confectionner un pinceau avec un morceau de bois…
Depuis la scène quelques notes s’élèvent…. Le concert commence !!! Bon sang, il est 21h30, je suis sur l’île depuis déjà quatre heures, et je n’ai absolument pas vu le temps passer…
Sur scène, Cannibales et Vahinés entament les hostilités. Ce trio, guitare, sax/électronique, batterie, s’est adjoint les services de G. W. Sock (ex The Ex… rigolo ça…) au chant, et nous propose, dans le cadre du MIMI, leur premier concert sous cette configuration. Décrire la musique de ce groupe est une gageure, tant ils savent échapper à tous les cadres…
L’énergie est punk, le groove est une réminiscence de la grande époque du jazz éthiopien, et, à l’aide d’une guitare flirtant avec le post-rock et d’un saxophoniste bidouillant de l’électronique, Cannibales et Vahinés nous sert un post-punk mélancolique et pêchue… G. W. Sock, quand à lui, sait être tout à la fois charismatique et absent, comme ailleurs…
Il est toujours hasardeux de comparer un groupe aussi singulier à d’autres, mais, en ce qui me concerne, j’y ai trouvé du This Heat et, forcément The Ex (au passage, merci au Mystic Punk Pinguin pour la découverte). Le set, bouillonnant et sans compromis, s’il a rapidement fait fuir la partie "non-avertie" du public, trouvera, néanmoins, un écho plus que positif auprès des festivaliers…
Après une courte pause, la musique reprend avec Zun Zun Egui, un quatuor Anglo-Japonico-Réunionnais !!! Dès le premier morceau, le public quitte les gradins pour venir danser devant la scène. La musique proposée, improbable sur le papier, s’avère diablement efficace.
Le guitariste chanteur nous fait découvrir les rythmes et mélodies réunionnaises à travers un ampli saturé, tandis que ses acolytes martèlent des rythmes lourds et groovy… Imparable !!!
Les instruments se mêlent, se répondent, s’opposent dans un délire noisy/exotique, et, sans même vous y attendre, vous vous retrouvez à danser tout en faisant du headbang !!!
Le groupe laisse le public sur sa faim, après un rappel de deux morceaux. On en aurait voulu plus, sans doute jusqu’au petit matin, mais il est tard, et il va falloir rejoindre le bateau qui nous ramènera au Vieux-port….
Un petit bémol tout de même: Il est impossible d'amener une bouteille d'eau avec soi pour voir les concerts... En plein mois de Juillet, et après avoir passé quelques heures sur l'île, c'est plutôt gênant... A part ça, superbe festival !!!! Réagir à cette critique