Aix en Pce du 25 Août au 3 Septembre Des concerts de musique classique ou de jazz, en trio, quatuor, en big band ou en solo ponctuent les lieux les plus emblématiques de la ville d’Aix-en-Provence et animer la fin de l’été, pour les férus de musique, touristes, badauds, petits et grands… Ces concerts, tous gratuits, durent une trentaine de minutes.
Orchestre Philharmonique du Pays d’Aix (Musique dans la Rue 2009) - 22 juin 2009 - Théâtre de Verdure de Jas de Bouffan - Aix-en-Provence (critique écrite le 27/06/2009 par Mcyavell) Deux jours après Lockwood, je remonte à Aix pour une nouvelle soirée de l’éclectique Festival Musique Dans La Rue. Ce soir, ce n’est pas du jazz mais de la musique classique. Ce n’est pas à proprement parler dans la rue mais dans le Théâtre de Verdure de Jas de Bouffan. En revanche, c’est toujours .../...
Deux jours après Lockwood, je remonte à Aix pour une nouvelle soirée de l’éclectique Festival Musique Dans La Rue. Ce soir, ce n’est pas du jazz mais de la musique classique. Ce n’est pas à proprement parler dans la rue mais dans le Théâtre de Verdure de Jas de Bouffan. En revanche, c’est toujours gratuit.
Le mistral est de la partie et les partitions des 53 musiciens de l’Orchestre Philharmonique du Pays d’Aix sont arrimées avec jusqu’à 6 pinces à linge chacune. Bravo au logisticien.
Le chef d’orchestre est Jacques Chalmeau. Conscient que le public de ce soir n’est pas exactement le même que celui qu’il côtoie d’ordinaire, il fait preuve de pédagogie pour nous faire partager sa passion. Il nous apprend ainsi que Bellini était déjà un compositeur de génie à 16 ans. A 30 ans, il a composé La Norma dont l’ouverture est jouée ce soir. Il disparaîtra prématurément quatre ans plus tard.
Belle ouverture pour cette soirée. Violons et flûtes se taillent la part du lion. Décidément, la Norma de Bellini est à l’honneur dans ce festival : Casta Diva nous a déjà été proposé samedi soir par le Sudden Jazz Trio.
Le gros morceau de la soirée est La Symphonie du Nouveau Monde d’Antonín Dvořák. Jacques Chalmeau : "Tchèque invité à vivre à New York, il y établit un répertoire de thèmes à l’image de ce qu’il entend. Passionné par les trains, les bateaux et les minorités, l’influence de la musique noire et de la musique indienne est présente dans cette symphonie en 4 mouvements."
Sur le troisième mouvement, j’ai même imaginé les grandes plaines du Far West, une musique qui collerait bien au happy end d’un western avec un soleil couchant.
Mais les meilleurs moments sont les thèmes que tout le monde connaît : celui du 2ème mouvement avec les violons et les trompettes et surtout le 4ème qui s’ouvre avec ces deux notes graves des cordes qui vous envoient des frissons dans l’échine, se poursuit avec les violons et s’apothéose avec les trompettes.
Herr Direktor : "Rimski-Korsakov, complètement autodidacte, marin de la Marine Impériale jusqu’à l’âge de 40 ans, obtient un poste de professeur à St-Petersbourg…"
L’extrait de Sheherazade, Le Jeune Prince Et La Jeune Princesse, nous offre un moment de quiétude. Les quelques rafales ne perturbent en rien les musiciens qui s’entraident pour tourner les pages et remettre les pinces à linge.
Retour de Dvořák pour le rappel avec la 2è Danse Slave en mi mineur. Peu appréciée par les chiens du quartier qui organisent leur concert à eux, elle permet à la harpiste de se dégourdir les doigts (je ne l’avais pas remarquée jusque là) et au soliste violon de se distinguer.
Très belle soirée dans un festival de qualité auquel je ne pourrai malheureusement pas revenir avant samedi soir.
Didier Lockwood & The Jazz Angels + Sudden Jazz Trio (Musique dans la Rue) - 20 juin 2009 - Cours Mirabeau - Aix-en-Pce (Festival Musique Dans La Rue) (critique écrite le 24/06/2009 par Mcyavell) J’ai vu quatre jours auparavant le Sudden Jazz Trio au Paradox et je me réjouis de les voir au même programme que Didier Lockwood que j’ai raté en début de mois à l’Opéra de Marseille. Le festival Musique Dans La Rue 2009 s’invite dans nombre de lieux de la cité du Roy René. C’est d’ailleurs sous .../...
J’ai vu quatre jours auparavant le Sudden Jazz Trio au Paradox et je me réjouis de les voir au même programme que Didier Lockwood que j’ai raté en début de mois à l’Opéra de Marseille. Le festival Musique Dans La Rue 2009 s’invite dans nombre de lieux de la cité du Roy René. C’est d’ailleurs sous son imposante statue au bout du Cours Mirabeau qu’est dressée la scène.
M’étant déjà épanché sur le Sudden Jazz Trio, je ferai court. Cathy Heiting est aussi à l’aise devant un parterre conséquent et pas forcément acquis à sa cause que devant un auditoire confidentiel.
Le public est surpris et rapidement conquis par son chant lyrique et l’accompagnement de Jonathan Soucasse (piano) et Stéphane "Bouba" Lopez (contrebasse).
Il est ensuite amusé par la chasse à la fumée de Cathy (le mistral lui envoie tout dans les yeux), sa présentation ultra rapide en anglais yaourt de Toxic et épaté par le relifting que le trio impose à ce hit de Britney.
Il est sourcilleux puis admiratif pour Smells Like Teen Spirit sur lequel Jonathan se déchaîne sur un fort apprécié solo de piano.
Il reste bouche bée sur Casta Diva et sort son programme pour se remémorer le nom du trio.
Il rythme joyeusement de claquements de mains Ain’t No Mountain High Enough sur le tempo que Bouba imprègne en tapant sur sa contrebasse.
Il est enthousiaste pour le final et déçu que le timing ne permette pas de rappel. Il le serait encore plus s’il savait qu’une revisite de La Dame de Cœur de Francis Poulenc (collector !) et un Medley de Michael Jackson font habituellement partie de leur répertoire.
Et il est resté jusqu’au bout ce qui ne sera pas le cas de tout le monde pour le second set (par exemple ma fille et deux amis).
Il reste anormalement calme malgré les 25 minutes de retard pendant lesquelles l’accordeur de piano prend son temps. D’un autre côté, il ne peut pas crier "Remboursez !" (tout ce merveilleux festival est gratuit) mais a légitimement le droit de penser que si on est strict dans un sens (arrêt impératif du premier groupe à l’heure), il faut l’être dans l’autre (début du second sans retard).
Didier Lockwood arrive enfin, accompagné des Jazz Angels issus de son Centre des Musiques (CMDL) qu’il a créé voilà 8 ans.
Ils ont l’occasion de se mettre en valeur d’emblée sur Juggling In Central Park de Benoît Sourisse : à tour de rôle, David Ehnco (trompette), Thomas Enhco (piano), Joachim Govin (contrebasse) et Nicolas Charlier (batterie) nous gratifient d’un solo de grande qualité. De deux choses l’une : ou il existe un examen d’entrée hyper sélectif à ce centre, ou les cours qui y sont prodigués sont particulièrement efficaces. La qualité instrumentale de la soirée est assurée.
Suit le thème de Blanche-Neige joué à la trompette puis au violon. Didier Lockwood invite le public à chanter. Moi je veux bien mais c’est quoi les paroles après "Un jour mon prince viendra…" ? C’est à ce moment-là que mon couple d’amis a décidé de partir, lui me lançant "J’aime pas les gens qui se la pètent". Je n’ai pas bien compris l’argument, DL a effectivement une réputation dans ce sens mais ce soir, j’ai trouvé qu’il la jouait modeste. Par exemple lorsqu’il raconte qu’il est heureux de revenir trente ans après sur les lieux de ses débuts avec Magma. Et lorsqu’il évoque la salle La Fontaine d’Argent. Je l’avais vu à l’époque et le jeune homme fougueux qu’il était s’est bien assagi sur scène : finies les mèches d’archet qui perdent la moitié de leurs crins dès le premier solo. Estompés les sauts de cabri et contorsions diverses accompagnant chacun de ses chorus (il en subsiste tout de même). Mais la passion est toujours là.
Passion de l’improvisation : "On aime bien tordre et retordre les morceaux"illustrée sur All The Things You Are extrait de la comédie musicale Very Warm For May. Passion des musiciens de jazz avec I Remember Alby composition en hommage à Alby Cullaz, contrebassiste disparu en 1998. Joachim Govin fait à cette occasion un solo aussi beau qu’émouvant.
Passion des soli comme sur la pièce suivante où une fois encore chaque musicien fait montre de sa dextérité (le seul moment un peu longuet à mon goût).
Passion des peuples : il nous annonce qu’il tourne un film avec Wim Wenders sur les violons du monde et que ses pérégrinations en divers continents lui ont fait rencontrer des musiciens surprenants, certains ne jouant qu’avec une seule corde à leur violon. La merveilleuse pièce Globe Trotter nous fait partager cet amour de la planète et de ses habitants. Seul sur scène avec sa pédale à boucles, il nous offre un tour du monde. Chacun y entend ce qu’il veut. J’y ai capté des sonorités du Maghreb, traversé la Méditerranée en bateau au milieu des mouettes, entendu des compositeurs classiques européens et du folklore celte, contemplé des baleines, fait escale au Japon, visité l’Inde…
Le peuple aixois intéresse également Didier qui va continuer le morceau en son sein. Un petit bain de foule d’une demi-douzaine de minutes avant de revenir conclure ce grand moment sur scène. Il rappelle alors ses jeunes acolytes pour une inoubliable partie de chaises musicales sur Barbizon Blues. Lui-même joue du piano et de la trompette mais la palme revient à Thomas Enhco aussi prodigieux au violon qu’au piano. J’y ai retrouvé le Didier Lockwood de ses débuts et la mèche de l’archet doit être d’accord avec moi.
Thomas et David Enhco ont parait-il un autre frère : Concert. Je suis déjà sorti.
Bonus vidéo : Barbizon Blues (avant les chaises musicales)