La grande scène de l’Ile du Gaou fait le plein pour accueillir sous une chaleur étouffante deux des fleurons du « rock » français. Le cadre est quant à lui toujours aussi idyllique quoique moins intimiste que la petite scène située elle au cœur d’une pinède.
C’est les quatre frères et sœurs (ces deux là étant jumelles) des
Ogres de Barback qui ouvrent le bal, pile à l’heure (chose au combien inhabituelle, mais agréable, quand on est marseillais). Le quatuor difficilement étiquetable (chanson ? rock ? musette de rue ?) flirte bon et large, entre
Brassens et la
Mano Negra pour l’esprit musical et les textes savoureux. En tout cas ils ont rapidement réussi à emballer un public probablement venu en majorité pour
Louise Attaque. Leur incessante tournante musicale qui les voie jouer de plus d’une vingtaine d’instruments, parfois pour le moins exotique (et notamment de plusieurs dans le même morceaux), à quatre est toujours aussi impressionnante. Ca change des autres groupes du genre où il y a toujours une dizaine de personne sur scène, ici c’est l’intimité qui prime. Ils semblent bien petits sur une si grande scène mais font face à un public très nombreux avec un brio remarquable.

Entamé sur l’excellente
Rue d’paname, le concert verra défiler des chansons sur leur grand-mère (
L’arménienne), leur cousin, leur frère, … souvent engagées juste ce qu’il faut, parfois racontant des histoires singulières à la façon de la
Mano, sans oublier la fédératrice
3-0 qui sera l’occasion d’une jolie pirouette scénique ou les quatre musiciens tourneront au chant sur une toute petite plate-forme, chacun assurant un couplet sur une ville (assurés sur disque par des guest de luxe comme
Massilia,
Zebda ou les
Hurlements de Léo). Excellent et résolument enthousiasmant. Il est en effet difficile de rester de marbre face à ces chansonniers des rues, doués musicalement, excellents chanteurs, chaleureux, communicatifs et inventifs. Un très bon moment et une heure presque trop courte … moi qui pensais que les ogres sur scène ce serait un peu ennuyeux, j’en sors convaincu et sous le charme. A noter un rappel de deux morceaux entamer par une reprise de
Salut à toi des
Béru et terminé par leur
Salut à vous.

Place à
Louise Attaque ! Tout punk que je sois Louise reste de loin un de mes groupes préférés et il y en a peu dont la reformation m’a procuré une telle joie et une telle attente. Seulement trois albums en presque dix ans d’existence et une (trop) longue pose depuis le deuxième, bref autant de raisons de profiter à fond de chacun de leur passage scénique.

Le groupe attaque son set tranquillement avec deux morceaux calme (
La plume et
Si c’était hier) avant de faire monter doucement la tension par un petit classique (Les nuits parisiennes). S’en suit des titres plutôt tranquille et mélancolique comme ils savent si bien les faire, issus majoritairement des deux derniers albums (
La traversée du désert ; Si l’on marchait jusqu’à demain ; Tu dis rien ; Arrache-moi ; L’intranquilité) avec un rapide coup de speed pour la courte mais intense
Oui, non.

Le groupe communique peu, préférant garder un certain rythme de 3-4 morceaux consécutifs, mais leur rares aparté sont chaleureuses (point sur lequel ils ont parfois eu de nombreux reproches). Ils n’hésitent pas non plus à transformer un peu les morceaux, changeant les paroles par ci par la ou rendant les morceaux plus agressifs comme sur le final de
Arrache-moi ou
Toute cette histoire. De manière générale ils ont tendances à pas mal partir dans des délires électriques sur des morceaux d’ordinaire plus zen sur disques.

Un solo de basse le temps de se désaltérer et la foule explose avec
Savoir. Comme toujours ce sont essentiellement les morceaux du premier album qui font bondir les gens ; plus speed, festif et surtout plus connus. Un petit retour à une série plus calme et ambiante (
Manhattan ; Toute cette histoire ; Sean Penn, Mitchum) avant l’explosion pour l’hyper tubesque
J’t’emmène au vent qui fait exulter la foule jusque dans les gradins. A peine le temps de souffler avec la magnifique
Depuis toujours que les Louise nous assène déjà le coup final avec la non moins célèbre
Léa.

Place donc au rappel après une petite heure de concert. On rentre direct dans le vif du sujet par la touchante
See you later alligator avant d’enchaîner les tubes pour la dernière ligne droite :
Ton invitation, Qu’est ce qui nous tente ?, La brune (avec un petit délire en anglais en plein milieu) et enfin le carton par excellence pour
Amours qui laisse le public lessivé après une bonne heure et demi de concert (correct pour un festival). Le groupe reste un moment sur scène pour saluer les gens, ils ont l’air content d’être là, ce qui est plutôt sympa.

En tout cas voila un bon petit concert de
Louise Attaque où le groupe semble prendre de plus en plus de liberté avec ses morceaux par rapport aux disques, tant mieux, on va pas voir des concerts pour entendre le CD. En parlant de disques, un peu de statistiques tiens, neuf morceaux du premier, huit du dernier et seulement quatre petits de l’injustement boudé
Comme on a dit (qui est à mes yeux le meilleur, mais ce n’est que mon avis hein). Le public a bien sur majoritairement répondu présent sur ceux de l’éponyme au sein d’un set assez axé sur les morceaux calmes et ambiants mais joués souvent de manière nerveuse. Bref, deux excellents groupes parfaitement complémentaires, un cadre superbe, deux très bon sets, de la joie, de la bonne humeur, en voila une bonne soirée ! Histoire quand même de mettre le holà à tant d’enthousiasme je dirais qu’il faisait bien trop chaud … oui oui !
Setlist : La plume ; Si c’était hier ; Les nuits parisiennes ; La traversée du désert ; Oui, non ; Si l’on marchait jusqu'à demain ; Tu dis rien ; Arrache-moi ; L’intranquilité ; Savoir ; Manhattan ; Toute cette histoire ; Sean Penn, Mitchum ; J’t’emmène au vent ; Depuis toujours ; Léa | Rappel | See you later alligator ; Ton invitation ; Qu’est ce qui nous tente ?; La brune ; Amours.
Photos Eric B