du 1er au 8 octobre - Pays d'Aix Le Festival de la chanson française du Pays d’Aix invite chaque année, à la rentrée, nos grands auteurs, compositeurs et interprètes, et les jeunes talents de notre scène musicale.
Autour des concerts, le Festival propose également des conférences, des rencontres, des signatures, des expositions, mais aussi un atelier d’écriture.
Enzo Enzo (Festival de la Chanson Française) - 5 Octobre 2010 - Salle du Bois de l’Aunes - Aix en Provence (critique écrite le 12/10/2010 par Ysabel) Petit détour par le Festival de la Chanson Française à la Salle du Bois de l’Aunes d’Aix-en-Provence, Mardi dernier, pour assister au concert de Enzo Enzo, avec Christian Sbrocca en première partie.
Commençons par le commencement. Christian Sbrocca est un artiste québécois, qui nous a .../...
Petit détour par le Festival de la Chanson Française à la Salle du Bois de l’Aunes d’Aix-en-Provence, Mardi dernier, pour assister au concert de Enzo Enzo, avec Christian Sbrocca en première partie.
Commençons par le commencement. Christian Sbrocca est un artiste québécois, qui nous a présenté en session acoustique (piano & guitare) un doux mélange de ses propres créations et d’un hommage à Charles Trenet.
Accueilli un peu timidement, par un public plutôt venue applaudir la tête d’affiche, il nous lance un "On m’avait dit que le public français était chaleureux ... !!" qui fait mouche et met tout le monde dans le bain (l’accent québécois étant, comme tout le monde le sait, absolument irrésistible !!). Il enchaîne même par un "Comme on dit par chez moi, j’ai brisé la glace !" qui plonge définitivement la salle dans la bonne humeur et annonce la couleur de la soirée.
Sur ce, il commence par se présenter : auteur, compositeur, interprète de Montréal, il est venu participer à ce festival, en tant que fervent défenseur de la langue française, comme beaucoup des ses compatriotes. Il en est très heureux puisque c’est la première fois qu’il "performe" (dans le texte !!) sur une scène en Europe.
Pour ce faire, il a même amené un camarade de jeux : un mannequin qu’il sort d’un grand sac de voyage, vêtu d’une chemise à carreaux 100% bûcheron québécois et d’un chapeau de cow-boy, qui va prendre place devant le piano pour l’accompagner. Façon tout à fait amusante de ne pas nous lancer bêtement la bande son (et oui, il ne peut être à la fois au four et au moulin !!)
A noter de très jolies reprises des standards de Trenet, avec en particulier un "Que reste-t-il de nos amours ?" tout à fait étonnant, jouant sur les harmonies et prenant la mélodie à contre-temps .... Belle mise en jambes pour la suite du programme.
Après une courte pause, le noir revient. Le piano s’allume et le pianiste prend place .... il commence à jouer et une voix s’élève des coulisses .... Enzo Enzo entre sur cette scène totalement épurée, éclairée d’une lumière bleue, toute en sobriété elle aussi : pantalon noir, chemisier blanc et micro à la main. Et elle commence par "L’homme de Plume" extrait de l’album Paroli.
Elle va ensuite enchaîner les morceaux, tantôt seule sur l’avant scène, tantôt appuyée sur le piano, alternant les chansons et nous offrant tour à tour son émotion et son espièglerie (et parfois même les deux en même temps).
J’ai beaucoup aimer son interprétation de "Edith". Magnifique texte d’Allain Leprest, qu’elle introduit en nous donnant sa vision du mot "interpréter" : une vrai rencontre entre un artiste et un auteur .... Et cette rencontre, on le comprend bien vite, est toute emprunte de tendresse.
Elle nous emmène ensuite dans des sonorités plus dansantes, prend des postures de tango, la main levée et le menton haut. Elle habite cette scène seule, avec son pianiste et sa musique. Chaque morceau est précédé d’une petite introduction. Elle aime a faire partager le pourquoi de chacune de ses chansons et se fait accompagner de jeux de lumières, parfois couchantes, toutes en ombres chinoises comme pour "Shalimar", qui nous laisse un petit goût de nostalgie dans le coeur et les yeux.
Un peu plus tard, après une évocation musicale tu tango, elle envoie un baiser vers le ciel à l’attention de "Copito", le gorille blanc du zoo de Barcelone, avec lequel elle a manqué, dit-elle, un rendez-vous poétique, un au-revoir trop souvent reporté.
Mais elle ne sombre jamais dans la tristesse, sait aussi nous entraîner dans de savoureux dialogues musicaux et visuels avec son pianiste Angelo Zurzolo, sans aucun doute complice de longue date, avec lequel elle entame une mini scène de ménage sur "Panne de coeur". Sans oublier le badinage qu’ils nous offrent tous deux avec "Je hais les gosses" : démarrage à l’américaine, ambiance piano-bar assis tous deux côte à côte, pour finir en chamaillerie (elle s’affale sur lui, fait des grimaces, tape des notes en désordre sur le piano et fini par lui piquer sa partition) ... Ce qui lui vaudra d’être virée de la banquette et de terminer sur les fesses !!
Encore une jolie introduction pour la chanson "En douce", avec ces quelques mots de Mistinguette : "Est-ce que vous avez l’impression que la terre tourne ? Non ? C’est parce que vous n’avez jamais été embrassés comme il faut !". Et elle nous montre une autre facette de sa voix à tiroir, en y ajoutant un peu de la gouaille qui fait le titi parisien.
Petite pause avant La Chanson que tout le monde attend .... Elle boit l’eau de la rose qui est posée sur le piano. Et nous raconte qu’un soir où elle prenait l’apéritif avec son père, celui-ci ouvre un apéricube et découvre, pas peu fière, la question suivante : Qui a écrit "Juste quelqu’un de bien" ? Cette notoriété incontestable la fait plutôt rire et lui donne envie de faire inscrire sur sa pierre tombale : Ci-gît une très bonne amie de la Vache Qui Rit !! La chanson démarre, elle la désacralise avec beaucoup d’humour, nous présentant son derrière (et oui !!) et en nous demandant de participer, tout en taquinant ceux qui se trompent avec un "Bon, je t’aide parce que tu ne connais même pas les paroles !!"
Pour moi deux mentions particulières pour "Des roses et des ronces" et "A mardi", chantées tout en douceur, accoudée au piano, avec encore plein d’échanges tendres et amusants avec son pianiste. Et on termine par un lâchage complet sur "Histoire de dents", avec à la fin éclats de rires et salut en danseuse du Lac des Cygnes. Angelo la prend dans ses bras et la couche sur le piano. Dernier morceau interprété ainsi, moitié parlé, moitié chanté. Il s’agenouille devant elle pour la faire descendre et saluent tous deux, dans les bras l’un de l’autre.
Ils reviendrons pour deux rappels : "Les yeux ouverts" (version française .... Festival oblige .... de "Dream a Little Dream of Me") et "Ca me suffit" tout simplement assise sur le piano.
Ce fut une soirée riche en émotions et pleine de tendresse.
Encore plus d’info avec la Setlist (et j’ai eu la sienne personnelle en propre !!)
1- L’homme de plume
2- Dehors
3- Edith
4- La petite fille
5- Ils s’adorent
6- Shalimar
7- Copito
8- Panne de coeur
9- Je hais les gosses
10- En douce
11- Eve
12- Les Naufrages
13- Quelqu’un de bien
14- Des roses et des ronces
15- A mardi
16- Histoire de dents
17- Youkali
Richard Gotainer (Festival de la Chanson Française d'Aix) - 1er octobre 2010 - Espace Duby - Eguilles (critique écrite le 08/10/2010 par jorma) Vous êtes un grand dadais, un potache amateur, un amateur de bons mots, un vieil espiègle à l’œil malicieux ou encore Pervers Pépère ??
Et ben le concert de ce soir est pour vous.
Une soirée qui fleure bon les bancs de l’école d’antan, Achille Talon et Pim Pam Poum en compagnie d’un adolescent .../...
Vous êtes un grand dadais, un potache amateur, un amateur de bons mots, un vieil espiègle à l’œil malicieux ou encore Pervers Pépère ??
Et ben le concert de ce soir est pour vous.
Une soirée qui fleure bon les bancs de l’école d’antan, Achille Talon et Pim Pam Poum en compagnie d’un adolescent éternel, j’ai nommé : Richard Gotainer.
C’est dans une salle à guichet fermé et en un lieu improbables, à Eguilles plus précisément, que se produit ce soir le fringuant quinquagénaire, devant un parterre hétéroclite relativement bigarré. Je dis bigarré en raison du mélange sympathique que forme les quelques rockeurs croisés, les nombreux couples, les familles, ado et jeunes enfants qui prennent place sur les sièges de la salle Duby et piaillent à qui mieux-mieux.
Premier signe de l’humour ravageur du garçon dès l’arrivée dans les lieux, les caleçons blancs imprimés "il est où le Youki ?" en vente au coté des cd’s, dvd et autre affiches. Imparable.
Premier signe de l’humour ravageur des organisateurs de la soirée, pas de buvette. A la limite, qu’y ait pas d’alcool…ça peut se comprendre…y’a des enfants. Mais même pas une boisson gazeuse quelconque !
Pourtant, dans les spectacles de fin d’année d’école élémentaire, y’a bien des buvettes quand même ! Enfin…
Place au show, et le spectacle de ce soir s’intitule "Comme à la maison". Et c’est donc tout naturellement qu’une ambiance "salon" a été recrée sur scène avec table basse, thermos de café, tasses et chaises pour 1h45 de joie, d’humour et de nostalgie.
Après une introduction des organisateurs faisant la part belle aux sponsors et appuis politiques, nous allons avoir, enfin, le privilège de voir débouler le Zazou et son équipe sur scène pour un Toufoufou lançant le début d’une soirée où un sourire un peu niais ne quittera à aucun moment mes lèvres.
Comment rester de marbre devant Le taquin et la grognon, Mon gros copain ou encore ma préférée d’entre toute La ballade de l’obsédé, je vous le demande ?
Suivi, toujours en dessous de la ceinture, de Quéquette blues et son cœur magistral "zob zob zob zobi" lancé par le bassiste lors du refrain ? C’est comme les caleçons : I-M-P-A-R-A-B-L-E.
S’ensuit la pièce de résistance des 4 saisons de l’amour, qui va rehausser le niveau au niveau du cœur justement, en nous contant les aléas d’éros. De belles harmonies vocales hilarantes sur Chlorophylle est de retour à base de "piou piou piou cui cui cui" pour introduire le mouvement, l’éclosion de l’amour pendant Avant de voir ses yeux, le temps de l’idylle sur Youpi Youpi Youpi, le déclin de la relation pendant La photo qui jaunit pour arriver à la rupture sur Elle est partie avec Robert. Et la vie qui continue sur Aguegue : point d’exclamation. Cette jolie pièce va également être l’occasion pour Richard Gotainer de présenter ses talentueux musiciens, qui apportent un parfait pendant visuel au facétie du bonhomme.
La poésie reste ensuite de mise avec le très beau morceau qu’est Le béquillard des bois introduit comme La-chanson-s-il-ne-devait-en-rester-qu-une, par Richard himself, avant un retour tonitruant en dessous de la ceinture et cette somptueuse chanson sur les flatulences gastriques, Une petite perle, dotée, en prime, d’une chorégraphie inoubliable et tout à fait délectable.
Détour par Rupture de stock, une chanson militante sur l’eau et sa raréfaction écrite en 1992 –eh oui, au siècle dernier, déjà…-, avant d’avoir droit à un final explosif composé des hits interplanétaires que sont les Youki, Chipie, Primitif et autre Poil au tableau !
Et quel plaisir de voir, enfin, quelques homo sapiens se lever et manifester leur contentement par une agitation frénétique de leur corps ! Moi, ça me fait toujours un plaisir fou de voir des gens à fond dans leur trip, sans se soucier du reste…
Mais le meilleur moment, en ce qui me concerne, était à venir.
En rappel, rien de moins que les années "pub" de Richard ! Belle des Champs ! B.N !! Buvez, éliminez!!! Danette!!!! Banga!!!! Putain, dans Banga y’a de l’eau, oui mais pas trop !!!!
Si c’est pas trop bon, ça !!
Entendre ces petites ritournelles ça vous replonge dans des souvenirs, des images, des saveurs (oui, bon, d’accord, Belle des Champs c’est pas du Maroilles, mais quand même…). Enfin, bref, c’est une tranche de votre enfance qui vous remonte à la tête…ou de votre jeunesse…ou d’une autre époque…évidemment, ça dépend à quel moment vous êtes nés.
La version du Sampa au Ukulélé restera également le grand moment d’un concert qui se terminera en fanfare, en chenille et en jeune fille remuant du popotin sur le Mambo du décalco, avant de voir un Richard Gotainer venir dédicacer ses caleçons "Youki" et cd’s divers pour clore une soirée qui vous laisse forcément un sourire enfantin sur votre visage rajeunit de 20 ans…
Fatals Picards (Festival de la chanson française) - 09 octobre 2009 - Salle du bois de l’Aune - Aix (critique écrite le 30/10/2009 par Boby)
Avant dernière soirée de la 7éme édition du festival de la chanson française, et pas des moindre. Une semaine après le génialissime Raoul Petite c’est aux talentueux Fatals Picards de venir enflammer le pays aixois. Ancien ambassadeur de la chanson française voila déjà quelques années en .../...
Avant dernière soirée de la 7éme édition du festival de la chanson française, et pas des moindre. Une semaine après le génialissime Raoul Petite c’est aux talentueux Fatals Picards de venir enflammer le pays aixois. Ancien ambassadeur de la chanson française voila déjà quelques années en Finlande, le groupe ne semble pas avoir perdu de sa renommée, au final une salle quasi comble.
Bien que nous ayons raté Timek, la simple idée de savoir que dans quelques instants les Fatals Picards arrivent sur scène nous réchauffe. Pour le reste de la salle qui, lui, est arrivé à l’heure l’humeur est elle aussi au beau fixe, une légère odeur de transpiration se ballade dans la salle, une température à faire sauter un thermomètre, on ne peut se tromper, ces signes là sont les signes avant coureur d’une très bonne soirée qui se profile. Il faut avouer qu’il y a un sacré contraste entre le public présent il y a une semaine pour Raoul Petite, regroupant majoritairement des bobos frustrés, et celui de ce soir, a vrai dire la quasi majorité des personnes présentes sont soit au lycée soit à la fac.
Enfin les lumières s’éteignent, un présentateur vient brièvement annoncer le groupe, bien que facultative, cette dernière n’empêche pas le show de démarrer. En un rien de temps nos quatre picards –parisiens- investissent les lieux. Une boutade et c’est parti. "La sécurité de l’emploi" ouvre le bal. Le public estudiantin oblige la mise en abyme est instantanée. Il faut avouer que si les Fatals Picards jouissent d’un tel succès c’est grâce à leurs textes populaires s’identifiants à une grande majorité, de 7 à 77ans il y en a pour tout le monde. Des pseudos artistes avec "L’histoire d’une meuf", à "Lady Diana" en passant par la solitude et le célibat, impossible de ne pas s’y identifier.
Puis vient le quart d’heure prolétarien. Enchainement de morceaux engagés plus délectables les uns que les autres. De l’avis général, personne n’est déçu, sauf peut être le seul étudiant - de France -soutenant Bayrou, un pré ado boutonneux au polo orange scandant "Vive le Modem". Bien que les thémes abordés soient des plus sérieux, les Fatals ne laissent pas pour autant leur humour de côté. "Cette chanson est pour le Ché ! Vous le connaissez peut être, c’est le mec qui vend des sacs, des serviettes, des pulls enfin plein de trucs comme ça…". L’assemblée répond aussi tôt par de grands rires. Cette ambiance bonne enfant c’est tout le long que nous la retrouvons et plus particulièrement lorsqu’il s’agit de se moquer comme se fut le cas avec "Boum", hymne à l’adolescence et à Superbus. De l’imitation de Jenn aux paroles peu recherchées, on se croirait propulsé dans "Pop and Gum". Après un court rappel, le quatuor conclut sur "Partenaire Particulier", reprise de Telephone.
Une ambiance de folie, un public au rendez vous et un spectacle de qualité, tous les éléments étaient présents pour passer une bonne et agréable soirée. Même le prix restait raisonnable, chose peu courante dans l’univers musical aixois. Réagir à cette critique