Marseille les 10 & 11 Juin 2011 Construit sur l’emplacement de l’antique Massilia grecque, ce quartier mythique et historique en plein coeur de Marseille respire encore et plus que jamais la méditerranée. Refuge historique des marins et de générations d’immigrants, aujourd’hui on ne compte plus les pays qui apportent leur touche de couleur à la mosaïque culturelle du Panier. Un joyau en plein coeur de la Cité Phocéenne, où l’on y retrouve tous les ingrédients indispensables au caractère bien particulier qui a construit l’identité marseillaise.
Un dimanche de Juin où je pousse ma carcasse usée par un week-end bien rempli (Macka’n Kousi & Artikal Vendredi au Paradox). Et oui, j’ai choisi le Panier pour me faire la fête de la musique. En effet, je me suis rendu compte que ces dernières années, c’est là que les groupes se sont concentrés grâce à ce festival de quartier.
Arrivé vers 20h, je n’ai pas pu profiter des charmes des animations dans les rues de l’après midi (cf chronique de Philippe). Mais en ce jour le plus long, il reste un bon moment pour en profiter…
Je me lance dans une petite déambulation qui me permet de voir que ce soir, il va y avoir du monde. D’abord sur la place de Lenche, toujours trustée par les terrasses de resto, business oblige ! Et place du Refuge, avec Le Pied Nu, du chant africain (Togo, Algérie) avec les gens bien calé sur les marches, à profiter du soleil et de la musique. L’ambiance est bien typique avec barbak et pâtisseries mmm…
J’arrive Place des Pistoles où La Tormenta débute. Tous sont coiffés de chapeaux noirs : 4 cuivres, batteur, percu, basse. Une musique teintée Amérique du Sud notamment grâce à un très bon bassiste qui donne le ton avec des standards. C’est lui qui chante avec une aisance déconcertante. Le groupe entier vient pousser aux chœurs pour ajouter de la pêche à l’ensemble.
Les cuivres bougent bien quand ils n’impulsent pas de leurs petites phrases musicales. En faisant un petit tour sur moi même, je vois un panel de la population marseillaise qui danse, fait la fête, c’est ça la Fête du Panier !
De retour sur la place Lenche, pour tenter de boire un coup, avec en fond Las Patas Arriba entre Salsa, Tango, Bossa. Du parfait son d’ambiance pour discuter autour d’un verre.
Je file vers Kabbalah, que je n’ai toujours pas vu en live. Vu le mélange, je suis curieux et j’ai hâte de pouvoir prendre des clichés vu l’éclairage de la scène des Pistoles.
Une violoniste, une contrebasse, un sax/percu, un batteur.
Le chant oriental m’emporte, pur groove du bassiste et solos de sax qui s’envolent.
Par moments, cela me fait penser à de la musique des pays de l’est, entraînant à danser.
Mais déjà je dois retourner à Lenche pour espérer ne pas louper Rit. Je me fraye donc un chemin dans les ruelles où le vent particulièrement violent s’engouffre.
Un homme orchestre, dans le cliché, on pourrait imaginer ça par la panoplie : grosse caisse et cymbales à gogo, déambulant les rues ; mais pour notre artiste local s’en est tout autre. Bien installé sur une chaise au beau milieu de la scène, sa guitare en bandoulière et du matos tout autour, il est organisé pour créer ses morceaux de toutes pièces en live.
Pied de grosse caisse, beat box harmonica et riffs samplés en quelques mesures, de façon naturelle à tel point qu’on ne s’en rendrait pas compte. Deux micros (aigus et basses) pour déverser des textes plein d’humour et de lucidité sur nos conditions de vie, sa vision de la politique…
Je l’avais entendu lors du Baletti cet Automne au Nomad café en duo avec Papet J, c’était assez original.
Mais c’est seul que j’ai vraiment pu le découvrir, et ce soir, il m’a mis une grosse claque par sa simplicité et sa capacité à synthétiser les choses.
Il fait facilement chanter le public en reprenant le tube d’Antoine : Les Elucubrations, avec toujours autant d’humour !
Un petit rappel sur Flyer Man 2, avec comme les autres titres un refrain entonné par l’assemblée, et je profite de la relative fluidité du trafic pour prendre la route (une fois de plus) vers la tête d’affiche du festival.
La place des Pistoles est blindée. Macka B, anglais qui sillonne la scène internationale depuis des décennies. Un répertoire bien connu du public. Je remarque que je suis loin d’être le seul à être heureux de le voir pour cet évènement populaire.
Il met les gens à l’aise avec un show préparé pour l’occasion. Par ses interventions pour introduire les chansons, il nous montre qu’il connaît Marseille et sait s’occuper de son public : Il se permet même de chanter en francais tout en soignant les amateurs de foot (Allez The Reggae Boys),
Cet artiste n’hésite pas à s’engager franchement dans ses textes (We've Had Enough, Legalize it…) et nous faire un petit speech sur le Front National (Racism), puis un hommage à la Femme (More than a sex machine, Gandja Ladies).
Malgré son age, il nous offre un show rempli de fougue avec des breaks ragga à faire jumper les foules. Du grand Reggae par un grand Monsieur !
Puis c’est le départ juste avant la fin. Je suis content d’avoir bougé mes fesses pour clôturer ce week-end, d’avoir vibré sur la musique de Rit, et de ne pas avoir manqué la venue d’un des patrons du reggae qu’est Macka B.
(ma) Fête de la Musique : Kabbalah + Lizzie Gayle - 21 juin 2009 - 2ème arrondissement - Marseille (critique écrite le 24/06/2009 par Mcyavell) Cette année, la Fête de la Musique tombe un dimanche et le week-end de la Fête du Panier. J’ai décidé de m’y promener au gré du vent (Place des Moulins, il est toujours présent). C’est justement là que je croise Philippe devant Gli Ermafroditi. J’ai adoré un de leurs chants et beaucoup moins le .../...
Cette année, la Fête de la Musique tombe un dimanche et le week-end de la Fête du Panier. J’ai décidé de m’y promener au gré du vent (Place des Moulins, il est toujours présent). C’est justement là que je croise Philippe devant Gli Ermafroditi. J’ai adoré un de leurs chants et beaucoup moins le suivant. Le troisième a fait pencher la balance du mauvais côté et j’ai cherché un autre point de chute. Philippe vous a de toute façon raconté tout ça avec passion ici.
En attendant Kabbalah prévu Place des Pistoles à 22h00, je déambule et tombe sur A La Via par La Petite Flambe, fanfare de rue qui fait une pause Place de Lenche. Cornemuse et chalémies (j’adore leur son) jouent des airs médiévaux très entraînants au milieu d’une population décidée à faire la fête.
Place de Lenche, l’attrait du Vieux-Port est trop fort et je me retrouve derrière la Mairie, Place Jules Verne, où je vais rester une bonne demi-heure envoûté par le chant de Lizzie Gayle qui interprète des on-ne-peut-plus standards du rhythm and blues. De mémoire Mustang Sally, Route 66, Honky Tonk Woman, Dock Of The Bay, Knockin’ On Heaven’s Door…
Elle est accompagnée de musiciens locaux : Fredéric Bert à la guitare et au chant, Robert Lanfranca à la guitare, à la basse et au chant, Doumé Garrido à la batterie et un bassiste dont j’ignore le nom. Un petit solo de Freddy agrémente chaque titre et l’orchestration est en règle générale très fidèle à l’original. Le timbre de Lizzie, josplinesque, reçoit l’appui de la voix aiguë de Freddy et de celle de Bobby, plus grave. C’est ce dernier qui chante sur Back In USSR pendant que Lizzie repose ses cordes vocales malmenées sur une reprise de U2.
Je serais bien resté davantage mais l’heure de Kabbalah approche et je remonte vers le Panier. Sur l’Esplanade Bargemont, l’Orchestre Philharmonique de Marseille devant une affluence bien fournie entame un titre de Charles Aznavour qui ne me freine pas dans mon élan.
Le set est déjà commencé Place des Pistoles (rebaptisée Rue Sex Pistoles par un petit malin depuis des années sur la pancarte du bas) et quelques mesures suffisent pour que je m’approche de la scène. J’étais déjà alléché par les toujours élogieuses critiques du groupe sur ce site. L’osmose entre la mandole et le chant "Vavavaï" de Stéphane Galeski, le saxo de UliUliphant 2000Wolters et le violon d’Anna Startseva expliquent un tel engouement. Patrick Ferne (basse) et Gérard Gatto (batterie) donnent au quintet une rythmique propre à la musique klezmer.
C’est ma troisième expérience de ce type de l’année après le merveilleux Yom - qui passe le 25 juin à Aix dans le cadre du Festival Musique dans la Rue, ne le ratez pas – et Nomadeus et ce style de musique n’est pas loin de devenir mon préféré. Toujours très entraînant, autant pour les musiciens toujours en mouvement que pour les spectateurs, instrumentalement fouillé, mélodiquement impeccable, il est on ne peut plus festif et à sa place ici, Fête du Panier, Fête de la Musique.
Le format (une heure pile et on change de set) m’a frustré et je me prépare à revoir Kabbalah sous peu.
Selon le programme, j’avais encore droit à 30 minutes de Rit Place de Lenche. Mais j’ai trop flâné et suis arrivé sur son dernier titre.
Beaucoup d’animation en remontant la Canebière, mais rien qui me fasse ralentir. Kabbalah a placé la barre beaucoup trop haut.
Comme chaque année la Fête du Panier (le plus beau quartier de Marseille), va durer 2 jours, attirer des foules qui n'y viennent jamais le reste de l'année et accourent pour s'y serrer dans un grand moulon bousculatoire. Effet "Plus Belle la Vie" en plus, qui attire les plus lourdingues - cela étant la boutique n'est pas aussi envahie que la terrasse du Bar des 13 Coins en face, il y a donc encore de l'espoir.
Et puis heureusement, il y a une feinte possible : venir dans l'après-midi pour sentir battre le coeur du Panier, de ses habitants, de ses associations et de leurs projets (pas mal de photos cette année), et voir un vrai mix populaire et inter-âges. C'est d'ailleurs ce que fait chaque année la Provence, qui semble cette fois-ci y être restée environ 10 minutes - il est vrai que la plus grande partie de son lectorat ne mettrait pas un pied dans un quartier aussi mal famé... Bref, pour prendre le pouls du Panier, la Place des Moulins est l'endroit idéal, ambiance place du village - c'est d'ailleurs l'agora du quartier depuis plus de 2500 ans, quand elle accueillait un temple grec dédié à Athéna...
On y retrouve la Compagnie La Innombrable de danse contemporaine, dont on avait apprécié le spectacle enlevé et déshabillatoire de l'an passé. Cette fois-ci, c'est une déambulation sur la Place, accompagné d'un violon qu'un vent violent rend hélas souvent peu audible. Création ambitieuse qui oblige à s'insérer dans les passants et les espaces, la démarche est intéressante et interpelle les habitants, notamment les tout-petits.
Habile transision pour dire que la Place des moulins est surtout celle de la Fête des enfants, grâce à une foule de jeux en plastique et en bois déployés pour eux, et avec lesquels on les laisse s'amuser sans trop les cadrer. On n'ose imaginer combien de pièces il doit manquer sur les puzzles à la fin de deux jours, en tout cas j'aurais adoré traîner dans cette ludothèque en plein air, avec trente ans de moins ... On y voit aussi les créations artistiques des écoles du coin, comme un joli maëlstrom de foulards colorés, que le mistral tente en vain de mettre à terre.
A vrai dire on est revenus ici avec une arrière-pensée précise : celle de jolies dames en robes rouges, évoluant gracieusement sur de la musique andalouse, souvenir charmant de l'an passé. Les merveilleuses Sevillanas, association de danse du quartier, sont de retour. Et attendues par beaucoup de monde apparemment, c'est incontestablement la tête d'affiche de cet après-midi !
La prestation inclut cette année plusieurs tableaux : les délicieuses petites filles, qu'on reconnaît et dont on apprécie les progrès, les dames un brin plus mûres mais à la danse évidemment plus aboutie, ou encore cette famille où tout le monde danse, les parents et leurs filles, dans un ballet très travaillé.
Autres jolis tableaux, deux fillettes ont créé un couple homme-femme et font une chorégraphie vraiment très enthousiasmante, tout comme les deux "mâles" de l'association, qui effectuent une danse virile en se toisant avec classe, et récoltent un beau succès.
Amusé, on reconnaît Rudy au son (dans une tenue sweater-short nettement plus décontractée que lorsqu'il se produit en rock star ... si son public le voyait !). Mention spéciale pour finir à la (très belle) professeure de danse sévillane qui met tout ceci en musique, et irradie de bonheur de danser et faire danser.
On les apercevra d'ailleurs à nouveau le lendemain ici, sur la Place de Lenche. Celle-ci, la plus ouverte sur l'extérieur, est déjà bien envahie par les terrasses des bars et des (mauvais) restaurants qui la bordent, et refusent encore et toujours de laisser un peu plus de place pour le public. Le chanteur Tom y produit une sorte de slam-pop de belle facture, avec des instrumentations raffinées, et parle de boîtes de nuit et d'ecstasy à un public de minuscules qui ne comprend heureusement rien, mais semble aimer sa musique.
Autre ambiance, Place des 13 Coins, où dans un grand carrefour engorgé où débouchent toutes les plus belles rues du quartier (dont son artère la Rue du Panier), un DJ Vinodilo passe de l'électro balkanique, mélange tout à fait irrésistible pour les pieds. C'est aussi, il faut le savoir, un hot spot pour les amateurs d'accras-sauce et de rhums fruités, où se concentrent des mamas en boubous qui sont ceinture noire dans les deux disciplines...
La bouche encore enflammée par deux rhums au gingembre irrésistibles mais corsés, on ne fait que passer Place des Pistoles, où Sanabel joue de la musique orientale agréable, richement arrangée.
Pendant ce temps, la foule a envahi les rues encombrées d'étals de cuisine, et une moitié de la Place des Moulins s'est transformée en guinguette, notamment au son de l'excellent Sam Karpiena. Même à cette heure plus avancée où l'on a rangé les jouets et les enfants qui vont avec, cela reste un endroit agréable où l'on se croit toujours en pleine fête de village provençal.
Selon un principe qui nous a bien réussi l'an passé, partir avant la grosse foule (et sans désir particulier de rerererevoir le décidément insubmersible Jo Corbeau), on s'échappe avant minuit via la Montée des Accoules, où les arrivants se pressent plutôt en sens inverse. On songe avec tristesse pour eux qu'ils ne verront une fois encore que la partie la moins agréable de la fête, sa cohue inévitable.
Comme chaque année, le curé du Panier a ouvert la cour de l'Eglise des Accoules de la place Daviel, où joue un groupe irlandais qui paraît être le même que l'an passé ; l'idée d'ouvrir les portes de l'église à un vaste public est néanmoins une belle initiative et puis, le groupe est toujours aussi bon ! Sur la place Bargemon (là, on est plus dans le Panier, si vous suivez bien, puisqu'on a traversé la rue Caisserie, elle aussi là depuis 2500 ans), un orchestre néo-classique qui évoque les musiques de films italiens à la Nicola Piovani. On écoutera dans un vent heureusement un peu retombé, une jolie version de la Valse à Mille temps - bien vu aussi, que ce grand concert classieux et ouvert à tous...
On repassera le lendemain dans le quartier, où la fête se poursuit toute la journée, couplée à celle de la Musique. Le dimanche, l'ambiance est à peu près la même Place des Moulins, avec moins de vent et (donc ?) encore plus de jeux pour les enfants. La fresque écologique a bien progressé : une ville plus proche de la nature, curieusement, le sujet semble avoir inspiré tout le monde !
Les excellents Ermafroditi mettent une ambiance italienne entraînante, avec tambourins et chants en patois, belle voix de femme et belle voix d'homme. On constate qu'une partie du public reprend les chants - des italophones se seraient-ils infiltrés ? On ne restera pas pour le spectacle de Polichinelle qui a du suivre, si le théatre ne s'est pas effondré !
Toujours plus de batucadas (Tempo Samba) et même quelques troubadours aperçus place de Lenche...
Et la déambulation se termine, pour cette année, Place du Refuge où l'on voit chanter, plutôt très bien, des dames du quartier, Le pied Nu - sauf erreur, elles ont déjà chanté l'an passé aussi, devant un public détendu qui déguste les spécialités locales, et des volées de marmaille bigarrée. Pile l'image qu'il nous fallait pour partir, comme toujours, enchantés de la balade.
Longue vie à la fête du Panier, et puisse-t-elle encore longtemps brasser les foules joyeuses et cosmopolites qui font la vraie richesse de notre ville, bien plus que la vitrine aseptisée et merdique qu'essayent d'en faire certains à coups de bling et de toc, à l'image de leur série télé débilitante et du mortifère Euroméditerranée. Encore plus belle la ville, sans aucun doute, le jour où l'on vous en aura boutés dehors, à grands coup de pieds dans le tafanàri !