Marseille-Provence 2013 Capitale Européenne de la Culture
Marseille - Provence - Année 2013
En 2013, Marseille Provence sera Capitale européenne de la culture. Pendant un an se succéderont expositions, concerts, grands rassemblements ...
En 2013, Marseille Provence sera Capitale européenne de la culture. Pendant un an se succéderont expositions, concerts, grands rassemblements ...
Marseille-Provence 2013 Capitale Européenne de la Culture
Marseille-Provence 2013 Capitale Européenne de la Culture : vos critiques de concert
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Samedi 25 Mai 2013
Les Poulettes

Ferme de Noé - Trets (13)
[20h30]
les Poulettes
Une balade toute en chansons, teintée de nuances et de diversité. Chaque morceau propose une escale tantôt enjouée, tantôt engagée, invitation à danser ou hymne à la sieste....
les Poulettes : vos critiques de concert
les Poulettes : vos critiques de CD
Marseille-Provence 2013 Capitale Européenne de la Culture : vos dernières critiques de concert
3 avis et critiques de concert
Lo Cor de La Plana - 17 Mars 2013 - J1 - Marseille 


(critique écrite le 20/03/2013 par Sebsousladeferlante)
En l'occasion de la Saint Patrick j'entre pour la première fois au J1.
A l'ouverture des grilles il faut gravir des escaliers métalliques qui donnent sur une plate forme dix mètres plus haut, avec une vue sur les dômes de la Vielle Major, tourner à droite, passer un pont pour aboutir sur une .../...
En l'occasion de la Saint Patrick j'entre pour la première fois au J1.

A l'ouverture des grilles il faut gravir des escaliers métalliques qui donnent sur une plate forme dix mètres plus haut, avec une vue sur les dômes de la Vielle Major, tourner à droite, passer un pont pour aboutir sur une première pièce ouverte sur l’extérieur où est exposé une structure monumentale de larges gaines électriques en guise de lustre, juste avant l'entrée de l'espace principal.

En poussant la porte du J1, je suis d'abord séduit par l'odeur de bacon grillé qui m'attire vers le stand restauration avec à la carte, sandwich aux oeufs brouillées et bacon grillé ou tranches de poisson frais. Face au stand, une trentaine de tables sont étalées pour nous accueillir. Plus loin, tout au fond, après un alignement de lampes recouvertes de tissus orange en guise d'abat jour, la scène prête, attend le groupe de ce soir.

Juste avant d'y arriver, mes oreilles se cambrent ; sur la droite un pupitre sonorisé sous deux projecteurs face à quelques larges marches diffuse une mélodie bien connue car tant de fois jouée sur ma platine. Ce disque des Pogues : Rhum Sodomy And The Lash et ce titre Waltzing Matilda pour patienter.

Instant hors du temps, idéal pour admirer la superbe vue sur la mer qu'offre ce hangar. Suit une voix encore caractéristique, après celle de Shane MacGowan, celle des incontournables Dubliners et leur folklore irlandais : It's Saint Patrick's Day!

Direction enthousiaste vers la scène accotée au bar ou la Guinness coule à flot...
Enfin le groupe arrive, sauvé.

Lo Cor de La Plana ce soir accompagnés de Gurvond Le Gac à la Flûte bretonne pour hommage à ce jour de la Saint Patrick.
Chanté de bout en bout en Provençal Occitan, la troupe ouvre avec Tant Deman "Peut être demain" un super tube.

Deux hommes jouent du bendir (tambour à main) et un du Tamburello (tambourin) debout en chantant, deux autres sont assis pour des jeux de mains en tapant des pieds accompagnant au chant. Un énorme tambour semblable à celui vu joué un soir par Asian Dub Fondation est posé au fond de la scène.

Le tamburello sonne comme les qraqech de Gnawa Diffusion et produit un effet de transe immédiat, les bendirs alliés aux mains renvoient vers l'orient, l'Asie centrale et comme il est bon de se laisser envoûter par ces choeurs vocaux variés qui s’entremêlent et grimpent vers des accents polyphoniques corses avec des trémolos médiévaux rythmés par ces jeux de basse amplifiés tapés du pied.

C'est un mélange poignant mêlant bien des époques, des siècles en arrière, il font jour sur tant d'horizons, de l'orient à l'occident, jusqu'aujourd'hui pour créer une musique avant-gardiste ou j'y retrouve encore des velléités de Hip-Hop, Ragga, avec de la tchatche à la Fabulous Troubadour.
Un long solo de flûte bretonne quasi virtuose de Gurvond Le Gac agrémente le morceaux lui donnant une teneur celte de très bon goût pour l'occasion.

Suit On se les gèle traduit de l'Occitan qui décrit certainement une tendance à l'humour et la dérision dans leur textes où juste avant d'y aller le chanteur principal ironise sur les architectes du J1 en les remerciant pour leur superbe alignement d'abat jour, il est vrai qu'ils sont peut être la seule chose notable tant la teneur du lieu frise l'indigence avec la petite température pour preuve.

Lo Cor de La Plana s'embarque pour un très long jeu d'une vingtaine de minutes enflammant le public, agrémenté de solos de flûte de Gurvond Le Gac résonnants à l'infini. Le public est invité à se prendre par la main et former une farandole avant le départ d'un nouveau morceau très rythmé voyant une centaine de personne déambuler en sautillant joyeusement, main dans la main, s'amusant à encercler les quelques réfractaires.
Encore quelques morceaux et une deuxième farandole faisant toujours plus d'émules pour clore ce superbe concert, rapport qualité prix époustouflant.

Dès le départ du groupe deux DJ aux tshirts irlandais, à la barbe longue, investissent la mini scène juste en arrière pour trinquer à vue, affichant la fierté d'une bonne bière conviviale et salutaire avant de balancer Streams Of Whiskey des Pogues, pas moins!
Véritable piège à foule le public investi l'espace, suit l'imparable duo Pogues et Dubliners chantant Irish Rover... Oh my Guinness!

A l'ouverture des grilles il faut gravir des escaliers métalliques qui donnent sur une plate forme dix mètres plus haut, avec une vue sur les dômes de la Vielle Major, tourner à droite, passer un pont pour aboutir sur une première pièce ouverte sur l’extérieur où est exposé une structure monumentale de larges gaines électriques en guise de lustre, juste avant l'entrée de l'espace principal.

En poussant la porte du J1, je suis d'abord séduit par l'odeur de bacon grillé qui m'attire vers le stand restauration avec à la carte, sandwich aux oeufs brouillées et bacon grillé ou tranches de poisson frais. Face au stand, une trentaine de tables sont étalées pour nous accueillir. Plus loin, tout au fond, après un alignement de lampes recouvertes de tissus orange en guise d'abat jour, la scène prête, attend le groupe de ce soir.

Juste avant d'y arriver, mes oreilles se cambrent ; sur la droite un pupitre sonorisé sous deux projecteurs face à quelques larges marches diffuse une mélodie bien connue car tant de fois jouée sur ma platine. Ce disque des Pogues : Rhum Sodomy And The Lash et ce titre Waltzing Matilda pour patienter.

Instant hors du temps, idéal pour admirer la superbe vue sur la mer qu'offre ce hangar. Suit une voix encore caractéristique, après celle de Shane MacGowan, celle des incontournables Dubliners et leur folklore irlandais : It's Saint Patrick's Day!

Direction enthousiaste vers la scène accotée au bar ou la Guinness coule à flot...
Enfin le groupe arrive, sauvé.

Lo Cor de La Plana ce soir accompagnés de Gurvond Le Gac à la Flûte bretonne pour hommage à ce jour de la Saint Patrick.
Chanté de bout en bout en Provençal Occitan, la troupe ouvre avec Tant Deman "Peut être demain" un super tube.

Deux hommes jouent du bendir (tambour à main) et un du Tamburello (tambourin) debout en chantant, deux autres sont assis pour des jeux de mains en tapant des pieds accompagnant au chant. Un énorme tambour semblable à celui vu joué un soir par Asian Dub Fondation est posé au fond de la scène.

Le tamburello sonne comme les qraqech de Gnawa Diffusion et produit un effet de transe immédiat, les bendirs alliés aux mains renvoient vers l'orient, l'Asie centrale et comme il est bon de se laisser envoûter par ces choeurs vocaux variés qui s’entremêlent et grimpent vers des accents polyphoniques corses avec des trémolos médiévaux rythmés par ces jeux de basse amplifiés tapés du pied.

C'est un mélange poignant mêlant bien des époques, des siècles en arrière, il font jour sur tant d'horizons, de l'orient à l'occident, jusqu'aujourd'hui pour créer une musique avant-gardiste ou j'y retrouve encore des velléités de Hip-Hop, Ragga, avec de la tchatche à la Fabulous Troubadour.
Un long solo de flûte bretonne quasi virtuose de Gurvond Le Gac agrémente le morceaux lui donnant une teneur celte de très bon goût pour l'occasion.

Suit On se les gèle traduit de l'Occitan qui décrit certainement une tendance à l'humour et la dérision dans leur textes où juste avant d'y aller le chanteur principal ironise sur les architectes du J1 en les remerciant pour leur superbe alignement d'abat jour, il est vrai qu'ils sont peut être la seule chose notable tant la teneur du lieu frise l'indigence avec la petite température pour preuve.

Lo Cor de La Plana s'embarque pour un très long jeu d'une vingtaine de minutes enflammant le public, agrémenté de solos de flûte de Gurvond Le Gac résonnants à l'infini. Le public est invité à se prendre par la main et former une farandole avant le départ d'un nouveau morceau très rythmé voyant une centaine de personne déambuler en sautillant joyeusement, main dans la main, s'amusant à encercler les quelques réfractaires.
Encore quelques morceaux et une deuxième farandole faisant toujours plus d'émules pour clore ce superbe concert, rapport qualité prix époustouflant.

Dès le départ du groupe deux DJ aux tshirts irlandais, à la barbe longue, investissent la mini scène juste en arrière pour trinquer à vue, affichant la fierté d'une bonne bière conviviale et salutaire avant de balancer Streams Of Whiskey des Pogues, pas moins!
Véritable piège à foule le public investi l'espace, suit l'imparable duo Pogues et Dubliners chantant Irish Rover... Oh my Guinness!
Soirée d'ouverture de Marseille Provence 2013 - 12 janvier 2013 - Marseille

(critique écrite le 13/01/2013 par Mystic Punk Pinguin)
Cette journée d'ouverture de Marseille Provence Capitale Européenne de la Culture, commence avec une manifestation des salarié(e)s de Virgin Megastore, menacé de liquidation. On part en cortège de la Rue St Fé. Arrivé sur le Vieux Port piéton, déjà noir de monde, l'accueil est des plus chaleureux, .../...
Cette journée d'ouverture de Marseille Provence Capitale Européenne de la Culture, commence avec une manifestation des salarié(e)s de Virgin Megastore, menacé de liquidation. On part en cortège de la Rue St Fé. Arrivé sur le Vieux Port piéton, déjà noir de monde, l'accueil est des plus chaleureux, de nombreuses pétitions sont signées. Je tchatche précarité avec une bénévole de MP2013, par ailleurs chômeuse. Dès que l'on arrive à l'esplanade Bargemon, deux cordons de flics nous entourent. Ils sont à cran, rien ne doit gâcher la fête. La manif, bon enfant, s'arrête devant le Pavillon M, avant de repartir jusqu'au magasin. Belle introduction pour cette année, les luttes sociales faisant partie de la Culture, il ne faudrait pas que l'on oublie la lutte des classes sous prétexte de fête.

Retour sur le Vieux Port quelques heures plus tard. Nous voilà en route pour la Grande Clameur, cette fois-ci mon cortège se compose de poussettes et d'enfants. On fantasme de traverser ce Marseille piétonisé comme promis, et, première fausse note, des bagnoles traversent la Canebière au niveau Bd d'Athènes / Cours Lieutaud, alors que la foule afflue. Je peste intérieurement, cette ville ne pourra jamais exorciser, ne serait-ce que pour une soirée, entièrement le démon voiture. On descend l'avenue du chanvre, les marseillais sont de sortie, en masse, populaire et métissés. On ne pourra lever ça à cette soirée, le réel désir de la population de vivre un événement culturel, elle qu'on caricature avec le foot et la variété crasse. L'ambiance est bonne, les gens sont contents. La présence policière est omniprésente, sensée rassurer, elle est pour moi pesante (ma mauvaise conscience de syndicaliste surement. Ou plutôt mes mauvais souvenirs de tonfas.). D'autant que pour l'instant, la seule "ambiance" sonore est celle des sirènes de bagnoles de la maréchaussée. On se faufile au milieu du Vieux Port, bien placés pour la Clameur et l'illumination. L'attente se fait, toujours dans un climat joyeux. Les lascars font gaffe aux poussettes. Ceux qui fantasmaient sur un déferlement des barbares des Quartiers Nord venus foutre le bordel en sont pour leurs frais, "ces gens-là" sont aussi des grands enfants qui ont envie de participer à la fête promise.

19h, rien, nibe, que dalle. En guise de clameur, des gens, des enfants crient. On s'attendait à sirènes, corne de brumes, mais c'est un silence gêné. Les regards se croisent, interrogatifs. Il devait bien se passer quelque chose, non ? Pourquoi ne pas avoir tout simplement fait un compte à rebours pour la Clameur ? C'est quand même le minimum pour que les gens crient ensemble. Pourquoi ne pas avoir déclenché les sirènes à ce moment là ? C'est tellement évident qu'on se demande comment des gens payé plus de 5.000 euros par mois n'y ont pas pensé. La déception se lit sur les visages, et, comme on est à Marseille, s'exprime à haute voix. D'autant qu'on attendait aussi que "Marseille disjoncte", comme promis, et qu'en guise de black out, seuls les réverbères et les éclairages publics s'éteignent. Pétard mouillé là aussi. C'est con, une ville plongée dans le noir, ça aurait suscité les hurlements. Là, c'est un peu l'incompréhension. Heureusement la Bonne Mère s'illumine de bleu et blanc (pas fan moi), entrainant une sincère admiration, suivi par le Fort St Jean en mauve, bien plus réussi à mon sens. Une fontaine d'artifice s'élève de l'eau du port, ces jets d'eau colorés sont plutôt jolis mais ça fait chiche comme inauguration d'un événement présenté comme majeur.

Sous des commentaires majoritairement déçus, le foule se met en branle. On choisit de se diriger vers le Cours Estienne d'Orves, ayant promis aux gamins des anges qui dansent dans le ciel. Ce ne sont pas les seuls à avoir des étoiles dans les yeux à cette évocation. Les déplacements et la cohue sont bordéliques, on va pas se plaindre du succès d'affluence, d'autant que peu d'esprits s'échauffent. On approche du cours, avec toujours ce décor de robocops et de camionnettes de gendarmerie. La place est inaccessible, en plus de la foule, les flics ferment les accès des petites rues. Sans aucune explication, on est sensé comprendre qu'il faut contourner par la Place aux Huiles. Du coup, on plante côté Bricorama et on ne verra que les anges s'élancer, sans rien voir de la suite. Déçus, dépités pour les gosses, on rebrousse chemin au bout d'une demi-heure pour remonter la Canebière jusqu'à Belsunce. Et là, rien. Pas une animation, ni sur le Port, ni sur l'avenue. C'est quand même fou de ne pas avoir pensé à proposer quelque chose sur cet axe central. J'avais cru comprendre que Nasser devait se produire au niveau de l'Espace Culture, mais non. Des écrans projettent des commentaires d'acteurs culturels sur Marseille, mais pour voir certains de mes potes, j'ai qu'à aller au Bar de la Plaine ... On remonte Belsunce, les fleurs géantes sont jolies, les gamins apprécient et ça enchante le cours. Espérons que ça se pérennise, voire envahissent d'autre rues. Un spectacle de danse a lieu au milieu du cours, mais comme il se passe au niveau du sol, on ne voit rien. Dommage de ne pas avoir proposé cela sur une estrade. C'est à ce moment-là que les familles avec gosses avec qui je déambulais renoncent. Les enfants tirent la gueule, ils n'ont pas eu droit à la fête promise.

On continue notre pérégrination sans enfant ni poussette, cela nous conduit Place Sadi Carnot où des esquimaux avec tronçonneuse sculptent des méduses (sur un podium, eux), puis on tire vers l'Esplanade Bargemon où il n'y a rien (c'est con, un podium comme pour les concerts d'été, ça l'aurait fait), on remonte, on croise plein des gens qui déambulent comme nous, sans but. On se plante à un bar, blindé comme la plupart des restaus, grands gagnants de cette soirée, et aux tables voisines, les commentaires désabusés sont majoritaires, preuve qu'il y avait quand même une grande attente.
Comment comprendre l'absence de réelle animation sur la Canebière et le Port ? Soit on parle d'incompétence, soit on franchit allégrement le pas en disant qu'il s'agit d'une volonté politique. En effet, MP2013 s'inscrivant dans l'opération Euroméditerranée, qui cherche effectivement à virer les pauvres du centre de Marseille, la volonté est de créer artificielement un centre de vie dans l'axe République-Joliette. C'est pour cela que pas mal d'animations y étaient concentré. Mais on ne peut pas avoir raison contre le peuple, lui sait que le centre de Marseille c'est Canebière - Vieux Port et il s'y rend naturellement. D'où la déception d'y trouver pas grand chose.

On aurait pu renoncer à ce moment là. Nous aurions eu tort.
Retour à Belsunce pour l'arrivée de la parade de Sud Side. Alléluia, last night, rockers saved my life ! On connait les camarades, on estime leur boulot, on se défonce à leurs soirées. Et ce fut eux qui, hier soir, nous ont sauvé du cynisme. Un camion de pompiers avec boule à facettes, une bétonnière transformée en chaudron, des voitures désossées et fleuries, des mécanismes ambulants. Une jubilatoire parade cyber punk et prolétaire (l'hommage à la classe ouvrière étant évident, d'autant que des élèves de lycée technique ont activement participé à la construction des véhicules et sont mis à l'honneur sur les plateformes de ceux-ci). Une musique indus light ponctue le cortège, le public massé sur les côtés s'enfourne à la suite dans une liesse populaire. Enfin ! Dommage qu'il ait fallu attendre 22h, et que la plupart des gamins soient rentrés, pour vivre cela. On reste dans le cortège, se ressourçant dans ce moment d'enchantement partagé.
Puis on bifurque vers la place du Lycée Thiers (Assassin de la Commune, deux jours après l'anniversaire de Louise Michel qui n'a pas de lycée à son nom à Marseille, honte à nous). Là Juan Carmona joue avec des musiciens orientaux sur une vraie scène. Du genre qui manquait sur la Canebière, à Belsunce, sur le Port. C'est blindé de monde, et ce flamenco méditerranéen réchauffe les cœurs. On ne reste pas longtemps, ne voulant pas manquer les anges du Cours Estienne d'Orves qui remettent ça à 23h. Toujours une bonne ambiance dans les rues (c'est les fachos qui doivent regretter l'absence de dérapages de la "racaille"), on contourne les nombreux barrages de flics qui entourent le Cours (sans encore aucune explication) pour s'engouffrer via la Place aux Huiles, pour arriver aux premières loges.
Et là, ce fut une heure de poésie onirique, de celle qui te réenchante l'âme. Les anges s'élancent des grues (c'est pour faire croire au commun des mortels que tout cela n'est qu’illusionnisme et que les créatures féériques n'existent pas, mais moi je sais). C'est beau. Ils sèment des plumes qui viennent germer dans nos cœurs d'enfants. Une ange se pose à côté de nous, concentré, ailleurs, il est magnifique. Une autre va se promener dans la foule, embrassant les enfants au passage. Une heure durant, ce ballet magnifique va perdurer, un angelot bibendum géant, qu'on aurait pu croire échappé de Ghostbusters, les rejoint. La musique, une espèce de cœur mystique, en langue inconnue, avec des touches electro-indus, souligne parfaitement la magnificence du moment. Pour le final, une pluie de plumes blanches tombe, avec l'éclairage, lui aussi parfait, on lève les yeux au ciel, et on se croit dans un rêve. Un grand merci à la compagnie Studios de Cirque pour ce pur émerveillement.
Un Dj enchaine et c'est un pur moment de bonheur de voir les Marseillais dans toute leur diversité se mettre à danser, tout en se balançant des pleines poignées de plumes comme des gosses. On profite du moment, d'autant que la sélection, une espèce de cabaret soul, est au taquet. On se dit surtout, quel lieu de dancefloor génial, bien plus sympa que d'être enfermé dans une salle.
On rentre sur la Plaine, où rien n'est prévu mais où les bars et les restos débordent. Des plumes se retrouvent jusque là. Au final, on est ravi de cette deuxième partie de soirée, regrettant que les gamins n'en aient pas profité.
Il s'agit ici d'une chronique de la soirée, vu du public. Pas de l’analyse de MPP2013 comme outil de gentrification, comme argument du patronat local pour faire le forcing sur le travail du dimanche, comme mépris des fonctionnaires culturels vis à vis des petites structures locales qu'ils laissent crever, gérant de manière féodale l'argent public. Tout cela, on l'a déjà écrit par ailleurs. Même si de nombreux reproches peuvent être fait (flop de la Clameur, absence de scènes sur le Port, la Canebière, Belsunce laissant le public errer ...). Certains ont critiqué le peu d'ambition de la parade de Sud Side (à laquelle j'ai bien accroché), ainsi que certaines clameurs. Mais cela ne peut se comprendre sans dire que l'équipe de MP2013 à contacter pas mal d'acteurs locaux à l'arrach', ces derniers mois, voire ces dernières semaines, pour "sauveré cette soirée d'ouverture. Ceux-ci ont fait ce qu'ils pouvaient avec le délais impartis. On aurait apprécié qu'ils aient les moyens (financier et en temps) de mener un projet plus ambitieux. Parce que, avouons le, programmer la Danse des Anges, qui a cartonné au festival de rue de Chalons, faut pas sortir de l'ENA pour y penser. C'est comme programmer Shaka Ponk à la Fiesta. La propositions artistique du Studio de Cirque était réellement féérique, mais si être programmateur à MP2013 c'est aller faire ses courses dans les festivals existant et ramener ce qui se fait de mieux, pas besoin d'y passer 4 ans, à un salaire indécent.
On se demande quand même pourquoi ne pas avoir placé quelques scènes. Une place Bargemon, avec un spectacle de danse, flamenca, hip-hop ou autre, suivi d'un concert de Watcha Clan à minuit, voilà de la fête populaire, et de qualité. Tu rajoute un spot à Belsunce, avec Nasser et Deluxe en fin de soirée, et un autre place de la Joliette avec Mossu T et Idir. C'est quand même mieux que de claquer de la thune dans un dancefloor à accès limité.
Putain, vivement qu'on autogère la Culture à Marseille, entre l'engouement populaire suscité par l'évènement et toutes les bonnes idées entendues, y avait de quoi faire.
Mais je ce que retiens de cette soirée, c'est un vrai succès populaire, confirmant l’exigence et l'appétit de culture de ce peuple souvent méprisé, une ambiance jubilatoire, prouvant s'il était nécessaire que Marseille est faite pour le vivre ensemble et non pas la ghettoïsation, et de vrais moments de poésie artistique. Cela ne peut que nous encourager à se réapproprier les politiques publiques, notamment culturelles. Et prouve, s'il en était besoin, que culture populaire ne rime pas avec médiocrité. Une soirée à l'image de la ville, rien n'est facile, rien n'est donné, il faut gratter pour découvrir des trésors.

Retour sur le Vieux Port quelques heures plus tard. Nous voilà en route pour la Grande Clameur, cette fois-ci mon cortège se compose de poussettes et d'enfants. On fantasme de traverser ce Marseille piétonisé comme promis, et, première fausse note, des bagnoles traversent la Canebière au niveau Bd d'Athènes / Cours Lieutaud, alors que la foule afflue. Je peste intérieurement, cette ville ne pourra jamais exorciser, ne serait-ce que pour une soirée, entièrement le démon voiture. On descend l'avenue du chanvre, les marseillais sont de sortie, en masse, populaire et métissés. On ne pourra lever ça à cette soirée, le réel désir de la population de vivre un événement culturel, elle qu'on caricature avec le foot et la variété crasse. L'ambiance est bonne, les gens sont contents. La présence policière est omniprésente, sensée rassurer, elle est pour moi pesante (ma mauvaise conscience de syndicaliste surement. Ou plutôt mes mauvais souvenirs de tonfas.). D'autant que pour l'instant, la seule "ambiance" sonore est celle des sirènes de bagnoles de la maréchaussée. On se faufile au milieu du Vieux Port, bien placés pour la Clameur et l'illumination. L'attente se fait, toujours dans un climat joyeux. Les lascars font gaffe aux poussettes. Ceux qui fantasmaient sur un déferlement des barbares des Quartiers Nord venus foutre le bordel en sont pour leurs frais, "ces gens-là" sont aussi des grands enfants qui ont envie de participer à la fête promise.

19h, rien, nibe, que dalle. En guise de clameur, des gens, des enfants crient. On s'attendait à sirènes, corne de brumes, mais c'est un silence gêné. Les regards se croisent, interrogatifs. Il devait bien se passer quelque chose, non ? Pourquoi ne pas avoir tout simplement fait un compte à rebours pour la Clameur ? C'est quand même le minimum pour que les gens crient ensemble. Pourquoi ne pas avoir déclenché les sirènes à ce moment là ? C'est tellement évident qu'on se demande comment des gens payé plus de 5.000 euros par mois n'y ont pas pensé. La déception se lit sur les visages, et, comme on est à Marseille, s'exprime à haute voix. D'autant qu'on attendait aussi que "Marseille disjoncte", comme promis, et qu'en guise de black out, seuls les réverbères et les éclairages publics s'éteignent. Pétard mouillé là aussi. C'est con, une ville plongée dans le noir, ça aurait suscité les hurlements. Là, c'est un peu l'incompréhension. Heureusement la Bonne Mère s'illumine de bleu et blanc (pas fan moi), entrainant une sincère admiration, suivi par le Fort St Jean en mauve, bien plus réussi à mon sens. Une fontaine d'artifice s'élève de l'eau du port, ces jets d'eau colorés sont plutôt jolis mais ça fait chiche comme inauguration d'un événement présenté comme majeur.

Sous des commentaires majoritairement déçus, le foule se met en branle. On choisit de se diriger vers le Cours Estienne d'Orves, ayant promis aux gamins des anges qui dansent dans le ciel. Ce ne sont pas les seuls à avoir des étoiles dans les yeux à cette évocation. Les déplacements et la cohue sont bordéliques, on va pas se plaindre du succès d'affluence, d'autant que peu d'esprits s'échauffent. On approche du cours, avec toujours ce décor de robocops et de camionnettes de gendarmerie. La place est inaccessible, en plus de la foule, les flics ferment les accès des petites rues. Sans aucune explication, on est sensé comprendre qu'il faut contourner par la Place aux Huiles. Du coup, on plante côté Bricorama et on ne verra que les anges s'élancer, sans rien voir de la suite. Déçus, dépités pour les gosses, on rebrousse chemin au bout d'une demi-heure pour remonter la Canebière jusqu'à Belsunce. Et là, rien. Pas une animation, ni sur le Port, ni sur l'avenue. C'est quand même fou de ne pas avoir pensé à proposer quelque chose sur cet axe central. J'avais cru comprendre que Nasser devait se produire au niveau de l'Espace Culture, mais non. Des écrans projettent des commentaires d'acteurs culturels sur Marseille, mais pour voir certains de mes potes, j'ai qu'à aller au Bar de la Plaine ... On remonte Belsunce, les fleurs géantes sont jolies, les gamins apprécient et ça enchante le cours. Espérons que ça se pérennise, voire envahissent d'autre rues. Un spectacle de danse a lieu au milieu du cours, mais comme il se passe au niveau du sol, on ne voit rien. Dommage de ne pas avoir proposé cela sur une estrade. C'est à ce moment-là que les familles avec gosses avec qui je déambulais renoncent. Les enfants tirent la gueule, ils n'ont pas eu droit à la fête promise.

On continue notre pérégrination sans enfant ni poussette, cela nous conduit Place Sadi Carnot où des esquimaux avec tronçonneuse sculptent des méduses (sur un podium, eux), puis on tire vers l'Esplanade Bargemon où il n'y a rien (c'est con, un podium comme pour les concerts d'été, ça l'aurait fait), on remonte, on croise plein des gens qui déambulent comme nous, sans but. On se plante à un bar, blindé comme la plupart des restaus, grands gagnants de cette soirée, et aux tables voisines, les commentaires désabusés sont majoritaires, preuve qu'il y avait quand même une grande attente.
Comment comprendre l'absence de réelle animation sur la Canebière et le Port ? Soit on parle d'incompétence, soit on franchit allégrement le pas en disant qu'il s'agit d'une volonté politique. En effet, MP2013 s'inscrivant dans l'opération Euroméditerranée, qui cherche effectivement à virer les pauvres du centre de Marseille, la volonté est de créer artificielement un centre de vie dans l'axe République-Joliette. C'est pour cela que pas mal d'animations y étaient concentré. Mais on ne peut pas avoir raison contre le peuple, lui sait que le centre de Marseille c'est Canebière - Vieux Port et il s'y rend naturellement. D'où la déception d'y trouver pas grand chose.

On aurait pu renoncer à ce moment là. Nous aurions eu tort.
Retour à Belsunce pour l'arrivée de la parade de Sud Side. Alléluia, last night, rockers saved my life ! On connait les camarades, on estime leur boulot, on se défonce à leurs soirées. Et ce fut eux qui, hier soir, nous ont sauvé du cynisme. Un camion de pompiers avec boule à facettes, une bétonnière transformée en chaudron, des voitures désossées et fleuries, des mécanismes ambulants. Une jubilatoire parade cyber punk et prolétaire (l'hommage à la classe ouvrière étant évident, d'autant que des élèves de lycée technique ont activement participé à la construction des véhicules et sont mis à l'honneur sur les plateformes de ceux-ci). Une musique indus light ponctue le cortège, le public massé sur les côtés s'enfourne à la suite dans une liesse populaire. Enfin ! Dommage qu'il ait fallu attendre 22h, et que la plupart des gamins soient rentrés, pour vivre cela. On reste dans le cortège, se ressourçant dans ce moment d'enchantement partagé.
Puis on bifurque vers la place du Lycée Thiers (Assassin de la Commune, deux jours après l'anniversaire de Louise Michel qui n'a pas de lycée à son nom à Marseille, honte à nous). Là Juan Carmona joue avec des musiciens orientaux sur une vraie scène. Du genre qui manquait sur la Canebière, à Belsunce, sur le Port. C'est blindé de monde, et ce flamenco méditerranéen réchauffe les cœurs. On ne reste pas longtemps, ne voulant pas manquer les anges du Cours Estienne d'Orves qui remettent ça à 23h. Toujours une bonne ambiance dans les rues (c'est les fachos qui doivent regretter l'absence de dérapages de la "racaille"), on contourne les nombreux barrages de flics qui entourent le Cours (sans encore aucune explication) pour s'engouffrer via la Place aux Huiles, pour arriver aux premières loges.
Et là, ce fut une heure de poésie onirique, de celle qui te réenchante l'âme. Les anges s'élancent des grues (c'est pour faire croire au commun des mortels que tout cela n'est qu’illusionnisme et que les créatures féériques n'existent pas, mais moi je sais). C'est beau. Ils sèment des plumes qui viennent germer dans nos cœurs d'enfants. Une ange se pose à côté de nous, concentré, ailleurs, il est magnifique. Une autre va se promener dans la foule, embrassant les enfants au passage. Une heure durant, ce ballet magnifique va perdurer, un angelot bibendum géant, qu'on aurait pu croire échappé de Ghostbusters, les rejoint. La musique, une espèce de cœur mystique, en langue inconnue, avec des touches electro-indus, souligne parfaitement la magnificence du moment. Pour le final, une pluie de plumes blanches tombe, avec l'éclairage, lui aussi parfait, on lève les yeux au ciel, et on se croit dans un rêve. Un grand merci à la compagnie Studios de Cirque pour ce pur émerveillement.
Un Dj enchaine et c'est un pur moment de bonheur de voir les Marseillais dans toute leur diversité se mettre à danser, tout en se balançant des pleines poignées de plumes comme des gosses. On profite du moment, d'autant que la sélection, une espèce de cabaret soul, est au taquet. On se dit surtout, quel lieu de dancefloor génial, bien plus sympa que d'être enfermé dans une salle.
On rentre sur la Plaine, où rien n'est prévu mais où les bars et les restos débordent. Des plumes se retrouvent jusque là. Au final, on est ravi de cette deuxième partie de soirée, regrettant que les gamins n'en aient pas profité.
Il s'agit ici d'une chronique de la soirée, vu du public. Pas de l’analyse de MPP2013 comme outil de gentrification, comme argument du patronat local pour faire le forcing sur le travail du dimanche, comme mépris des fonctionnaires culturels vis à vis des petites structures locales qu'ils laissent crever, gérant de manière féodale l'argent public. Tout cela, on l'a déjà écrit par ailleurs. Même si de nombreux reproches peuvent être fait (flop de la Clameur, absence de scènes sur le Port, la Canebière, Belsunce laissant le public errer ...). Certains ont critiqué le peu d'ambition de la parade de Sud Side (à laquelle j'ai bien accroché), ainsi que certaines clameurs. Mais cela ne peut se comprendre sans dire que l'équipe de MP2013 à contacter pas mal d'acteurs locaux à l'arrach', ces derniers mois, voire ces dernières semaines, pour "sauveré cette soirée d'ouverture. Ceux-ci ont fait ce qu'ils pouvaient avec le délais impartis. On aurait apprécié qu'ils aient les moyens (financier et en temps) de mener un projet plus ambitieux. Parce que, avouons le, programmer la Danse des Anges, qui a cartonné au festival de rue de Chalons, faut pas sortir de l'ENA pour y penser. C'est comme programmer Shaka Ponk à la Fiesta. La propositions artistique du Studio de Cirque était réellement féérique, mais si être programmateur à MP2013 c'est aller faire ses courses dans les festivals existant et ramener ce qui se fait de mieux, pas besoin d'y passer 4 ans, à un salaire indécent.
On se demande quand même pourquoi ne pas avoir placé quelques scènes. Une place Bargemon, avec un spectacle de danse, flamenca, hip-hop ou autre, suivi d'un concert de Watcha Clan à minuit, voilà de la fête populaire, et de qualité. Tu rajoute un spot à Belsunce, avec Nasser et Deluxe en fin de soirée, et un autre place de la Joliette avec Mossu T et Idir. C'est quand même mieux que de claquer de la thune dans un dancefloor à accès limité.
Putain, vivement qu'on autogère la Culture à Marseille, entre l'engouement populaire suscité par l'évènement et toutes les bonnes idées entendues, y avait de quoi faire.
Mais je ce que retiens de cette soirée, c'est un vrai succès populaire, confirmant l’exigence et l'appétit de culture de ce peuple souvent méprisé, une ambiance jubilatoire, prouvant s'il était nécessaire que Marseille est faite pour le vivre ensemble et non pas la ghettoïsation, et de vrais moments de poésie artistique. Cela ne peut que nous encourager à se réapproprier les politiques publiques, notamment culturelles. Et prouve, s'il en était besoin, que culture populaire ne rime pas avec médiocrité. Une soirée à l'image de la ville, rien n'est facile, rien n'est donné, il faut gratter pour découvrir des trésors.
La Clameur - inauguration de Marseille Provence 2013 - 12 janvier 2013 - Le Silo - La Place du Lycée - Le Vieux-Port - La Canebière.. 


(critique écrite le 13/01/2013 par Mardal)
Je clame, tu clames, il clame. Nous clamons tous à 19h00, partout dans le centre ville de Marseille pour inaugurer Marseille Provence 2013. Rappelons le principe pour ceux qui auraient été frappés de cécité et de surdité foudroyantes depuis trois mois : dans une trentaine de lieux du centre ville, .../...
Je clame, tu clames, il clame. Nous clamons tous à 19h00, partout dans le centre ville de Marseille pour inaugurer Marseille Provence 2013. Rappelons le principe pour ceux qui auraient été frappés de cécité et de surdité foudroyantes depuis trois mois : dans une trentaine de lieux du centre ville, des artistes et des associations avaient en charge d'organiser une " clameur " pour 19h00 pétantes, précédée d'une préparation, d'une initiation, d'un échauffement du public, de quelque manière que ce soit.
Etant depuis quelques jours légèrement fébrile, j'ai choisi d'aller aussitôt au Silo. En vrai, j'étais attiré par le pitch : Marion Rampal et Raphaël Imbert, de la Compagnie Nine Spirit apprennent au public sur le parvis du Silo un gospel traditionnel -à quatre voix superposées s'il vous plait- intitulé Oh, Freedom. Plusieurs centaines de personnes sont au rendez-vous, une heure avant pour la répétition générale. Marion Rampal empoigne un mégaphone et juchée sur un piédestal de fortune, entame l'échauffement des voix, puis l'articulation des paroles, puis le placement de la mélodie principale, les voix d'alti, soprani, celles pour les ténors et les basses. Le public répond avec enthousiasme et pertinence, exécute les consignes du chef avec précision. Ça ne m'étonne pas plus que ça, j'avais déjà noté que les Marseillais chantent bien. Quelques réponses jazz sont données depuis la coursive extérieure, à l'étage, par Christophe LeLoiL, à la trompette, et par les jeunes musiciens souffleurs que dirige Raphaël Imbert. On se croirait presque à la Nouvelle-Orléans, ou dans une séquence de la série Treme.
19H00 : comme un signal de départ, la corne de brume d'un paquebot qui participe à l'événement résonne, un peu plus loin à la Joliette. Le chœur improvisé du Silo lui fait écho, et voilà le résultat:
Oh, Freedom – La Clameur menée par Marion Rampal au Silo
Il nous faut faire un léger crochet, même en scooter, par le marché aux puces et le Jarret pour rejoindre le haut de la Canebière : tout le centre est bloqué à la circulation. Et nous voilà cheminant sur une Canebière bondée dès 19h30. Un crochet par la Place du Lycée pour écouter un peu de musique gitane, un aperçu de la soirée organisée par Juan Carmona. Nous tombons sur une Sévillane colorée et festive, tonique, autant agréable à regarder qu'à écouter.
La soirée organisée par Juan Carmona, Place du Lycée
Nous avons évidemment envie de voir ce à quoi ressemblait le Vieux-Port et sa nouvelle promenade élargie.Vers 20h30 : bourré de monde mais dans une ambiance plutôt calme, à l'image de la chorégraphie silencieuse des jets d'eau, installés au large du Quai des Belges, que va entretenir à coups de pagaie un technicien débonnaire :
La chorégraphie des jets d'eau
Nous essayons d'accéder au Cours d'Estienne d'Orves où un alléchant spectacle de cirque aérien est annoncé. Peine perdue, même par les petites rues, la masse compacte de la foule empêche de s'approcher à moins de 50 mètres du but. Retour vers la Canebière, et agréable surprise en remontant : Les impassibles Mireilles soulèvent l'enthousiasme avec leur chorégraphie kitsch et pleine de dérision en hommage à... devinez qui ?...
Une Femme Amoureuse – Les Mireilles
Un gros moustachu a trouvé sa place dans ce groupe délirant et flegmatique. Il ne vole pourtant pas la vedette aux autres clones/robots qui s'appliquent à effectuer l'intégrale du jeu de scène de Mireille Mathieu, sans broncher. Le public est hilare et les quelques " A Poil ! " que l'on entend par moments ne me semblent pas du tout déplacés. L'absence de réponse et l'obstination impassible des danseuses, la fixité de leurs regards sont tout aussi excellentes. On aura même droit à une recension de la cultissime articulation de Mireille la vraie :
Un plus évident, de bon augure pour la suite des réjouissances, et pour ceux qui ont eu la bonne idée de fouiller un peu sur la toile avant : la communication et la préparation fort bien médiatisée de l'événement. A partir du blog Marseille Provence 2013, sur une carte interactive figurant toutes les animations de la soirée, un lien renvoyait sur une vidéo de Marion Rampal pour apprendre le gospel, ainsi que cinq pistes mp3 pour choisir et apprendre sa voix. Un autre permettait d'imprimer le dialogue avec le public, théâtralisé par l'Agence de Voyages Imaginaires, sur le balcon de la Mairie. Un autre encore nous enseignait la chorégraphie des redoutables Mireilles. Je ne suis pas allé plus loin mais il y en avait certainement beaucoup encore. Dans plusieurs lieux du centre, la fête continuera jusqu'à 1h00 du matin. Jusqu'à 3h00 pour le Dock des Suds.
On a beaucoup glosé sur ce que serait l'inauguration de Marseille Provence 2013, sur ce qui aurait pu être fait, sur la manière dont les choses ont été organisées, sur ce que nous réserve l'année culturelle à Marseille. Je partage l'avis de nombreuses autres personnes sur de nombreux sujets, les deux qui me choquent le plus étant l'appel massif au bénévolat, alors que l'événement pourrait générer de nombreux emplois, et la répartition très exclusive du pactole. Je ne me ferai donc pas l'avocat du diable mais de ce que j'ai vu ce soir : des artistes et associations locaux (j'espère qu'ils ont été grassement payés), des spectacles et animations très sympas, très divers... une seule impression : ça commence très bien.
Les organisateurs ont choisi la multiplicité et la dispersion. L'avantage : ça permettait à chacun de choisir, selon ses goûts. Ça évitait les regroupements trop massifs générateurs de violence. La présence dissuasive d'une poignée de C.R.S. tous les trente mètres ne m'a pas gêné, j'ai même vu des gens discuter aimablement avec eux. J'ai particulièrement apprécié de pouvoir parcourir tout le centre ville à pied, entouré de piétons uniquement : phénomène rarissime, unique à ma connaissance, sur une aire aussi importante. L'inconvénient : il faudrait que la même soirée ait lieu cinq ou six fois dans l'année pour qu'on profite de toutes les surprises qu'elle nous réservait.
Etant depuis quelques jours légèrement fébrile, j'ai choisi d'aller aussitôt au Silo. En vrai, j'étais attiré par le pitch : Marion Rampal et Raphaël Imbert, de la Compagnie Nine Spirit apprennent au public sur le parvis du Silo un gospel traditionnel -à quatre voix superposées s'il vous plait- intitulé Oh, Freedom. Plusieurs centaines de personnes sont au rendez-vous, une heure avant pour la répétition générale. Marion Rampal empoigne un mégaphone et juchée sur un piédestal de fortune, entame l'échauffement des voix, puis l'articulation des paroles, puis le placement de la mélodie principale, les voix d'alti, soprani, celles pour les ténors et les basses. Le public répond avec enthousiasme et pertinence, exécute les consignes du chef avec précision. Ça ne m'étonne pas plus que ça, j'avais déjà noté que les Marseillais chantent bien. Quelques réponses jazz sont données depuis la coursive extérieure, à l'étage, par Christophe LeLoiL, à la trompette, et par les jeunes musiciens souffleurs que dirige Raphaël Imbert. On se croirait presque à la Nouvelle-Orléans, ou dans une séquence de la série Treme.
19H00 : comme un signal de départ, la corne de brume d'un paquebot qui participe à l'événement résonne, un peu plus loin à la Joliette. Le chœur improvisé du Silo lui fait écho, et voilà le résultat:
Il nous faut faire un léger crochet, même en scooter, par le marché aux puces et le Jarret pour rejoindre le haut de la Canebière : tout le centre est bloqué à la circulation. Et nous voilà cheminant sur une Canebière bondée dès 19h30. Un crochet par la Place du Lycée pour écouter un peu de musique gitane, un aperçu de la soirée organisée par Juan Carmona. Nous tombons sur une Sévillane colorée et festive, tonique, autant agréable à regarder qu'à écouter.
Nous avons évidemment envie de voir ce à quoi ressemblait le Vieux-Port et sa nouvelle promenade élargie.Vers 20h30 : bourré de monde mais dans une ambiance plutôt calme, à l'image de la chorégraphie silencieuse des jets d'eau, installés au large du Quai des Belges, que va entretenir à coups de pagaie un technicien débonnaire :
Nous essayons d'accéder au Cours d'Estienne d'Orves où un alléchant spectacle de cirque aérien est annoncé. Peine perdue, même par les petites rues, la masse compacte de la foule empêche de s'approcher à moins de 50 mètres du but. Retour vers la Canebière, et agréable surprise en remontant : Les impassibles Mireilles soulèvent l'enthousiasme avec leur chorégraphie kitsch et pleine de dérision en hommage à... devinez qui ?...
Un gros moustachu a trouvé sa place dans ce groupe délirant et flegmatique. Il ne vole pourtant pas la vedette aux autres clones/robots qui s'appliquent à effectuer l'intégrale du jeu de scène de Mireille Mathieu, sans broncher. Le public est hilare et les quelques " A Poil ! " que l'on entend par moments ne me semblent pas du tout déplacés. L'absence de réponse et l'obstination impassible des danseuses, la fixité de leurs regards sont tout aussi excellentes. On aura même droit à une recension de la cultissime articulation de Mireille la vraie :
Un plus évident, de bon augure pour la suite des réjouissances, et pour ceux qui ont eu la bonne idée de fouiller un peu sur la toile avant : la communication et la préparation fort bien médiatisée de l'événement. A partir du blog Marseille Provence 2013, sur une carte interactive figurant toutes les animations de la soirée, un lien renvoyait sur une vidéo de Marion Rampal pour apprendre le gospel, ainsi que cinq pistes mp3 pour choisir et apprendre sa voix. Un autre permettait d'imprimer le dialogue avec le public, théâtralisé par l'Agence de Voyages Imaginaires, sur le balcon de la Mairie. Un autre encore nous enseignait la chorégraphie des redoutables Mireilles. Je ne suis pas allé plus loin mais il y en avait certainement beaucoup encore. Dans plusieurs lieux du centre, la fête continuera jusqu'à 1h00 du matin. Jusqu'à 3h00 pour le Dock des Suds.
On a beaucoup glosé sur ce que serait l'inauguration de Marseille Provence 2013, sur ce qui aurait pu être fait, sur la manière dont les choses ont été organisées, sur ce que nous réserve l'année culturelle à Marseille. Je partage l'avis de nombreuses autres personnes sur de nombreux sujets, les deux qui me choquent le plus étant l'appel massif au bénévolat, alors que l'événement pourrait générer de nombreux emplois, et la répartition très exclusive du pactole. Je ne me ferai donc pas l'avocat du diable mais de ce que j'ai vu ce soir : des artistes et associations locaux (j'espère qu'ils ont été grassement payés), des spectacles et animations très sympas, très divers... une seule impression : ça commence très bien.
Les organisateurs ont choisi la multiplicité et la dispersion. L'avantage : ça permettait à chacun de choisir, selon ses goûts. Ça évitait les regroupements trop massifs générateurs de violence. La présence dissuasive d'une poignée de C.R.S. tous les trente mètres ne m'a pas gêné, j'ai même vu des gens discuter aimablement avec eux. J'ai particulièrement apprécié de pouvoir parcourir tout le centre ville à pied, entouré de piétons uniquement : phénomène rarissime, unique à ma connaissance, sur une aire aussi importante. L'inconvénient : il faudrait que la même soirée ait lieu cinq ou six fois dans l'année pour qu'on profite de toutes les surprises qu'elle nous réservait.


Jeudi 23 mai 2013 : 10555 concerts, 21945 critiques de concert, 4855 critiques de CD. 












