Manu Dibango - 29 mai 2009 - Auditorium du Casino des Palmiers - Hyères (Festival de l'An C’est fou le nombre de festivals de la région qui viennent de fêter leur dixième édition : festivals musicaux comme Marsatac, le Festival de Big Band de Pertuis, Prog’Sud aux Pennes-Mirabeau, ou laissant une part non négligeable à la musique comme le Festival International du Film à Aubagne, les .../...
C’est fou le nombre de festivals de la région qui viennent de fêter leur dixième édition : festivals musicaux comme Marsatac, le Festival de Big Band de Pertuis, Prog’Sud aux Pennes-Mirabeau, ou laissant une part non négligeable à la musique comme le Festival International du Film à Aubagne, les Correspondances de Manosque… A croire que le mistral à la fin du siècle dernier a soufflé quelques bonnes idées aux bonnes personnes. Ici, c’est dans les champs de cannes qu’il a soufflé. Cette canne varoise avec laquelle sont fabriquées les anches du monde entier. Alors l’idée d’un festival a germé dans l’esprit de Michel Pellegrino. Et depuis dix ans, saxophonistes et clarinettistes se donnent rendez-vous à Hyères pendant un week-end.
Ouverture ce soir avec le seul concert payant (16 euros) de ces trois jours. Manu Dibango et le Soul Makossa Gang affichent complet mais des sièges restent curieusement vides dans la partie invités. Le trait d’humour de l’organisateur : "Dire que certains restent les mains sur les hanches pendant que d’autres font vibrer les anches" était-il destiné aux invités absents ?
Les spectateurs présents en ont eu pour leur argent. Dans le répertoire proposé, il y en avait pour tous les goûts. Ceux qui aiment la variété africaine ont été les plus gâtés. Ce n’est pas du tout ce que je préfère chez le saxophoniste mais l’orchestration sans faille a (presque) fait passer la pilule. Le Soul Makossa Gang, composé de 6 musiciens et une chanteuse (Valérie Ekoumé) passe du funk au makossa avec le même enthousiasme. Mais ce n’est pas mon truc, pas plus que Malaïka, une reprise de Miriam Makeba, alors je passe rapidement. J’apprécie toutefois le saxophone toujours présent de Manu et ses duos avec Jonathan Handelsman. Le saxo, c’est pour ça que je suis venu après tout. De temps en temps, Jonathan troque le sien contre une flûte et c’est plaisant aussi.
Mais surtout, il joue à deux reprises le rôle de Sidney Bechet dans les parties jazz, trop rares à mon goût : deux reprises en tout et pour tout du clarinettiste de la Nouvelle-Orleans "à l’occasion du centenaire de sa naissance" nous dit Manu (vérification faite, ça fait 102 ans). La première, Really The Blues composée alors que Manu Dibango n’avait que 5 ans. La seconde, must parmi les musts, Dans Les Rues D’Antibes. Des œuvres intemporelles, les orchestrations de ce soir en sont la preuve.
Le "safari musical" continue et la fin du concert est longue pour moi. Mais les acclamations après des titres comme Weya Mouna et Mangabolo montrent que c’est cette partie du répertoire que le public est venu chercher.
A la fin de Soul Makossa, Conti Bilong (batterie) et surtout Guy Nwogang (percussions) montrent l’étendue de leur talent dans deux solos consécutif. Le second pousse la fantaisie jusqu’à frapper ses peaux en gardant une bouteille d’eau en équilibre sur la tête.
Manu a largement eu le temps de se reposer et revient pour le rappel arpenter la scène seul avec son saxophone. Il nous offre une version très jazzy tout en nuances de L’Hymne A l’Amour d’Edith Piaf.
Un mot sur l’étrange éclairage qui a laissé comme un voile de fumée devant les musiciens pendant toute la soirée.
Ma mauvaise organisation cette année m’empêchera de revenir pour les deux jours suivants et je le regrette. Benny Golson dans les canniers, dimanche soir, ça devait être quelque chose !
Setlist : Mouvement Ewondo / Really The Blues / Big Blow / Bolingo City / Dans Les Rues D’Antibes / Malaïka / Weya Mouna / Mangabolo / Soul Makossa
Rappel : L’Hymne A L’Amour