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17 avis et critiques de concert
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Anna Calvi + Le Prince Miiaou + Dum Dum Girls + EMA (Festival des Inrocks 2011) - 7 novembre 2011 - Olympia, Paris (critique écrite le 09/11/2011 par Pierre Andrieu)
Soirée de clôture du festival des Inrocks 2011 à Paris, avec dans la prestigieuse salle de l'Olympia une affiche exclusivement féminine : la dispensable pop rock hype d'EMA, la pop garage tournant un peu en rond des Dum Dum Girls, le rock 'n pop français respectable mais un peu hermétique pour .../...
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Soirée de clôture du festival des Inrocks 2011 à Paris, avec dans la prestigieuse salle de l'Olympia une affiche exclusivement féminine : la dispensable pop rock hype d'EMA, la pop garage tournant un peu en rond des Dum Dum Girls, le rock 'n pop français respectable mais un peu hermétique pour nous du Prince Miiaou et, en final, la claque magistrale administrée par le flamenco pop blues rock d'une Anna Calvi en état de grâce...

EMA
Désireux de faire une découverte appelée à faire une belle carrière, on arrive pile à l'heure - à 19h donc - pour découvrir une jeune artiste du nom d'EMA sur laquelle de brillants experts en hype misent pour cartonner sous peu. On ne sait pas si ça va marcher - à notre humble avis non, ça va même faire un beau flop ! - mais ce que l'on peut dire c'est que malgré une intro assez mystérieuse avec un violon très Velvet à la John Cale, c'est une prestation pathétique qui est présentée. Certes, le son est mal réglé, certes, les lumières sont nazes (façon table de chirurgie ou hall d’aéroport, très classe !), certes, le groupe débute... Mais la vocaliste en chef chante d'une voix inintéressante des inepties pseudo rebelles, elle a un charisme d'endive pas cuite, joue de la guitare comme un pied et prend la pose soit disant rock 'n roll dès qu'elle le peut, c'est à dire tout le temps. On reste jusqu'à la fin de son set en attendant une étincelle, qui ne viendra pas ! Les modèles de la très énervante EMA, PJ Harvey, The Knive, The Velvet Underground et Fever Ray n'ont aucun souci à se faire !

Dum Dum Girls
Juste après, les Dum Dum Girls délivrent un set assez bien envoyé mais pâtissant d'une attitude mécanique et apathique, de lumières trop crues et d'un répertoire assez répétitif... La troupe, quatre jeunes femmes ultra lookées façon " cuir noir " (Cat's Eyes ? Chrissie Hynde ? Elvis 69 Come Back ? ), a pourtant tout pour séduire : une voix de dominatrice un peu lasse, des chœurs jolis tout plein, de bonnes couches de guitares surf 'n pop garage et des morceaux souvent accrocheurs. Mais pour nous, il manque un petit truc en plus, un brin de folie, la chose qui fait taper du pied, qui donne envie de faire du rock et du roll ou de se jeter partout. On passe néanmoins un bon moment sans toutefois atteindre l'orgasme sonique... Et ce malgré un joli final bénéficiant d'un clin d’œil à There is a light that never goes out des Smiths. Mais ne le répétez pas au végétarien et icône gay Morrissey : il n'aurait sans doute pas aimé ces filles court vêtues avec des vêtements en peaux de bêtes...

Le Prince Miiaou
Bon ben là, on ne pourra pas dire que l'on n'a pas essayé. Jusqu'au Printemps de Bourges 2011, on n'avait jamais réussi à renter dans l'univers du Prince Miiaou... La courte prestation à l'occasion du festival berruyer avait pu nous laisser croire que l'on pouvait peut-être éventuellement craquer pour les chansons pop rock de cette jeune française. Mais en fait non, sur la longueur, ce n'est juste pas notre truc : chant en français un peu énervant, passages parlés poético prise de tête à la Diabologum, arrangements pas très séduisants, le tout servi avec un son pas approprié. Quelqu'un hurlera même un fort sympathique " Le son est à chier ! " pour répondre à la question " ça va ? "... Signalons que contrairement à EMA, que l'on n'a pas aimé et qui a fait un bide retentissant un peu plus tôt dans la soirée, Le Prince Miiaou a plu au public de l'Olympia, qui s'est manifesté avec force applaudissements et cris de soutien.

Anna Calvi
Dès qu'Anna Calvi arrive sur scène, son magnétisme incroyable et l'intensité de sa présence sautent aux yeux, faisant oublier en un instant tous les groupes vus précédemment ce soir... Son intro à la guitare blues sur Rider To The Sea enchante littéralement, mettant parfaitement dans l'ambiance pour ce qui va suivre : une monumentale claque administrée par une artiste en état de grâce totale... Entre flamenco, punk 'n blues à la PJ Harvey, pop aussi gothique que psychodramatique marquée par Elvis Persley et Edith Piaf (elle reprend un titre de chacun de ces héros musicaux : Surrender et Jezebel), envolées guitaristiques et vocales à la Jeff Buckley, l'Anglaise – très à l'aise au micro et à la guitare, comme dans ses petits discours à l'adresse du public – tutoie les sommets et fascine de bout en bout...

Sa voix émeut (quel lyrisme échevelé ! quelle profondeur ! quelle versatilité !), sa guitare bouleverse, son entente avec ses deux musiciens sidère (exceptionnelle batterie, surprenantes percussions et pump organ poignant), le tout envoyant Blackout, I'll be Your Man, First We Kiss, Suzanne & I, Love Won't Be Leaving, The Devil et leurs petits camarades composés de main de maitresse dans la stratosphère, ou au moins en haut du mont Olympe. Normal, on est à l'Olympia ! Conformément aux prévisions, le fait de jouer dans la salle fétiche d'une de ses artiste préférées, Piaf, pousse la très douée Anna a se surpasser et à habiter encore plus ses morceaux. Si l'on avait déjà vu Anna Calvi trois fois et apprécié ses prestations, ce concert là restera comme le plus marquant. Ah, et puis cette version finale de Jezebel en français nous hante depuis le jour du concert : c'était d'une puissance émotionnelle à fondre en larme sur place. Merci, merci, merci MADAME !
A lire également, les chroniques des soirées du festival des Inrocks 2011 au Casino de Paris avec Florent Marchet, Agnes Obel, Others Lives et Balthazar et à la Cigale avec Hanni El Khatib, Saul Williams et Timber Timbre...
Photos du concert par Robert Gil. Retrouvez plus de photos sur son site www.photosconcerts.com/anna-calvi-paris-olympia-2011, www.photosconcerts.com/le-prince-miiaou-paris-olympia-2011, www.photosconcerts.com/dum-dum-girls-paris-olympia-2011 et www.photosconcerts.com/ema-paris-olympia-2011
Liens : www.facebook.com/pages/Anna-Calvi, http://blogs.lesinrocks.com/festival-les-inrocks... Réagir à cette critique |
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Other Lives, Mona, Concrete Knives, Timber Timbre (Festival Des Inrocks 2011) - 6 Novembre 2011 - Cabaret Aléatoire, Marseille (critique écrite le 07/11/2011 par Sami) Une date du festival des Inrocks à Marseille, c'est mine de rien un petit évènement en soi, la dernière remonte à 1995, autant dire une éternité.
Je n'y étais pas mais j'ai suivi les suivantes comme tout provincial de l'ère pré internet via les émissions de Bernard Lenoir.
Hasard ou coïncidence, .../...
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Une date du festival des Inrocks à Marseille, c'est mine de rien un petit évènement en soi, la dernière remonte à 1995, autant dire une éternité.
Je n'y étais pas mais j'ai suivi les suivantes comme tout provincial de l'ère pré internet via les émissions de Bernard Lenoir.
Hasard ou coïncidence, alors que ce dernier vient de quitter France Inter, le festival fait son retour ce soir dans un Cabaret Aléatoire étonnamment bien rempli par un dimanche de pluie.
Enfin mon étonnement réside surtout du fait qu'il n'y ait pas de groupes un peu "hype" comme à Toulouse ou Lyon mais peut être que le relatif succès de ce soir incitera les organisateurs à revenir dans le coin.
C'est Other Lives qui ouvre la soirée, comparés ici et là à Fleet Foxes et The National, rien que ça.
Autant le dire tout net, c'est une des plus belles ouvertures entendues cette année, une musique à faire chavirer les cœurs les plus endurcis, les hipsters les plus blasés.
Dès les aériens "As I Lay My Head Down" et "For 12", on est happé par ces voix célestes et ces instrumentations ambitieuses, qui, une fois n'est pas coutume, ne souffrent pas de l'accoustique des lieux.
Beaucoup de charme, d'envie, de magnétisme chez ces Américains dont on ne décéléra aucune faiblesse, et qu'on reverra volontiers plus longtemps.
Changement radical de style avec Mona, un genre de boys band coiffé comme Fonzie qu'on rebaptiserait bien "Princes Of Leon" tant leur rock semble davantage destiné à enflammer des stades.
Dans le genre c'est plutôt efficace, un peu bourrin après la grâce d'Other Lives mais rien de vraiment honteux.
A défaut d'avoir convaincu tout le monde, ils ont les groupies (et leur papa visiblement) les plus démonstratives de la soirée.
Et puis un groupe qui massacre "Can't get my eyes off you" en intro d'un de leurs morceaux ne peut pas être foncièrement mauvais.
Les Concrete Knives étaient à l'affiche de Marsatac le mois dernier, c'est donc une petite séance de rattrapage pour ceux qui comme moi avaient préféré rester devant The Do.
Le genre de groupe un peu gadget mais éminemment sympathique, avec une chanteuse aux faux airs de Miranda July, et bien décidée à faire la nique à Ida de Glass Candy aux prochains championnats d'aerobic.
Du post punk dansant à la B 52's qui semblent n'avoir qu'une chanson déclinée à l'envi, avec des riffs malins et des percussions qui vont bien.
Le public remue bien du popotin et a tranché : c'était le moment fun de la soirée.
On avait commencé la soirée avec du beau, on la termine avec du sublime.
Timber Timbre justifie son statut pas gagné d'avance de tête d'affiche avec un concert aussi intimiste et bouleversant que peuvent l'être leurs disques.
Leur dernier en date "Creep On Creepin On" est largement joué ce soir, avec en point d'orgue un "Black Water" à donner des frissons.
Une ambiance très particulière du début à la fin, où seules leurs interventions avec l'accent Québecois prêtent à sourire.
A l'image de cet éclairage façon sous marin, on plonge et divague sans retenue dans cette musique qui arrive enfin à imposer le silence dans la salle.
Le mélange voix de crooneur appuyée par une guitare discrète, des notes de piano entêtantes et un piano hanté donnent une touche finale très classieuse, qui marquera à coup sur ceux et celles qui ont eu la curiosité de venir ce soir. Réagir à cette critique |
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Timber Timbre + Saul Williams + Hanni El Khatib (Festival des Inrocks 2011) - 3 novembre 2011 - La Cigale, Paris (critique écrite le 04/11/2011 par Pierre Andrieu)
Après une soirée inaugurale plutôt réussie la veille au Casino de Paris avec Florent Marchet, Agnes Obel, Others Lives et Balthazar, la deuxième soirée du festival des Inrocks à Paris, dans la moiteur torride de la Cigale, s'annonce sous les meilleurs auspices le 3 novembre... A l'affiche, le .../...
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Après une soirée inaugurale plutôt réussie la veille au Casino de Paris avec Florent Marchet, Agnes Obel, Others Lives et Balthazar, la deuxième soirée du festival des Inrocks à Paris, dans la moiteur torride de la Cigale, s'annonce sous les meilleurs auspices le 3 novembre... A l'affiche, le rock 'n roll garage californien d'Hanni El Khatib, le slam pop rock 'n hip hop de l'Américain Saul Williams et le folk rock psyché gothique des Canadiens de Timber Timbre...

Hanni El Khatib
Malgré un gros buzz sur son nom, le set d'Hanni El Khatib, qui se présente en formation guitare/voix et batteur devant le chaudron en ébullition de la Cigale, peine à démarrer... Pourtant, le beau jeune homme, très latin lover macho, sait jouer de la guitare électrique et chanter, hurler ou aboyer d'une voix racée et son acolyte qui officie derrière les fûts n'est pas manchot non plus. Le problème, c'est que tout cela sent un peut trop la pose – genre je me prends pour les White Stripes et les Black Keys sans avoir leurs talents de composition –, l'artiste lancé dans le grand bain un peu tôt et la crispation de début de carrière...

Il faut avouer aussi qu'Hanni El Khatib a des excuses : il souffre d'un son un peu riquiqui (les ingés son sont fascinants, ils sonorisent de la folk psyché comme du rock garage – Other Lives hier – et oublient d'envoyer la sauce quand ils ont du rock 'n roll à faire gueuler... ) et d'un public assez apathique. Cela n'est pas idéal pour se chauffer et ainsi se mettre en condition idéale pour jouer du blues rock garage rockab comme il faut, c'est à dire avec une énergie malsaine, une puissance brute et une envie de tout péter. La majorité du concert se déroule donc sans qu'on soit bouleversé par la pertinence des morceaux, qui du coup sentent trop le recyclage scolaire. Et puis une petit reprise d'Heatbreak Hotel fait son petit effet, les gens commencent à se manifester et le dernier titre joué l'est enfin avec une esprit tranchant et un son saignant. A revoir dans quelques mois quand la phase de rodage sera terminée...

Saul Williams
Un qui n'a pas besoin de rodage, c'est l'expérimenté et toujours brillant sur scène Saul Williams... Il a beau se pointer sur scène devant une foule parisienne un peu blasée et attirée par la présence à l'affiche de Timber Timbre, il arrive telle une furie sur scène, et en bon disciple de Gil Scott-Heron il se lance dans un slam sur la mort qui fait partie de la vie (on le savait, merci !), avant d'enchainer avec un titre introduit par de la cithare se transformant en rock 'n world truffé de percussions... On pense immédiatement à TV On The Radio grâce à cette voix noire très évocatrice et à cette guitare qui hurle derrière. Puis, comme il sait si bien le faire, le sculptural jeune homme se lance dans un set rempli de grands écarts stylistiques : une relecture du riff d'I Wanna Be Your Dog des Stooges en version robotisée et sur des paroles différentes, du hip hop ultra marquant, du ragga rock, du rock 'n roll fusionné au rap et avec une guitare à la Rage Agaisnt The Machine, de l'électro pop...

Monsieur Williams ne ménage pas sa peine au micro et aux percussions ; et il a la chance d'être accompagné, en fait carrément poussé au cul par un groupe (batterie, synthés, guitare, basse, sax etc) qui sait aussi bien envoyer la purée – même si un peu de finesse ne nuirait pas, parfois... - que partir dans des expérimentations jazz world ou donner des fourmis dans les jambes... Véritable pile électrique foudroyée par des éclairs de génie sur scène, Saul Williams fait oublier son dernier album un peu trop FM à notre goût, sauf sur le dernier titre joué, trop formaté et lisse. A l'opposé de la bête de scène qu'on vient de voir officier en live donc.

Timber Timbre
Juste à côté de nous pendant Saul Williams, un jeune homme habillé comme un hobo bobo du nom de... Charlie Winston (rires) décide de partir avant d'avoir vu Timber Timbre. Quel dommage, il aurait pu en prendre de la graine en matière de sobriété, d'inspiration, de discrétion et de... classe, quoi ! Car le court set proposé par le trio canadien en guise de final pour cette soirée mérite toutes les louanges : d'épatantes chansons de folk rock psyché gothique – tour à tour minimalistes, en forme de cathédrales sonores inquiétantes ou d'incantations funèbres déclamées à la tombée de la nuit – sont jouées par un très taciturne combo emmené par une voix unique (Tom Waits, Elvis, Roy Orbison, Alan Vega, Screaming Jay Hawkins ???) et se faisant fort de délivrer arrangements d'une finesse, d'une précision et d'une versatilité à peine croyables.
Au diapason des cordes vocales de Taylor Kirk, une bluffante violoniste et pianiste et un guitariste roi de l'effet qui tue atteignent des sommets afin de propulser les morceaux dans la stratosphère... S'il n'y avait pas un public un peu énervant (je crie ma joie d'écouter mes héros en live et après je parle pendant les morceaux, je flashe, je filme... ), on pourrait se croire dans une étrange cérémonie organisée nuitamment dans une clairière afin de convoquer quelques fantômes... Dévoilées en ouverture, Bad ritual et Keep On Creepin On provoquent des bouffées de joie triste et mélancolique, impression encore renforcée par les très belles projections en fond de scène : des photos noir et blanc vintage de personnes désespérées, malades et/ ou déboussolées. Pas très doué pour la communication (photos interdites, très peu de mots échangés avec le public... à part un " Bad Luck " adressé à une personne pas drôle ouvrant un parapluie dans les premiers rangs) et franchement ami de l'ombre (éclairages très discrets), Timber Timbre se lance souvent dans des titres expérimentaux et anti consensuels, mais en restant toujours marquants.
Ce qui donne au final un set qui laisse le sentiment d'avoir de vrais artistes en face de soi, et pas des juke boxes sur pattes. Le dernier morceau joué, le rideau de la Cigale est refermé prestement par les roadies... Sans rappel ? Non ! Le groupe revient de manière inattendue, déclare être très content d'être ici - en français, par l'intermédiaire du guitariste - avant de se lancer dans une chanson finale aussi belle que le reste de la set list. Très beau moment !
Photos du concert par Robert Gil. Retrouvez plus de photos sur son site www.photosconcerts.com/saul-williams-paris-cigale et www.photosconcerts.com/hanni-el-khatib-paris-cigale
Liens : www.timbertimbre.com, www.hannielkhatib.com, www.saulwilliams.com, http://blogs.lesinrocks.com/festival-les-inrocks...
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