La journée de dimanche commence en fanfare avec les cultissimes !!! (Chk chk chk), groupe définitivement passé dans la catégorie poids lourds : le meneur brun ne sait absolument pas chanter, et bien que petit, moche, dépourvu de sens du rythme et d'un quelconque talent vocal, réussit à livrer une performance dantesque avec une chorégraphie digne d’un épisode de « Un, dos, Tres ». Le batteur chanteur roux m’a fait tripper comme jamais, débarquant avec polo Ricard, pieds nus et bermuda troué, conseillant au passage au public de « prendre des drogues parce qu’on en a besoin » - Bref, un groupe qui m’a procuré un choc visuel et auditif dont j’ai, 1 mois après, toujours du mal à me remettre et que je recommande à tout fan de disco et de sensations fortes.
Nous nous doutions bien que le reste de la journée ne serait point à la hauteur ; jour des hardos, quelques groupes de métal hurlant sans intérêt s’enfilant à la suite d'énieme groupes anglais (MASTODON, COLD WAR KIDS et leur voix de Supertramp, MAXÏMO PARK,... Werchter regorge de futurs ex sauveurs du rock). Heureusement le soleil de plomb permettait de gagner quelques couleurs et les sacs poubelles ne servaient plus de K-Way à deux balles (on n'a jamais assez de sac poubelles à un festival).
Excellente surprise le très très bon JOHN LEGEND, même avec sa reprise des Beatles que j’ai quand même réussi à apprécier. Habitant depuis aux Pays-Bas, je n’ai pu que constater l’ampleur du phénomène médiatique autour de ce mec. A quand l’arrivée en France ?
Vers le milieu d’après midi commence les vraies bonnes déceptions bien grasses, le set d’INTERPOL remporte la palme du groupe le plus naze, une grosse voix banale et mal maîtrisée et des compos faiblardes masquant mal les erreurs d’un guitariste débutant, une balance des sons dans les dérègles de l’art rendent le show insupportable pour mes pauvres oreilles. INCUBUS restant un groupe que j’ai eu le plus grand mal à encaisser, c’est avec curiosité que je me dirigeais vers le Marquee pour voir l’ancien leader des Pixies.
Las, FRANK BLACK achève de m’enfoncer dans les abîmes du vague à l’âme, un set absolument sans intérêt réservé seulement aux fans, avec pleins d’incontournables contournés. La totale je vous dis. Seule bonne surprise, DAMIEN RICE qui -contrairement aux autres groupes irlandais- n’est pas seulement joli et chiant. Il réserve d'excellents morceaux électriques qui ravissent le public et les minettes présentes.
Un dimanche tout bonnement insupportable, dont disons le, le show de METALLICA constituait le zénith. Le groupe jouait pour la 5e fois à Werchter et que Heftield sortait de rehab’. Ayant bénéficié dans une clinique suisse des dernières techniques de pointe de régénération du sang récemment expérimentées par Johnny Hallyday et Aleksandr Vinokurov, le loulou pète la forme et nos oreilles : tout y passe, BO Morriconienne, feux d’artifice, riffs assassins, hurlement bestiaux, bande son piqué à CNN live from Irak, démagogie ridicule, bref une mise à mort intégrale. Personnellement j’ai tenu 4 morceaux avant de me prendre un Codoliprane et de migrer vers l’arrière du fond… et de passer par la Marquee; Le revival australien des Pink Floyd qui s'y joue s’il est agréable à écouter, reste comme tous les tributes, fondamentalement sans intérêt pour ceux qui possèdent déjà les best of originaux des groupes à la maison. Après un retour devant Metallica nous faisant subir Nothing Else Matters clorurant presque deux heures de show pénible viennent les démodés FAITHLESS, groupe technoïde totalement has been, avec au micro un type qui « chantait » horriblement faux. Trop c’est trop…
Un dimanche fondamentalement sans intérêt, de toute façon au bout de 4 jours de folie ma sociopathie naturelle commençait à reprendre le dessus de même que mes crises de solitude, au milieu de 200.000 personnes quel bonheur.
En conclusion Werchter est un festival relativement cher (quoique si on le compare à trois jours de Rock en Seine, ça devient comparable). On n'y vient pour les têtes d'affiche et on n'y est pas déçu. Pas mal de groupe NME, agréables mais lassants à la longue. Tout se paye, des douches au parking, mais l'orga est béton : pas d'attente, scène confortable, son relativement bon, bière bonne, ambiance excellente. Attention toutefois, il n'y a sur le site aucune distribution de protections auditives et les vols sur les campings sont fréquents (campings qui se transforment en de véritable dépotoirs, c'est assez écoeurant). Bref au final un super week end. L'orga prévoit de dédoubler le festival à Arras