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Les Transmusicales de Rennes : Getachew Mekuria & The Ex + Mixhell + Girl Talk + Santogold + Dan Deacon + YoO Majesty + The Glass + Modeselektor + Foreign Beggars

Transmusicales de Rennes   08 Décembre 2007

  Concert à ne pas manquer

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    S’il y avait bien un concert que j’attendais pour ces 29e transmusicales, c’est celui réunissant les vétérans punks hollandais de The Ex et l’ancêtre du free jazz éthiopien le saxophoniste Getachew Mekuria.



    Comme le concert de l’an dernier, ici même à la Cité, réunissant David Krakauer, Fred Wesley et SoCalled, ce concert a tenu toutes ses promesses.
    Bon voilà rien à dire de plus, voir photos…



    Non, je déconne. Mais clairement, c’est le type de concert sensoriel difficile à rendre en mots…
    Déjà je suis heureux d’avoir enfin vu The Ex même si ce n’est pas totalement leur répertoire habituel…mais malgré tout il y a eu quelques belles montées énervées où le guitariste gaucher à pantacourt et longues chaussettes (un look remarquable) m’a impressionné par l’engagement qu’il met dans son jeu.

    Il est comme pris de convulsions, de violents tics nerveux au niveau du cou. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai pensé à un poulet qu’on égorge (c’est bientôt l’Aïd, bientôt Noël…une pensée pour tous ces animaux qui vont souffrir pour notre plus grand plaisir, mais je m’égare…revenons à nos poulets euh, à nos punks).

    On a donc eu droit à un concert chargé en intensité. Le bassiste de The Ex m’a aussi impressionné par l’apparente simplicité de son jeu, alors qu’en réalité il est la clé de voûte de ce bel ensemble.
    Getachew Mekuria (pas loin de 80 ans, d’après mes infos) nous a sorti des instants rares de beauté musicale où personnellement je fermais les yeux pour mieux saisir toute la magie et la puissance de ces moments hors du temps.



    Les invités de The Ex : un tromboniste, un clarinettiste et un saxophoniste ont aussi apporté leur part d’émotions.
    Le clarinettiste nous a sorti une multitude de sons surprenants de son instrument.
    Quant au second saxo, il a, à certains moments, atteint des sommets qui n’ont pas laissé Mekuria insensible…



    Ce concert m’a mis dans un état second et mes souvenirs sont donc épars.
    J’ai le souvenir d’une chanson Propaganda qui m’a littéralement scotché.
    Pour le reste, j’ai juste hâte d’écouter l’album, puisqu’ils ont eu la bonne idée d’enregistrer ces compositions.

    Après ces instants uniques, direction le parc des expos et j’ai à ce moment un peu le désagréable sentiment, d’avoir déjà eu droit au meilleur de la soirée et que le reste sera forcément fade en comparaison…C’est la descente en quelque sorte.

    Faux départ : la soirée démarre poussivement par le duo mixte The Ting Tings, pop-rock qui surfe sur la vague CSS, The Gossip
    Pour moi, ça pue l’artificiel et le calcul commercial. Bon allez pas grave, je vais pas me fâcher pour si peu. D’autant que la soirée va progressivement offrir son lot d’émotions.

    Je commence par me mégamixer le cerveau entre la salle hiphop et la salle électro.
    Foreign Beggars : jeune collectif de Mcs et Djs anglais d’origines diverses. Au moment, où je les ai vu, il y avait sur scène un Mc indo-pakistanais au flow nasillard et un renoi à la grosse voix grave.
    Les deux gars se complètent à merveille, le son est bon mais j’ai la sensation d’avoir déjà trop entendu ça du coup je pars voir…



    Modeselektor : paire de Djs berlinois qui font dans l’infrabasse qui te vrillent les tympans (putaing, malgré mes bouchons…ya un problème docteur ?) et dans l’ambiance cold. Sympa mais sans plus. En tout cas pas ce soir.



    Mon véritable trip musical va véritablement débuter avec le set surprenant voire hallucinant de Girl Talk.
    Ne vous fiez pas au nom, GirlTalk est un jeune américain, seul sur scène avec son ordi portable.

    Des sets de ce type, j’en ai déjà vus, d’un ennui mortel qui m’ont fait regretté qu’on ait inventé l’informatique.
    Et bien là, GirlTalk est une exception et de taille !
    A lui seul, et sa multitude de samples (pop, RnB, métal, hiphop…) il a retourné toute la salle. Inoubliable.



    Il faut dire qu’il met beaucoup d’énergie dans ce qu’il fait.
    Et qu’il est à ranger dans la catégorie ovni, voire des gentils sociopathes.
    GirlTalk commence dans le noire presque complet, seul son visage est éclairé par son écran d’ordi. Il donne l’impression d’être complètement possédé…

    Il s’est rapidement mis à headbanger comme un malade. Du coup, il me fait penser à ces scènes de transes où les gens cherchent la perte de conscience en agitant frénétiquement leur nuque.
    Un début captivant, d’autant que ce qu’il mixe dans un style mashup (superposition de titres avec des mariages contrenature, ex : One de Metallica avec du RnB) ne laisse pas indifférent.

    Au fur et à mesure l’ambiance monte de plusieurs crans. A certains moments GirlTalk quitte son apple pour tourner autour de la scène surélevée comme un aliéné.
    C’est là que j’ai commencé à comprendre à qui nous avions à faire.



    Finalement, ça a dégénéré grave : il a terminé torse nu, a fait monté une bonne partie du public sur scène (qui est parti dans un délire communicatif), et il est aussi venu plusieurs fois dans le public : putaing juste à côté de moi ! Il chante et hurle des trucs zarb dans son micro, je suis sidéré : « euh, tu mords ? »

    C’est la première fois que je vois ça dans un set dj, il demande à ce qu’on le porte à bout de bras et je participe au truc…Une ambiance assez irréelle et comme il le dit « Hey, it’s Saturday night ! ».
    Je le remercie car ça m’a aidé à rentrer de pleins pieds dans cette soirée, d’autant qu’il a même mixé In a big country par le groupe écossais Big Country, une de mes chansons favorites des 80s.

    Je ne suis pas du tout sûre qu’il eu été né à l’époque mais en tout cas merci pour ce dj set complètement frappadingue. Je sais pas à quoi tu tournes mon pote, mais c’est de la bombe !

    Hasard ou pas, je continue ma soirée par un autre hurluberlu : l’américain Dan Deacon, dont je n’ai vu hélas que la fin du set.
    Lui aussi est seul et dans le noir quasi complet, simplement éclairé par un crâne vert fluorescent et d’autres petits éclairages d’ambiance.



    Dan Deacon ne fait pas du mix, il triture de vieilles machines électroniques pour en sortir des sons assez abstraits. Parfois, il chante, superpose des voix qui aboutissent à une sorte de chorale surréaliste.
    Dan Deacon est plus à classer dans la catégorie savant fou. De par son look Amérique profonde et certains de ses sons, il m’a un peu évoqué Grandaddy, en version 100% expérimental.
    Là aussi, je sais pas à quoi il tourne mais ça développe sûrement son imagination et sa créativité. Ah, putain merci les Trans.
    Ca fait plaisir de voir ce type d’artistes, plutôt que la merde formatée qu’on voit trop souvent ailleurs.

    Ensuite, on a eu droit au premier groupe de hiphop féminin de la soirée : YoMajesty. Le programme les comparait à ESG et SaltNPepa et c’est assez juste.
    La seule question que je me pose, c’est sont-elles féministes ou bien simplement relou comme une bonne partie de leurs confrères masculins.
    Le fait est YoMajesty ça parle pas mal de fesses avec pas mal d’humour.


    Morceau choisi : « monkey, monkey do it like a monkey ! » puis « monkey » devient « donkey, donkey ».
    Amis de la finesse bonsoir, ça vous parle non? Pas besoin de sortir le dico franco-anglais.



    Là aussi, un set assez riche en émotions, d’autant que je me trouve aux premières loges, dans la fosse à photographes.
    J’avais lu qu’elles terminaient fréquemment complètement nues.
    Nous n’avons (hélas ?) pas eu droit à un striptease intégral, mais la moins mince (je suis élégant là) des deux a retiré son soutifs (ça te change une ambiance ça, quoi que puissent en dire les féministes) et la plus jolie (plus à mon goût en tout cas) a terminé en soutifs et pantalon chutant sur une cambrure émotionnante.



    Ca devient chaud les Trans, après le set déjà sexy de Mickey Avalon l’an dernier…
    Bon, là aussi parlons musique ne soyons pas obsédés par ces corps ondulants qui hurlent de désir (la moins mince s’est allongé par terre, à un mètre de moi, et a simulé le coït…). Bon parlons musique j’ai dis.
    Non j’y arrive pas. Bon allez : elles ont des voix énormes, un flow à faire pâlir d’envie bon nombre de mcs masculins, une énergie du tonnerre, et au niveau du son c’est plutôt sympa même si j’en garde des souvenirs flous vu qu’il était difficile de rester concentré…



    Evidemment, au niveau texte c’est assez cru et elles attaquent souvent la gente masculine notamment dans un texte où elles parlent de masturbation et de vrais hommes…Elles ont terminé sur un sample de Pump up the Jam et ses paroles évocatrices « I don't want a place to stay Get your body on the floor tonight Make my day Make my day ».
    Pas de doute you make our day et pas qu’aux garçons, les filles de l’assistance sont aussi émotionnées par ce set hors-norme…

    A nouveau hasard ou pas de la programmation, après les féministes de YoMajesty, nous avons droit dans le hall 3 à un trio New-Yorkais The Glass, pour ne pas les nommer, qui m’a semblé un brin machiste au travers de leurs propos (en français) [malgré des dégaines un peu queer, mais c’est la nouvelle génération de machistes ça]…




    Bref, on va mettre leurs propos sur le compte de la provocation et du whisky (puisqu’une bouteille est de la partie). Il n’y a pas de cons à New York, ça se serait. Là aussi, je vais essayer de rester concentré sur la musique.
    Le public, un peu clairsemé, n’a pas semblé totalement conquis. Moi j’ai trouvé ça plutôt sympa : une grosse basse, une guitare et un dj (aussi guitariste), trois voix pour un électro-rock assez enthousiasmant même si j’ai trouvé le chanteur principal un peu limité voire faux.

    Je rate la fin de leur set (m’ont donné envie de boire ces cons) et nous avons ensuite droit au second groupe hiphop féminin de la soirée : Santagold.
    La mc principale est diablement belle et sexy mais le registre est nettement plus soft que chez YoMajesty.
    Du coup, j’ai moins de mal à rester concentré sur la musique.




    Au niveau du son, Santagold est un assez beau cocktail crossover hiphop/rock/RnB. Leur set a été beaucoup trop court, mais ça m’a clairement donné envie d’écouter ça sur disque…Energique et émotionnel.




    Mes Trans 2007 sont bientôt terminées et j’ai décidé de terminer en beauté (j’espère) avec MixHell…Mais avant ça, je vis la fin de set de BoysNoize, énième dj allemand qui fait dans le boum-boum bourrin bigrement efficace ma foi.

    Bon allez place à MixHell (putaing, quel nom !) qui n’est autre que le projet électro mix de M.Igor Cavalera, batteur phénoménal de Sepultura, et de sa charmante épouse. Belle affiche, non ?
    Et bien, je suis heureux d’avoir terminé là-dessus, car ce fut jouissif au plus haut point.




    Etant donné les antécédents Métal de Cavalera, nous étions en droit d’espérer du gros gros son. Et bien, c’est ça du gros gros son électronique qui te retourne le corps et l’esprit dans tous les sens.
    Et comme si c’était insuffisant, Igor Cavalera part derrière sa batterie à certain moment, alors que son épouse continue à mixer, et là ça devient carrément bestial et orgasmique.



    En plus, Cavalera a vraiment des allures de brute épaisse. Par deux fois, il a balancé des verres de jus d’orange dans le public. Personne ne s’est plaint. Il impose le respect. Moi je me trouve juste en dessous du couple de djs et un instant j’ai craint le pire : Igor saisit sa console et la soulève au-dessus de sa tête comme s’il voulait la fracasser…Finalement, il la repose gentiment, ouf !


    On veut bien mourir mais d’un headbangage prolongé pas écrasé par une table de mixage. Enfin, c’est un peu la sensation MixHell : se faire écraser par le son. Enorme !



    Bilan de mes Trans 2007 : c’est pas encore cette année que je repartirai
    déçu, encore de belles découvertes qu’il me tarde d’écouter sur disque ou de revoir : Fujiya & Miyagi, GirlTalk, Galactic, MixHell, Bibi Tanga, Santagold, Dead Kids, Getachew Mekuria + The Ex, …Merci. Un an de repos maintenant.



    Signature : Roo Ha Kim
    le 28/12/2007
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