Arles (13) du 11 au 17 juillet 2011 Chaque année en juillet depuis 1996, toutes les musiques du monde s’invitent à Arles, qui devient ainsi le temps d’une semaine, le cœur battant d’une grande fête populaire à l’accent de tous les Suds.
Présentation complète : Chaque année, le festival accueille quelque 60 000 festivaliers et plus de 200 artistes pour une centaine de concerts et de rencontres au cœur de la belle cité arlésienne.
Ainsi, pendant une semaine, de 10h à 4h du matin, la musique du monde s’invite à Arles : Théâtre Antique, Cour de l’Archevêché, Espace Van Gogh, Nuits des Forges au Parc des ateliers, places ombragées et quartiers emblématiques… toute la ville vibre au rythme des plus grandes voix et sonorités du monde.
En une savante alchimie entre artistes reconnus et talents en découverte, musiques traditionnelles et sonorités plus alternatives, la programmation se dévoile au festivalier en une flânerie musicale qui l’entraîne de concerts en rendez-vous musicaux gratuits en journée, de moments conviviaux plus informels en spectacles exceptionnels au cœur des plus hauts lieux patrimoniaux !
Grande fête populaire conjuguée à une exigence artistique revendiquée, le Festival propose également au public de vivre le festival de l’intérieur, en participant à l’un des 39 stages de danse, musique ou chant.
Les Suds à Arles : Gogol Bordello + Justin Adams et Juldeh Camara - 15 juillet 2010 - Théatre Antique - Arles (critique écrite le 26/07/2010 par Boby)
Ce soir il y avait deux lieux antiques où il fallait être. Qu’il s’agisse d’Arles ou de Nîmes le spectacle s’annonçait d’emblée de qualité. Exit Beth Dito et ses Gossip, ce sera Eugene Hutz et son Bordello, pas sur que je perde aux changes ! D’autant plus que la première partie est semble t il .../...
Ce soir il y avait deux lieux antiques où il fallait être. Qu’il s’agisse d’Arles ou de Nîmes le spectacle s’annonçait d’emblée de qualité. Exit Beth Dito et ses Gossip, ce sera Eugene Hutz et son Bordello, pas sur que je perde aux changes ! D’autant plus que la première partie est semble t il assurée par Justin Adams, guitariste de Robert Plant, excusez du peu !
Cadre exceptionnel, musique remarquable et public… Public divisé en deux, comme un flash back pendant la douce période antique, les nantis sur les gradins alors que la plèbe s’agglutine dans la fosse. Il faut dire que de plus en plus les musiques dites du monde ou sortant de l’ordinaire sont devenues "hype" auprès des élites bien pensantes. Difficile de ne pas croire que les charmantes dames venues en robe chanel et talons aiguilles soient là pour Gogol Bordello, et pourtant…
A moins que ces dernières ne réservent l’exclusivité de leur venue que pour Justin Adams. Certes bien moins fou qu’Eugene mais tout aussi talentueux. Accompagné de son fidèle acolyte, Juldeh Camara, les deux compères nous offrent un savant mélange d’afro beat & roll, le même sorte d’assemblage que Rachid Taha et Mick Jones, alchimique et surprenant ! D’ailleurs tant par ses mimiques que par son jeu,Adams fait songer à la jambe droite de Strummer.
Une fois c’est Justin qui chante, une autre c’est Juldeh ; deux langages mais une langue unique, celle ci universelle, la musique. Seul un morceau sera chanté communément "Kele Kele / No Passeport No Visa", une histoire de frontière qui paradoxalement montre à travers le duo Camara /Adams, qu’au delà des frontière les hommes sont frères. Une très jolie chanson qui aurait pu ouvrir – dans le bon sens - le débat sur l’identité nationale…
"Chaque concert est diffèrent car le public est diffèrent, notre musique nous la construisons avec vous c’est presque de l’improvisation et vous êtes nos chefs d’orchestre alors n’hésitez pas taper, sifflez, vous êtes chez vous.". Il n’en faudra pas plus pour chauffer la fosse qui danse, sautille, bref s’amuse. Le sourire jusqu’aux oreilles et après un énième solo sur sa lespaul, Adams quitte le plateau. Coté le public c’est un franc succès, à tel point que J and J seront – à leur grande surprise - aussi tôt rappelés sur scène.
En attendant l’arrivée, presque imminente, de Gogol Bordello c’est un génocide envers les moustiques qui s’organise dans le théâtre antique. Puisse t’il réserver une fin aussi tragique à ces saletés de bestioles que celle des scène jouées ici il y a de ça quelques décennies. Soudain plus de lumière, plus de moustique, les effets de l’holocauste ou l’odeur de la vignasse que trimbale Eugene Hutz ? On le saura jamais. Une chose est sure, le Bordello est en marche.
Au grand complet, enfin presque seul manque à l’appel l’une des deux chanteuses/danseuses/fouteuses d’ambiance. Ce n’est peut être qu’un détail pour vous mais au sein du show ça y fait beaucoup. Explications, Gogol Bordello c’est un peu des Raouls petites internationales (les costumes en moins). Imaginez la formation amputée d’une de ses raoulettes, il y aura dessus beaucoup moins d’animation sur scène (environ plus ou moins – 50% d’ambiance d’après les experts), c’est pareil pour GB.
Pas de grandes mises en scène comme il y a trois ans mais toujours d’aussi bonnes chansons. Même si au fil des années les gogols ont légèrement changé de style, l’impression du voyage "transcontinental" persiste. Un voyage avec ses moments délurés who are "Not A Crime", ses petits bijoux comme "My Companjera" et ses instants plus placides pour ne pas dire intimistes à l’image de "Sun On My Side".
Musiques joviales d’accord, mais pas dénuées de fond. Si les chansons d’Eugene donnent envie de se trémousser elles restent particulièrement engagées contre les injustices. A ce titre on regrettera l’absence d’ "immigrant punk" dans la setlist bien que compensé sur le fond par "We’re comming".
Néanmoins ce qui manque le plus au show ce sont les mises en scène des morceaux. Avant Gogol Bordello faisait de la musique sur des rapes à fromage, slammé sur une grosse caisse dans le public etc… Alors que ce soir le groupe se contentera simplement de faire bouger l’assemblée de droite à gauche, regrettable donc que Gogol ne soit plus autant Bordello qu’avant.
Très bon performance, bonne ambiance malgré un public pas toujours évident. Il semblerait juste que Gogol Bordello se soit assagit au même titre que leur musique de plus en plus gypsy que punk.. C’est toujours plaisant mais bien moins qu’il y a trois ans, dommage…
Peter Von Poehl, Peter Doherty - 25 juillet 2009 - Théâtre Antique, Arles (critique écrite le 26/07/2009 par Binjoo) Arrivée au théâtre vers les 19h. Dévisagée de toutes parts, public principalement là parce que Pete est trop sexy et qu'il est sorti avec Kate Moss. Bon, passons, ce n'est peut être qu'une impression.
Plutôt bien placée, un peu en hauteur, au centre. Très bonne vue sur la scène et sur la .../...
Arrivée au théâtre vers les 19h. Dévisagée de toutes parts, public principalement là parce que Pete est trop sexy et qu'il est sorti avec Kate Moss. Bon, passons, ce n'est peut être qu'une impression.
Plutôt bien placée, un peu en hauteur, au centre. Très bonne vue sur la scène et sur la fosse.
Le concert commence, Peter Von Poehl arrive. On sait qu'il est difficile de faire une première partie mais là... Il ne s'est pas fait huer, mais visiblement le public n'était pas très intéressé par ce qu'il faisait.
Pendant une petite heure, il joue sa folk très jolie à écouter et nous parle un peu (en français !!), mais le public ne semble se réveiller qu'au moment où il joue The Story Of The Impossible (mais si, vous connaissez, la musique de la pub clairefontaine)...
Soit la dernière chanson. Il reste tout seul pour la première partie de la chanson, les 5 autres musiciens le rejoignent après une tentative de nous faire chanter des lalala.
Fin de la première partie, 22h15. Je me demande un peu ce que va donner le concert de Peter Doherty, va-t-il venir et être capable de chanter jusqu'à la fin?
Après plus d'une demie heure d'attente (!!!) sur du rock'n'roll, Peter numéro 2 arrive, pour une heure et demie de concert.
Peter Doherty est un bon musicien, un bon parolier, un plutôt bon chanteur, mais devant une foule qui ne connait que 4 chansons, il ne peut rien faire. Aucune ambiance, sauf lors des chansons Last Of The English Roses, Fuck Forever, Arcady et Delivery (toutes deux jouées pour le bis).
Le reste du temps, Peter Doherty joue, tout seul, et chante. Il nous fait chanter pour l'anniversaire d'une des deux danseuses (qui peuvent surement beaucoup mieux danser que ce qu'on a vu, et qui ont dû danser dans les restes des colonnes romaines).
Visiblement, le public ce soir là ne connaissait que les paroles de Happy Birthday.
Et Peter boit. Du vin, de la bière. Comme une bonne partie du public, déjà bourrée avant le concert au vue des bouteilles présentes devant l'entrée du théâtre. Public qui comme pour tromper son ennui (étant donné qu'ils sont allés voir un chanteur qu'ils connaissent très peu, voire pas du tout) fait des allez-retours vers la buvette, pour continuer à s'imbiber.
Lorsque Peter sort de scène après son bis, on remarque qu'une partie du public est déjà partie (et le concert n'était pas complet dès le départ).
Bref, les deux Peter ce soir là ont fait ce qu'ils ont pu pour intéresser le public, sans grand succès.
Yom + Cesaria Evora - 17 Juillet 2009 - Les Suds a Arles (critique écrite le 01/08/2009 par Bertrand 13rugissant) Semaine Grand écart pour moi, entre Kery James et Cesaria Evora.
Ce soir ça risque d’être un peu plus calme, mais un point commun : des sites étonnants.
Le théâtre antique reste tellement bien conservé que ça nous met dans l’ambiance de l’époque. Arles, une ville orientée fermement vers la .../...
Semaine Grand écart pour moi, entre Kery James et Cesaria Evora.
Ce soir ça risque d’être un peu plus calme, mais un point commun : des sites étonnants.
Le théâtre antique reste tellement bien conservé que ça nous met dans l’ambiance de l’époque. Arles, une ville orientée fermement vers la culture accueille ce 14ème festival pendant les rencontres photographiques.
J’arrive par le bas du théâtre et me cale devant les barrières pour contempler la scène et les gradins.
Et Yom, clarinettiste démarre sa première partie accompagné de 2 frères, un au tuba/ trombone et l’autre avec une sorte de grosse caisse, et aussi d’un pianiste. Une petite formation particulièrement efficace pour faire danser le public. Entre deux chansons, il nous fait part de son honneur de faire la première partie de la chanteuse aux pieds nus. Et il nous propose humblement une version klezmer d’un titre méconnu de la capverdienne. C’est avec beaucoup d’humour qu’il arrive à faire rire la foule à plusieurs reprise pendant son set. En plus, il joue d’une manière si particulière que l’on entend des sons quasi cosmiques, il arrive à triturer son instrument comme personne !
A mi chemin entre jazz et musique tzigane à la Goran Bregovic, il colle parfaitement au panel de la foule. Apparemment la même de celui de Rodrigo y Gabriela (cf la chronique de Gandalf) : pas mal de gens d’un certain age, en costard avec leurs coussin personnel, et une autre partie de jeunes venus pour danser. Le contraste est frappant entre la fosse et les gradins. Mais un réel échange se fait avec le public au grand complet, applaudissement avec deux rythmes qui donnent un instrument supplémentaire au quartet. Une farandole serpentera durant une grande part du set pour ajouter un coté festif aux versions klezmer bien rythmées.
Yom était vraiment une bonne surprise, j’attends maintenant la diva en discutant avec un petit groupe de vacanciers , venus plusieurs fois déjà, enchantés par ce festival.
Et un petit brin de femme monte sur scène, accompagnée de 7 musiciens. Les pieds nus comme à son habitude, elle fait porter sa voix dans l’enceinte du théâtre à ciel ouvert. Elle est statique, certes, mais c’est sa présence vocale qui nous emmène dans son île. Les musiciens sont carrés dans leur jeu. Le violoniste et le clarinettiste nous invitent à la danse par des chorégraphies salsa, et rythme les chansons.
Les titres phares sont entonnés par l’assemblée. Je décide de me trouver une bière et de la siroter dans les tribunes. Je découvre alors des dédales derrière le théâtre avec de nombreux calages où des gens profite, de l’intimité des lieux. Deux bars un peu camouflés nous propose des bières pas trop cher. Je me faufile pour arriver dans les gradins et me pose entre des familles.
Cesaria Evora donne carte blanche au clarinettiste pour prendre une pose à sa table, et fumer une cigarette sur scène à coté du piano. Dans ce cadre piano bar, le musicien envoie un solo de qualité. Puis elle présente ses musiciens. Quelqu’un dans les gradins demande la traduction, et c’est vrai que j’aurai aimé comprendre ses paroles et mettre des mots sur cette nostalgie qui en ressort.
Je me dirige vers la sortie passant entre les danseurs et reprend la route avec la satisfaction d’avoir passé une soirée paisible, d’avoir eu la chance de voir Cesaria Evora, découvert Yom ( un virtuose de la clarinette, à voir absolument !) sans oublier ce lieu magique.