Lundi 28 mai 2012 : 9085 concerts, 20891 critiques de concert, 4722 critiques de CD.
Gravitations
Marseille - 13 & 14 Avril 2012 Poésie, punk, slam, rock et spoken word, voilà le programme. Cette année Gravitations met l’accent sur la poésie orale sous toutes ses formes, avec ou sans musique. Deux lieux pour deux soirées, des artistes iconoclastes, des projets barrés, des improvisateurs hors pairs. On en profitera pour vous présenter la revue nîmoise « Criez ! ». Cette année Gravitations va nous faire tourner la tête et les oreilles !
(critique écrite le 15/04/2012 par Sami)
Ne connaissant pas les habitudes de cette salle que je découvrais ce soir je rate le premier artiste de la soirée Thomas Suel qui ouvrait cette 4eme édition du festival Gravitations. (qui faisait suite aux éditions #0, #0,5 et #1)
Le suivant m’est inconnu mais pas un débutant, Dimoné, .../...
Ne connaissant pas les habitudes de cette salle que je découvrais ce soir je rate le premier artiste de la soirée Thomas Suel qui ouvrait cette 4eme édition du festival Gravitations. (qui faisait suite aux éditions #0, #0,5 et #1)
Le suivant m’est inconnu mais pas un débutant, Dimoné, qui a chanté avec le groupe Les Faunes et sorti trois albums en solo. Un drôle de personnage qui parle énormément entre les chansons, interpelle avec humour les quelques happy few présents.
Si sa moustache m’a au départ fait penser à Louis Chedid, sa musique et son phrasé m’ont parfois fait penser au Bashung de “Osez Josephine”.
Des textes emprunts de poésie, dont une adaptation de Berthold Brecht, et des envolées parfois spectaculaires, comme cette chanson où il quitte la scène pour rejoindre un piano en arrière salle et chanter la suite sans micro, puis revenir.
La suite qui a motivé ma venue c’est avec le grand mais visiblement méconnu Michel Cloup. Il semble loin le temps où il faisait la couverture des Inrocks avec son groupe Diabologum, trop peu de monde ce soir pour saluer cette figure importante du rock d’ici.
Ca ne l’empêchera pas de livrer un concert intense et intransigeant, à l’image de son album “Notre Silence” paru discrètement l’an dernier. Emaillé de pas mal de soucis techniques, problèmes d’accordage de guitare ou de laptop recalcitrant, et semble avoir un peu de mal à gérer tout cet armada de pédales samplers, il utilisera même son smartphone pour un sample.
Il commence par nous dire nous emmener dans un voyage, et on le suit volontiers, se prenant en pleine figure des morceaux entre spoken word et post rock dépassant parfois les 10 minutes. Des titres parfois scandés ou sussurés avec une progression dans la tension et une noirceur qui contrastent avec le coté accueillant et chaleureux de la Meson.
Si beaucoup comparent la musique de Cloup à Slint, j’ai pour ma part penser à une version française des regrettés Arab Strap. Après ces pépites glaçantes et hypnotiques que sont “Cette colère”, “Le cercle parfait” ou “L’enfant” nous aurons droit pour finir à un des classiques de Diabologum, “De la neige en été”.
On quitte la salle avec tout de même un petit sourire à la fin de cette expérience intimiste et prenante, c’est sa très jeune fille dont on se demandait au départ ce qu’elle faisait à un tel concert qui vient installer le stand de cd’s.
(critique écrite le 05/06/2011 par Pirlouiiiit)
le festival Gravitations #1 fait " logiquement " suite aux éditions 0 et 0,5 en 2009 et 2010 respectivement. N'ayant pas pu me rendre à la première soirée je me fais un peu violence pour aller à la deuxième qui a donc lieu à la Meson. Si au concert de la veille je connaissais au moins le nom de .../...
le festival Gravitations #1 fait " logiquement " suite aux éditions 0 et 0,5 en 2009 et 2010 respectivement. N'ayant pas pu me rendre à la première soirée je me fais un peu violence pour aller à la deuxième qui a donc lieu à la Meson. Si au concert de la veille je connaissais au moins le nom de Dick Annegarn, ce soir je ne connais absolument personne : Marc Tison, Les Empechés, Arthur Ribo, Dgiz ?!?
Aussi en cette période extrêmement chargée (vendredi je suis allé voir Nechehirlian, Dick Annegarn, DJ Shadow, samedi (j'ai fait mon molasson) Melissmell, lundi je vais voir Jon Spencer, mardi Battles et Action Beat) je suis un peu obligé de me faire violence … mais Gravitations ne m'a jamais déçu … et c'est tout près de chez moi … et la curiosité l'emporte fort heureusement encore sur la flemme …
Quand j'arrive je me dis que ce n'est pas le cas de la majorité du public à Marseille … Peu de monde dans la Meson et si on enlève les intervenants de ce soir et de la veille, vraiment pas grand monde du tout. Sur scène Marc Tison est déjà sur scène. Il lit / déclame des textes qui sont écrit de toute les tailles et selon toutes les mises en forme sur des feuilles qu'il jète au fur et à mesure. De temps en temps il prend un mégaphone … J'aime bien ce genre d'exercice avec des textes un peu abstraits dont il y a toujours quelque chose qui se dégage, surtout quand ils ont l'intelligence de ne pas durer trop. Bien accueilli part ses confrères et le reste du public il cède ensuite sa place aux Empéches.
Avant que ceux ci ne s'installent Frederic Nevchehirlian qui fait office de maitre de cérémonie, annonce l'intervention de Regina Blaim (qui était à l'affiche la veille) pour un texte dans mon souvenir un peu dur. C'est interessant, de pu d'intervention de slam que j'ai vu les textes les plus durs / violents / provocs / crus sont souvent dis par des femmes …
Les Empechés prennent ensuite place … il s'agit en fait de Christophe Isselée et Eric Cartier tous deux ex Vibrion (comme le Frederic cité ci dessus). Christophe à la guitare métallique donc, et Eric au chant (et guimbarde sur un morceau). Plus musical que les précédents de fait, on est pas loin de Vibrion justement et à ce moment là je me rend compte que ce groupe dont je suis tombé sous le charme dès la première écoute de leur albuméponyme est vraiment un projet à 2 têtes (et 6 autres paires de mains d'ailleurs).
Ayant déjà vu Christophe a l'œuvre c'est surtout Eric que je regarde. Il a l'air dans la lune … le regard un peu dans le vague … déconneur entre les morceaux (cf sa blague pendant que Christophe se raccorde). Les textes son beaux et sonnent. Je suis touché, tout de suite et sur leur morceau G8 je suis carrément ému par la puissance de ce texte pourtant simple en apparence. Waw ! Première claque de la soirée !
Ensuite le micro sera donné à Boutchou (aussi présente la veille). Elle porte bien son nom, sa voix ne correspond pas du tout à celle que je lui aurait donné. Texte intriguant qui passe à la vitesse de l'éclair … et qui a peine fini est repris au vol par Arthur Ribo qui sera ma deuxième claque de la soirée. Encore une fois je ne fréquente pas énormément les scènes d'impros, mais de peu de slam / hip hop que j'ai pu voir je n'avais jamais vu un mec qui improvise aussi bien.
Avec son accent parisien (à la R-Wan de Java) et ses faux airs de Yves Montand (je sais ça peut paraît une peu contradictoire) il enchainera des impros toutes plus habiles les unes que les autres. Qu'il demande aux gens 3 mots, 5 ou 6 mots (parmi lesquels shrek, myrtille, bigoudenne, prieuré, heineken, LSD, fiona, ocean, salade, vache, ongle, cadillac, casserole, ...), qu'il le fasse seul ou accompagné (tour à tour par Christophe, Dgiz ou la violoniste dont j'ai oublié le nom), non seulement ses histoires tiennent la route et riment, mais elles sont drôles (la salle passera son temps à se marrer)
Repartie de folie donc, pas crâneur pour autant, il m'en mettra vraiment plein la vue (je crois que je n'ai pas fermé la bouche de tout son set). Tout à fait le genre d'expérience qu'on a envie de décrire à ceux qui n'étaient pas là mais dont on ne peut pas rendre compte avec justesse. Pour finir il nous laissera le choix entre une nouvelle impro ou un texte écrit. Curieux nous choisirons le second. Il nous fera un texte interactif à base de " mais non ! - " mais si ! " bien agréable.
Ensuite nous aurons le droit à la très sympathique intervention du Capitaine Slam de Toulouse (aussi à l'affiche la veille)… qui sera rejoint par Dgiz aux mimes, lequel sera ensuite par la violoniste dont je parlais tout à l'heure pour tout le set. Tout aussi tchatcheur et parisien je pense, Dgiz est dans un registre plus … participatif on va dire.
Je ne sais pas si il fait cela à chaque fois mais là il puisera son inspiration dans le public et donc forcement dans le physique du public … en ce qui me concerne j'aurais le droit à une allusion à mes tong, mes cheveux et le fait que je suis assis par terre au premier coup puis à une comparaison (assez juste) avec Sami (quelqu'un d'autre étant désigné comme Scoubidou dans le public). Chose intéressante / amusante pas mal de ses vannes porteront sur les cheveux / coupes des gens.
En plus de chanter il joue de la contrebasse. En cela il m'a inévitablement fait penser à Fantazio avec lequel j'aimerais bien un jour le voir s'affronter (verbalement). Ce terme d'affrontement résume assez bien l'impression qu'il me laissera. Même si c'est sur le ton de la plaisanterie " Le Dimanche à la Meson, c'est le jour du charr-i-age ! " (sur l'air d'Amadou et Marianne) ça peut devenir un peu pesant quand on est pas dans le délire.
On en oublierait du coup presque son habileté musicale et verbale pourtant notable. Sur la fin il sera rejoint par Christophe, puis Arthur, et puis même Ahamada Smis qui était présent dans le public. Bref la soirée se finira en douceur et malgré l'heure tardive (pour une dimanche surtout) j'aurais un peu de mal à partir encore tout impressionné par ce que je venais de vivre.
Franchement je comprends la frustration de l'équipe de Gravitations de voir que sur un concert aussi extra-ordinaire si peu de monde a fait le déplacement. Il n'y a plus qu'à espérer que la prochaine fois, la vingtaine de personnes aura réussi à convaincre quelques personnes que ce que nous avons vécu ce soir fait partie de ces moments magiques que l'on ne trouve que dans le spectacle vivant ! En tout cas c'est typiquement le type de soirée qui me conforte dans mon choix de ne pas avoir de télé et qui me poussera a sortir plutôt que de me reposer chez moi la prochaine fois où j'hésiterai ...
et une petite des Empéchésici
et une petite de François Tisonici
et une petite de Boutchouici
et une petite de Capitaine Slamici
et une petite de Dgizici
(critique écrite le 15/05/2010 par Sami) Un peu d'appréhension en arrivant à la salle où les concerts commencent généralement tôt, les vigiles m'informent que c'est n'est pas encore ouvert et il n'y a pas foule qui attend.
Elle arrivera progressivement pendant le set de Dj Soulist écouté d'une oreille distraite, du bon hip hop dans le .../...
Un peu d'appréhension en arrivant à la salle où les concerts commencent généralement tôt, les vigiles m'informent que c'est n'est pas encore ouvert et il n'y a pas foule qui attend.
Elle arrivera progressivement pendant le set de Dj Soulist écouté d'une oreille distraite, du bon hip hop dans le style du label Stone Throw avec également un clin d'œil inévitable à Guru disparu il y a peu. Une date risquée, entre le pont de l'Ascension et le fait qu'il soit passé l'automne dernier au Poste à galène, qui peut expliquer que la salle ne soit pas pleine, malgré les nombreux passages de la tête d'affiche sur des radios comme Nova.
Qu'importe, l'ambiance est bon enfant dès les premières secondes du concert de Mayer Hawthorne et son groupe The County.
Tous vêtus de blazers vintage qui rappellent le clip de "Hey ya" d'Outkast. Basse, guitare, clavier et batterie indispensables pour rendre justice aux morceaux "à l'ancienne" de l'album "A strange arrangement". Un disque bien reçu par les amateurs de soul, sur la lancée d'un revival qui a réussi à Amy Winehouse, Jamie Lidell, Raphael Saadiq ou encore Alice Russell, mon concert préféré de l'an dernier.
Je ne peux pas dire que celui là m'a autant marqué, mais il est dans le genre très réussi. Commençant en fanfare avec les morceaux les plus Motown de son registre comme "Your easy lovin' ain't pleasin" et "Make her mine", le chanteur et sa section rythmique nous régalent d'entrée.
Pas vraiment de temps mort bien qu'il tchatche beaucoup entre les morceaux (l'album ne durant qu'une demi heure, faut bien meubler), comme apparemment sur son twitter où un fan lui demandait s'il allait jouer son titre favori "Maybe so, maybe no". On ne sait pas trop où est ce qu'il veut en venir quand il nous demande si on aime la soul, le rock'n'roll, la country (le seul genre boudé dans la salle), on va le comprendre assez vite.
Quand il évoque ses débuts dans le hip hop c'est pour entonner le refrain d'un morceau old school (pas sûr d'avoir reconnu mais ça sonnait comme du Slick Rick). Et pour ce qui est du reggae, c'est avant de jouer une version chaloupée de son premier single "Just ain't gonna work out" qui rappelle qu'une chanson peut marcher dans n'importe quel genre quand elle bonne à la base.
A peu près tous les morceaux du disque sont joués, des plus groovy à des passages plus "lover" ("Green eyed love") un peu convenus mais pas surprenant quand on voit les vinyles en forme de cœur à la sortie. On y entend un inédit assez funk composé par le guitariste et plusieurs reprises.
Le spectre est assez large, ça va du "Gansgta love" de Snoop Dogg en passant par "Mr Blue Sky" d'ELO, qui nous venge presque de son utilisation abusive pour une pub tv.
Qui plus est couplé de façon monstrueusement efficace au "Fly or die" de N.E.R.D., un des moments les plus rock de la soirée.
Au rappel qui semblait un peu improvisé, ce sera l'impeccable "Work to do" des Isley Brothers. Typiquement le genre de concert maîtrisé, sans grande surprise et pas excessivement long, qui fait du bien aux oreilles et aux jambes, on en attendait ni plus ni moins et on le reverra avec plaisir.